‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 83 sur 278 · ETE · texte numérisé non relu

ETE

Ce mot estime corruption du v. fr. estoc, souche qui, dans on sens métaphorique voulait dire ancêtres, rejeton, lignée :

Estoc dlioimeur, et arbres de vaillaiice.

Eus t. Dbsch., sur la Mort de Zhtgtteêelin.

Je suis un étranger

Gomme ont jadis été les étocs de ma race.

BaIf.

mes chers fils, Tespoir de votre mère.

Le seul estoc de Saûl, votre père.

Duquel en tout vous retenez Timage....

J. DE LA Tâillk, les Gabeumites.

Dieu vous garde de malencontre Gentille butte Saint-Roch !

Montagne de célèbre estoc Comme votre croupe se montre !

Claude Le Petit, Paris ridieuU.

IT> pron. poss. »- Ta, devant une consonne : « Et femme est invitée al fête.»

ETAMPIR, V. act. * Dresser, mettre debout : « Rester là comme on étampi, » se tenir immobile, sans rien faire.

STB, V. subst. — Etre. Le r ne se fait pas entendre dans certaines finales muettes, comme on le verra par plusieurs exemples. (Voir il.)

Nous allons donner la conjugaison de ce verbe aux personnes et aux temps irréguliers.

Ind., je su ; imp., 1^ et 2* personne du plur., éteimes, éieUeM; oondit., l'* et i^* personne du plur., sereimes, sereites.

Subj. présent, 1^ et â">* personne du pluriel., soi/onckes, stn/kkeê.

Imp. du subj . , fucke, fuches^ fuche, fuchions, fuckiez, fucketU.

Ex. : c J'su malade. — n'éteimes mie prêts pour la guerre. — I faut qu'o soykhes bien bon pour souffrir cha. »

Au lieu de sereimes, on dit encore sériâmes, forme de la première personne du pluriel du futur dans Tancien dialecte picard.

Le lecteur, curieux de rapprochements, pourra comparer ces formes de patois moderne à la 'conjugaison du verbe être, au Xli*^ et XHI*^ siècle. (Y. Burguy, Grammaire de la langue dVU, U l^, p. i58 et soiv.)

ETO 147

ETEINDRB> v. act.— Prêt., jéteindis; sabj. prés., que j Vteîni^ ; part, passé, éteindu ; fut. et cond., jéteignerai^ ais. Cette dernière forme rappelle l'orthographe primitive de nos verbes en ndre, c.-à-d. gnre^ en Bourgogne et en Picardie ; estignre (exstinguere), atignre (attingere), etc.

t Et si fist encores plus, car elle estaindit le feu de léens, tant à la cuisine comme à la chambre.» (C. N. N., 38«"»*.)

ETERNIR, V. act. — Etendre la litière des bestiaux : t Yaiétimir les vaches. » C'est le lat. stemere.

Il Etemi, part, passé; dispersé, en désordre : « C'est une femme négligente, elle laisse tout étemi dans sa maison. »

Stemir, épandre le fumier, était une corvée qu'on exigeait des tenanciers. (Y. Etat des droits qui appartenaient au comte de Provence, Bibl. nat., n© 9889, f. fr.)

ÉTERNITÉ, n. f. ^ Un long temps : « U a été una éternité k revenir. »- Elle met une éternité à s'habiller. » On dit au plur., dans le même sens, des éternités : t Quand il va au café, il y reste des éternités. % Corneille a employé ce mot au plur., Héradius^ Ul, 1.

ETIHER, V. act. ^ Etamer; étimeux, étameur.

ÉTONNÉ, part, passé. — Frappé par le tonnerre ; du latin ex~ Umare. Dans cette phrase de Bossuet, étonner a une acception qui rappelle son origine : < On le vit étonner de ses regards étincelants ceux qui échappaient à ses coups. » {Or, fun, de Louis de Bourbon,)

Il On dit que les œufs couvés par une poule sont étonnés par la foudre (c'est-à-dire rendus stériles), si l'on n'a pas eu la précaution de mettre un morceau de fer dans le nid de la couveuse.

ETOQUER (S'), V. réfl. — S'appuyer contre : a ^'étoquer contre un arbre, un mur, etc.» Du fr. estoc.

ETOn, Itou, adv. — Aussi, du latin etiam. Çomp. avec le y^ fr. itel^ pareil, semblable, qui devant les consonnes faisait iteUj itou»

Quand la chèvre saute au chou, Le chevreau y saute itou,

là. DB LmoT, prov.

148 EYI

t Le gros Thomas aime à batifoler, et moi je batifole itou. » (Mol., Festin de Pierre,)

ETRAMBR, Etramiller, v. act. — Eparpiller, laisser en désordre : t n a étramé ses habits par la chambre. » Ce mot a la même origine qae étemir; il est formé d*uD dérivé de stemere, comme stramen ou itramentum^ litière oa paille qa on éparpille sous les chevaux. On a dn reste le vieux mot estram, estrain, litière, couverture de paille.

« Si prinst après une poignée d'eslratn, et en boute le fisa en 1% maisonnette. » (C. N. N., 85«»«.)

D^estrain et de chenevotte Se chauffe]^ tous les hyvers.

Ls Houx.

ETRANGE, adj. — Exotique, étranger : « Un arbre, une plante étrange. » — C'est un étrange, pour dire un étranger.

France* tu as commerce aux nations étranges.

D*AjjBiQKÉt trag.

ETRIQUER (S*), v. réfl. — Se raidir, s'appuyer solidement, employer toutes ses forces à faire une chose.

Je roidis mes deux bras

restrique mes deux pieds, puis me renversant bas,

Je tire le cordeau.

Gauchit.

ETRUQUE, n. f. — Eteule ; on a tu qu on dit aussi étau.

ETAN6ILE, n. f. — « V Evangile du dimanche des Rameaux est bien longue. — Là où ÏEcangile est prèchée et reçue, le traître pillard (le diable) n a garde s'y trouver et faire des siennes. » (Noël dn Fail, Contes rust.) Boiieau a employé ce mot au féminin ; M*^ de Sévigné le fait tantôt masculin, tantôt féminin.

ETILLÉ, ivilloté, adj. — Espiègle.

ETITER, v. act. — Epargner : « Evitez-moi la peine de Elire ce voyage.!

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