‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 150 sur 257 · LAP · texte numérisé non relu

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Languards picquaus plus fort qu'un hérisson.

Marot, Bail. V^.

« Orateurs languars. » (Tahureau, dial., p. 163.) L'autre fut un lanr/riard, révélant les secrets Du ciel et de son maître aux hommes indiscrets.

Régnier.

LANGUE, n. f. — Loc. part. : « Taire sa langue, » rester muet, savoir garder un secret : « Ne lui confiez rien, il ne sait pas taire sa langue, .«

Il Langues du monde, caquet^ commérage : a On ne vivrait pas s'il fallait écouter les langues du monde. »

Il Langues de femmes, médisances, propos calomnieux.

LANTERNIER, ère, adj. — Celui, celle qui ne dit que des fadaises, dont la conversation traîne en une longueur insupportable. Littré ne donne que lanternier, subst. masculin.

LAPARD, Lapeux, adj . ~ Ivrogne.

LAPER, V. act. — En français lape)- se dit des animaux ; en patois, des ivrognes : « Cet homme a dépensé sa fortune à laper. — Il a lapé tous ses biens. — Il a dépensé tout ce qu'il avait en lapant. » Et le vin boire, engloutir et laper., Et tote jor dormir et reposer.

Aliscans, V. 3349.

LAPETTE, n. f. — Soif : « Cet enfant a toujours el tapette. »

LAPIDE, n. f. — Eunui, tourment. « Que lapide que d'être obligé d'écouter un pareil bavard I »

Lapidée, lapidement sont de vieux mots qu'on rencontre fréquemment avec le sens de massacre, destruction :

De mes hommes ocist et fait grant lapidée.

FlERABRAS, V, 5057*

Cascuns tint nu le branc et cruel et sanglent. De turcs et de paiens font grant lapidement.

FlERABRAS, V. 4961.

LAPIDER, V. act. — Ennuyer, importuner ; extension du français lapider, tuer, poursuivre à coups de pierres ; « J'ai des enfants qui ne font que me lapider, ))

LEQ im

LAPIER, n. m. — Rachor. du latin apiarium. On a dit d'abord apier, puis hipier avec agglulinatiuu do rarticle. (Voir Andier.)

LAPINER, V. a. — Si' dit d('lala[iiiie ([ui mot bas sa portée.

LAQUER, V. act. — Terme de pêcbc ; « Laqua- des cordées, » c'est mettre un appât aux hameçons. Cet appât est ordinairement un ver, un limaçon, un vairon ou bien un caborgne. Du latin luqueare, laqueus, lacs, (ilet, piège.

LARD, n. m. — Peau, dans un sens burles([ue : a Le dimanclie, on va faire gratter son lard, » c.-à-d. se faire raser.

« Joyeusement se frottam leur lard. » (Rab., Gary., l.)

LARDER, Y, act. — Brûler : « Le soleil nom lardait. » L'abbé Decorde voit dans larder le latin ardere. La forme normande arder au lieu de ardoir, existe bien dans les anciens textes, mais comment expliquer la prosthèse de / ?

Cil boire mon désir atise,

Et mon cœur fait frire 'et larder.

Mystère de l'e^nperexrr Julien.

LARRIS, n. m. — Lande, pâtis pour les moutons.

Cuverz en simt (de SaiTasins) li val et les muntuignes, Et li laris e tregtutes les plaignes.

RoL., ch. II.

En doce France ai-je été norris; N*i a guichet, ne sentier, ne larriz

Que ne sachions , . .

Gaki.v, V. 2231.

Dans \es Cent Nouvelles nouvelles, on trouve larrier, avec le même sens. (XXyen^e ^\)

Etym. bas-latin, larriciuin ; latin, arida, lieux arides.

LE, pron. régime des deux genres. — Le, la, lorsqu'il est placé après le verbe : «Pierre veut vendre son cheval, achèle-Zé. — Celle maison te convient-elle ? loue-/('. »

LÉCHE-CUL, n. m.— Homme d'un caractère servile : Expression

rabelaisienne usitée partout.

LEQUEL QUI, Laquelle qui, pron. interrog.— Qui : .< Lyuihiui veut venir avec moi? »

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