‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 39 sur 257 · BRA · texte numérisé non relu

BRA

BOURRIQUE, n. m. et f. — Ane, ànesse : « Gros bourrique, » gros ignorant.

Il Faire tourner quel([u'un en bourrique, lui faire perdre la tète. De bourrique, on a fait bourriquer, mot obscène qui, de même que baudouiner et roussiner, est digne de la langue de Rabelais.

BOURSIE, n. f. — Contenu d'une bourse : « Avoir une bonne boursie d'argent. »

Quant chascuns a chape forrée, Et de denier la grant borsée.

Les plains coffres, la plaine huche.

RUTEBEUF

BOUSAT, n. m. — Bouse de vacbe ; on dit aussi bousée, n. f.

BOUSTIFAILLE, n. f. — Bonne chère : « Aimer la bousti faille. » D'où bousti f ailler, manger salement, et bousti faiUeur, gourmand. Au lieu de bousti faille, on dit quelquefois gousti faille, etc.

BOUT, n. m. — Usité dans cette locution : « A tout bout de champ, » à chaque instant. — « Si vous m'interrompez à tout bout de champ, je ne dirai plus rien. »

BOUTAINE, n. f. — Nombril. Ane. IV. boudin, boudiné, mots qu'il faut rattachera bedaine, selon Diez.

Quant il luy couvroit la boudaine Quelque philosophe ou ai'tiste L'eust pleinement pris pour la guaine Ou le fourreau d'un organiste.

CoQUILLART, 1, UÛ.

Le Héricher (Gl. norm.) donne boudiné avec le .sens d'intestin.

BRACHIE, n. f. — Brassée; du latin brachia, bras : <( Porter un enfant à brachie,.y> dans ses bras. Y. fr. brache, brachie. Un flael porte dont la maucc est furnie Toute ert de cuevre, et longe une brachie.

Aliscans, V. 5082.

Si ot granz mains et longue brache Dont elle tient fort cels qu'clc embrache.

JUBINAL, Fabl.

50 BlU

Brache est du reste employé dans cette locution : a Prendre à brache-corps,, » c'est-à-dire de manière à entourer avec les bras.

BRAILLER, v. n. — Shabiller avec soin, être fier de sa toilette, être^mw, comme on disait jadis.

Du fr. braies, culotte, qui vient probablement de ^raca, mot gaulois cité par Suétone.

Il Se vanter, mentir ; doù brailleux, hâbleur, et braillerie, vantardise.

BRAN, Bren, Brin, n. m. — Matière fécale : « Autant en disl un tirelupin de mes livres, mais bren pour luy. » (Rab., Garg., l. ) En fr. son ; d'où ce proverbe : Faire l'âne pour avoir du bran.

Il Bran d'agache. — Sorte de gomme (jui découle des cerisiers, pruniers, pêchers.

BRANDOUILER, v. n. — Remuer continuellement ; adj. brandouillard, arde.

BRANLER (Se), v. réfl. — Travailler avec ardeur, redoubler d'activité : « Le temps menace, il faut se branler. y>

BRANQUE, n. f. — Branche; probablement du bas-latin branca. Sor une branqiie hait s'est mise.

Marie, Fabl. 22.

BRASSER, V. act. — Faire ; se prends toujours en mauvaise part : « Il est toujours à brasser ce qu'on ne lui demande point.»

Disant cecy toujours sou lict elle brassait. Et les liuceux trop cours par les pieds tirassoit.

Régnikr.

Dans la vieille langue, brasser s'emploie indifféremment avec une bonne ou mauvaise acception ; ex . :

Jhérusalem, ahi ! ahi !

Comme t'a blécic et esbahi

Vaine gloire, qui toz maus brasse !

Rut., Comp. de Constantinople.

Marie, nom très gracieux, Fons de pitié, source de grâce, Qui notre paix bastit et brasse !

Ch. d'Orléans, Bail. 23.

BRI ni

(C'est à tort que cclti' IkiII.kIi' figure dans les (euvns de Villon, édition du Itihiiophilc Jacul». )

BRÊLÉE, n. f. — Mélange de diverses plantes fourragères dont on nourrit particulièrement les moutons pendant l'hiver.

Il Au fîg. faire de la brêlée, c'est mêler le patois avec le langage de la ville. Cela s'a[)pli([ue aux paysans, ((ui ayant été quelque temps à la ville, « méconnaissent le râteau, comme dit Noél du Fail, contrefont leur naturel, et viennent mêler, à leur retour, seigle avec froment. » (V. les Contes rustiques.)

BRÈQUE-DINT, adj. — Brèche-dent.

BREUILLES, n. f. plur. — Entrailles de poisson, en fr. En patois, ce mot a un sens plus général ; ex. : « Le taureau a donné un coup de cornes à la servante, et lui a fait sortir les hreudles. » De même dans l'ancienne langue :

Puis (il) fet le cors ovrir,

La breuille a fait richement eufoïr

Devant Tautel el mostier St-Bei'tin.

Garin, dans Du Cange.

Il Tétines de truie, de chienne ; tétasses : « Cache tes breuilles, » dit-on à une femme qui étale une gorge trop opulente.

BRICOLER, V. n. — Vivre d'expédients; entreprendre beaucoup et ne rien finir. Dér. bricoUer.

BRIÈRE, n. f. — Bruyère; b. lat. brieria. « In brierils et tandis in foresta de GuofYer [)ropre Falesiam. » Cité par Le Hér.

BRIMBELLE, n. f. — Gamine; paysanne (jui fait des embarras. Il Airelle, plante qu'on appelle encore raisin des bois.

BRIN, n. m. — Un peu, un rien : u Si t'as trop di' viande, donnem'en un brin. » S'emploie dans un sens absolument négatif : « Je n'aurai brin de pommes cette année. » Comp. avec cette phrase de

M'"e de Sévigné : « L'autre jour on me vint dire il n'y a pas un

brin de vent. » Diez rattache brin, chose menue, au celtique fra/i, son.

BRINDEZINGUE, n. m, — Ivresse. Mot de fantaisie.

BRINOTER. v. n. — Manger peu. brin à brin.

BRISE-TOUT, adj. — Epithète homérique que l'on applique à un

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