‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 24 sur 257 · B AVO · texte numérisé non relu

B AVO

AVANT, Avante, adj. — Profond : « V'ià un fossé bien avant. » — « La rivière est avante en cet endroit.»

Il Avant, adv., profondément : « Il faut labourer avant dans certaines terres.»

AVANTEUR, n. f. — Profondeur : « Ils creusent un puits d'une rude avanteur.n

AVEINE, n. f. — Avoine. Prononciation normande, conforme d'ailleurs au latin avena, et qui a prévalu dans beaucoup d'autres mots.

Por dou fain, por de Vavainne

A mon l'oncin

Rut., Li Biz de l'Erberie.

Que la malheureuse avène Ne foisonne sur la plaine.

Du Bellay, Jeux rustiques.

Pasteur qui conduiras en ce lieu ton troupeau, Flageollant une églogue en ton tuyau A^aveine.

Ronsard.

AVEINERIE, n. f. — Champ où l'on a récolté de Yaveine. Du bas latin Aveinariœ, lieux ensemencés d'avoine : « Les chaumes millerines et aveneris ne sont aucunement de garde, sinon tant que le fruit est dedans lesdites terres.» (Cité par La Curne, p. 340.)

AVENTS (Les), n. m. plur. — Les quatre semaines qui précèdent la fête de Noël : v Les Avents se disent de plusieurs Avents, comme les étés, les hivers. Les Avents pour l'Avent, c'est un provincialisme.» (Littré.)

AVERTIS, n. m. — Avertissement, par apocope : « Il a reçu deux avertis pour payer ses contributions.»

AVEUC, conj. — Avec : « Ele senti que li vielle dormoit qui aveuc li estoit.» (Auc. etNicol., p. 258.)

En Picardie on dit avoec, forme la plus fréquente dans la langue d'oïl.

AVOIR, V. act. — Se conjugue ainsi : fut., j'érai, i'éras, il éra, etc. Condit., ']érais, l'érais, il érait, os'éraimes, os'éraites, îs'éraient.

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