BAD
BABAINES, n, f. plur. — Babines, La lettre i sonne ei ou ai dans la plupart des mots terminés en ine et igné ; ex : fraine, rachaine, malaine, faine, gamaine, poitraine, saigne, etc., au lieu de farine, racine, maline,fine, gamine, poitrine, signe. Les citations qui suivent prouvent que cette prononciation populaire était admise même par les lettrés, par les poètes :
Cette coupe est toute pleine ; J'en vay laver mes poulmons ; C'est le chaud et la saleine. Ce n'est pas nous qui buvons.
Oliv. Basselin
Prendray-je ceste médecine ?
Ouy, ouy, ne prenons pas la peine, etc.
J. Le Houx.
BABET, n. p. f. — Diminutif d'Elisabeth. On dit plus généralement Lisnbeth.
BABOT, n. f. — Femme, servante lourde et stupide : « C'est une babot qui ne comprend rien. » En latin babulus signifie nigaud.
BADIGOINGES, n. f. plur. — Babines, lèvres : « La bonne dame à ce qu'elle disoit, en se délayant les badigoinces, eût bien voulu avoir souvent de telles pratiques » (BéroaldedeVerville.)
« La mousse luy est creue au gouzier par faute de remuer et exercer \qs badigoinces. » (Rab., IV, 49.)
BADRÉE, n. f. — Marmelade de pommes ou de poires qu'on étend sur les pâtisseries, sur les tartes. On a rattaché ce mot à badré qui, dans l'Orne, signifie couvert de boue, mouillé, comme vatré dérive de ivater, eau.