‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 134 sur 257 · HAU · texte numérisé non relu

HAU

HARNIQUER, Harnaquer, v. act. — Harnacher ; «Barons aharnakiés de chevaus et d'armeures. » {Chron. de Raims, dans Littré.) Dériv. harniquement .

HASARD (D'). — Cette locution marque le doute ou la probabilité, ex. : « c'est bien d'hasard s'il ne loue pas sa ferme, » il louera probablement. — « C'est bien d'hasard s'il vous refuse cela, » il est probable qu'il ne vous refusera pas cela.

Il Par hasard. « C'est tout-à-fait d'hasard que je l'ai rencontré.

HASIER. n. m. — Touffe de ronces, buisson épais. Pour étym. Scheler propose l'allemand hasel, coudrier, baguette de coudrier. Le bas-latin hasla, branche, est plus acceptable. (V. Halot.)

HATELET, n. m. — Carré de côtelettes de lard qu'on fait rôtir à la broche ; du v. fr. haste qui signifiait viande rôtie, et broche à faire rôtir, ex. :

(Sains Laurens) fist por Dieu de son cors haste.

Stances sur la Mort, 37.

La darac a le haste jus rais, S'en pinça une pelure Quar moult ama la lecheure.

Fabliaus des Perdris, dans Bartsch.

Musars, dist-il, où devez-vous aler ?

Mies vos vcnist les hastcs kiorwav

Aliscans, v. .3788.

De haste dérivaient enhaster, mettre à la broche, hastereaux, foies de volailles coupés par rouelles et mis à la brochette ; hastille, boudin et parfois petit bâton. On trouve encore dans les Dictionnaires hâteur, otïicier de cuisine de la bouche du roi, et hâtier, grand chenet de cuisine ;i [ilusieurs crochets sur lesquqls tournent les broches.

« Et si trouvèrent plus de mille hastiers, plains de pièces de

char pour rostir.» (Froissart, I, p. 71.)

Etym. lat. hasta.

HAUCHER, V. act. — Hausser. Mots composés : 'i Hauche-cul, ancienne pièce de la toilette des dames ; hanche-nez, celui qui marche en levant le nez, étourdi, esprit éventé.»

HAUTE ! Haute ! — Cri pour chasser les vaches.

HÉR 185

HAVET, n. m. — Ustensile de cuisine, croc ou crochet ijui anciennement servait à différentes choses.

L'hostel est seur, mais qu'on le cloïie ; Pour enseigne y mis un havet.

Villon, G. T., LXXXVI.

« Ce mot, dit le bibliophile Jacob, qui ne manque pas d'invention, nous paraît venir, non du grec, comme le prétendent les étymologistes, mais du verbe latin kabere, avoir; on a dit havet de habet, parce que l'instrument a ce qu'il accroche ! »

Un autre commentateur de Rabelais, non moins ingénieux, prétend que havet vient de havir, parce que cet ustensile était havi par la flamme.

Littré (c'est toujours ii lui qu'il faut recourir) donne pour étym. l'allemand haft, agrafe.

Comp. avec le bas-latin havus par lequel est traduit uncinus dans le Glossaire de Reichenau.

HAYEUX, H. m. — Ouvrier dont le métier est de faire ou de réparer les haies ; du verbe haijer, usité jusqu'au XVIeme siècle : « Et ne faut qu'il allègue mes cliamj)s être mal clos, car je suis celui qui les regarde à les bien clore et haijer. » (Noël du Fail.)

HAYURE, n. f. — Haie, clôture.

HENNE, n. f. — Mauvais cheval, rosse : « Il ne pense qu'à ses hennés, » disait en parlant de son mari une brave fermière qui de son côté ne pensait qu'à ses vaches. Du latin hinnits, nmk'l. (V. N. Marcellus, p. 127.)

HÈQUE ou Hec, n.m. — Petite barrière ou plutôt '< dcmi-closture d'un buis, » pmir (nipécher les volailles et autres animaux d'entrer quand la porte reste ouverte. {\. Du Gange, au mot M-^^) L'origine de ce mot est inconnue ; comp. cependant avec l'anglais hatch, (UmuIporte.

HERBAGE, n. f.— « Uno hrlle herbage.»

HERBIERS, n. m. plur. — Touffes de mauvaises herbes.

HERCHE. n. f. — Herse; d'où henher, hcrchdqc.t'W,

HÉRICHON, n. m. — Hérisson ; au ftg., enfant malpropre, mal

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