‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 18 sur 257 · ARE · texte numérisé non relu

ARE

Rien ne se voit plus profitable Qu'est la vertu, seule valable Pour toute chose aprofiter.

Baif.

« C'est l'entendement qui approfite tout, qui dispose tout, qui agit, qui domine, et qui règne. » (Montaigne.)

APPROUVANDER, v. act. — Donner la provende aux bestiaux.

APRÈS, prép. — A. « En tombant, il s'est rattrapé après une branque. »

!| D'après, selon : « D'après lui, on aurait dû s'y prendre autrement. »

Il Être après, surveiller, avoir le soin, s'occuper de : « Quel ouvrier! il faut toujours que je sois après lui.»

« Ça, de par le deable, vous n'avez pas la paine de les (enfants) gouverner, ne il ne vous coûte guères; je suy jour et nuict après. » (Les XV Joies.) '

Il Contre. « Après un tremble s'adossa. » (G. Gaymar.)

AQUEVALER, v. act. — Se mettre à cheval sur, franchir : « Aqnevaler un mur, une haie. » Cheval se prononce k'val, d'où aquevaler.

No baron ont la corde et le baston trouvé; Olivier tout premier ont sus encevalé.

Fierabras, v. 2138.

ARAGER, V. n. — Enrager. Loc. : « Arager dans s'piau, » éprouver un violent dépit.

Hu ! hu ! fait-ele vilenaille, Chien aragé, pute servaille.

Trist. cité par Burguy.

ARBORISTE, n. m. — Ce mot, conformément à son étym arhor,

signifie, chez nous, pépiniériste, et non pas herboriste, comme dans

cet exemple de Lafontaine :

Tu veux faire ici Vai^boriste, Et ne fus jamais que boucher.

ARÊQUE, n. f. — Arête.

Il Arêque du dos, épine dorsale.

AHK 21

ARGENT, n. f. — «Il m'a payé en bonne et belle argent.»

ARGENTEUX, adj. — Qui a de l'argent : « Ce qui maintenoit vos peuples argenteux,h\soit vivre et employer les pauvres.» (Var. hist., et Litt. III .)

ARGILIÈRE, n. f. — Endroit, terrain d'où l'on tire Vargile. Mot très bien fait qui manque à notre langue.

ARGOT, n. m. — Ergot. « Argot, qu'on dit aussi ergot (car le français en plusieurs dictions met e pour a, comme eppeler pour appeler), est le crochet cornu qui est par derrière la jambe du coq.» (Tr. de Nicot.)

Près de la ville d'Eu, e se prononce a dans les mots où il est suivi d'un r et d'une autre consonne ; ex. ; « Vart, pardre, Piarre, vert, perdre, Pierre. Au XV™" siècle, c'était la prononciation parisienne» dit Marot. Villon fait rïm^v part avec, par cl (perd), page 85; haubert avec la plus part, p. 35 ; Robert avec Lombart, p. 96, etc. Pervenche s'est dit parvenche ; cercueil, sarqueu; gerbe, garbe; apercevoir, aparcevoir :

« Aparcéurent sei que l'arche fust venue en l'ost.» (Rois, p. 15.)

« DeuTigarbes de blé. » {Rois, introd., p. 80.)

« Pourquoi toutes ces fraimes-Là? A quoi est-ce que ça voussarf ? » (Mol., Méd. malgré lui.)

ARGOTER, V. n. — Ergoter. Quoique contraire aux règles, l'étymologie argutari paraît fort probable.

« Pour un rien vous vous argotez.y^ (Vadé, la Pipe Cassée. )

ARGOUILLARD, adj. — Querelleur ; qui aime à disputer, à contredire.

ARGOUILLER, v. n. — Disputer, contredire, se quereller.

ARRANGER , v. n. — Ne faire rien à temps, être toujours en retard, soit pour les semailles, soit pour la moisson.

ARKANCIER. adj.— Négligent, qui no finit de rien. Un cultivateur qui no sèiiio pas à temps, qui récolte après les autres, est un arkancier. Dans le Berry et h Beauce, on appelle flrrffH^//''/- un p.Mii commerçant ([ui fait tous les métiers pour vivre, et qui tir." 1.' tlial.li' par la (jueuc.

Page 1