‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 90 sur 278 · FOU · texte numérisé non relu

FOU

FORBU, p. passé. — Fourbu. Certains chey^ia tombeni forbm û on ne leur donne rien à manger ou à boire à l'endroit où ils s'arrêtent habituellement. De même un brave bomme revient chez lui farbu, quand on ne lui a rien offert dans une maison où il s'attendait à se bien décrotter les mandibules.

FORCIR, V. n. — Devenir fort, en parlant d'un enfant ; veite formé comme noircir, grossir, durcir, grandir ; se dit ^[aiement des arbres, des animaux.

FORT, n. m. — Creux profondément enfoncé sous la rive où réfugient les plus grosses truites ; extension dif mot fort, repaire de bête sauvage.

FORTUNÉ, adj. — Riche : « Dans la logique du peuple, un homme fortuné est nécessairement un homme riche; c'est un barbarisme trèscommun dans la langue, et qui provient d'une erreur très-commune dans la morale. » (Ch. Nodier.)

FOU AILLÉS, n. f. — Correction donnée avec le fouet.

FOUAILLSR, V. act. — Cingler. On dit que la pluie, le vent vous fouaille le visage.

FOUÉE, n. f. — Flambée ; faire une bonne fouée, un bon feu. Ronsard a employé les mots fouer et fouement.

FOUILLOUSSE, n. f. — Poche : < Il arrapait l'un par les jambes, l'autre par la besace, l'autre par la fouillausse.,.. (Rabelais.) Du fr. fouiller.

FOURGÉE, n. f. — . Portée d'un animal, et particulièrement de la truie,

FOURCINER, V. act. — Dériv. du précédent; mettre bas.

FOURNAGUER, v. n. — Fouiller de tous côtés, examiner curieusement : € Un voleur fournague partout.» (Y.Nagumr.)

FOURQUE, n. f. — Fourche, de furca ; dériv fourku, fourquer, fourquettf^ fourche de bois qui sert aux faneurs; enfomrquer, défaur-^ quer, fourque-file qui a le môme sens que fomrche-fUre dans La Fontaine. (Uv. lY, 10.)

FRl 158

Se Hervieu est vaincus, as fourqiees le pendes.

Gui de Nàntkuil, v. 410.

FOURQUES, n. f. plur. — Entre-deux des jambes : a Donner à quelqu'un un coup de pied dans les fourgues. » On dit aussi, mais plus rarement, fourquety n. masc.

FOUTRE, V. act. — Mot grossier dont on abuse à la campagne, fiarce qp'on ne le comprend pas. Il a un sens très-étendu, et l'on s'en sert fort innocemment. Ex. : a II m'a foutu un coup de poing. — Il m tout foutu par terre, » etc.

« C'est un homme foutu, » un homme ruiné, perdu sans ressource.

On emploie tout aussi naïvement :

Foutre t Juron.

Jean- foutre, mauvais drôle, homme qui ne mérite aucune confiance, ^jui ne tient pas sa parole.

Foutre le camp, s'en aller, déguerpir au plus vite.

Ces expressions à l'origine n'avaient rien de grossier. (Y. 6énin> il.P., Il, 163.)

FRAINE, n. f. — Farine.

FBAHQUBTTE (A la bonne), loc. ^ Simplement, franchement, sansfiaçon.

FRSLEB, V. act. — Fêler. Je rattacherais volontiers fréter à frôle.

FRÉMIR, Frémlller, v. n. — Se dit de l'eau qui commence à bouillir.

FRfiREUX, adj. — Germain : « Ils estoient cousinz frareux^ l'une fille dudit roy, et l'autre filz de son frère. » ( Chron. normande,

FREULER, V. act. — Frôler.

FRIGOUSSE, n. f. — Repas, apprôts d'un repas : a Faire la frigousse. » Frigousser, v. n., faire un bon repas, se repousser les côtes en dehors, pour parler comme les paysans.

KRIMOUSE, Frimousse, n. f. — Vilaine figure, visage laid : « Ne

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