AFF
Li emperere en tiat sun chef en brune, Si duist sa barbe, afaitad sun gernun
Ch. de Rol.
On le trouve cependant avec la signification qu'il a dans notre patois.
Tantost à mengier lor afete Tel viande con ele pot.
Ren., V. 24574.
AFFILÉE, n. f. — File, rangée, longue suite : a Quelle affilée de voitures.»
il D'affilée, de suite, sans interrupttion : « Travailler six heures à' affilée. »
AFFLATTER, v. act. •— Caresser avec la main : « Afflate le chien pour qu'il ne te morde pas, »
AFFLIGÉ, p. passé. — Malade, infirme : « Etre affligé d'un brts, d'une jambe. »
AFFOURÉE, n. f. — Portion de fourrage qu'on donne aux bestiaux à l'écurie ou à l'étable.
Il Aller à l'fl^oMre^/aller dans les champs arracher ou couper de l'herbe pour les bestiaux.
AFFREUSETÉS, n. f. plur. — Méchancetés, calomnies : a Vous savez toutes ces affreusetés qu'on avait traînées sur la renommée de ce prêtre. » (B. d'Aurevilly, V Ensorcelée.)
AFFULER. V. act. — Coiffer : « Elle est bien longue asaffuler. » Il prend son chapeau et Vafpule.
Tout en barbotant, ba, ba, ba.
COQUILLART, Monol.
Selon Littré, ce mot qui est picard est le môme que affubler ci viendrait du bas latin affibulare. Ce passage de Froissart : « Phelippc à ces paroles se leva moult tost, et affula une gonne (robe de moine), » et beaucoup d'autres qu'il serait facile de citer, semblent donner raison à Littré. Ne pourrait-on cependant proposer celte étymologie, infula, bandeau, diadème ?
AFFUTIER. n. m. — Braconnier qui va à TaffiU. Il Un bel aff'utier, un propre à rien.
10 AGL
AGACEE, n. f. — Agasse, nom vulgaire de la pie. Et tout aussi comme Vagache Par son crier et agachier Nul oisel ne laisse anichier Prés de li. . .
Du Cange.
« Je vous assure . . . que, quant agaches ou piez gargonnent dans une maison, que c'est signe de très mauvaises nouvelles. » (Ev. des Quenouilles.)
AGACHER, V. act. — Agacer; d'où agaeherie, etc.
AGACHETTE, n. f. — Jeu d'enfants qui ressemble assez au jeu de barres.
AGE, B. f. — « Vingt ans, c'est la belle âge. » Dans la vieille langue, ce mot est toujours masculin ; il est plus souvent féminin au au XVI"^ siècle et même au commencement du XVII'"^. Ex. :
Seize ans estoit la ileur de vostre âge nouvelle.
Ronsard, Poés. chois.
Je m'emerveilloys en pensant Comme l'âge ainsi larronnesse Ravit la fuitive jeunesse.
Baïf, Poés, chois.
Henri, de qui les yeux et l'image sacrée Font un visage d'or à cette âge fet^ree.
Malherbe.
11 Age de discrétion. — Age de raison. « C'est un enfant qui n'a pas l'âge de discrétion. — Le plein âge de mâle et femelle solonquo le comon parlance est dit l'âge de XXI ans ; et l'âge de discrétion est dit l'âge de XIV ans. » (La Gurne, au mot âge.) — Etre en âge, être majeur. — Un homme d'âge, un homme mûr.
AGLASSÉ, part, passé. — Contrarié, irrité ; qui dessèche d'envie. Ce mot qui n'a pas de signification précise est le v. fr. aclasser, être aux abois, râler ; du prov. das, clameur, ou de l'irlandais glas plainte. Burguy, qui propose cette étym., n'a, dit-il, rencontré ce mot qu'une seule fois, et il cite un passage donné par Du Méril (Gl. Normand), ce qui n'était pas difficile à rencontrer :
AGU il
Mais qui chaut, pai* tu les ensuit E les dechace et les consuit, Cum funt le chien le cerf alasse Qui del tut estanche e aclasse.
Par extension, aclasser signifiait se calmer, s'assoupir, s'éteindre ; ex. :
Celle se coche qui fu lasse, Après son duel un pot s'aclasse
Athis, dans La Curne.
A prof icen que fut alez Tx'estot li feus et aclasses (éteint.)
GuiLL. DE Saint-Pair, v. 2715.
AGRAPPIN, n. m. — Petit crochet en fer ou en laiton qui sert à
agrafer les robes. De à et de grappin. On appelle encore Agrappins
des crochets en fer qu'ajustent à leurs jambes ceux qui montent aux
arbres pour les ébrancher. — Rapprocher ce mot du v. fr. agraper :
Mors est le rois qui tout atrape,
Moi's est le main qui tôt agrape.
St. sur la Mort, XXX.
Agrappeir, dans les sermons de Saint-Bernard. Comp. avec l'allemand krapf, krappen, crampon, crochet.
AGRIPPEUX, adj. — Celui qui ne cherche qu'à dérober; un grippe-sous. Du verbe agripper, autre forme de agri/fer.
AGONIR, Agoniser, v. act. — Accabler: « Il m'a. 7^0/11 de sottises.» Comp. avec le grec àyovîÇstv et le bas latin agonisare. Agonir se dit peut-être pour ahonir, déshonorer, faire honte. Brunun l'archeveske se tint pour ahoni.
Rou., V. 4392.
AGU, adj. — Aigu; du lat. acutus.
Des portaus lancent pex aguz.
Ben., II, V. 4392.
AGUILLE, 11. f. — Aiguille. Lat. acula, acicula.
Lors ti'ais une aguille d'argent D'un aguiller miguot et gent.
La Rose, v. 92 Aguille, forme aguillie, aiguillée.
12 AKf
AGUISER, V. act. — Aiguiser.
Et en mes poins un grand pel aguise.
AGUISOIRE, n. f. — Pierre à aiguiser : « En tracassant par les haies et buissons, il se fit cinq ou six brèches, et qui pis est, se frotta à une pierre aguisoire. » (Noël du Fail.)
AHOQUER, V. act. — Suspendre, accrocher : « En passant dans le bois, je me suis ahoqué à une branche. » De quelqu'un trop facile à amuser, on dit qu'il faut qu'il s'ahoque au ou avec le premier venu. Du V. fr. hoc, croc, crochet ; bas latin hoccus.
« Ensi comme il le portoit vers son lit, ses esporons ahoka a le sarge. . . » {Le Roi Flore et la belle Jehanne, XIII» siècle.)
AHUTTER (S'), v. réfl. — Se mettre à l'abri ; de hutte.
AÏAUT, n. m. Pseudo-Narcisse, dit aussi porion ou porillon.
AIGNIAU, n. m. — Agneau. On trouve dans l'ancienne langue les formes aignel, aignes, aigniaus, aigniax.
AISES (Faire ses), loc. — Une citation extraite du Dict. de La Curne donnera le sens de cette locution : « Truvaa i une cave grande ù il entrad pour sei aiser : ut purgaret ventrem. » Faire ses aises est, comme le mot s'aiser, un euphémisme. V. fr. aaisier, aesier, aisier, donner le nécessaire, mettre à l'aise, soulager^ donner du bon temps :
Des .n. ai dit qu'ele en fesoit, Comment ele les aaisoit.
Rut., La Vie Sainte-Elysabel.
« Quant iceulx gens d'armes arrivèrent à Calais, où ilz cuidèrent
bien entrer pour eux refaire et aisier » (Chron. de J. Le Fèvre,
AISIERS, n. masc. plur. — Chemins, sentiers, êtres : « Suis-moi, n'aie pas peur, je connais les aisiers.r> Dérive probablement du v. fr. aisie, porte.
AJETER, V. ac. — Jeter vers : « Ajette-mox ce bcàton. De à et jeter.
AKIENNIR (S'), V. réfl. — Ce mot signifie exactement rester