‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 166 sur 257 · MEU · texte numérisé non relu

MEU

qui est tout en eau, et le faictes un petit l'roller. — Dieu, dit k barbier, il en a bon métier. » (Bon. Des Péricrs.)

La France avoit mestier

Que ce potier fust roy, que ce roy fust potier.

D'AuB., tray.

METTRE, V. act — Subj., que jewià'/ic, que tu mèches, etc., forme usitée jusqu'au XIT^n^^ siècle :

A paines prent-ele onques pain, Que H dus n'i mèche sa main.

Rom. du Comte de Poitiers, p. 8.

Je lo qu'ils mecheni en estui Lor lauche et lor escus nues.

Rom. de la Violette, v. 5979.

Faitez que vous trouvez le bon roy nien mary, Et ly ditez, biau sire, ne me mâche en oubly.

HuG. Capet, p. 199.

MEUR, adj. — Mûr. Le grammairien Ramus (1562) enseigne que l'on doit prononcer meiir ; vingt ans après, H. Esticnne assure au contraire que Ion dit mûr. En 1000, Nicot donne heurlrr et hurler, meusnier et muaier, beurre et burre, etc. ; d'où l'on peut conclure (jue la prononciation de la dipbtbonguecM a beaucoup varié. (V. Is mol abruver.)

Si je ne puis au printemps arriver.

Je suis taillé de mourir en yver.

Et en danger, si en yver je meurs.

De ne veoir pas les premiers raisins meurs.

Makot.

Que je vous croyois bien d'un jugement plus meitr ! Ne pouviez-vous souflrir de ma mauvaise humeur.

Corneille, Gai. du Pal., v. 4.

De môme Racau fait riinor ensemble meurs (mûrs) et mœurs. (Traitédc Versif., p. 358.)

Dériv. vicurir, mûrir; meurison, murison. maUirité, tenqis où mûrissent les fruits.

MEURDRIR,v. act.— Mcurlrir. V. fr. monirir, murdrir : dériv. murdri^sur, meurtrier; de l'ancien llaul-alleniaud murdrjau.

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Et ensi comme les engresses Le vaurent mordrir as coutiaiis.

Lai d'Ignaurès.

Tous trois ont vu

Leurs maisons effroyées D'avoir reçu les cris De leurs femmes tuées.

De leurs enfants meurdris.

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