‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 26 sur 257 · BAD · texte numérisé non relu

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BABAINES, n, f. plur. — Babines, La lettre i sonne ei ou ai dans la plupart des mots terminés en ine et igné ; ex : fraine, rachaine, malaine, faine, gamaine, poitraine, saigne, etc., au lieu de farine, racine, maline,fine, gamine, poitrine, signe. Les citations qui suivent prouvent que cette prononciation populaire était admise même par les lettrés, par les poètes :

Cette coupe est toute pleine ; J'en vay laver mes poulmons ; C'est le chaud et la saleine. Ce n'est pas nous qui buvons.

Oliv. Basselin

Prendray-je ceste médecine ?

Ouy, ouy, ne prenons pas la peine, etc.

J. Le Houx.

BABET, n. p. f. — Diminutif d'Elisabeth. On dit plus généralement Lisnbeth.

BABOT, n. f. — Femme, servante lourde et stupide : « C'est une babot qui ne comprend rien. » En latin babulus signifie nigaud.

BADIGOINGES, n. f. plur. — Babines, lèvres : « La bonne dame à ce qu'elle disoit, en se délayant les badigoinces, eût bien voulu avoir souvent de telles pratiques » (BéroaldedeVerville.)

« La mousse luy est creue au gouzier par faute de remuer et exercer \qs badigoinces. » (Rab., IV, 49.)

BADRÉE, n. f. — Marmelade de pommes ou de poires qu'on étend sur les pâtisseries, sur les tartes. On a rattaché ce mot à badré qui, dans l'Orne, signifie couvert de boue, mouillé, comme vatré dérive de ivater, eau.

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