‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 160 sur 257 · MAR · texte numérisé non relu

MAR

MARCANDIER, n. m. — Homme qui fait tous les métiers pour vivre ; pauvre hère.

MARCHANDER QUELQU'UN, loc— Discuter un prix avec quelqu'un : (( Je ne veux pas vous marchander, ce sera cent francs. »

MARCHE ! MARCHEZ ! — Interjection employée pour affirmer, encourager, menacer : « Je ne viendrai pas vous déranger, marchez f — Il ne veut pas payer, mais marche, je vais le poursuivre. » Ce mot revient sans cesse dans la conversation. (V. Allez et va.)

MARCOU, MARCOUR, n. m. — Matou. Au fig., amant, souteneur de femmes de mauvaise vie : « Puis ({u'elle ne veut pas travailler, qu'elle aille retrouver ses marcous. »

Belaud estoit plus accointable Que n'est un petit chien friand, Et de nuit n'alloit point ci'iand Comme ces gros marcous terribles.

Du Bellay, Jeux rustiques.

Les gros marcous s'entreregardent, Ou de leurs griffes ils se lardent.

ScARRON, Yirg., Travesti.

MARGOULETTE, n. f. — Visage, mâchoire : « As-tu vu sa helle margoulelte "I — Je lai ai donné un coiij) à travers la margoulette. » De mar = mal, et de goule.

Je trouve dans Roger de Collerye margouller dans le sens de casser la figure, de mettre h gueule à mal.

Besoing seroit, par crj impérial, Dcm,argouller sans appel ou répliques

Telz séducteurs

Bail., I.

MARGOT, n. propre. — Marguerite ; petit nom familier. Comme Catin, Cataut, ce mot désigne souvent une femme de mauvaise vie. On donne aussi le nom de Margot à la pie, et par métaphore, ii une femme bavarde.

Dans Ronsard (i^^ églogue), Margot est poétique ; il changeait de môme, comme dit Roileau :

Lycidas eu Pierrot, et Philis en Toinon.

Art. Poét., II

iVÏAR 219

MARGOUSSER, v. act. — MAchonnor, mangor salement.

MARIERAIT, n. f. ~ Rouge-gorge. A la campagne, on a pour cet oisenu une sorte de pieux respect. Lui nuire, c'(^st presque un crime pour nos paysans; les enfants même, ([ui sont sans pitié, épargnent son nid. Lorsque le froid sévit, que la neige blanchit les toits et couvre les champs, on lui ouvre la fenêtre ou la porte de la maison, et le petit oiseau vient familièrement ramasser les miettes de la table.

Ce respect, il faut l'attribuer à cette gracieuse légende :

« Quand Jésus portant sa croix s'achemina vers le calvaire, tous ceux qui avaient vécu de sa parole s'étaient enfuis. Seul, un pr>tit oiseau, au([uel, le jour de la Cène, il avait jeté quelques miettes, suivait la victime et .ses bourreaux. Seul des amis du lils de l'homme^ il assista au lamentable drame du Golgotha. Quand Jésus sentit approcher sa délivrance, il baissa les yeux vers le buisson dans l('(|i]cl l'oiseau agitait ses ailes, et lui dit : « Tu es béni, toi, qui n'a jias abandonné celui que son père lui-môme abandonna ? » Alors, volant sur la tète du crucifié expirant, l'oiseau détacha une épine de la couronne ensanglantée et l'emporta dans son bec, et une goutte de sang qui suintait de la sainte relique descendit sur sa poitrine, et la décora du plus glorieux des stigmates.» (Légende bretonne (jui explique pourquoi la gorge de cet oiseau est rouge.)

Marihrait doit être composé des vieux mots mari, mnrri, tristi", et du substantif /^ivrii, cri, clameur, lamentation, [lar allusion au petit cri plaintif de cet oisecu solitaire.

A Poix (Picardie), le rouge-gorge s'appelle foirmsi-, nom qui s'explique facilement quand on a vu la place où se pose habituellement cet oiseau : à Grandvilliers, rotrouille ou routrouUtc.

MARICHA, 11. m. — Maréchal : " 1 faut iiùitT l.'s k'vas .•m m>iriclut. ))

Il Coléoplrrc. Le lucane-cerf, qu'on désigne au-^si snus h- imm di' cerf-volant. Les paysans nomment sans doute cet inseclc ninruli'i ;i cause de sa couleur noire. On sait (|iie les nutiiili'is n nui |ias souvent le teint blanc

MARJOLE. 11. r. — Terme de jeu. Aux dominos, di'ux joueurs qui, à la lin dune |iartie, comptent le même nombre de points, ont

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