‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 27 sur 257 · BAL · texte numérisé non relu

BAL

BAGNOLE, n. f. — Voiture, charrette en mauvais état ; pour banniole, de banne.

BAGOU, n. m. — Faconde gasconne, loquacité intarissable. « Bagou de commis-voyageur. » (Voir l'illustre Gaudissart de Balzac). B<j(jou forme débagouler. Etym. ba, particule de dépréciation, et goule, gueule.

BAIL, n. m. — Fait au plur. bails. On dit de même tmvails, bétails, vitrails : « Après les i«i7i finis.» ("Loysel, cité par Littré.)

BAISER, V. act. — Avoir commerce avec une femme. Dans la vieille langue littéraire, je ne connais^que Melin de Sainct-Gelays qui ait donné à baiser ce sens erotique.

Je ne suis beau ny advenant,

Je suis malheureux de tout poinct !

— Ouy, si tu ne la baisois point.

Œuv.Poét., t. II, p. 230.

Voir encore pour ce mot la cinquième Sérée de G. Bouchot, t. I<"", p. 197.

Il Attraper, duper. « Il m'a baisé une fois, c'est assez. »

BALANGHOIRE, n. f.— Conte, mensonge : « Va conter ailleurs tes balanchoires. »

BALER, V. act. et neut. — Décharger ; « Baler un tombereau rempli de fumier. »

Il Verser : « Le chariot a balé en tournant. »

Il Être chargé, accablé , « Les pommiers baient de pommes.» Dans ce dernier sens, baler est synoyme de abaler qu'on a vu plus haut.

BALIER, v. act. — Balayer.

L'air estaut balié des froids soupirs de bize.

Agkippa d'Aubigné.

« C'est jetter son argent dans la rivirre.... quand ayant basti une grande et superbe maison, elle demeure vuide par faute de revenu, et qu'il faille employer plus de temps à la ballier qu'à en labourer les terres. » (Oliv. de Serres).

Nous lisons dans le dict. de Trévoux : « Balier, balayer. Ces deux mots sont bons tous deux, mais balier est plus en usage «pie balayer, par ce qu'il est plus doux à l'oreille : Ex : « Balier une chambre » —

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