‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 159 sur 257 · MAL · texte numérisé non relu

MAL

MALDIRE, V. n. — Médire : « C'est une femme qui passe son temps à maldire sur tout le monde . »

D'où maldisant, jadis très usité : « Tu es ivrogne, tu os larron, et mal disant de tout le monde. » (Nicolas de Troyes.)

MALENDURANT,, ante, adj. — Personne d'humeur difficile.

MALENTENTE, n. f. — Désunion, discorde, mauvaise intelligence : « Il y a de la malentente dans cette famille. »

Damediex leur envoit tous ti'ois si maie entente Que de lors faus marchiés viengent à droite vente !

Berte,-v. 2055.

Il Etym. mal et entente.

MALGRÉ QUE, loc. conj. — Quoique: a Malgré que Yons s,yez dit du mal de moi, je ne vous en veux pas.» On sait qu'en français malgré que ne s'emploie qu'avec le verbe avoir, dans ces locutions : Malgré que j'en aie, malgré qu'il en ait.

MALIN, adj. — Difficile : « Ce n'est pas inalin de faire l'aumône quand on est riche.

MALINSTRUIT, adj. — Malotru. V. fr. malestruit, malestrus, du lat. maie instructus.

MALPOLI, adj. — Grossier, mal élevé.

MAL-SAINT X. .. (Etre tenu du). — Maladie inconnue à la Faculté, mais non pas aux honnes femmes, commères ou sorcières de nos villages. Quand un enfant ne guérit point du carreau ou de toute autre maladie, et qu'il se devient mal^ c'est qu'assurément il est tenu à un saint : par conséquent, pour le guérir, il faut porter l'enfant en pèlerinage au saint qui le tient. Comme il y a beaucoup de saints dans le calendrier, il est important do savoir l'adresse do celui qu'il faut prier. A cet effet, il y a dans chaque village une femme qui a le don de découvrir le saint qui torture le malade. C'est ordinairement quelque vieille macette convertie qui fait ce métier.

Voici comme elle s'y prend : Elle commence une neuvaine^ puis elle cueille trois feuilles de lierre qu'elle met dans un verre plein d'eau bénite; sur chaque feuille est le nom d'un saint. Celle qui jaunit ou se tache la première dénonce le saint auquel le malade est tenu. Ce n'est pas plus difficile que cela.

MAQ 217

Les saints auxquels on est lo plus exposé d'être tenu sont : Saint Vincent, pour les fièvres intermittentes; saint Yimer, pour les coli- ' ques; saint Martin, pour le carreau; saint Ilélior, pour les maladies de langueur.

On se tromperait si l'on croyait que de telles superstitions n'existent que dans nos villages : elles /Ifurissent même dans les grandes villes, et je sais qu'au Havre bon nombre de femmes font métier de toucher les enfants atteints du carreau.

MALTIDE. n. propre. — Mathilde.

MANCHERON, n. m. — Manclie de cbarrue : « Dès l'âge de treize ans i't'tais dans les mancherons, » c.-à-d. dès l'âge de treize ans, on m'apprenait à labourer.

Levés à deus mains toutes nues Les mancherons de vos charrues.

RosK, V. io:)io.

MANGE-TOUT, n. masc. — Petites fèves qu'on mange avec les cosses.

MANIQUE. n. L — Manière, moyen : c Je ne savais comment m'y prendre pour atteler un clieval, mais maintenant je connais la manique. » Du lat. municula, pris au figuré.

MANJURE, n. f. — Démangeaison.

MANS, n. m. — Larve du liannetou.

MAQUE-À-PART, n. des deux genres. — Celui, celle qui prend un bon re[(as eu cacbette.

MAQUE-ÉPAIS, n. m. — (ioinfre. On dit tnm/uc/h(ns avec le même sens.

MAQUER, V. act. — Manger connue un gourmand, comme un animal vorace. On prépare à marjucr aii\ bcsliaux.aux volailles.

MAQUERIE, n. P.— Ripaille, festin, en mauvaise part : - Je ne me soucie pas de fain' la mmnn'rh' pour tous ces paresseux-là. »

MAQUEUX, adj. ~ (îourmand. On pi-ul ratladier nvaiiinn- *'[ les mots précédenis à la racine mm-, frapper, memlrir. fnri répandue dans les langues indo-germaniques.

Comp. aussi avec le lalin imislii-nri', mâelier.

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