‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 242 sur 257 · TOR · texte numérisé non relu

TOR

« Lorsque les vaches sont en sault, les convient mener devant le taur, et les laissier le tnur flairier. » (Ev. des Qurnomlles,)

TORCHÉE, u. r. — Volée de cou[w : « I se sont donné une Iminc torchée. »

TORCHER, V. act. — Battre, jeter quelqu'un par terre en luttant avec lui. C'est une signification voisine du latin torquere. On trouve au XVI*'"ie siècle les mots torche, lorgne, employés pour exprimer le bruit de coups distribués à tort et à travers :

Douez des horions, pati, patac...

Chipe, chope, torche, lorgne.

Bat. de Marignan, dans L. dk I.fncy.

Dans Rabelais, maître Janotus de Hragmardo dit à la fin de sa harangue : « Mais nacpetetin petetac, ticque, torche lorgne. » (Liv. le"-, ch. XIX.) Etym. tortiare, par l'intermédiaire tortus.

TORCHETTE (Netcomme), loc— Franchement, ni plus ni moins; ex. : « Je lui ai répondu net conwie torchette que ie voulais être maître chez moi. — Je vous louerai cette maison cent francs net comme torchette, )) c.-à-d. ni plus ni moins. En Normandie, selon Littré, clair et net comme torchette, se dit aussi d'une chose .sale ou d'une explication obscure.

TORCHON, n. m. — Femme, serv^ante malpropre.

TORQUE, n. f. — Selle ou torche.

I! Au fig. torque-à-tout le monde, femme de mauvaise vie, <\\\\ se livre à tout le monde.

Par une métaphore aussi juste, aux environs de Rouen, on appelle grande escamel une femme d3 cette espèce. En v. fr. escame et cscumel signifiait 6!5ccfi(?rti*; ex. :

La dame s'asist au mengier, Et li variés vint au mercier, Et dist : alée laver, amis, Véés-là votre escamel mis.

Chabt. de Coucv, V. 6757.

Uns compains estoit assommoz Qui ronfloit dessus une escame.

EusT. Desch., Le Dit du jeu des dt^s.

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