‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 127 sur 257 · GRU · texte numérisé non relu

GRU

Alexandre-le-Grand, l'exemple des héros,

Est appelé par elle Alexandre le gros.

Hier au soir elle-même, en parlant d'Allemagne,

Dit que le gros Visir s'alloit mettre en campagne.

GROSELLE, Groiseille, n. f. — Groseille. Dériv. groisellier.

Barbier, or viennent les groiseles, Li groîselier sont boutonné.

RUTEBEUF

Elle a beau tainct, un parler de bon zelle^ Et le tétin rond comme une groizelle.

Marot, Rond.

GROSSIER, adj . — Qui prend de l'embonpoint : « C'te fille est un peu grossière , mais elle est bien jolie tout de même.»

GROUÉE. n. f. — Pommes qui tombent avant le lochage : «La grouée des meilleurs arbres de la forest de Lyons. » {Nouv. Fabrique. »

De ce mot dérivent égrouer, égrouures, qu'on a vus plus haut.

GROUINAGES, n. m. plur. — Pommes tombées avant leur maturité ; même sens que grouée : « On pile tout d'abord les grouinages.y>

GROULARD, Grouleux, adj. — Qui a l'habitude de bouder ; personne qui a l'humeur triste.

GROULER, V. act. — Bouder : « Je ne sais ce que j'ai fait à Pierre, mais il me groule. »

Il Etre languissant, malade. Se dit surtout des animaux : « Cette poule traîne les ailes comme si elle groulait. » En Basse-Normandie, grouJer, crouler, signifie roucouler.

Il Le temps groule, c'est-à-dire le temps menace.

GRUGEOIR, n. m. — Mouhn pour écraser les pommes; du fr. gruger.

GRUMELER, Greummeler, v. act. — Grommeler.

Puis le mari a sa fumelle

Hongne, frongne, grongne, grumelle

Par l'espace d'une grosse heure.

R. DE COLLERYE

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