‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 240 sur 257 · TÊT · texte numérisé non relu

TÊT

Mi

TEMPS, n. m. — Mot qui exprime la durée : « Un bout de temps, un bon bout de temps, » espace de temps plus ou moins lonp,'.

Il Sur le, sur ce coup de temps. — Sur ces entrefaites, au même instant. « Pierre abattait un arbre dans mon bois, je suis arrivé sur le coup de temps. »

Il Temps.— Etat de l'atmosphère : « Un temps fort, » un mauvais temps. — « La saison du doux temps est enfin arrivée. »

Il Du temps que, par le temps que. « Je ne sortirai pas du temps qu'il fait.»

Il L'atmosphère elle-même, le ciel. — « 11 y a de l'orage dans le temps. — Le temps est, ce soir, tout brillant d'étoiles.»

TENIR, V. act. — Pour la conjugaison de ce verbe, voyez Venir.

TERQUE, n. m. — Espèce de brai avec lequel on marque les moutons. On fait aussi avec le terque des croix sur les portes des étables pour préserver les bestiaux des maladies contagieuses et surtout des maléfices.

Il Nez-au-terque, épitliète injurieuse qu'on adresse à celui qui prise avec excès.

Il Etre sale comme un terque, comme tm pot au terque ; loeuti(jii facile k comprendre.

TERTODS, Tertoutes, adj. — Tous en général, sans exception. Un disait autrefois trestous, tretous :

Les pouldz.

Les loups, Les doux Te puissent ronger sous la cotte Trestoits.

M.\KoT, Opigr.

L'ancienne langue faisait un grand usage de la pariicule trrs dans la composition des verbes et des noms : elle y parait sous les formes trans, tra, très, tre, ex. :

Puisque je vois Franchois fuir et trestourner.

FlERABRAS, V. 21"J.

Li amiraus en fu durenient trespensés.

Gui dk Nantelil, v. 2448

TÊTARD, n. m. — Homme entêté, (jui aime à eontredirr.

322 Tl

TÊTE, Toile d'oriller, n. f. — Taie d'oreiller. Ce solécisme vient de ce que les paysans sont toujours portés à confondre un mot moins connu avec un mot plus connu. Nous avons cité comme exemple l'eau d'âiion pour laudanum.

TÊTÉE, n. f. — Caprice, coup de tête : « Faire à &têtée, » agir suivant ses caprices.

C'estoit un bon baston bien fait à me testée.

HuG. Capet, p. 114.

Ane. ce mot signifiait encore coup appliqué sur la tête :

Baudus en done soi* l'elme tel testée La perce brise ; fendue est et quassée.

Aliscans, V. 7122.

TETTE, n. f. — Bout de la mamelle, on parlant des femmes ; en français ce mot ne s'applique qu'aux animaux. Nos vieux auteurs ne connaissaient pas cette distinction :

Elle pressa sa tette

Feignant de la donner au poupard, et soudain Une ondée de lait luy échape du sein.

B.vïF, 13. 15.

Bien, bien, fais le bers de l'enfant, Et luy donne un peu la tette.

Ane. Poés., VI, 204.

TEURCO, n. des deux genres. — Celui, celle qui a le cou de travers ; de teurdre (!t de co (cou).

TEURCUL, n. des deux genres. — Mot rabelaisien qu'il est plus facile de conqjrendre que d'expliquer.

TEURDRE, V. act. — Tordre ; part, passé, leurs, teurse et teurt, leur te.

Ses peins teurdoit de raige et dessiroit son vis.

Vie St Alexis, st. 17G, réd. du XlVne siècle.

« Jamays ne vis hart mieux teurse. » (Palsgrave.)

TI. ■— Particule qu'on emploie dans les phrases interrogatives, et qu'on place toujours après le verbe, ex. : « C'est-fi comme cha que vous vous y prenez ? — Voyons, j"irai-/i au marché ? »

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