‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 179 sur 257 · NOS · texte numérisé non relu

NOS

rentrer dans le paradis terrestre, fut renversé par l'archange Gabriel, et se fit au cou cette saillie. (V. Le Héricher.)

NOIRE-ÉCAILLE, n. des deux genres. — Sobriquet qu'on applique à une personne dont le teint est noir.

NOIRETÉ, n. f. — Obscurité, ténèbres : « Il fait cette nuit une noireté du diable.»

0 nuict heureuse, ô doulce noii'e nuict, Ta noireté aux amants point ne nuyt.

Marot, Elég. XI.

NOIRPRUN, n. m. — Nerprun. Le patois est conforme à l'étym. noire et prune, cet arbuste ayant été nommé ainsi à cause de ses baies noires.

NOM-DES-OS, n. m. — Juron. Nom-dé-Dieppe, iiom-d' une-pipe , nom- d' un-chien, autres jurons.

Les mots os, Dieppe, pipe, chien sont employés pour éviter de jurer par le nom de Dieu.

NONE, n. f. — Midi. On divise la jourm-j en deux parties l'avantnoneei ïaprès-none. Ces expressions' chez nous commencent à vieillir, mais elles sont très-usitées dans les villages de Picardie.

Du latin nonus, neuvième. On dînait jadis à neuf heures, comme le prouve le dicton suivant :

Lever à cinq, dîner à neuf.

Souper à cinq, couclier à neuf.

Font vivre d'ans nouante et neuf.

Leroux dk Lincy. Prov.

Cotte heure ayant été reculée jusqu'à midi, on n'en continua pas moins à donner à none le sens de midi et de repas du midi. En anglais îioow signifie aussi midi.

NOS, pron. pers. — Nous, complément. Ex. : « 11 nos a donné tout son bien. — C'est lui qui nos défendra. — « Tu nos juras que tu nos gardoroies. » (Yilk'hardnuin.)

La forme nous ne s'introduisit que vers le XIII«"'e siècle dans le dialecte bourguignon.

NOSTRUM (Perdre le), loc. — Perdre la tète; ne plus savoir oîi l'on on est dans un travail comuioncé.

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