‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 71 sur 257 · DE · texte numérisé non relu

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DAGUE, n. m. — Mauvais couteau ; d'où daguer qui a le môme sens ([Lie haguillonner. (\ . ce mot.) — Du celt. dag, pointe.

DAMAGE, n. m. — Dommage : du bas-lat. damagium. Damage, damag'u', damagier sont très-usités dans la vieille langue.

Fils à putain, dient auquant, I

Pur kei nus leissum damagier ?

Rou, V. 6024.

De nostre gent éust molt damagie,

Aliscaxs, V. 5084.

Mors me i''a fait de granz damages.

RUTEBŒUF.

A donc li mescliéaus li conte,

Son grant damage et sa grant honte.

RosK, V. 17479.

Le fr. dam, qui tombe en désuétude est une abréviation du b. latin damagium, ou du latin damnum.

DARTE, n. m. — Dartre ; comp. avec le grec «Japtôv, écorché.

DAUBÉE, n. f: — Grêle de coups.

DE, préfixe augmentatil'. — (v. Détrier.)

DE, pn''[i. — Les rapports de possession s'indiquent souvent sans la particule de ; ex. : « La ferme Delahaye, l'auberge Lefrançois, etc. » On dit de môme : « La femme Langlois, la fille Lenoble, etc. » Cette ellipse a lieu toutes les fois que les paysans parlent d'une personne qui est d'une condition égale à la leur.

Cette suppression de la prép. de est, du reste, fréquente en français. On dit Hôtel-Dieu, place Louis XV, imprimerie Didot. Une

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foule de noms de rues, de places, de faubourgs, d'églises, sont ainsi composés de deux substantifs dont le second est au cas régime sans être lié au premier par la particule de. C'est un souvenir de l'époque où la langue française commençait à se former. Du Xl^me au KIY^mo siècle, les constructions de ce genre abondent :

« Mais les fiz Hély furent fiz Bélial, ublièrent Dcu é lur mestier. » (Les Rois).

Chil Auberous, que tant ot segnoraige,

Sachiés k'il fu fieus Juliien Cesare.

HuoN, V. 8.

Nous créon en cliéli qui fix Marie fu.

Gui de Nanteuil, 72.

Son seignor lige tint tant chier Qu'il alla avoec li vengier, La honte Dieu outre la mer.

RUTEBŒUF.

Virgine la puceile,

Qui 'fu fille Virginius.

Rose. v. 6328.

De s'emploie pour un, quelque; ex.: « Tu ne trouveras pas (/'ouvrier comme celui-là. »

Et ne permettez pas que cette illusion Aux mutins contre nous prête cZ'occasion.

Corneille.

Il A la place : « Si j'étais de toi, je m'y prendrais autrement. »

DÉBAGOULER, v. n. — Dire des sottises; vomir des injures contre quelqu'un. (V. Bagou.)

DÉBÂQUER, V. act. — Démolir : « D^jàquer une armoire, une voiture, une maison, etc. — Voilà une grange qui commence à se déhâquer, » c'est-à-dirr, à tomber en niiue.

Le part, débâqué s'applique aux personnes aussi bien qu'aux animaux ; « Cette vache est toute débâquée, » c'est-à-dire très maigre. Vix ossibus hœret.

Il Le temps va se débâquer, il va faire mauvais temps.

DÉBARBOUILLER (Se), v. réfl. — S'éclaircir en parlant du temps.

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DÉBAUCHER, v. act.— Distraire de ; faire interrompre une chose à quol(iu'un : « C'est un bon ouvrier, mais un rien le débauche de son ouvrage.»

Il Loc. part.: « Le temps va se débaucher, devenir mauvais.»

DÉBERNAQUER, Déberniqner, v. act.— Dépêtrer. Ces mots sont surtout employés comme verbes réfl. : « Vous vous êtes môle de cette affaire, déberniquez-vous comme vous pourrez.» Selon Du Méril, c'est se tirer d'une position qui faisait berner, qui rendait ridicule. Je crois plutôt que bren est l'étym. de ce mot, et que l'on dit déberniqner pour débreniquer, comme benieux pour breneux, éberner \)0\iv dhvcxniT .

DÉBILE, adj. — Affamé: « Faites-vitc le diner, car je suis débile. »

DÉBILLER, V. act.— Déshabiller.

DÉBISTRAG (En), loc. — En mauvais état, en ruine : « Tout est en débistrac dans cette ferme.»

DÉBLATÉRER, v. n. — Parler à tort et à travers, dire ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas, comme dehlaterare en latin : Ubi tu es, quœ deblaterasti jam viciais omnibus, Meœ me filiœ daturum dotem.

Plaute, AuL, II, 3.

Le Thésaurus novus latinitatis donne blatera, sonus ranœ, mot qui est probablement la racine de déblatérer.

DÉBLOUQUER, v. act. — Déboucler, délacer. (V. Blouque).

DEBOQUER, v. n. — Autre forme du fr. Débucher, terme de vénerie. De bosc, bois ; bas lat. deboscare.

Il Dépasser, sortir de Falignement : « Ces arbres sont [)!antés en droite ligne, pas un ne déboque. »

DÉBOULER, v. n. — Se dit d'un lièvre qui part aux pieds du chasseur, en se roulant d'abord coiimie une boule.

DÉBOURSIS, n. m. — Argent déboursé. « Si j'réussis dans cette affaire, j'rentrerai dans mes déboursis. n

DÉBRÊLER, v. act. — Désliabilier : '< Déhn'h'z cet enfant. » Etre tout débrêle, être mal habillé, porter des guenilles. Uac. Braies.

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