‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 241 sur 257 · TIR · texte numérisé non relu

TIR

TIEU ! TIEU ! TIEU ! — Cri [lonr appeler les vaches : « Toutefois (ainsi eflaioLieliéesj elles les rasseurent, les appellent, tifii, tien, i\largot, ticu, ticu, ticu. » (N. Faljri(jue.)

TIGNACHE, n. 1'. — Tignasse ; chevelure épaisse et mal {leignée.

TIGNEUX, adj. — Teigneux.

« Là n'estoyent que troys ligneux et ung pelé de légistes. » (Rab., Pantag., Il, 5.)

Femme trop piteuse

Fait souvent fille tigneuse.

Cité par H. Estiennf..

On ne peut guérir un tigneux.

Ane. Poés., tome III, p. 189.

Jusqu'au XVII^ siècle îigne et teigne sont également usités.

TIGNON, n. m. — Bardane. Cette plante a été ainsi nommée par ce que ses fleurs tiennent comme une teigne aux habits.

TIN, Ten. — Pron. poss. — Ton : « On dit que tin neveu va se marier. » Devant une voyelle ou un h nuiet, (jn [irononce Vu : « Va faire fn ouvrage. »

Ten dans l'ancien dialecte picard était le cas régime de tis, ion.

De te7i service te paia

En ce que men corps te donna.

R. d. S. G., 823, 4 ; cité par Burgly.

TINTERELLE, n. f. — Petite cloche; du fr. tinter.

TIOU ! TIOU ! — Cri pour rappeler les cochons à IVlalilc

TIPONNER, V. act. — Faire (juelque chose avec lenteur. Conqi. avec leittiponner.

Il Toucher à tout, déranger tout ; en ce sens ce mot ne s'appliquf quii un homme vétilleux qui s'occupe de détails inutiles.

Dériv. tiponnier, ère.n. m. et f. —Tatillon, personne méticuleuse.

TIRANDER, v. act. — Tirailler.

TIRE, n. f. — Action de tirer, trait : « Il y a de la tire pour monter la cote. »

Il Cheval de tire, cheval de trait.

32i TOR

TIRER, V. act. — Retirer : « Tire-toi de ma place. » Coîiip. avec résipi'le pour érysipèle, Toine |ionr AiUoine, Gustin pour Augustin, etc. Les paysans disent aussi cidcr pour reculer.

On trouvera un exemple remarijuable d'aphérèse dans ce vers de Tii. Corneille que Charlotte Corday orthographiait ainsi : Le crime fait la honte et non pas le chafaud.

TISAINE, n. f. — Tisane. La lettre «devant m sonne presque toutours ai ou ei ; ex. : Gleiner, painier, aine, cabaine, feiner, etc.

TITINE, n. propre. — Diminutif de Augustine, Ernestine, Clémentine.

TOGNE, n. f. — Violent coup de poing appliqué sur la nuque,

TOINE, Toinot, n. propre. — Antoine; de môme Toinette [wnr Antoinette, Nésime pour Onési me, Z)^7au/^ pour Adélaïde, Mélie pour Amélie, Phrasie pour Euphrasie, Phrosyne pour Euphrosyne, etc.

TONDELIER, n. m. — Tonnelier.

TONTOME, n. propre. — Chrysostome.

TOPETTE, n. T. — Petite liole : « Une tapette d'iau-de-vie.n

TOQUART, adj. m. — Qui porte à la tète : « Vous avez du cidre toqniiyt, il faut s'en défier. »

TOQUER, V. act. — Heurter : « Il a toquésa. tète contre un mur, » Il Porter à la tète : « Ce cidre vous toque. » Il Etre toqué de. Etre follement amoureux de.

TOQUET (Biau), n. m. — Nom injurieux que l'on applique à une femnK! mal coill'ée, ou qui se donne des airs d'importance.

TOR, n. m. — Taureau : « Mener une vache au tor. » .... Au grand turc vendu argent contant Pour être mis au harnois comme un tor.

Villon.

Je ne sais sur quelle leçon s'est appuyée le bibliophile (P. Lacroix) pour écrire ainsi ce dernier vers :

Pour estre mis au Uarnois com' bug for !

Villon, p. 230.

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