‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 105 sur 257 · FAI · texte numérisé non relu

FAI

FABULETTES, n. f. plur. — Contes, historiettes, mensonges ; du latin fabula. Dans la vieille langue /"rtè/o/?/- avait le sens de fabulari: « Or dient et content et fabJoient. » (Auc. et Nicol.)

FACHEINE, n. f. — Fagot : « Il revient de la forêt avec une grosse facheine.)^ Lat. fascina.

FAIBLE, adj. — S'emploie dans cette loc. : « Tomber faible, » défaillir, tomber en faiblesse.

FAIGNANT, adj. — Fainéant.

FAIM, n. f. — Envie, désir ardent, mais avec un sens beaucoup plus étendu qu'en français ; ex. : « J'ai grand' faim de le voir. — J'ai grand' faim d'arriver. s> Une personne ((ui a une soif violente dira : « ïdix grand' faim de boire. » Ces façons de parler se trouvent dans nos vieux auteurs :

Or, par le vray Dieu, j'ai grant faim De savoir le bled à bon marché.

R. DE COLLERYE

(cT^nt grant faim avoit de rire que à peine il savoit parler. » (C.

N. N., 67eme.)

« Mais au dyable des deux s'il avoit faim de boire. » (Ç. N. N.,

Hélas ! sire,

Chascun n'a pas si faim de rire,

Comme vous ne de flagorner.

Pathelin.

Molière s'est servi plaisamment de cette expression dans le Ut'iiit amoureux, quand il fait dire à Mascarille :

Je n'ai pas grande faim de mort ni de blessure. Et vous ferez le sot tout seul, je vous assure.

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