DUR
Ils sont à mal faire aduits,
J. DE Meijng, dans Dochez.
DUISIBLE, adj. — Qui peut être duit : « Dévotieux (Louis XI), mais grand oppresseur de peuple pour entretenir ses pensionnaires estrangers et pour acheter à quelque prix que ce peust estre tous ceux qu'il cognoissoit duisibles à ses desseins. » (Gilles Corrozet, Antiqui-
tez de Paris.)
DUR, adv. — Comme fort, clair, net, etc. ; a le sens de beaucoup, extrêmement. « Travailler dur, manger dur, crier dur, etc. n On appelle tape-dur, un homme dur au trayail, à la peine. — Croire dur une chose, y croire fortement, d'où le substantif Croidur, sobriquet que l'on donne à une personne crédule.
Dans nos vieux auteurs, durement avait le sens de notre mot dur.
Moult durement s'an mervilloient, Totes les gens qui la veoient.
DOLOPATHOS, p. 275.
Souventes fois sa mère regretta, Gérart, son frère, que durement aima.
HuoN, V. 2643.
De voir sachiés, quant les oï, Moult durement m'en esjoï.
Rose, v. 670.
« Li Escot sont dur et hardit durement. » (Froissart, Je', 51.)
DURER, V. n. — Rester chez soi, rester à la même place : « Il faut que je me promène, je ne puis durer à la maison, n Nequeo durare in œdibus. (Plante.)
Il Vivre : « Je ne puis pas durer avec un pareil régime. »
Vo douce alaine m'a si le cuer enblé. Je vous aim tant que je ne puis durer.
HuoN, V. 5851.
« Amen, fait-elle ; car nous ne pouvons durer avecques luy en nostre meson. » {Les XV Joies.) Comparez avec le latin :
Sub Jove durabnnt, et rorpora uuda gerobant.
Ovide, Fastes., H, 299.