DUS
Nan quœrit ab omni
Quisquis adest, socio, cur hœc in tempora dureté Quod facinus dignum tam longo admiserit sevo.
JuvÉNAL, sat. X.
En français, (/Mrer ne s'emploie pas d'une manière absolue.
DUSQU'À, prép. — Jusqu'à : « Yiens me conduire dusqu'à Tforêt. »
Ses nés commanda a chargier, Puis appela de ses fouriers Busqu'à quarante chevaliers.
Floire et Blanc.
VII lieues grans fist faire de muraige, Qui encor durent desc'à la mer salvaige.
HuoN, v. 13.
Et quant li corps est mis en cendre, Si covient à Dieu réson rendre De quanques fist diisqii'à la mort.
RUTEBŒUF.
Tout le monde par parole oignent, Mes lor losenges les gens peignent Par derrière dusques as os.
La Rose, v. 1046.
Etym. latin de et usquc.
E. — Dans notre patois Ye fermé des terminaisons se change toujours en e ouvert, et se prononce ai : hontai, véritai, chantai, étai, etc., bonté, vérité, chanté, été, etc. Les exemples de cette prononciation ouverte en ai, ou plus adoucie en ei, abondent dans les vieux auteurs de la langue d'oïl :
Neies Robert li archevesques
Otrei en fist, o les evesques,
Sor qui esteit sa poestei.
Qui en la chartre suotnitmmei.
GuiLL. DE Saint-Pair, v. 2426.
Vasseur qui estes à Vostei,
Et vos li bacheleir errant,
N'aiez pas tant le siècle amei.
Ne soiez pas si non-sachant
Que vos perdeiz la grant clartei
Des cielz qui est sonz oscurtei.
On varra-hon vostre bontei :
Prenez la croix, Diez vos atant.
Rut., La Ch. de Puille.
La terminaison ée des participes et des noms féminins se prononce comme le simple e fermé. On dit montai, arrivai, couvai, nichai, appelai, etc., montée, arrivée, couvée, nichée, appelée. Il n'y a que (jnelques noms qui font exception, comme bouchée, poignée, aiguillée, amassée, brassée qui se prononcent bouchie, poguie, aguillie, amassic, hrachie. Cette diphthongue ai qui a chez nous un son très-ouvert, au temps de Palsgrave se prononçait le plus communément ei. C'est ce son qui a prévalu dans beaucoup de mots, et particulièrement dans les imparfaits des verbes, le langage normand substituant des formes grêles et tenues aux syllabes pleines et sonores des autres dialectes. (V. Fallot, Rech., p. 2o. )
124 EBO
É, pron. fém. de la 3e pers. plur. — Elles : aÉ disent qu'e ne viendront pas. » On prononce elles devant une voyelle ; quelquefois ez : « Ez aiment ce qui est bon.»
EBERD'LER, v. act. — Y .Eberdouilkr.
EBERDOUILLER, v. act. — Ecraser : <(£ierc?om7/er un limaçon, » l'écraser sous le pied.
EBERNER, v. act. — Ebrener : « Les Français sont comme les enfants qui braillent quand on les éberne. » (Beaumarchais, dans Poitevin.)
EBERSILLER, v. act. — Mettre en pièces, en bersilles. (V. ce mot.)
EBLAIRER, v. act. — Epier, jeter des regards curieux sur les actions d'autrui : « Circumspicere cum oculis emissitiis », comme dit Plaute ; se prend toujours en mauvaise part. Le blaireau est un animal défiant, qui regarde tout autour de lui, avant de s'aventurer hors de son terrier. Il n'est pas impossible que de blaireau on ait tiré éblairer.
EBLEUVIR, V. act. — Eblouir: '
Si a par le cambre esgardé Et vit une si grant clarté Que de luor tos s^esblevi.
Du Roi G. d'Angleterre.
EBOQUER, V. act. — Dégrossir un morceau de bois; s'emploie au ligure : « Cet enfant commence à grandir, le voilà tout éboqué. » Fr. ébaucher. Génin et Littré dérivent ce mot de es, préfixe, et bauche, sorte de mortier à bâtir : tirer de la bauclie, préparer, dégrossir Ce mot bauche, bauge, dont l'origine est inconnue, selon Littré, signifie encore lieu de travail, atelier, et il en tire les verbes débaucher et embaucher. II n'y a rien de clair dans ces suppositions; c'est pourquoi nous rattacherons éboquer au v. fr. Base, qui nous a déjà donné hoquet, déboquer.
ÉBOULÉE, n. f. — - Amas de terre qui s'éboule.
EBOURSOUFFLER, (S'), v. réfl.— Perdre haleine : « S'éboursouffier à courir; » Il est arrivé tout éboursoufflé.