‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 37 sur 257 · BON · texte numérisé non relu

BON

de vache, garnies de grosses blouques de fer » (Compte de l'Arg.

du roi ; Douet-d'Arcq.)

Mervilleus cops se donnent es escus d'or listés, Desous les blouques d'or les ont frains et troés.

Fierabras, v. 2409.

BLOUQUER, V. act. — Boucler. « Il n'est besoing que tu regardes si iiault, je veux que tu saiches que je ne daigne pas que tu hloucquasses mon soulier. » (Palsgrave.)

BOCHE, n. f. — Bosse. « S'en donner une boche, » boire et manger avec excès.

BOCHU, adj. — Bossu. «On m'appelle bochu, mais je ne le suis mie », disait au XlII^e siècle le poète Adam de la Halle, surnommé \e Bossu d'Aî^ras.

BOIRE, V. act. — Fut. je baverai ; cond. je buverais. Comp. ces formes avec bevrai, beverai,bevereie de l'ancienne langue : « Od toi ne ireie, ne pain mangereie, ne ewe ne bevereie.y» (Les Rois.)

BOIS-BLANC, n. m — Terme générique qui désigne certains arbres, comme l'aune, le saule, le peuplier, le tremble. « Faire un plancher de bois-blanc, bâtir avec du bois-blanc, etc.

BOISETTES, n. f. plur. — Menues branches que les pauvres gens, boquillons et boquillonnes vont ramasser dans la forêt ; c'est ce que La Fontaine appelle poétiquement de la ramée.

BOIT-SANS-SOUÉ, n. m. et fém. — Ivrogne, ivrognesse. Soué = soif.

BOISSON, n. f. — Petit cidre, cidre bien baptisé. On dit du cidre et de la boisson pour distinguer la force de l'un de la faiblesse de l'autre.

BOLÉE, n. f. — Ce ([u'il y a dans un bol ; une bolée de lait, de crème, etc.

BONNEMENT, adv. — Vraiment, tout de bon. « Mais bonnement, croyez-vous que je voudrais me ruiner? » On use et abuse de ce mot qu'on place à tout propos dans la conversation. « II vous a dit cela, bonnement'^ — Est-il vrai, bonnement, que vous allez vous marier? »

BONNET DE CURÉ, n. m. — Baie du fusain, avec laquelle les enfants s'amusent à faire des chapelets ; ainsi nommé à cause de sa ressemblance avec les bonnets carrés des prêtres.

BOQUET, n. m. — Bosquet. Les noms de famille Boqiiet, Duboquet sont communs en Normandie.

BOQUETIER, n. m. — Pommier, poirier sauvage, qui n'a pas été greffé. De bosc, bois.

BORDILLER, v. n. — Etre près de ; ex. : « Vous devez bien bordiller la cinquantaine ? »

Il BordiUer, v. act. Se dit des animaux qui en passant attrapent une goulée dans le champ du voisin. Admirable matière à chicane.

BORGNIBUS, n. m. — Borgne ; terme de mépris. A la campagne, on n'est pas tendre pour les infirmes.

BORNE, n. m. — « Il faut mettre à votre champ de^ros bornes. » D'où « être borné comme une acre de terre; être borné par les quatre coins, » c.-à-d. être un parfait imbécile.

BOS, n. m. — Bois . « Aller au bos, » aller ramasser du bois dans

la forêt :

J^Q bos est cntour moult biax.

Rom. de Rou.

«Une pucele vint ci, liplus bêle riens du monde, si que nous quidames que ce fust une fée, et que tos cis bos en esclarci. (Auc. et Nicol.)

BOSCO, n. m. — Bossu; homme de petite taille. BOSSETER, Bocheter, v. act. — Bosseler.

BOUCANE, n. f. — Maison qui tombe en ruine. Il Maison, ferme mal tenue : « Je ne veux pas rester dans cette boucane ; on y est mal nourri et mal payé. » De boucan, qui anciennement signifiait bordel.

BOUCHIE, n. f. — Bouchée : «Manger une bouchie, » prendre un léger repas.

Novelement est accouchie, A chascun donoit sa bouchie.

Mais n'avoit pas son cMef couvert.

Renart, cité par Littré.

« Duas bucceas manducavi. » (Aug. apud Suét. 70.)

BOUDIN (Faire du), loc. — Bouder.

BOUEN, Bouenne, adj. — Bon : « Compeignie de boens crestiens.» (Rutebeuf.)

De boin mangier oufc a fuisoa Et veuilles et veuisou.

Floire et Blanckflor.

BOUFFARD,adj. — Gourmand. On dit aussi bouffeux, eiise. Comme étym., Du Méril propose le grec poucpàyoç, glouton; boupi, en patois languedocien.

BOUFFER, V. act. et neut. — Bâfrer, manger comme uu glouton.

Mais Rome tandis bouffera

Des chevreaulx à la chardonnette.

M>ROT, Epit.

BOUFFI (hareng), adj. — Hareng qui reste quelque temps dans la saumure.

BOUGON, n. m. — Bout de bois mort. « Aller à bougons, » aller dans la foret ramasser des bouts de bois.

BOUGONNIER, adj. ■— Celui qui ne fait que bougonner, gronder entre ses dents.

BOUILLET, n.m. — Espèce de bouleau avec les petites branches duquel on fait des balais. Diminutif du v. fr. boni.

BOUILLON, n. m.— Averse : « J'ai reçu un rude bouillon en chemin. »

Il Réprimande, reproches : « On m' 2i àonné mon bouillon.»

BOUIS, n. m. — Buis. Cette prononciation est très-ancienne, et au XVIIe siècle, Ménage la signalait comme étant toujours ou usage à la cour, et la seule correcte.

Ainsi nos vieux François usoient de leur rebec.

De la flûte de bonis et du bedon avec,

Quand ils représentoient leurs moralités belles.

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