‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 36 sur 257 · BIT · texte numérisé non relu

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bizcazier qu'on trouve avec le même sens dans les Contes normands d'Alcrippe, sieur de Neri en Verbos. « Il continua tout le temps... à tuer, machacrer, meurdrir, égorger, rompre, biscazier, et abattre oyseaux. » {N. Fabrique.)

BISC-EN-COIN, Bist-en-coin, loc. adv. — De biais, de travers, d'un coin à l'autre.

BISCOTER, V. act. — Terme erotique ; comp. avec bécoter. « Et les moines, quelle chère font-ilz ? Le corps-Dieu, ils biscotent vos femmes, ce pendant qu'estes en romivage. (Rab., Garg, I.,4o).

BISQUE, Bique, n. f.— Mauvaise jument, rosse. Il Au fîg., femme méchante, acariâtre. Comp. bisque âvecV ancien anglais bniske, aigre.

BISSA, n. m. — Bissac. De môme sa, au lieu de sac, bé, pour bec, se, sec, etc. C'est ainsi que dans beaucoup de mots, le c final ne se fait pas sentir en français : jonc, cric, accroc, tronc, etc : « Et il sifflait toujours les taupettes tant et si bien, qu'il arriva vite au fond du bro.^) (B. d'Aurevilly, V Ensorcelée.)

BISTALOT, n. m — Gâteau grossier.

BISTOUILLES, n. f. p. — Contes, récits graveleux : « Dire des bistouilles » .

BITTE, n. m. — Membrum virile. On trouve dans la Condamnacion du Bancquet par Nicole de la Cliesnayo : « Aussi avez-vous belle bide ?» Le bibliophile Jacob prétend que ce mot est un terme d'argot qui signifie trogne, face enluminée, et au lig. membre viril. — Ce mot est quelquefois un terme de tendresse, d'affection, et souvent les ruraux le prononcent sans songer à mal. Ainsi une bonne vieille dira à un grand garçon qu'elle a vu naître ; « Comment vastu mon pauvre bitte ?» — Est-ce que l'empereur Auguste, au dire de Suétone, n'appelait pas ainsi le poète Horace : homuncionem lepidissimum, purissimumpenem'^ Pott a rapporté ce mol au breton piden, biden = penis. kymri, pid, pointe.

BITTE-DE-ROBIN, n. m. — Gouet, plante qu'on appelle aussi pied de veau. Ceux qui connaissent cette plante devineront sans peine pourquoi on l'a ainsi nommée.

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BITTER, V. n. — Se toucher, terme de jeu. Deux palets qui se touchent hittent.

BLANC, n. m. — Peuplier ainsi nommé à cause de son feuillage pâle; adjectif pris substantivement comme les mots français tremble, sanglier, coursier; lat. tremula {\)oçu\ns) , singularis (porcus), cursor (equus.)

BLASSER, V. act. — Panser, essuyer une plaie avec un linge mouillé.

BLÈQUE, adj. — Blet. Pomme, poire blèque : « Ils cueillirent.... poires molles, pommes bîecques.v (^N . Fabrique.) On a donné de ce mot plus d'étymologies qu'il n'a de lettres. (V. Littré, au mot blet.) Ne pourrait-on pas le rapprocher du grec [iXà?, lâche, mou, quoique cet adjectif n'ait qu'un sens moral ? Blacte (lâche) se trouve dans R. de Collerye :

Tous gens flatteurs sont gens dyaboliques.... En faulx semblant blactes et baziliqucs.

Ballade, I.

D'où éhlaquer : « Votre femme, votre moitié d'arrogance et de tout, et dont la fierté est maintenant aussi éblaquée que cha ! répondit-il en frappant de sa gaule ferrée une motte de terre qu'il pulvérisa. » (B. d'Aurevilly, ÏEnsorcelée.)

BLÉRI, n. m. — Champ où l'on a récolté du blé.

BLINDER, V. n. — Avant de commencer à jouer au but ou à la butte, les joueurs jettent leurs palets. Celui dont le palet est le plus près du but joue- le premier ; c'est ce qui s'ap[)elle blinder.

BLINGUER, V. n. — Pencher, vaciller; môme sens que berlinguer qu'on a déjà vu.

BLO, n. m. — Bloc. Grosse' pièce de bois sur laquelle les bouchers hachent la viande.

Il Morceau de bois qui sert à abloquer. (V. ce mot.) Il Siège fait avec une bille de bois, qu'on place généralement dans un coin de la cheminée. «Assieds-toi sur le blo », dit-on à un enfant.

BLOUQUE, n. f. — Boucle. « A lui, pour deux courroies de cuir

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