‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 219 sur 257 · REU · texte numérisé non relu

REU

RESTER, V. n. — Habiter, demeurer : « Il reste habituellement à Paris. »

RESTOR. n. des deux genres. — Celui des enfants qui ressemble le plus au père, qui continuera, rétablira, pour ainsi dire la famille. La vieille langue avait restor , dédommagement, récompense, et le dérivé restorement, restauration, réparation. Notre mot restoi' est l'ancien français pris dans une acception métaphorique.

RÉTAMPIR, V. act. — Redresser, remettre debout : « Il faut aller retampir les villottes abattues par le vent. »

Il Au fig., remettre quelqu'un à sa place, l'admonester sévèrement : « Qu'il vienne me trouver, je me charge de le retampir. »

Il Se retampir, verbe réfl. Résister, se redresser, se rengorger : « Guette donc eh' bossu de Savoie, comme i se rétampit ! »

RETAPER (Se), v. réfl. — Mettre ses plus beaux atours.

RÉTOQUER, V. act. — Accueillir quelqu'un en l'accablant de reproches.

Il Se rétoquer, v. réfl. Faire des efforts pour soulever un fardeau. Se redresser avec fierté; d'oîi cette locution : Faire le rétoguet, qui se dit d'un petit homme fier, opiniâtre, entêté.

R'ÊTRE, V. — Etre de nouveau : « 0 r' sommes dans not' ancienne ferme. — Ir' est parti. » Le patois a gardé de la vieille langue l'usage de donner à un verbe quelconque le sens itératif au moyen de la particule re ; ex. :

Poroit-elle en son cuer trouver Que jamais me peust r'amer ?

Chast. de Couct, v. 6063

Et si ne resai par quel iestre La treble cose puist une iestre.

Phil. Mcusres, v. 5986.

« Il nous renvironnèrent tout nostre ost. » (Joinville, p. Oi.)

RÊTU, adj. — Bien portant, éveillé ; « Via un éfant bien rêtu. »

REUE, n. f. — Roue.

Il Faire la reue, se dit d'une vache et surtout d'un taureau qui vous menace de ses cornes en mugissant.

RIC 29o

REULIÈRE, n. f. — Ornière, du mot reue.

REUPER, V. n.— Rôter; dériv. reiipet, rot.

REVENGE, n. f. — Revanche. Ane. revenge.

REVENGER, v. act. — Venger, défondre quelqu'un qui est attaqué : « N'aie pas peur de lui dire ce que tu penses, je suis là pour tu revenger.

L'autre, qui voit sa corapaignie oultrager, Laissa la danse, et la vint revenger.

Marot, Epit.

Il Se re venger, se défendre.

« Le maître qui se vouloit revenger fit semblant d'être malade. » (Noël du Fail.)

REVENIR, Ervenir, v. ncut. — Fut., je revenrai ou reverrai ; même forme au conditionnel ; subj., que je revienche, que tu revienches, qu'i revienche, qu'o revenions, qu'o reveniez, (ju'i revienchent. Dans le dialecte normand du XIII"'"' siècle, venir et ses composés devenir, revenir, avenir faisait au subjonctif vienne, devienge, revienge, avienge, et la prononciation do la finale ^c était dure, d'après Burguy (t. I^r^ p. 388.) La prononciation actuelle revienche confirme la remarque du savant grammairien.

Le futur revenrai, reverrai appartient plutôt au dialecte picard. La forme avec d intercalaire, revendrai, reviendrai a été la seule (]ui filt usitée en Normandie. (V. le mot Venir.)

REVERTÉRIS (Avoir un), loc. — Changer d'avis, de résolution. Du latin revertor, eris, je reviens sur mes pas.

REVUE (À la), loc. — Au revoir. On dit aussi, mais [dus rarement, à la revoijure.

RHEUME, n. m. — Rhume.

Reume, toux et puour sauvaige.

EusT. Desch., Bail.

RIBLE, n. m. — Gerçures à la peau causées par un vont froid. On dit qu'on a ànriblr aux mains, etc.

RICACHER, V. n. — Rire insolemment, ricaner.

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