‹ Glossaire de la vallée d'Yeres, pour servir a l'intelligence du dialecte hautnormand et a l'histoire de la vieille langue françaiseChapitre 87 sur 257 · DRA · texte numérisé non relu

DRA

Il Douloureux, sensible. Comp. avec le fr. dolent et le vieux mot douloir.

DOUTANCE, n. f. — Doute, crainte. « J'avais la doutance que ce malheur arriverait.» Dans nos vieux auteurs, doutance est généralement synonyme de crainte ; ex. :

Ennemis de Dieu vous serez :

Et que pourront dire ses ennemis, Là où les saints trembleront de doutance Devant celui pour qui rien n'est secret?

QUESNES DE BÉTHUNE.

De guerre n'avons plus doubtance.

Ch. d'Orl., ch. 112.

Trois hommes de bien et d'honneur, Desirans de sauver leur ame Et doubtans Dieu Notre Seigneur.

Villon, G„ t. CLXXI.

On voit par ce dernier exemple que douter signifiait aussi craindre, comme le latin dubitare, dans ce vers de Virgile ;

Et dubitant homines serere atque impendere curara.

Géorg., II, 433.

Redouter, redoutable rappellent la signification ancienne de douter.

DOUVERRET, n. m. — Pomme à cidre.

DRAGIE, n. f. — Mélange de vesce, d'avoine ou d'orge qu'on sème au printemps.

Il Dragée : « C'est un biau parrain, i n'a mie acheté à'dragies ! » Dont se présentèrent varlet Qui donnèrent vin et dragie.

Chast. de Coucy, v. 2078.

DRAPÉ, Draplau, n. m. — Lange. Ce sont les anciennes fermes drapel, drapiau.

Pour un enfant faut bers et drapiaux.

EusT. Deschamps.

Ici venir, ici alers.

Ici veillers, ici parlers.

Font as amans sous lor drapiaxis Durement amaigiùr lor piaus.

Rose, v. 2555.

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