‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 35 sur 257 · BER · texte numérisé non relu

BER

BERBIS, n. f. — Brebis; pour la transposition de la lettre r, v. le mot apprendre. On remarquera que fteriis se rapproche tout-à-fait du latin vervex, et surtout de berbex, mot populaire qui se trouve dans' Pétrone et Vopiscus.

« E returnad de Saul a maison en Bethléem pur les berbiz guarder. » (Les Rois.)

La Berbiz sans garde truva, Une en ocist, si l'emporta.

Marie, Fab. 45.

Au XVI« siècle, H, Estienne écrivait : « Dicltur brebis, sive berbis, sed brebis majis receptum est. >>

BERCAIL, n. m. — Vermine ou pou de mouton.

BERDELET, n. m. — Bavardage. Mot formé du verbe berdeler qui appartient aux patois du Nord, et qui signifie gronder entre ses dents, parler d'une manière confuse et monotone. Berdelet est donc synonyme de langage ennuyeux, fatigant : « Nous a-t-il assez assommés avec son berdelet ? » Je rattacherais volontiers ce mot à bredir, bresdir, V. fr. hennir.

BERDOUILLER, v. n. — Bredouiller; d'où berdouilleux, berdouillard, berdouillement.

BERLAN, n. m. — Brelan : « Un berlenc apporte et trois dez. » (Fabl. de Barbazan, cité par Littré.)

On voit en paix garçons muser, Etre oyseux en bourg et aux champs, Jouer aux dez et aux berlans.

Ane. Poés., t. VII, 239.

BERLAUDE, n. f. — Vieille brebis ; en ce sens ce mol tombe en désuétude.

Il Femme qui passe son temps à jaser; vieille commère. Dans le Poitou brelau désigne un bélier, et brelauder signifie passer son temps à dire des bagatelles. (L. Favre.)

BERLINDER, v. n. — Faire sonner à une cloche deux et trois coups au lieu d'un.

BERLINGUER, v. n. — Pencher, osciller, en parlant d'un chariot

BÊT 4i

mal chargé ! Faut-il rattacher ce mot à berlingot, diminutif péjoratif de berline ?

BERLOQUE, n. f. -- Breloque : « Battre la berloque, » radoter. De cette locutioa usitée à peu près partout, Génin a donné une explication peu vraisemblable. (V. Recréât. Philologiques.)

BERLOTER, v. n. — Bavarder, dire des riens. Dérivé : berlotier, ère.

BERLUQUE, n. f. — Un rien, un fétu, une misère, comme on dit familièrement : a II a tout emporté, il n'a pas même laissé une berluque. —■ J'ai avalé une berluque qui était dans mon verre. — Avoir une berluque dans l'œil. » Dans l'ancien fr. hellugue signifie étincelle, lueur; d'où belluette, bluette, petite étincelle. Comme il n'y a aucun rapport de sens entre hellugue et notre mot berluque, il serait plus rationnel de tirer celui-ci de belluga, petit fruit sauvage, selon Du Gange.

BERNEE, n. f. — Excréments; d'où berneux, breneux.

BERQUERIE. n. f. — Bergerie.

BERQUIER, n. m. — Berger. Il n"y a pas longtemps que les berquiers passaient pour sorciers, capables d'envoyer des maléfices. J'ai entendu dans mon enfance raconter mille légendes sur ce pouvoir occulte. En Basse-Normandie, en Bretagne, les mêmes croyances ont aussi régné. (V. Y Ensorcelée, par B. d'Aurevilly.) Il Rose de herquier, rose sauvage.

BERSILLES, n. f. plur. — Branchettes, menus morceaux de bois; d'où liersiUer, casser en petits morceaux.

BESACHE, n. f. — Besace; dér. besachie, ce que contient une besace : « Gorbeilles, corbeillones, sacs, pouches et bezachées de diables. » (Nouv. Fabrique.)

BÊTA, n. m. — Niais, stupide. Bon. des Périers a dit, en parlant des petits dune pie : « Ils faisoient les bestats, et vouloient toujours retourner au nid, pensant que la mère les deut toujours nourrir à la beschée.»

BÊTE (Être tout), loc. — Etre malade, languissant. Comp. avec le latin betissare qu'employait Auguste, selon Suétone.

BIAU, adj. — Beau. Tous les mots terminés en eawse prononcent ainsi ; ex : Mantiau, piau, batiau, nouviau, etc. Il y a peu d'exceptions à cette règle. En Picardie, la finale eau devient ieu; ex.: Oisieu, martieu, etc.

Biaus chantei' anuit souvent.

Renard, v. 5466.

Ce vers se trouve aussi dans le Chastiement des Dames de Robert de Blois.

BIAUTÉ, n. f. — Beauté; prononciation anglo-normande : « Lor biautés le parc enlumine. » (Chast. de Coucy.)

Car Haute est de tel matire, Quel el plus vit, et plus empire.

» Rose, v. 9073.

BIBERON, n. m. — Bec d'un vase.

BIBI, n. m. — Synonyme de bobo mot du langage enfantin : « Les labiales qui composent ces mots ont été purement amenées par la facilité avec laquelle l'organe buccal peu formé et exercé des hommes primitifs et des enfants très-jeunes savait les prononcer.» (Bergmann, Ontologie.)

BIDAILLON, n. m. — Mauvais bidet.

BIDETTE, n. f. — Jument de selle ; féminin de bidet qui est français.

BIHUTTE, n. f. — Cabane, maison qui tombe en ruine.

BISAGÛE, n. f. — Besaigiie; du latin bis acutus.

L'un plante aux champs une forte charrue. L'autre en ses mains porte une bisagûe.

Ronsard, cité parLittré.

BISAILLE, n. f. — Mélange de pois etdevesce ; plus usité au pluriel : faire des bisailles. Du latin bis.

BISBIS, n. m. — Bisbille : « Ils sont en bisbis », c.-à-d. brouillés.

BIS-BLÉ, n. m. — Méteil, mélange de froment et de seigle.

BISGAILLER, Briscailler, v. act. — Mettre en pièces. Comp. avec

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