‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 178 sur 257 · NEU · texte numérisé non relu

NEU

NE, négation. — Pour ni : a iVc connaître ne a ne h, être imparfait ignorant. — Ne craindre ne Dieu ne diable. » Or d'or ne d'argent je n'ay grain.

R. DE COLLERYE, 146

« L'enfant sucçoit le pis de la chèvre ne plus ne moins que s'il eust tetté la mamelle de sa mère nourrice. » (Amyot, Daphn. etChloé.)

« Ne plus ne moins que le benoist saint Paul, qui de persécuteur des chrétiens fut fait vase d'élection. » (Sat. Mén., 87.)

« Mademoiselle, ne plus rie moins que la statue de Memnon, etc. » (Mol.^ Malade imag., II, 6.)

NEL. — Agrégation des mots we le, ne la; ex. : « 3enel ferai point,» je ne le ferai pas. « Si elle vient, je nel recevrai pas, » je ne la recevrai pas.

Il nel connurent, si ont à lui paillé !

Saint Alessin, réd. du XIP'^^ siècle, v. 500.

« Je nel vous di mie pour voir, mais ensi le disent aucunes gens, qu'ensi l'avoit dit li empereres par orguel. » (Chronique d'Ernoul, p. 363.)

Dune à sei-meismes avait dit Que nul beste nel' valeit.

Marie, fabl. 32.

Pour le roi Pépin prie, nel met pas en oubli.

Berte, V. 1433.

NENTILLE, n. f. — Lentille : « Il faut dire aussi de la j^oirée et des nentilles avec les Parisiens, et non pas des bettes ni des lentilles avec les Angevins. » Tel était le précepte donné au XVII^™® siècle par Mesnage, l'oracle des précieuses. Aussi M"'e de Bregy, nièce du savant Saumaise, une des précieuses- les plus qualifiées, qui avait beaucoup d'esprit, mais une orthographe de cuisinière, écrivait-elle nantille. (Voir une de ses lettres citée par Sainte-Beuve, Caus. du Lundi,

t. XI.;

^ NÉSIME, n. propre. — Onésime.

NEU, adj. — Neuf : « Avoir un chapeau neu , un habit neu. » On prononce de môme œuf, bœuf : « Donner un œu pour avoir un bœn. 0

NOEU 211

NEUCHE,, n. f. — Noce : « Une hâk neucke. — Iras-tu al neucht; de Jeanne ? »

NIANT, n. niasc. — Un niais, un li(»iiinie de rien; de néant.

NICHARD, n. ni. — Paresseux, celui qui rcsie au nid ou au lit. du Ir. niche, doîi anicher; v. act. mettre dans un nid, et, par extension, attirer, retenir quelfju'un cliez soi par des caresses, « I ne faut pas anicher les kiens dans l'inaison. »

NICHOUÉ, n. m. — OEuf naturel ou taillé dans un morceau de marne qu'on laisse dans le nid des poules pour les engager à pondre.

NIFLER, V. n. — Flairer avec bruit, en jiarlant d'un chien. Ni/Jle était un mot d'argot signifiant nez. Le français a gardé les dérivés momifie et renifler.

Enfant, en quelque coinpaignie Que tu soyes, garde de nifler Ton nés hault, ne faii-e siffler :

C'est déshonneur et mocquerie.

Ane. Poés., liv. P'", p. 191.

NIVELET, n. m. — Jeune homme prétentieux et maniéré, faquin. Liîtré donne nivèlerie, vieux mot (jui signifie badauderie. La Fontaine a employé l'adjectif ntïv/tVr , badaud. (Lettre à sa femme, 1603.)

NO, adj. poss. — Notre, devant une consonne : « No terre, no fille. »

Or repairolis à no maison.

Chast. deCoucy, V. 3113.

Qui est chilz qui huche à no huis ?

Ch.\st. de Colcy, V. 3477.

NOCER, (luelquefois Neucher, v. n. — Célébrer, fêter la neuche de quelqu'un : « 0"z avons noce pendant trois jours. »

Il Faire bombance, jouer, passer ses journées dans les cafés : « Je ne donnerai pas ma fille à un homme (jui ne fait ([ue nocer. »

Dériv. noceux, les gens de la noce ; mot formé coumic; foireux, fêteux : Celui qui aime trop à s'amuser, paresseux, débauché.

NŒUD-GABRIET, n. masc. — Nœud de la gorge : « S'en donner jusqu'au nœml-f/dbriet, » manger jus(iu"ii s'en faire crever, comme disent les paysans; d'après une légende qui, raconte qu'Adam, voulant

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