‹ Glossaire du VendômoisChapitre 9 sur 23 · SI · texte numérisé non relu

SI

Pus (XMiroriiie, (Je (iiialiié inférieure, non ivcevablc. — De lu marchandise, de Fengrais pas conforme (sons-entendu à l'échantillon). Par extension on applique ce forme ù tonte livraison défectueuse, quand bien même la vente n*a pas eu lieu sur échanlillon.

Conséquent (kon-sé-kan), adj. Considérable, important. — Tne afTaire conséquenle. -- Vn homme conséquent, qui a une position importante, un j<ros bonnet.

Goquailler (ko-ka-ié), s m. Marchand coquetier qui achète les œufs et les volailles sur les marchés. On dit aussi coquossier, comme Rabelais.

Goquelin (ko-k'lin), s. ni. Douleurs de reins qu'éprouvent les moissonneurs le premier jour du travail.

Ktym. inc.

Goquelourdô (ko-klord'i, s. m. Cor]ueret, alkekenge, Phijmli» Alkekengif à cause de la forme de ses fruits. Cette expœssion s'applique aussi à d'autres plantes dont les (leurs ont la forme d'un grelot, comme le perce-neige, la rose de Noél, Helleborus nUjvv^ etc.

Goqoesigrue «ko k'si-^rue). Ptlit champignon en gol>elet

rouge qui croit sm* le bois mort, Pcziza cœcinea. || Individu ridicule, ««iginal.

Cor (kor), prép. Aphéi-èse et apocope de encoœ. — M'man, don' moue cor du pain.

Gorbelet (kor-b(Hi-lé), s m. Tablette de cheminée supportée par deux corbeaux en pierre ou en bois.

Gorbin (kor-bin), s. m. Corbeau.

Gorde (kord'), s. f. (V. Anciennes mesures,)

Gordé (kor-dé), adj. Chanvreux, filamenteux, se dit des légumes. — Une carotte, un navio cordé. — A V'endôme on peut pas avoir des bons navios, i cordent toujours.

Gorder (kor-dé), v. n. iïtre uni, être bien avec quelqu'un. —

Tn'cordentpas ensemble.

Gormé (kor-mé), s. m. Boisson de cormes.

Gormenon. Les partages de Gormenon, tout d'un côté et rien de l'autre. Cette locution vient de ce que la comnmne de Cor-

nienon a ceci de particulier que le clocher, au lieu d'être au milieu -de la paroisse, est tout à fuit excentrique et sur la liruile même de Montdoublcau. Le bourg est en fait un faubourg de cette ville, le reste de la commune est tout d'un ccMé. Dans le Blêsois on dit : les partages de Cormeray, cette commune ayant la même disposition topographique que Cormenon.

Gornaille (kor-na-ie). Cornouille, fruit du cornouiller, Cormis mas.

Corne (korn'), s. f. Angle, coin. — La corne d'un* bois. — J'me suis cognéà la corne de la cheminée. || De corne en coin, loc. adv. De travers, irrégulièrement. — Un champ de corne en coin, une étoffe coupée de corne en coin.

Gomeau (kor-no), s. m. Gâteau vendômois de forme triangulaire. C'est une galette feuilletée coupée eti parts avant la cuisson. Le corneau est bien plus présentable que la part de galette débitée au fur et à mesure.

Ane. fr. Cornaud, quartier, coin.

Cornée (kor-née), s. f. Grémil des champs, Lilhospermum arvense.

Corneille (kor-né-ie), s. f. Le bleuet des blés, et la nielle des blés, Lychnis githago.

Cornette (kor-nèf), s. f. Ancienne coiffure de femme spéciale au Vendômois. Elle coiïsislail en un for*t bonnet à toque, orné de deux oreilles ou barbes descendant sur les épaules. On lui donnait la form»? la plus élégante possible et on l'ornait de dentelles leijours de fête. Mais Ie4 jotirs de travail, les ornements étaient fort réduits et les barbes, relevées, se fixaient sur le sommet de la tête.

Corrompre (kor-nmp'), v. a. Outre le sens admis par l'Académie, ce mot veut dire encore modifier en bien Ainsi on dit : Cette eau e.^t mauvaise, il faut la corrompre avec du sucre, ou du rhum.

Corrompu (ko-ron-pu), aJj. Sournois, dissimulé. — C'est eune garce ben corrompue, c'est-à-dire une fille sournoise.

Corvée(kor-vée , s. f. ll.sage de charité et de frîiternité entre les vignerons du Vendômois. Lors<ïu'un vigneron tombe malade, les confrères, sans aucune rétribution, prêtent le secours de Icui's bras i\ celui qui est datis l'impossibilité de

faire ses façons. Le travail en souffrance est fait en un seul jour par lesvignerons réunis, et cela sans qu'il y ait ni statuts, ni règlement, et surtout sans aucune ingérence administrative.

Gossin (ko-sin), s. m. Coussin. — Le cossin de la bergère. — Des sabots à cossin.

Bas. lat. Coicinus, coussin.

Gosson (ko-son), s. m. Ver qui ronge les graines des farineux. — Des pois pleins de cessons.

Latin Cossus^ coléoptère qui ronge le bois.

Goste (kost*), s. m. Chenard jaune, quartz pyromaque qui se fend sous TelTort de la gelée. (V. Chenard.)

Côt (ko), s. m. Cépage de vigne très estimé dans le Bas-Vendômois. On l'appelle aussi Cahors.

Coti (ko-ti), adj. Meurtri, froissé. (V. Coffi.)

Gotice (ko-tis'), s. f. Cordon, mince lanière de cuir pour attacher les chaussures.

Ane. fr. Cotice ou cotisse, terme de blason signifiant bande très étroite.

Gotir (ko-tir), v. n. Outre le sens ordinaire de ce mot, il signifie encore, dans le Vendômois, rejaillir. — L'eau de la gouttière cotlit sur le pavé. — Il a coti de la crotte sur ma robe. On dit aussi clafir.

Goua (kou-a), s. f. Perruque à queue. (V. Catacoua.)

Gouace (kouas'), s. f. Poule couveuse.

Gouailler (kou-a-ié), v. a. Imiter le cri du corbeau. — Tiens, v'Ià un curé, faut le couailler. Onomatopée du croassement du corbeau.

Gouaillon(kou-a-ion),adj. Souillon, malpropre : terme injurieux.

Gouamelle (kou-a-mèl), s. f. Chapeau de feutre à larges bords. Il Champignon, ne* de chat, commère. Le nom du champignon vient peut-être du latin squamula, écaille. En effet, il est couvert de petites pellicules imbriquées. On devrait alors écrire quamelle. Quand au nom du chapeau, il vient peut-être de son analogie de forme avec un champignon, à moins que le nez de chat ne soit ainsi nommé à cause de sa forme en chapeau.

Gouane (kouan'), s. f. Talle, talopes d'herbes. (Perche.)

Gouarer (kou-a-ré). Se dit en parlant des poules mauvaises

couveuses qui abandonnent leurs œufs. || Fipç. Quitter son ouvrage, muser.

Étyin. inc.

Gouarier (kou-â-riè), adj. Flâneur, qui court les rues.

Goucousse (kou-kous'), s. f. Œuf vide, bouteille vide.

Goucousser (kou-kou-sé), v. a. Humer un œuf, vider une bouteille d'un trait. || Fig. Dissiper, dépenser sans compter. — A c'irain-là, il aura bentoût coucoussé tout son pauvre bien. Onomatopée du bruit qu'on fait en avalant.

Goudraie, Goudray. Noms de localités très répandus, lieu planté de coudrier, de noisettiers. Latin Coryletum.

Coudre (koudr'), v. a. Ce verbe se conjugue ainsi : Je cous, je coudons, vous coudez, i coudaint. — Imp. Je coudais. — Passé ind. J'ai coudu. — Subj. Que je coude. — Part. pr. Coudant. — Part, passé. Coudu.

Coudre, adj. A moitié sec, se dit des fourrages. (Perche.) Étym. inc.

Coudrou (kou-drou), s. m. Dindon. Onomatopée du cri de cet animal.

Coué (kou-é), part. pas. de couver. — I veut savoir qui qui Ta pond, qui qui Ta coué. ~ Prov. local. Se dit d'une personne agaçante à force de questionner, de menus détails. Un metteux de poules couer, un homme qui n'est pas bon à grand'chose, qui s'occupe à des niaiseries.

Couée (kou-ée), s. f. Couvée. —Il a unecouée d'enfant. — C'est la couée à Barrault, plus y en a, moins ga vaut, loc. prov. locale.

Couette (kou-èf), s. f. Pièces de bois de moyenne grosseur servant à ajuster les bois de travail que l'on empile. — Cales qui se placent entre les billots du pressoir pour assurer leur horizontalité. || Dans le Perche, petite queue, mèche de cheveux.

Ane. fr. Goue, queue.

Couget (kou-jé), s. m. Vase en fer blanc ou en corne que les faucheurs portent suspendu à leur ceinture et qui sert à mettre la pierre à affûter. (V. Couyer),

Goui (koui), adj. Couvé. Des œufs couis.

Couin (kou-in), s. m. Couvain, œufs des insectes, des abeilles.

Couiner (koui-né), v. n. Crier, gémir; se dit en parlant des animaux. Un chien couine lorsqu^on lui marche sur la queue. Onomatopée. Conf. ail. Weine7i, pleurer.

Coulée (kou-lée), s. f. Vallée, prairie dans une vallée. — Une coulée de prés. — La Grand -Coulée, commune de Fortan. — La Coulée, commune deRuan.

Couler (kou-lé), v. n. Glisser. Un terrain coulant. — Les enfants vont couler sur la glace, c'est-à-dire faire des glissades.

Coup (kou), s. m. Porter coup. Terme de construction. Contrebuter une pièce en porte-à- faux .sur laquelle un ouvrier frappe. Celui qui tient coup lui donne ainsi de la rigidité. Exemple : lorsqu'on enfonce des pointes dans une planche suspendue, pour éviter la trépidation qui empêcherait le clou de pénétrer, une autre personne appuie un maileau derrière la planche et reçoit le choc.

Coup (à), adv. Tout à coup.

Couparche (kou-parch'), s. f. Mésange à longue queue.

Coupasser (kou-pa-sé), v. a. Couper maladroitement, gauchement, gaspiller une partie de la matière employée en fausses coupes. Dini. de couper.

Coup de cul, loc, s. m. Chemin escarpé, rapide. Montée dans laquelle il faut donner un rude coup de cul. (Nous supposons toujours que ce ne sont point des Académiciens qui parlent ) — Passez par le coup de cul, ça vous raccourcira d'une lieue. (V. Grippé.)

Coupeau (kou-pio), s. m. («opeau, éclat de bois ou de pierre enlevé par un outil coupant. Des coupiaux d'équarissage, de menuiserie. Dans rOrléijnais on dit câpiau

Courcailler tkour-kà-iê>, s. nj. Appeau écailles. Sortede sifllet imitant le cri de cet oiseau.

Ane. fr. même sens.

Coure (kou-rù), s. m. Espace de temps couru, période. — J'allons avoir un coure de fjod.

Courrailler (kou-rù-iô), v. a. Fermer au verrou, au courrav. (V. Couniler.)

Courray (kou-ré), s. m. Verrou, barre pour fermer une porte à l'intérieur.

Gourriau (kou-rio), s m. Même sens.

Gourriller (kou-ri-ié), v. a. Fermer au verrou.

Ane. fr. Courreil, courrail, courray, corril, verrou. Gourriller, mettre le verrou.

Bas-lut. Corale, môme sens.

Courser (kour*sé), v. a. Poursuivre, donner une chasse. — Gré polisson, veux-tu pas courser mes poules, c'est moi qui va te courser, attend un peu !

Courson (kour-son), s. m. Ghamp irrégulier, en pointe, faisant hache, dans le Perche.

Court, radical qui se retrouve dans le nom d'un grand nombre de localités. (V. le mot suivant.)

Courtil (kour-ti), s. m. Gour, jardin, domaine ;ce nom, comme le précédent, sert à désiguer une grande quantité de lieux, ou .*<e retrouve dans leur formation. Les Gourtils, Gourtiras, Courteniblay, Courtenvaux, Gourlozé.

Bju;-1at. curii/e ; latin, cors, cortis, cour, hasse-cour dans Vitruve ; grec x^^iy enclos.

Goutaison, (kou-tai-son), s. m. Assolement, ordre qu'on suit dans la culture des terres. Dans le Perche on prononce cotaison. Dans celte région la cotaison est quadriennale, un blé, un mars, un trèfle et une jachère.

Goutiau (kou-tiu), s. m. Gouteau.

Coutisse (kou-tis'), s. f. Gordonnet de cuir dont se servent les liourreliers pour coudre certaines pièces. Gordons de souliers. Los enfants autrefois portaient un coutiau pendu au côté par une coutisse. (V. Cotisse.)

Conté (koù-tè), s. m. Gôté. — J'ai amassé un elTort dans le coiilé.

Ane. fr. Gousté, du latin costa, côte.

Couton (koû-ton), s. m. Gôte épaisse des feuilles, nervures, trognon. — Un coftton de chou, de salade. \\ La base des vieilles plumes des ailes des volailles.

Couture (kou-tur'), s. f. Nom de plusieurs localités ; on connaît la commune de Gouture, où se trouve le chAtcau de la Poissonnière, habité par Ronsard. Gouture est un ancien mol français, signifiant culture.

Du latin culturam.

Couturière (kou-tu-rièr'), s. f. Insecte, bête a bon Dieu, cocci-

nelle. II est diflicile de se rendre compte de cette dénomin»v tion.

Gouvrailles (kou-vrâ-ic), s. f. plur. Semailles, temps pendant lequel on sème les grains. || On donne aussi ce nom aux fils de la vierge, à cause de l'époque où on les rencontre en abondance. — Des fils de couvmlles. Quand les couvrailles sont terminées, on fait un repas nommé le co (coq) de couvrailles, parce qu'on y mange une volaille.

Couyer (kou-ié), s. m. Vase en corne, en bois ou en métal rempli d'eau, que le faucheur attache à sa ceinture et dans lequel il place sa pierre à faux.

Ane. fr. Coyer, pierre à aiguiser.

Étym. inc.

Grailler (krâ-ié), v. n. Crier fortement, sur un ton élevé, parler en criant, vulgo, gueuler. Il y a aussi Tadj. Craillard, qui ne peut parler sans crailler, qui donne des ordres d'une voix criarde. Grailler veut dire aussi groader.-— Quequ'v'avez donc? v'étes toujours à crailler après moi. Le mot criailler, qui est resté français, n'a pas exactement le même sens. Il est regrettable que ce mot disparaisse, c'est une heureuse onomatopée. Ne nous semble-t-il pas entendre la voix éraillée de la maltresse craillant après ses mondes? || Crailler, appeler à haute voix. — Où donc le caivenier ? — - 11 est là loin. — Va donc le crailler.

Ane. fr. crailler, croailler, crier, croasser, onomatopée.

Graire (krêr'), v. a. Croire. — Ind. Je crais, tu crais, je crayons.— Imp. Je crayais. — Fut. Je crairai. — Part. pr. Créant ou creyant. — Tu crais que je te crai. — Je te craii*ais ! loc. ironique équivalent à : blagueur, va ! C'est la vieille forme fran<;ai se :

Malheureux est pourvray, Maistresse, je t'en croy.

(R. Belleau.)

On voit que croy se prononçait crai, puisqu'il rimait avec vrai.

Craitre (krôtr*), v. n. Croître, ancienne prononciation de ce mot. Au xviic siècle, bien qu'on écrivit croître, on prononçait craître.

Par comparaison donc, mon maître, s'il vous plaît Comme on voit que la mer, quand l'orage s'accroît, (Molière, Le dépit amoureux.)

Nous avons encore entendu des personnes c^frées qui se piquaient de beau langage prononcer craire et Craitre. 1| Il ne crait ni ne creuve, loc. prov. ;se dit d'un animal ou d'un enfant souffreteux, qui ne profite pas.

Graxnpoter (kran-po-té), v. n. Barboter, en parlant des enfants qui aiment à tripoter de l'eau, à faire du mortier, etc. Parait être une onomatopée.

Grapaudin (kra-pù-din), s. m. Douleur des reins chez les sceilleurs de blé qui travaillent à la faucille.

Graquenaude (kra-k'nôd'), s. f. Cousin, insecte.

Gracpiiller (kra-ki-ié), v. n. Dim. de craquer. Craquer sous la dent, produire le bruit d'une chose qui se brise. Les feuilles sèches, les brindilles, craquillent sous le pied. Onomatopée.

Crémaillère de bois, loc. Il est comme une crémaillère de bois, il ne se hausse ni ne se baisse. || Se dit d'une pei'sonne affligée de rhumatismes.

Créon (kré-on), s. m. Crayon, ancienne prononciation qui se retrouve dans des textes du moyen âge.

Gressiller (kré-si-ie), v. n. Se dit du bruit produit par un objet qui brûle en pétillant, comme le bois vert, les feuilles des arbres verts, le cuir, etc. Se dit aussi du bruit connu sous le nom de cri de l'étain quand on le plie. On dit aussi grésiller. Onomatopée.

Creuzot (kreu-zo), s. m. Rossignol. (Perche.)

Griature (keu-ria-tur'), s. f. Femme ou fille, probablement parce que la femme est la créature par excellence. Malheureusement, dans le langage actuel, créature est souvent pris en mauvaise part.

Griou (keu-riou), adj. des deux genres. Se dit d'un enfant qui crie souvent, pleurard.

Ane. fr. Criour, crieur public. — Criou est obtenu par l'apocope de l'r, comme crieux au lieu de crieur.

Crir (kri), v. a. Quérir, chercher. — Va donc cri ton père.

Cristau (kris-to), s. m. Sous-carbonate de soude du commerce, parce que cette substance se vend en cristaux. — J'vas acheter pour deux sous de cristau. — Ça se nettoie avec du cristau. — Les gens qui ont reçu l'instruction primaire obligatoire, et qui en conséquence parlent bien, disent : de la carbonade.

Croc (kro), s. m. Celui qui accepte une politesse sans la rendre.

Il Crocs, tache de vin on forme de moustache, (jui reste sur la h''vre supérieure quand on a l)U.

Grôner (krô-né), v. a. Pêcher les écrevisses à la main dans les trous de la berge.

Étym. Inc.

Grope (krop'),s. f. Croupe, croupion.

Ane. fr. du haut ail. cropf, gaël., crup, hosse, éminence.

Gropet (kro-pé), s. m. Personne de petite taille difforme. |1 Terme d'amitiù, mon petit rropet, mon petit chat. Il Familier, pour derrière. — Je vas te donner une claque sur ton cropel. Ail. hrupel, homme estropié.

Gropeton (à) (kro-p*ton), loc. adv. Accroupi, accouné. Tout le monde connaît les regrets de Villon.

Ainsi h l)on temps reprenons Enire nous, pauvres vieilles solles, Assises l>as à cropotuns luul en las comme pelolles A ])elil feu de chcnevolies.

Grôt (krô), s. m. Trou. fo.s.sé. Nom de plusieurs localités. Dans quelques endroits on dit crotte pour grotte. Il Tanière de renard, de blaireau.

Bas-lut., crotum, du latin cr\fpia.

Grotte (krot*), s. f. Employé dans cette expression : avoir la crotle au bec, quand on est obligé de s'essuyer la bouche après avoir mangé ou bu. H Alkr aux crotlcs, ramasser des croftcs, ramasser du crottin sur les routes. Avant que Tinstruclion ne lï»t obligatoire, un grand nombre d'enfants se livraient à celte industrie. Aujourd'hui, en fait de ramasseurs de crottes, on ne rencontre que quelques vieilles femmes qui n'ont pu renoncer ù cette charmante distraction de leur enfance*

Groué (keu-roué), s. m. Boulay (1723) et Colas (1770), dans leurs ouvrages sur la culture de la vigne, écrivent croy. Instrument de culture de la vigne, sorte de houe à manche court et à longues dents aiguës et légèrement recourbées ; s'emploie dans les terrains pierreux. 11 y a aussi un croué à long manche pour tirer le fumier.

Étym. inc.

Grouillage (krou-iaj'), s. m. Menus débris de paille et de bois. — Les souris ont mis ma paille en crouillage. (Perche.)

Grouillet (krou-ié), s. m. V{;rrou, courray.

Mais il fait un grand bruit dedans l'cstable, et puis En poussant le crouillet de sa corne, ouvre l'huis.

(Ronsard )

Groutat (krou-ta), s. m. Croûte ou galon qui se forme sur une plaie en voie de cicatrisation.

Ane. fr. Crousteau, même sens.

G'tila, c'teiria (sti-la), pron. Celui-Iù, celle-là ; au pluriel, ceux-t-là.

Guillir (ku-ii), v. a. Cueillir.

En ladicte année (1576) il ne fut guère cuilli de vin.

(Mém. du chan. Garrault.)

Cuisse (kuis'), s. f Cuisson. Pain de cuisse, pain cuit à la maison, par opposition au pain de boulanger. — Je suis en cuisse. — Je tire ma cuisse du four. Il Farine préparée pour la cuisson, blé qu^on va faire moudre. — Je porte ma cui.s.se au moulin. I! J'te vas ficbe la cuisse au cul, si tu ne te tais pas ! Terrible imprécation qui a effrayé bien des enfants. Aujourd'hui les bonnes d'enfant sont mieux embouchées, elles se contentent de fiche des calottes. C'est la loi du progrès.

Cul (à) (V. ù cul.)

Cul (ku), s. m. Fin, bout; commun dans les expressions, cul de four, cul de sac. — fttre sur le cul de son temps, sur la fin de ses jours.

Culot (ku-lo), s. m. Dernier éclos d'une couvée. (Porche.) (V. Cloclo.)

Curette (ku-rèf), s. f Petit instrument en fer, pouvant se mettre dans la poche et servant ix curer ou décrotter les instruments de jardinage.

Curieux (ku-rieù), adj. Désireux de. — Une fille curieuse de se marier. — Une femme curieuse de toilette. — J'suis pas curieux défaire mes 28 jours. Proprement avoir cure. Comme le fait remarquer Jambert, ce sens se rapproche plus de la racine cura que celui qui a prévalu en français actuel.

Curon, curot (ku-ro), s. m. Trognon ; manger une pomme jusqu'au curot. - Il est sale comme un curot.

Carotter (ku-ro-lé), v. a. Creuser un fruit en le rongeant. — Curotter une pomme, une orange. Manger la mie du pain en le creusant avec le doigt et en lais.sant la croûte

Gusser (ku-s<^), v. n. Tousser, souffler do fati(;ue. || Reculer, se rétracter, se dégager d'une affaire commencée.

Gute (kuf), s. f. Lieu retiré, cachette. — Jouer à cule cacliette. Jouer à la cachette. Rabelais dit que son héros jouait à cutecache. On voit que le mot est assez ancien et vaut, certes, le terme plus moderne cache-cache. En effet, il veut dire se cacher dans unecute.

Ane. fr. cute, réduit, prison.

Guter (se) (ku-té), v. r. Se cacher, se fourrer dans une cute. Il Se enter s'emploie aussi dans le sens de s'asseoir, s'installer, se meltre sur le cul.

Dabée (da-bée), s. f. Grande quantité. — Une dabée de pommes de terre.

On peut rapprocher ce mot de dablée, auquel le dictionnaire de Robert Estienne donne le sens de cueillette abondante.

Étvm. inc.

Dagoter (da-go-té), v. a. Agiter, secouer. — Dagoter la porte. Dans le Maine, dagoter veut dire frapper avec une pointe, taquiner, donner des coups de dague. Mais on comprend difficilement qu'il ait pris le sens de secouer.

Dallée (da-lée), s. f. Quantité d'eau contenue dans la dalle d'évier. Eau ou liquide répandu.

Damé (da-mé), adj. Foulé aux pieds, battu, en parlant de la terre, comme si elle avait été tassée avec la dame du terrassier. Il Damée, fille damée, devenue dame, qui vient de se marier ; fille qui s'est laissée séduire. Demoiselle damée voulait dire, autrefois, une fille noble à laquelle on avait accordé le privilège de porter le titre de Dame. Au siècle dernier, un grand nombre de filles damées ne se contentaient pas du titre nobiliaire et s'accordaient, sans scrupule, certains privilèges intimes^ réservés expressément aux femmes mariées.

Dandepis, daxnpis (dan-d'pi), s. m. Limite, sentier bordant un champ. Il Adv. Depuis, jusque. Dand'pis là, depuis là, jusquelà. Dandpis d'où, depuis l'endroit où. — Tu vas labourer dandpis de d'ià. (Perche.) Dans quelques localités on prononce dans depuis; Beauce, dans le dampuis.

Danner (dan-né), v. a. Prononciation de damner.

Daraud (da-rô), s. m. Gros ventre.

Étym. inc.

Darder (dar-dé), v. n. Osciller, vibrer. Une corde tendue darde. — Une planche longue rivée à ses deux extrémités darde. — Un pieu mince darde.

Daridaine «iu-ri-dèir;. Juron familier. Ni^- sViiipluie iiiiavct: un auh'o nom. — Daridaine de ;ras, sacré gas.

Klvm. inc.

Dartibi Mar-ti-hi). r^^jrle d'inU'rjertinn, formule qui teroiine le jeu (le caneltes. — Dnrtibi, partie fine.

Dara^<la-ru). s. m. Sort»* <le mystification. — lioher le daru, se lais.sT l»erner, avaler le poisson «ravril. — Ool>er le daru, ntteiHlre en vain sous l'orme. Autrefois, dans le Perche, lorsqu'un nouveau venu ou un étranger paraissait un |>eu naïf, on lui profKhsait une chasse au daru, animal imaginaire, sorte de lapin qui ne se prenait que la nuit dans les bois. Des gamins munis de lumières faisaient embusquer au milieu d*an taillis le crérlule étranger porteur d'un sac dans letjuel devait infailliblement se jeter le daru. On simulait une battue, puisa un signal donné les lumières s'éteignaient et la bande s'égaillait en abandonnant le chasseur naïf. Inutile de dire que le lendemain les compères, de Tair le plus innocent du monde, questionnaient le personnage sur le résultat de sa chasse. Nous mettons cette narration à l'imparfait, car nous crovons, pour l'honneur du Perche, qu'aujourd'hui ses habitants ne se permettent plus de pareilles fumisteries.

Daveine (da-vèn'), s. f. Sorte de petite prune sauvage.

Daveinier (da-vé-nié), s. m. Prunier, arbre qui produit les (laveines.

Ktvm. inc.

De, préposition employée elliptiquement pour en comparaison de. — J'sais ben changé de ce que j'étais. Comme le fait remar- (fuer (iénin, c'est un souvenir du latin Quantum mutatus ab illo II Employé au lieu de h ou pour. — Une vache bonne de lait. || i*our la préposition en. — Être de bonne santé.

De ou dé, préfixe tantôt privatif, comme en fran(;ais actuel, t;int(H augmentatif ou ré<Jnplicalif. Décesser pour cesser, etc.

Débâcher (dé-bîVché), v. n. Sans débâcher, sans" s'arrêter, rapidement, sims pei'dre de temps : parler sans débâcher, faire le chemin sans débâcher. Par analogie avec le charretier pressé (|ui no .se donne pas le temps d'ôter la bâche de sa voiture.

Débaptisé (dé-ha-ti-zé), adj. Qiialilication injurieuse, mécréant, parpaillol, renégat, traître.

Débarlicher (se) («lé-bar-li-ché), v. réf. Se pourlécher les lèvres avec satisfaction.

Débâter (tié-bà té), v. m. Sortir. Il ne débAle pas de cette mai son. Il Cesser. Il a fait ce travail sans débûler.

Débemer (dé-heiir-né) v. a. Nettoyer un objet e n)l)erné. (V. Bran.

Déberteler (dé-benr-t'lé), v. n. Dire beaucoup de paroles quand on est en colère. (V. Déhrelellev.)

Débétir (dé-bé-ti), v n. Déniaiser. — La Louise, a s'a joliœent débéti à Paris. — Aller se faire débùtirà Gonan, locution beauceronne.

Débiller (d';-bi-iô), v. a. Déshabiller.

Débillez moi, déchaussez-moi.

Mon l)eau galant, je vous en prie.

{Ane. chanson populaire.)

Débilier (dé-bi-nô), v. a. Rebiner, donner un nouveau binage à la vigne avant la récolte. Exemple de la particule dé réduplicative.

Débistoquer (dé-bis-to-ké), v. a. Briser, disloquer, démantibuler.

Déblaver (dé-bla-vé), v. a. Le contraire de emblaver, faire la récolte. Uetouriicr un blé qui n\a pas réussi. Ane. f. même sens.

Débouchoir (dé-bou-choué), s. m. Curelte pour nettoyer le soc de la charrue. C'est une petite palette de fer au bout d'un long manche, quelquefois même un simple bâton.

DébQuler (dé-bou-lé), v. n. Tomber, rouler, .s'écrouler. Une pierre déboule sur une pente. — Les tuiles sont déboulées du toit. Un jeu d'enfant s'appelle * la maison déboule ». Ce mot est un de ceux que le français actuel aurait dû conserver; il est, en efTet, difficile à remplacer, les synonymes n'ayant pas exaclement le même sens.

Débourrer (dé-bou-ré), v. a. Bourrer, gronder, malmener. Encore un exemple du préfi.\e dé augmentatif.

Débraie <de-brà-té), adj. Débraillé, qui a les manches déchirées, qui a été ses manches, qui n'est plus hrâié.

Débrayer (dè-bré-ié), v. n. Faire sortir les roues du brai, de l'ornière. (V Brai.)

Débreteller (se) (dé-beur-té-lé), v. r. Oter ses bretelles, au figuré, se déboutonner, sortir de la réserve, parler avec confiance.

Décanche (dé-kanch'), s. f. Défaite, prétexte pour se retirer d'un mauvais pas, pour sortir d'une affaire.

Décancher (se) (dé-Jvan-ché), v. r. Donner une décanche, sortir d'une mauvaise affaire, se tirer de lacanche.

Canche, en vieux fr. cancel, canchel, veut dire palissade, clôture, pêcherie dans un cours d'eau établie avec des fascines. Latin Cancellum.

Décalvatré (dé-kal-vâ-tré), adj. Déboutonné, défait, débraillé. Étym. inc.

Décaniller (dé-ka-ni-ié), v. n. Fuir, déguerpir. On dit aussi décanicher.

Littré fait venir ce mot du v. fr. chanille, chenille, être chassé comme une chenille. Mais l'étym. de Jaubert du latin Canis, fuir comme un chien qu'on chasse de la niche, nous parait plus rationnelle.

Décarêmer (se) (dé-ka-rô-mé), v. réf. Faire un bon repas après l'abstinence du carême. Se donner une jouissance après une privation.

Décarrer (dé-ka-ré), v. n. Déguerpir, détaler.

Décesser (dé-sé-sé), v. n. Cesser. — J'ai travaillé quatre heures sans décesser.

Décondoucer (dé-kon-dou-sé), v. n. Faire un dernier labour en sillons très rapprochés pour mieux diviser la terre, avant de semer.

Découtaisonner (dé-kou-tô-zo-nè), v. a. Changer l'ordre des coutaisons, des assolements.

Dededans (deud'-dan), s. m. Pot de vin, arrhes en dessus d'un marché. — Il m'a donné dix écus de dedans.

Dedepuis (deud'-puis), adj. Depuis.

Défendu (dé-fan-du), part, passé de défendre. Ce mot, dans le français classique, n'a pas comme chez nous le sens de prohibé, impossible. — C'est défendu à un illettré de lire. Ce mot s'emploie dans un sens ironique, de défi. — Toi, enlever cent livres ! ça t'est défendu.

Défrasoré (dé-fra-zu-ré), adj. Qui a la poitrine découverte, dépoitraillé, débraillé. — Qui a ôté sa fraise (grande collerette plissée au wi® siècle).

Déiripper (se) (dc-fri-pé), v. r. Se poiuiédior les lèvres.

Déiroquer (lié-fro-ké), v. a. Défricher; — défroquer un friche — un défroc (défro) de luizette, un défrîchis de luzerne. De iléfroquer, dépouiller.

Ane. fr. Défroc, désordre, dépouille.

Dégalo(dé-g{i-lo), s. in. Manque d'ordre, néglii^'ence. |1 Tomber en ilégalo, s'en aller par morceaux.

Élvm. inc.

Déganche, dégancher. (V. Dccanchev.)

Dégelée (dé-j'Iée), s. f. Hûclée, volée de coups. — Une dégelée de coups de bâton. — Toi, si lu m*em ..hèles, j'tevas f...iche une déî^elée.

Dégencer (8e)(dé-jan-cè), v. réf. Se dèbarra.sser, se désengeancer. — On ne pcul plus se dégencer de c'te varmine. — J'ai èvu ben du mal à m'dégencer de c'te fumelle-là.

Dégougincr (dé-gou-ji-nè), v. a. Dégourdir. — Le régiment l'a ben dègouginé. — C'est une i)etite hardelle ben dégouginée : une fdle bien dégourdie.

Ktyin. inc.

Dégouler, dégouliner (dé-gou-li-né), v. n. Couler, dégoulter. — L'iau dégoule du loit. — La pluie me dégouline dans le dos. 11 Glisser de haut en bas. Les gamins s'anmsent à dégouliner sur une pente rapide et glissante, au grand préjudice des fonds de culotte.

Dégraisser (se) (dè-grè-sé), v. réf. Se dégager, se nettoyer, en parlant du temps. -— Le temps se dégraisse en galerne, les nuages se dissipent.

Dégrater (dé-gra-té), v. a. Enlever les agrats d'une ferme ; une ferme dégratée, qui n'a pas d'agrats. (V. ce mot.)

Dégroler (dé-gro-lé), v. a. Agiter, secouei-, arracher : dégroler un arbuste, un piquet. (V. Groler.)

Déluger (dé-lu-jé), v. a. Détruire, renverser, endommager, faire du dégfit, l'efTet du déluge. — La grêle a déluge mon jardin. — Les lapins ont déluge mon fourrage.

Conf. langue d'uc, Dciluî/ar, dislocpier.

Démancher (dé-man-ché), V. a. En outre du sens admis par l'Aciidéniie, ce ujot signitie encore luxer. — Il s'est démanché Fépaule.

Demeshuy (dou-iiié-zui), adv. Désormais.

.Dénuyer (se) (dé-n'ii-ié), v. r. Contraction de désennuyer. — J'vas h la messe pour me dénuyer.

Dent (à). (V. .4 dm t.)

Denrée (dan-rée), s. f. Petite quantité. — Donne-nren encore une denrée.

Départoir (dé-par-toué), s. m. Outil dt» fendeur de bois. Dérivé de départir, dans le sens île diviser.

Département (dé-par-leu-nian), s. m. Départ.

Arc. fr. Département, départissenient, de départir, ({uitter un lieu.

Dâpater (dé-pa-té), v.a. Décrotter, neltoyer un outil, ses cliau.>sures pâtées. — Dans certains lieux où se Irouvent i]v>i tuniulus, on racontiMpie Gargantua s'y est arrêté poin* «l«''pater ses souliers.

Dôpatoir (dé-pa-toué), s. m. Décrottoir, curette pour nettoyer, dépater les outils à Iravaillor la terre. De dé priv. et patler. P.ittor se dit de la terre <pii s'attache aux patle.s aux chaussures, à moins ([u'on lu' préfère expliquer que la terre s'attache aux ohjet.s comme une pâte.

Dépatouiller (se) 'dé-pa-tou-ié), v. r. Secouer la boue «pii s'altarhc aux ehaussures. |l Fi;^. Se dépêtrer, .so décancher. — Ma foi, nmi j'mcMi déporte, les autres se dé|)atouillcroiit counne ils l'entendront.

Ane. fr. Dépatrouiller, même sens.

Dépendeur (dé-i)an-deu\), adj. l'n dépen«leui- d'andouilles, un homme gi'and et mii^M'e à l'air niais.

Dépiauter (d<''-pio-lé),v. a. Kcorcher, dépouiller, <Her la piau. — 1 dépiauterait, un pou pinir en vendie la peau. (Loc. peri:heromie.)

Dépoitraillé (dé-po-trà-ié), aij. I)él>raillé, demi-nu, la poitrine découverte. — 1'm(! femme dépoitraillée, décolletée.

Déporter (S3) (dé-por-té), v. r. Se dédire. Se laver les mains comme Ponce- Dilate.

Der (dèr), a<Ij. .V[)ocope de dernier. Locution usitée par les enfants en choisis.sant lems place-» dans les jetix. Celui qui réclame le dnjit de jouer le deinier s'écrie : Der, de même que le premier dit : Preu.

Déras (dé-i-â), s. m. Intestins, intérieur du porc.

Derda (deur-da), s. m. Tapage, bruit, agitation, inquiétude, tourment. — Ça fait un deurda de tous les diables. — Quéqu'tas? te v'ia ti dans un derda !

Dérêne (d'rôn'), s. m. Délire, agitation du malade qui a la fièvre. Tourment, rabâchage.

Derêner (d'rù-né), V. n. Rabâcher, parler longtemps, répéter les mêmes choses.

Derênier (d'ré-gnier), adj. Qui rabâche.

Ane. fr. Desraisnier, déraisonner.

Déribouler (dé-ri-bou-lé), v. n. Rouler, débouler. (V. ce mot.)

Déringe (dé-rinj'), s. m. Action de ruminer. H Au fig. réflexion. L*idée vient au déringe, c'est-à-dire en ruminant. Ane. fr. Ringer, ruminer. Lat. ringi^ grincer des dents, grogner. .

Dériper (dé-ri-pé), v. n. S'écarter de la ligne droite, du bon chemin, — Si tu laissesla voiture dériper, tu vas verser dans le fossé.

C'est le même mot que dériver, et qui se rapproche plus du latin ripa.

Derline {deur-lin'), s. f. Petite clochette qui se suspend au cou dos animaux. On dit aussi derlingue et derlinguette. Onomatopée.

Déroquer (dé-ro-ké), v. n. Oter les pierres d'un champ, le défricher. 11 Rouler, tomber d'une hauteur, d'un rocher; on dit aussi dérocher.

Ane. fr. Dérocher, bas-Iat. derochatura, chute.

Dérouille. (V. Drouillc.)

Derouine (dcu-rou-in'). Petite meule de rémouleur marchant avec le pied. En bas-breton, drouine veut dire le havre-sac du chaudronnier ambulant. La meule est un ustensile de ces industriels qui sont au besoin rémouleurs.

Désaccourser (dé-za-cour-sé), v. a. Désachalandcr. (V. Accoiir' scr.)

Désacœur (dé-za-keur), s. m. Dégoût, répugnance, nausées.

Désempicasser (dé-zan-pi-ka-sé), v. a. Désensorceler.

Empicasser est un diminutif de l'anc. fr. Empiger, enduire de poix. Celui qui est ensorcelé est empicassé, en)poissé, englué par un sort. Bas-lat. Empicare, même sens.

Désignati (dé-zi giuVti), adv. En désonirc. — Tout est eu déi?ignati chez lui. — Il est ben d(^*signati, bien niiséi'ablo, dépenaillé.

Déso (dé-zo), s. m. Désolation, état de celui qui est désolé. — Être au déso de la mort de Sii femme. Déso est uneabréviation de désolation.

Dessaisonner (dé-.sé-zo-né), v. u. Ciianger Tyssolement d'une terre, découtaisonner.

Dessoler (dé-so-léi, v. a. Même sens que dessaisonner. 1| Disjoindre, ébranler. — Le vent a dessolé mes jeunes arbres. — Le t!:ond de la porte est dessolé. Vu poteau est dessolé lorsqu'il remue, qu'il n*est plus lixé au sol.

Détourber (dé-tour-bé), v. a. Détourner du cliemin, oiivter, faire diversion, troubler. Dans la campagne, certains pelits cabarets se nomment la détourbe, parce qu'on sedétom-ne du chemin pour s'y arrêter.

Destourbe, dans l'ancien frantjais, signifie obstacle, empêchement, trouble de jouissance. Bas-lat. Dislurhare, troubhr.

Ce mot figure avec ce sens dans un aveu reçu par Louis de Bourbon, comte de Vendôme, du dernier avril 144^). (Archives de la Soc. arch.)

. . .Cnr c'est par non-savoir Qui destourbe d'accomplir mon vouloir.

vCh. d'Ori.kans, Ballade».)

Deu (deu), s. m. Chagrin, deuil, dans le Perche. — J'ai ben deu, mon monsieur vient de keurver.

Ane. fr. Deu, deul, deuil.

Dévaler (dé-va-lé), v. n. Descendre, tomber, roulei", se laisser glisser.

Ta couleur est d'un morl qu'on dévale en la fosse

A la feuille d'hyver (jui des arbres devalle.

(KONSARD.)

L'Académie admet re mot en constatant cju'il est hors d'usage. 11 est bien probable que nombre d'académiciens qui n'ont pas collaboré au dictionnaire seraient fort étonnés d'apprendre que ce mot est français.

Dévaloir (dé-va-loué), s. m. Descente rapitle, gri[)pé. H Nom de localité, le Dévaloir, coteau de Baume, comnumed'Areines.

Devantière (deu-van-kièr'), ou dcvantiau. Tablier à Javelle. Tablier destiné à ramasser de Fherbe. Autre fi Tusage des borj?ères, appelé aussi abériau. (V. ce mot.)

• Comme celui qui craint d'adorer la statue d'un saint si elle est

sans devantière. »

(Montaigne.)

a Nullement il ne donne sa teinture à ses voisins, ainsi la vend bien cher, sinon quelquefois quelque vieux devanteau d'une Ijonnc femme qu'il fera releindre pourgrand mercy. »

(Ronsard, Lettre au ma>re de Toum.)

Dévers (dé-vôr), s. m. Partie déclive d'un terrain, talus d*un remblai, partie qui déverse. — Mène donc pas la voilure dans le dévers, j'allons verser. — Vn champ dans le dévers du champlier. Les charpentiers appellent le dévers d'une pièce de bois la partie qui a pris du j^auche.

La t. De remit s.

Dévidet (dé-vi-déou dé-vi-doué). Dévidoir. Il y a à Orléans la rue du Dévidet.

Dévinoire (deu-vi-nouer'), s. f. Devinette, énig?Tie, problème facétieux. Il va dans les campagnes une .série immuable de devinouères (|ui passent de génération en génération; elles sontà peu près au.s.si nouvelleset aus.si spirituelk^sque l'énigme que le .sphinx faisait deviner à (Edipe. FXemple : Qu'est-ce (\uin\ jette blanc et qui retombe jaune? — Tn u'uf, etc., etr.

Diau (di-o), s. m. Doigtier, envelopi>e d'un doigt mabide. (V. Catin.) Dans le Perche on prononce dèiau.

Ce mot est évidemment dérivé du latin Di(jltus, bien (ju'il ne sort pas facile d'expliquer la transformation.

Digon (di-gon), adj. Bougon, grondeur, qui murmure.

Digonner (di-go-né), v. n. Bougonner, trouver à redire à tout. On dit aussi digotter.

Dion (ghi-ou), s. m. Dieu. — Le bon ghiou. — Nom de Diou. C'est la forme provençale.

Dire (dir'),v. n. Gronder, trouvera r(Mlin\ — M'ameesl toujours h dire après moi.

Diries (di-ries), s. f. plur. Bavardage, cancans, propos (mi l'air, ce qui .se dit. — Tout ça, c'est des diries.

Diser (di-zé), v. a. Forme régulière de dire.

Le verbe dire, dans le langage pof»ulaire, est sujt t h de nom-

breuses répétitions. — J'i ai dit : va-t-en que j'i ai dit. — I m'a dit, dit-i. — Nous avons entendu cette phrase épatante : a Oui, qu'il a dit, dit-i, qu*il a dit comme ça, qu'i dit. »

Divers (di-vâr), adj. Étourdi, espirgle, distrait, capricieux. — C'est un enfant ben divars.

Ane. fr. Divers, méchant, désagréable. — « T/homme est ondoyant et divers, » a dit Montaigne.

c Cet enfant est tant rude, malicieux et divers en courage, que oncques son pareil ne fut vu. »

(Chron. de DuQuesclin.)

Dodeliner (do-de-li-né), v. a. Balancer, hocher la tête.

« Dodelinant de la tête, inonochordisant des doigts, et harytonnant du cul. »

(Rabelais.)

Dominicnie (do-mi-nik'), s. m. Ancienne forme de dimanche, aujourd'hui perdue, mais que plusieurs personnes ont encore entendue ; M. Neilz l'avait lue dans d'anciens contrats de louage. — Un ouvrier s'engage à servir son maître pour tous les jours de l'année, excepté les domini((ueset jours de fêle.

Donaison (do-né-zon), s. f. Forme de donation. — Nout'père nous a fait donaison enteurvifs de son bien.

Donc (don), conj. Dans une phrase interrogative, la conjonction se place au milieu au liou do former la conclusion. — Qu€»lle donc dame? au lieu de : quelle dame est-ce donc?--- Quel donc mois ? — Allons donc nous-en. — Tu viens donc pas t'en ?

D'or (dor) s. m. Or. — Du dor, pour de l'or.

a II porte une jacquette à grandes basques pHss<'»es, avec du dor dessus. »

(MOMK.RE.)

Dormailler (dor-mA-ié),v. n. Sommeiller, être assoupi, dormir d'une fa<;on interrompue. -— Encore un mot que TAcadémie aurait pu admettre sans inconvénient.

Ane. fr. Dormillier, môme sens, latin Dormitare.

Dossu (do-su), adj. Qui a le dos courbé, proéminent; ne pas confondre avec bossu; il v a une nuance.

Douannée (dou-an-née). Volée de coups, rossée. — Il a reçu une fameuse douanée.

Doublier (dou-hlié), s. m. RAtelier portatif à fîoiihie Uxce qui se place clans le milieu de la bergerie.

Douelle (dou-èl), s. f. Merrain, douve de tonneau.

Bas-lat. Doelttj du lat. Dolinm, tonneau.

Battre la douelle, terme des fendeurs de merrain, signe de ralliement, de repos ou autre. Le signal se fait d'une certaine manière en frappantdeux douelles l'une contre l'autre. H Terme do carrier. Pierre tendre ayant des dimensions spéciales.

Dourdée (dour-dée), s. f. Volée de coups de bâton. (Voir volée, nïclee, dégelée, efc.) — La Julie a f...ichu une vraie dourdée à son bomme.

Ane. fr. Dourder, battre.

Douziller (dou-zi-ié), v. n. Se dit d'un liquide qui coule on mince fdet, jaillit comme le vin par le trou du douzil.

En V. fr. Douzil voulait dire aussi bien le fausset que le jet de liquide. Bas-latin Duciciitum, même sens.

Puis à bouillons fumeux Je foysoient doiziller Louche dedans la tasse, et tombant pétiller.

R. Hf.ï-i.eau.

Dragon (flra-gon), s. m. Dans les traditions populaires, il est resté le souvenir de ce reptile fantastique qui babitait ordinairement les ruines des temples du paganisme, ou les cavernes des bords du Loir. Le drai^on de saint liienbeun'', fi Venrlome, celui d'Artins, celui de saint André, etc.

Drapeau (dra-po), s. m. Drap, lan^e, lin'::e, dim. de drap. || Morceau de cbitTon à demi brûlé, dont on .se .servait en guise d'amadou. En battant le briquet, l'étincelle allumait le drapeau.

Eh î quoi, Colin, ne sais-tu pas Qu'un Dieu vient de naître ici-bas.

Qu'il est logé dans une étahie, Qu'il n'a ni lange ni drapeaii.

(La grande bible des Niu'Is.)

Do, do, do, mon fils, do, do Puisqu'il faut que j'aille Laver tes drapeaux.

(La maîtresse femme, anc. rhanson.)

. . .Aujourd'hui le ruisseau Où te lavant tu moullois ton drappeau.

(K. MAcé.)

Drès (drê), sulv. Drs, drs que. - Drus l'aurore. — impartirons drès qu'tu seras prêt.

Drès le matin je me prends, je me lève, A la chasse je m'en fut allé.

(Ane. chanson.)

Dret (dré), adj. Droit. — J'sais allé tout drét au lK)n endrel. — Ce vin-là est ben drôt de goût.

Cette prononciation se rencontre dans La Fontaine et dans Molière. Il y a peu de temps, à la Confiédie-Françaîsey on prononçait encore ainsi. Martine disait : a Et je parlons tout dret comme on parle cheux nous. » Mais cette tradition parait abandonnée aujourd'hui. Henri Estienne fait remarquer que, si on a substitué l'eau son ai, c'était pour imiter la prononciation italienne de la c^ur, qui se rapprochait plus du latin Dircc^rrw.

Droguer (dro-ghé), v n. Attendre impatiemment ou inutilement. — V^'la eune heure qu'i nous fait droguer. — J'dn^gue à attendre sous la pluie.

Droguet (dro-ghé), s. m. Sorte (ie grosso étoffe solide» qui servait à faire les vêtements de travail.

Drôle (drùl'), s. m. Jeune garçon, gas, enfant. — Oji qu'sont cor passés les drôles ?

Ce mot parait venir du Scandinave IVoll, lutin, fadet. En effet, dans la Basse-Normandie on appelle les lutins, des drôles.

Drôlière, drôline (drô-lièr), s. f. Fillette, féminin de drôle. — Une jolie drôline (Beauc«). Dans le langage populaire, drôle, drôlière, ne sont pas pris en mauvaise part.

Drouille (drou-ieu) s. f. Grosse femme. On peut rapprocher ce mot du bas-breton Druz, gras. H Drouille, diarrhée. — J'ai la drouille. || Chêne drouillard, les pièces de bois de cette sorte de chêne se nomment des Drouilles. (V. le mot suivant.)

Drouillard (deur-war), adj. Chêne drouillard, chêne blanc, Quercus i^cAsilillora.

Celt. bas-breton Derw, chêne, qui appartient fi la même racine que le grec A/>u;.

C'est encore un de ces nioLs qu'il est presque impossible île noter en caractères actuels. La prononciation tient le milieu entre drou ilreu et le bas-breton Dcrtn, Il est probable que

c'est un des très rares mots dans lesquels la prononciation celticfue s'est conservée.

Drugir (dru-ji), v. n. Grandir, pousser dru.

Dun (dun), s. m. Terme celtique voulant ilire montagne, élévation, ville, fort.

Ce mot se rencontre dans les noms d'un assez jjcrand nombre de lieux. Châteaudun, Authon du Perche, Auguslodunum, suivant Qaicherat. Lavardin, suivant de Chahan. Ilestàremarquer que nombre de;^ens prononciMit Lavardun, ou même Lave rdu p.

Dur (dur), adj. Goût particulier du vin qui (commence h s'altérer, ou dont la cuvaison a élé Irop prolon}jré(\ || Dur, ndv. Fortement. — Travailloi' dur.

E (é), pron. pers. Elle. — É va, é vicn, devant une consonne, lorsque ce pronom se trouve devant une voyelle, il se prononce al. — Al est bon jolie.

Eballé (é-ba-lé), adj. Éventé, se dit du vin laissé trop lonj^tenips en vidange.

Ktyni. inc.

Ebêcher (é-l)è-ehé), v. a. Élever, nourrir, donner la l)écln''e. {\. ce mot)

Ebargironette (é-bar-ji-ro-nèt), s. f. Herj^eron nette, oiseau.

Ebelouir (é-heu-loui), v. n. Eblouir, parla nirtathèse de Té. Ane. fr. Ebéluir.

Ebénoiller (é-bé-no-ié), v. a. (V. EjuhmUUir.) Eberlober (é-beur-lo-bè), v. a. Ébaubir, ahurir, ébahir.

Je pftnsf (juo nus [wiivres monsieux «Ju purlonienl allin ben oharlobés. »

{Dialogue tle deux gnépins.)

Ebervigé (é-beur-vi-jé), adj. Étourdi, qui agit à la léji^ère. Étyni. inc.

Eboguer (é-bo-î?hé), v. a. Écx^sser, enlever les bofrnes. (V. ce mot.)

Eborgneux de crapauds, loc. Vend<^m. vi^rneron..— Allusion au mode de culture des vignes avec le crouet, instrument A pointes très aiguës.

Ebossé (é-bo-sé), adj. Dont renveloj^pe est séparée du fruit. — Une amande ébossée, du trèfle ébossé. Littér., dont on a enlevé les bosses, écorces.

Ebourer (s') (é-bou-ré), v. r. Se renvei'ser, se démolir. || Tomber en ruines, s'affaisser. — La maison s*est ébourée.

Ebourgeonneuz é-bour-jo-neù), s. m. Bouvreuil, parce que cet oi.seau coupe au printemps les jeunes bourgeons des arbres à fruits.

Ebourits (é-Iiou-ri), s. m. pi. Ébouleniont, gravats, déblais. — i )n a trouve ra dans les ebourits.

Ebranché (é-bran-clié), adj. IkiUu. — Il a voulu faire le malin, mais j'iai ben ebranché.

Ebraser (é-brà-zé), v. a. Echauder, brûler, spécialement à l'eau chaude. — J'ai la main ébrasée. — Via oune soupe qu'ébraso la f?oulo.

Ebrouiller (é-broui-ié), v. a. Faire sortii* les entrailles. — Le tauriau a ébrouillé son berger.

Ane. fr. Esbrueillier, enlever les intestins.

Ecaler (é-ka-lé), v. a. Outre le sens d'enlever les écorces des fruits, ce mot signifie : arracher sans précaution une brandie du tronc. — Le vent a écalé ce chêne. — Pour assurer la reprise de certaines boutures, il faut écaler le rameau de manière à laisser un talon.

Ecalpatrer (s*) (é-kal-pà-tré), v. r. Tomber aplat ventre, s'étaler à terre, se vautrer.

Étvm. inc.

Ecalvatrer (s') (ékal-v;Vtrè), v. r. Même sensrpie le mot précédent.

Dans le dictionnaire italien et franchis, de Oudin, Kcalvcntrer a le sens de crever, éventnîr. Il Se dépoitrailler, ouvrir son gilet, sa chemise.

Ecamé (é-ka-mé), adj. Fatigué par la chaleur. — On est écamé quand on a fait une longue course par la chaleur. Étvm. inc.

Ecarbouiller (é-kar-bou-ié), v. a. Ecraser, broyer, écrabouiller, on prononce aussi escarbouiller.

Littré fait venir ce mot de Escarbille, menu fragment de charbon, cette étymologie est confirmée par le patois picard, ecarbouiller, attiser la braise.

Ecardant (é-kar-dan), adj. Écœurant. — On dit aussi écœurdant.

Ecarder (é-kar-dé), v. n. Écœurer, dégoûter, répugner.

Ecarquillé (a D, loc. prov. Sauter à l'écarquillé, on écartant les jambes.

Ecas (é-kâ), s. m. Chute d'eau. (V. Accas.)

Ecasser (s') (é-ka-sé), v. r. unip. Dans cette locution de la

Bt^uioe : si ra s'écasso, sirasc» lioiivo.— Viciidrns-liHhMnain? Diiine si c-a s'ociissc.

Ktym. inc.

Echainée (é-chô-nôe), s. Tas de fumier (lépnsé en lignes, en chaînes, dans un champ.

Echaler (é-cha-16), V. a. Kcah^r. — Kchalerles noix. — Kehaler le poisson, IT'cailIer.

Echalle (é-char), s. f. Écale, copeau de bois, écharde. — J'nïe suis mis une échalle dans le doipt. || Écaille de poisson.

Echalier (é-cha-lié), s. m. D'après l'Académie, échalier vondi-ait dire cUMure d'un champ faite de brandies d'urhres pour empêcher le passaî^e des bestiaux. Littré le d^^linit, petite échelle destinée à pa^ser par-dessus les haies. Kn réalité, dans le Perche, c'est une barrière debnis fixe, d'une hauteur d'environ un mètre, qui seit à fermer l'entiée d'un champ entouré de haies. Lorsiju'on veut entrer dans le champ, il faut escalader l'échalier, h cet elTet, on place souvent à l'une des extrémités de l'échalier, soit une gros.se pierre, soit une trogne (|ui facilite l'escidade; quelquefois même on plante de chaque côlé de l'échalier ini piquet qui sert à poser le pied. Les clôtures nmbiles portent quelquefois le nemi d'échalier, mais on les d<''signe plus communément .sous le nom de barrières. Ha.s-latin, HscaUti'c, escala«ler, de scahi^ échelle.

Echalotte lé-cha-lot'), s. f. Hossée, roulée. — Ilarceu uneéchalolte dont il ne s'est pas vanté.

Echamelée (é-cha-meu-lée), s. f. Queue, procession, longue suite de monde, par analogie avec une caravane où l<\s chameaux se suivent.

Echanger (é-chan-jé), v. a. Essanger du linge.

Echardon (é- char-don), s. m. Chai-don.

Echardronet (é-char-dro-né), s. m. Chardonneret.

Echardronnette (é-char-dro-nèt), s. f. Outil à fer de forme triangulaire employé à couper les chardons dans les champs.

Echaubouillée (é-cho-l)ou-iée), s. f. KchaufTement, malaise et ériq^tion produits par la transpiration, à la suite d'une marche, d'un travail.

Echaubouillure, s. f. Synonym<Mle brûlure. — .l'mesuiséchaubouillé la main.

Echaudé (é-chô-dé), adj. blés échaudés, grillés ou desséchés par la grande chaleur.

Echaudrée (é-diô-dréo, s. f. Terre brûlante, soit à raison de la nature sablonneuse du sol, soit à raison de l'exposition, dans laquelle les grains s'écliaudent. — Parla sécheresse tout a bnilé dans les échaudrées.

Echargoter (é- char- go-té), v. a. ou écliarcotter, charcuter, se dit d'une plaie que le malade tournnenle. |1 Fig. Chicaner, taquiner, on dit aussi echarûjomnier.

Echorer (s*) (é-cbo-ré), v. r. S'endormir, s'assoupir. Étvm inc.

Echouetter(é-choué-té), v. a Attraper, duper, échaudcr. ~ lia été rudement échouetté. Ce mot paraît une forme de échauder.

Eclaire (é-kiér'), s. f. Nom vulgaire de la Chélidoine, ChvlidO' iiiiim majttSj papaveracées.

Ecobéche (é-ko-bèch'), s. f. Bobichc, bosse au Iront.

Ecotais (é-ko-lé), s. n). Taillis mal entrelenu, ravagé — Le clinïat des Écotais, dans la forêt de Vendôme. — Les Kcotais, connnune de Mazangé. Dans les Bombes, écotcr veut dire étèter un arbre. Ecot, bois mort.

Ane. fr. Kscoter, tailler, du germ. Nc/c, drageon, rejeton.

Ecoter (s*), (é-cO-té), v. r. Échouer. — Aller à la côte. Se dit aussi liour accoter.

Ecoute- s'il-pleut. Xom irtmiïpie de petits moulins situés sur de faibles cours d'eau, et qui pour tourner attendent ijue les pluies aient grossi le ruisseau. i| Locution loc. Des écoute-s'ilpleut. — Des mauvaises raisons. — Tu m'donnes toujours des écoute-s'il -pleut.

Ecras (é-krâ), s. m. Avorton, animal ou enfant mal venu, chétif, sans vigueur. (V. Arcras.) Élym. ini!. Dans le Morvan, on dit un enfant écra.

Ecrièches (é-kri-éeh'), s. f. É<-hasse.

Élvm. inc

Ecriée (é-kri-ée), s. f. (iémissement, cris, lamentations. — Une femme en couche fait des écriées. — lue veuve fait des écriées en suivant le cercueil de son mari (pas toujours).

Ecropionné (é-kro-pio-né), adj. Fatigué, éreinté. Se dit d'un vieux vigneron courbé parle travail, (pii paraît avoir le croupion luise. Ce mot iHait usité au wv siècle.

Ecu (é-ku), s. m. Monnaie de compte, en souvenir de l'ancien écu de trois livres. Les vieux cmnpagnards ne disent pas trente francs, mais bien dixécus.

Ecurieux (é-ku-rieii», s. m. Écureuil.

Auc. fr. Escorieu, escorion.

El moult grand planté d'escorions.

Qui par arbre j^ravissoient.

[Roman de la Rose.)

Effarouché (é-fa-rou-ché), adj. Aspect de l'atmosphère qui fait présumer un changement de temps. — L'biau temps va pas durer, le temps est ben efTaruuché (dans le Perche).

Effaurué (é-fô-ruè), adj. ElTuanlé, hagard, désorienté, effarouché. — .l'sais pas coque n'y a, mes poulets sont tout effaurués. On dit aussi elTaunué.

Effeniller (é-f'ni-ié), v. a. Efleuiller, éparpiller, gaspiller sa fortune. Image tirée du foin éparpillé.

Efferduré (é-fer-du-ré), adj. Uefroidi, frileux, quia subi ou qui craint la froidure.

Effertée (é-fer-tée), s. f. ElTroi, épouvante.

Ei^ianter (é-tian-té), v. a. KlTrayer. (V. Klfmintei'.)

Effief (é-fief), s. m. On appelait ainsi autrefois le droit seigneurial des ducs de Vendôme, de contrôle sur le,s poids et niesiu'os. Les mesures étalons éUiient déposées sous le |)orche de l'église Saint-(îtorges-du-Chàteau.

Effier (é-(ié), v. a. IManter, boulin-er, provigner. (V. Af/ur.) »' C.o jar«lin est à moi. je l'ui i>lanté mui-mônie, ufiii!*, accoutré. «

(P. L. COURIXIEK.)

Latin Ad fujcrc.

Effiloire (é-ti-louér'), s. f. Afliloire, i)ierre à aiguiser.

Effourer (é-fou-ré), v. a. Distribuer le foin'rage aux bestiaux, leur l'aire la litière avec du feurre. Ce mot s'applicpie surtout à la bergerie. On dit aussi : atTourer.

Effousiller (é-fou-/i-iè), v. a. Essarter, enlever les épinas, les menues bois d'un taillis.

Elvm. inc.

Effraiser (é-fré-zé), v. a. Emietler, égruger, froisser. — ElVraiser du pain, effraiser la terre en la bêchant, eiïraiser de la chaux.

Latin Frcsua, part, passé de frcmlerc, briser.

Effreuler (é-n\?n-lé), v. a. Enlever les fanes du blé avec la main, érusser (dans le l*erche).

— lit —

Effrouler (é-froii-lé), v. a. EfTcuiller, érusser, ôter les froiilcs, fléj^arnir une plante ou un arbre dont la végétation est tn>p luxuriante. Froule est synonyme de frondaison, feuillage.

Effuanter (é-fuan-lé), v. a. Elï'rayer, ahurir, eiïaroueher. — Veux-tu pas elfuanter mes poules. (V. E/faunter, e/fttantev.)

La moine de ces mots doit être la même que celle de e lira ver.

Egailler (s') (é-gi\-ié), v. réf. Se disperser, se répandre. — Les grandes eaux ont fait une belle égaillée. — Une poitrine ben égaillée. — S'égailler sur l'herbe, s'étendre.

Dans tous les récits de la guerre de Vendée, on trouve ce commandement des chefs : Kgaillez-vous, les gas. Ce mot expressif nous parait avoir droit de cité, cependant ni l'Acadéluie, ni Liltré ne l'ont admis.

Eganer (é-gâ-né), v. a. Ennuyer. — Oh ! c't'onfant est i egilnant !

Étvm. inc.

Egarouiller (é-ga-rou-i(''), v. a. Apj)eler lorlcnient, lider, jus- (|u'à en être égosillé, onomat()()ée. ll l^tro égarouillé, être surpris. — Avoir l'air égarouillé, i)rol)ablcinent diminutit' de égailler, avoir l'air égaré.

Egearbée (é-jar-bée), s. f. .Virée, gerbes étendue dans la grange pour être battues.

Eglans (é-glan), s. m. Eglantier. — A Morée, l'ajonc se nomme églans.

Eglasser (s) (é-gla-sé), v. r. Se crevasser, se fendre. — La terre .s'est églasséi* au soleil.

Eglassure (é-gla-sur'), s. f. (lreva.sse, fenle. — J'ai des l'-glassures au «loigts.

Eglisier (é-gli-/ié), adj. Qui fré([uentc les égli.ses, suit les oflices, plutôt par habitude que i)ar dévotion. La phrase suivante, que nous avons entendue, donne une idée exacte du sens de ce mot : Voyez-vous, M'sieu, j'sommes pas reli^nonnaires, j'sommes églisiers. — Les i)aroissiens cpii lenaicjnt ce propos avaient une armoire spéciale j)our déposer leur livre de messe... dans un cabaret voisin de régli.se.

Egousseler (é-gou-s'lé), v. a. X-.-ttoyer au râteau la menue paille après le l)atl;ige, séparer le grain de la menue paille, des gousses, «liminutif de égousser.

Egrafigner (c-gra-li-giiO), v. a. Éî^^rati^nicr. (V. UrufUjucv.)

En lieu d'une moisson partie D'entre les fleurs du renouveau, Tousjours le chardon et l'ortie Puisse é^roligncr son tombeau.

(ROXSAIID.)

Egrat (V. Aijè'uls.)

Egravé (ô-gra-vé), ailj. Kaliguc j)ar la iiiarcliu. — Pout-rtrc l'utij^'ué par rnction du gravier sur les pieds.

Egrigner (('-{j:ri-j<nt3), v. a. Kbiécher, casser un vaso sur les Iionls. Ne pas confondre avec égueuler. Tn pot est égrij^né lors(pic de menus fragments de pâte on d'émail sont enlevés sur les bords par de légers chocs ou un long usage. Le vase parait grignotté.

Egrinchcr (r-grin-clié), v. a. Agacer, chercher à entraîner. — Cet ivrogne égrinche .son voisin pour remmener hoire.

Egron. iV. /M/ro;/ et.l*f/r<m.)

Egrugerie (é-gru-j'rie), s. f. Tniviiil du chanvre, consistant ù .M'parer les graines des chamncs. Ce travail se faisait autrefois à la veillée.

Eguerniaux (é-ghcur-niô), s. m. pi. Partie éparse d'une récol tr égrenée.

Ejambée (é-jan-hée), s. f. Enjambée.

Ejarder (é-jai d-dé), v. a. Kcaillcr un poisson. On dit d'un plat de caillou trésaillé qu'il est éjardé.

Elarde (é-lard'), s. f. Pièce de bois mobile qui se place à chaque extréniilé d'une charrette pour soutenir le chargement. Jaubi rt fait venir ce mot du liujousin ohtnlzo, élargir. l»ièce destinée à élargir la voiture.

Elas (é-là), s. m. Alluvion apportée par les eaux. Ktym. inc.

Elingé (é-lin-jé), adj. tlimé, une chemise élingée.

Elite (é-lif), adj. De choix, du blé élit(\ de premier choix. (V. Litr.)

Elocher (é-lo-(*lié), v. a. Courber, tordre, ébranler, seroucr. Kormc picanh^ du luoi suivant.

Eloquer (é-lo-k(M, v. a. Même sens dans le Perche. — In arbre éloqiié i»ar le vent.

Ane. fr. bas-latin, KIocarc, .secouer.

Elordi (é-lor-di), adj. Pris de vertige, alourdi. (V. Lordellc.)

Elucher (é-lu-ché), v. a. Nourrir, élever, se dit d'un enfant en nourrice. (V. Alucher.)

Emballe (em-bal'), loc. prov. Monsieur de l'Emballe, ee dit d'un vaniteux. — C'te fille fait-elle son emballe ! || Locution beauceronne. Un emballe de Brou, trop s'en mêle.

Embander (an-ban-dé), v. a Envoyer un objet dans un endroit où on ne peut l'atteindre, où il est encanché. — Won cerfvolant s'est embandé dans les fils du télégraphe. — J'ai embandc ma balle dans la gouttière.

Embarlificoter (an-bar-li-fi-ko-té), v.a. On dit aussi embeurlificoter, empêtrer, entortiller. — S'embarlificoter les jambes dans des ronces. || Fig. Entortiller, circonvenir. — Les hommes d'affaires embarlificotent le client.

Embarras (au-ba-ra), s. m. On dit d'une lille enceinte qu'elle est dans l'embarras. Les Espagnols disent emharazo pour grossesse.

Embat (an-ba), s. m. Bandes de fer qui remplaçaient le bandage actuel des roues, qui est un cercle d'un seul morceau. L'embat avait comme dimension le septième de la circonférence; ces bandes se plaçaient bout à bout et étaient reliées aux jantes par de forts boulon^. L'opération de l'embattage était assez délicate, et ne pouvait être faite que par un ouvrier très expérimenté.

Embellir (an-bé-li), v. a. Outre le sens donné par l'Académie, embellir s'emploie dans le sens de circonvenir, embarlificoter; on embellit quelqu'un en lui faisant voir les choses en beau. — Les lanceurs d'affaires embellissent l'actionnaire.

Embemâcler (en-beur-nû-klé), v. a. Empêtrer, gêner. — S'embernàcler d'un tas d'harias.

Embernas (an-beur-nà), s. m. Se dit d'une chose ou d'une personne gênante, empêtrante, collante. — Quel embernas ! — Il a épousé une femme, c'est un vrai embernas. On dit aussi emhergnaa.

Emberner (an-beur-né), v. a. Salir, crotter, couvrir d'ordures, de bran. (V. Bran.) \\ Fig. Gêner, empêtrer. — S'emberner d'une femme, ah ben !

Ce mot manque en français ; autrement, à la Chambre des

députés, on ne s'écrierait pas : C'est emm Ça prouve que

si les paysans vendômois ne sont pas mieux élevés que cer-

tains de nos honorables, ils savent, au moins, se servir de mots plus propres.

Étym. IJran. (Y. ce mot.)

Embobeliner (an-bo-bli-né), v. a. Envelopper, emmiloufler; on embobeline un enfant dans ses langes. — T'as donc peur de geler, qu'te v'ià si ben embob'liné? j| Fig. Tromper, séduire, embarlificoter.

Ane. fr. Bobelin, chaussure; bobeliner, chausser.

Embougonner (an-bou-gon-né), v. a. Ensorceler, envoûter, enguignonner.

Embouillâcrer (an-bou-iiVkrè), v. a. Barbouiller. — Via ti eun enfant embouillûcré, débarbouille-le donc.

Embout (an-bou), s. m. Virole ou douille de métal qui se met au bout d'une canne pour empêcher l'usure sur le sol.

Embrouillamini (an-brou-ia-mi-ni), s. m. Embrouillement, confusion. — C'est un embrouillamini, que le guiab' n'y comprendrait î^outlo. Les gensqui parlent bien et les académiciens disent : imbroglio, mais perionne ne les comprend.

Émigée (é-mi-jée), s. f. Pain émietté dans du vin. (V. Miof, mioUée.)

Émince (é-mins'), s. f. Petit morceau de ficelle qui forme l'extrémité du fouet.

Émiotter (é-mio-té), v. a. Érnietter, faire une miottée.

Emmanche (an-manch'), v. a. AlTairemal engagée, mal emmanchée, alVaire louche, pcîu honnête. — Que drôle d'emmanché là-dedans!

Emmicler (an-mi-klé), v. a. Mêler, brouiller. -- Emmicler un échcveau de fil.

Bas-latin, miscularc, mêler.

Empaffar (s*) (an-pa-fé), v. a. Avaler gloutonnement, s'eriivrer. Dafis l'argot parisien, on dit qu'un homme est paf lorsqu'il est gris. Il Fig. Croire trop facilement une fausse nouvelle, se laisser tromper. — 11 a ben empaiïé le canard. \Prov. percheron.)

Empan (an-p m), s. m. (V. Anciennes mesures.) L'empan se mesurait avec la main étendue.

Empanage (an pa-naj'), s. m. Attirail encombrant.

Empanner (an-pa-né), v. a. Empoigner.

Empas (iin-pà), s. m. Bulbe inflammatoire de la langue cbe£ les animaux domestiques.

Empicasser (an-pi-ka-sé), v. a. Empêtrer, empoisser, emberner. || Fig. Ensorceler. (V. Désenipiaisser.)

Emplir (an-pli), v. a. Féconder, en parlant des animaux domestiques. — J'va faire emplir ma vache. — Ma vache n'a pas empli. Se dit aussi ironiquement, en parlant des femmes : la Julie s'a fait emplir. Cette expression n'est employée que par les gens assez mal élevés pour comparer, sans respect, la femme à la vache.

Empoigne (foire d') (an-pogn'), loc. prov. Acheter à la foire d'empoigne, voler. — V'ià un béto que tu nj'as bcn l'air d'avoir acheté à la foire d'empoigne.

Empoté (an-po-té), adj. Lourdaud, niais, qui a besoin de se dégourdir, de sortir de son pot.

Empouacrer (an-pouà-kré), v. a. Salir, emberner. Ane. fr. Pouacre, goutteux.

Enairer. (V. Aiiairer.)

Enazé (é-nâ-zé), adj. En guerre ouverte avec quelqu'un, brouillé à mort.

Ane. fr. Enazcr, couper le nez. — Peut-être y a-t-il une allusion ù deux rivaux qui en sont à se manger le nez.

En aller (s*). Cette expression est toujours en un seul mot, et ne se décompose pas comme dans le français classique où l'on dit : il s'en est allé. — Nous disons toujours : il s'est en allé. Cependant les enfants disent : viens-tu-t'en?

Encancher (an-kan-ché), v. a. Empêtrer. — Je suis encanché dans une mauvaise afl'aire. (V. Décancher.)

Encarqueler (an-kar-keu-lé), v. a. Fendre. — Encarqueler une souche d'arbre. — J'ai une migraine qui m'cncarqueule la tète.

Ce mot vient probablement de quartier, mettre en quartiers, qui se prononce Carquié,

Enchameler (an-char-n'lè), v. a. Garnir une vigne de charniers.

« La vigne devra être bien encharnelée. »

(Bail de 1727.)

Enchaussumer (an-chô-su-mé), v. Chauler le blé avant de le semer. — Mettre dans la chaux la sumence.

Encherdir (an-chèr-di), v. n. Enchérir, hausser de prix. Le pain est ben encherdi.

Enchilarxne (an-chi-farm'), s. m. EnchifTreneinent, rhume de cerveau.

Enchifflure (an-chi-flùr'), s. f. Terme de tonnellerie, fente qui traverse une douelle de part en part. Cet accident se produit ordinairement prùs d'un nœud, lorsqu'on courbe le bois. Les marchands étanchent tant bien que mal les enchifflures avec de la bouse de vache, recouverte de tôle. Il serait plus simple de mettre ce fût à la réforme, mais les usages commerciaux exigent que le vendeur écoule à tout prix sa marchandise défectueuse.

De chifflet, sifflet, fente en sifflet.

Encouas (an-kouA), s. m. AlTaire embarrassée. (V. Ancoua )

Encoué (an-koué), adj. Même sens que accoué, avec une signification obscène en plus.

< Le Président. — Êtes vous bien sûr de Tadullère de votre femme — Dame, si j'en suis sûr, quand j'ai entré il'laint encoués. »

{La police correctionnelle à huis clos.)

Encourir (s') (an-kou-ri), v. r. Se sauver, s*enfuir. La Fontaine employait ce mot.

En passant près d'un p'tit bois.

Ou le cocou chantait (bis).

Et dans son joli chant disait :

Cocou, cocou, cocou, cocou.

Et moi, je croyais qu'il disait :

Coupe-lui le cou, coupe-lui le cou.

Et moi de m'encoure, coure, coure, Et moi de m'encourir.

(Ancienne chanson.)

Endémené (an-dé-m'né), adj. Vif, pétulant, espiègle, en parlant d'un enfant. On dit aussi endéminé.

Ane. fr. Endémené, lascif, lubrir|ue. Le dictionnaire de Trévoux semble faire venir ce mot de endémené, endiablé. Peutêtre la'it-il y voir simplement ; qui se démène.

Endret (an-drè), s. rn. Endroit. Dans la chanson du roi Dagobert, endret rime avec roué.

Eh bien ! lui dit le roué,

Je vais la remettre à l'endret.

Ane. prononciation; voir le quatrain suivant j^ravé dans le pij?non de l'église Saint-Mesmin :

L'an mil-cinq cent soixante-sept Du mois de mai» le dix-sept.

En cette place et endroit, Se trouvèrent Loire et Loiret.

(Essai sur Ol'œct, Orléans 1784.)

Il Dans le Perche, endret, petit endret veut dire petit bordage, petite locature. — On i a tout vendu, jusqu*à son p'Iit endret.

Enfaiter (an-fô-té), v. a. Remplir une mesure par-dessus les bords. — 11 est d'usage, lorsqu'on mesure des grains au boisseau, d'enfaiter la mesure, puis avec un rouleau de bois on fait tomber tout ou partie de ce qui dépasse les bords.

Enfantiller (an-fan-ti-ié), adj. Qui aime les enfants. — Une bonne qui est bien cnfantillère. Peut-être vaudrait-il mieux écrire enfantier. Nous avons adopté cette orthographe à cause de la prononciation.

Enfluine(an-flum'), s. f. Enflure, inflammation. Ce mot se disait encore au milieu du siècle dernier, mais le dictionnaire de Trévoux le considérait comme vieux.

Enfondant (an-fon-dan), part, de enfondre, mouiller jusqu'aux os. Un temps enfondant, glacial, humide, morfondant.

Enfondu (an-fon-du), adj. Morfondu, trempé. — La terre e^t bien enfondue, c'est-ù-dire pénétrée pa^' la pluie.

Enlroxner (an-fro-mé), v. a. Enfermer.

Engâché (an-gà-ché), adj. Pris, serré, à moitié écrasé, pris dans une mauvaise afl'aire. — J'm'ai engaché le. doigt dans la porte. Peut-être une forme de encanché.

Engâmer (an-gû-mé), v. n. Enfourner, avaler, faire passer le plus de choses possible par une ouverture. — Les moissonneurs engàment quand l'ouvrage débite.

Étym. inc.

Engeancer (an-jan-sé), v. n. Envahir, acoquiner. — Une terre engeancéc d'herbes. — 1 s'est laissé engeancer par une mauvaise .société. — I s'est engeance d'une drôle de fumelle!

Engraisser (s*) lan-grè-sé), v. réf. Se couvrir, î-e charger de nuages. — L'temps s'engraisse en soulare, c'est signe d'orage.

Enhaïr (an-aïr), v. a. Haïr.

Enhasé (an-â-zé), adj. Animé contre quelqu'un, en haine. (V. Enazé.) Dans Furetiôre, enhazé a le sens de tourmenté, inquiet.

Enhui (an-nui), adv. Aujourd'hui. (V. Annny.) Enhuy est certes Torlhographe préférable, mais la prononciation anui est plus répandue.

Enjouâtrer (s*) (an-jouâ-lré), v. réf. S'accommoder, s'allier, faire société. — Le mouton s'enjouâtre pas avec le loup. Étym. inc.

Ennouer (s') (an-nouè), v. réf. S'engouer, avaler de travers.

Enouler (é-nou-lè), v. a. Casser et éplucher les noix pour faire de l'huile.

Enoùlerie (é-nou-l'rie), s. f. Action d'énouler, lieu où l'on énoule. — Une énoulerie de cocas. Autrefois, l'énoulerie donnait lieu à une fête, on énoulait à la veillée, et le dernier jour on faisait un réveillon, et on dansait.

En pour, loc. adv. En échange. — J'vcux ben te donner ma bigarre, mais quéqu'tu m'donneras en pour?

Ane. fr. enpor, môme sens.

Enque (ank'), s. f. Encre. Ane. fr., cf. angl. ink.

«r Jacquet aux Connins pour une bouteille de cuir neufve pour mettre enque... Raynion Raguée pour une bouteille d'enque... »

(Comptes de l'Hôtel des Rois de France,)

Enriager (an-riîVjé), v. a. Commencer un ouvrage, se mettre en train, commencer à faire le riage, sillon. — J'sais ben enriagé, j'ai c'mincé ma vendange à matin.

Enrixner (an-ri-mé), v. a. Môme signification que le mot précédent. — As-tu fais ta couvraille ? — J'ai enrimé anhui. — Oh ! j'suis ben mal enrimé.

Enrimé, adj. Enrhumé.

Ane. fr. enrimé, dans Rabelais et Marot.

J'ai la catarre ou je suis enrimé.

(Palsgraoe.)

Il Enrimé, préparé, en bonne voie. (V. EnHager,) Enrouapé (an-rouâ-pé), adj. Enroué, onomatopée. Enrouser (an-rou-zé), v. a. Arroser. (V. A}^otisei\)

Ensauver (s') (an-so-vé), v. r. S'enfuir, se sauver.

Ensellé (an-sé-lé), adj. Terme de maquignon. Un cheval ensellé est celui dont le reivtier est bas et courbé.

Ensuivant (an-sui-van), adv. A la suite. — Aujourd'hui et les jours ensuivants.

Entasserie (an-tâ-s'rie), s. f. Partie de la grange où Ton entasse les grains et les pailles, par opposition au chas ou aire.

Entendement (an -lan-d'man), s. m. Entente, accord entre deux

personnes, transaction. — Nous avons fait un entendement comme par laquelle.

Entendoire (an-tan-douèr'), s. f. Intelligence.— T'as donc l'entendoire bouchée. Il Oreille. J'ai mal aux entendoires.

Enterrer (an-té-rè), v. a. Couvrir de cendres, en parlant du feu. — C'est le dernier qui sort qui enterre le feu. Avant l'invention des allumettes chimiques, cette précaution était indispensable pour retrouver, le lendemain matin, quelques tisons ardents.

Entiché (an-ti-ché), adj. Taché, piqué, en parlant des fruits. C'est peut-être une forme de entaché.

Entomer (an-to-mé), v. a. Entamer. — J'aientomé le pain. Du grec «vTOfx*?, entaille.

En tout, loc. adv. Ren en tout, pas du tout Ce chien, il n'est point méchant en tout.

Entrhivemer (an-tri-ver-né), v. a. Donner une façon d'hiver à la vigne, à un jardin.

Envesiner (en-vé-zi-né), v. a. S'empafTer, se bourrer d'aliments, trop manger. — J'suis envésiné.

Étym. inc.

Enveu (an-veu), s. m. Nom vulgaire de l'orvet, anguis fragilis. (V. Anveau.)

Envieux (an-vieû), adj. Enviable. — Il a une position envieuse. — T'as un chapiau ben mal envieux.

Environ (an-vi-ron), prép. En train de. — Il est environ dîner.

Envoûter ou envulter (an-voù-tô), s. f Faire l'effigie en cire d'une personne, pour servir à un maléfice. Le devin se sert de l'envoûtement pour découvrir celui qui a jeté un sort. Latin, in vultum.

Ëpatoui (é-pa-toui), adj. Pris de chaleur.

Épaulée (é-pô-lée), s. f. Charge d*herbe qui se porte sur l'épaule. Trois gironnées font une épaulée^ et deux épaulées un fagot.

Épée (é-pée), s. f. Perches ou tringles de bois qui se placent sur les bords de la motte de marc de raisin. Elles ont pour but de maintenir les carreaux (V. ce mot.) de niveau, et de les empocher de se déverser sur les côtés de la motte.

Ëpenailler (é-pé-nâ-ié), v. a. Dégueniller, dépenailler. Épeuré (é-peu-ré), adj. C/t'enfant est arrivé tout épeuré (effrayé).

Épiaison (è-piê-zon), s. f. Formation des épis, époque à laquelle ils ae montrent. Se dit aussi de la vigne lorsqu'elle commence à montrer les grappes.

Épierrer (é-pié-ré), v. a. Jeter des pierres à une personne ou à un animal, poureuivre à coups de pierre.

Épinette (é-pi-nèf), s. f. Gage étroite dans laquelle on met les volailles à Tengrais. || Fig. Il est à l'épinette dans cette maison, il y est à Tengrais, il y est nourri sans rien faire. Littré pense que ce mot vient de ce qu'on enfermait les volailles à Tt-ngrais dans une enceinte d'épines.

Ëpingler (é-pin-glé), v. a. Ranger le bois de travail débité, en menant entre chaque pièce une épinglette de bois, pour que l'air puisse circuler dans la pile et l'empêcher de s'échauffer.

Ëpiochon (é-pio-chon), s. m. Petit épi d'une mauvaise venue.

Ëpléter (é-plé-té), v. n. Avancer à la besogne, faire vite. — Ça n'épléte pas. Se dit d'un travail ingrat qui n'avance pas. (Perche. )Épléler est une forme de exploiter, qui devait se prononcer expléler, comme oi dans adret, étret, endret.

Ane. fr. Esploitier, espleitier, accomplir, travailler avec ardeur.

Ëpoustouflé (é-pous-tou-flé). Essouflé, époumonné. (Perche.) Onomatopée.

Éprendre (é-prandr'), v. n. Commencer à s'allumer.— Le charbon est épris.

Éprévier (é-pré-vié), s. m. Épervier, oiseau de proie. Ane. fr.

Que ne vient ici l'esprévier»

On t'orroit bien plus haut prier.

(Ronsard.)

Équerré (é-ké-ré), adj. Altéré, fatigué par la chaleur, peut-être forme de écœuré.

Étym. inc.

Ëquercelle (é-kér-sèl), s. m. Carcasse, grand corps maigre. Étym. inc.

Ëqueurviche (é-keur-vich*), s. f. Prononciation de écrevisse.

Ériiler (é-ri-flé), v. 3. Frôler, passer aussi près que possible d'un objet sans le toucher. Il y a cette différence avec érafler que ce dernier mot indique un contact léger, laissant une trace, une écorchure, tandis que lorsqu'un objet vous érifle, vous en êtes quitte pour la peur. — La pierre que tuas jetée, m'a ériflé la figure.

Ane. fr. Rifler, écorcher.

Ériper (é-ri-pé), v. a. Arracher, dépouiller, plumer. Latin, eripe^*e, arracher.

Errière (é-rièr'), interj. Arrière.

Érussage (é-ru-saj'), s. f. Action d'érusser. — L'érussage du chanvre.

Ërussé (é-ru-sé), adj. Gercé, rude au toucher. — J'ai les mains érussées. — J'ai la gorge érussée d'avoir tant parlé.

Érusser (é-ru-sé), v. a. Épamprer, arracher les feuilles d'un arbre en faisant glisser la main fermée à demi du haut en bas du rameau. On érusse les ormes pour en donner les feuilles aux bostiaux. Il Fig. Érusser, agac-^r, ennuyer : tu m'érusses, tu m'embêtes.

Langue d'oc, deruscav, écorcer, probablement du latin eruerey arracher.

Ésarber (é-zar-bè), v. a. Désherber, ôter Vharhe d'un champ.

Escarbouiller (és-kar-bou-ié), v. a. Écraser. (V. Écrahouillev.) Ane. fr.

D'esclats, de bruit, de peur, de soulphre et de tonnerre Avait escarbouillé leurs cerveaux contre terre.

(Ronsard.)

Escolfier (és-ko-fié), v. a. Assommer, tuer.

Ane. fr. Escoufit, tué. Langue d'oc, escofir, tuer. Latin, exconficere.

Espace (ès-pâs'), s. m. Terme d'architecture, ferme ou mieux intervalle qui sépare deux fermes; l'écartemcnt des charpentes

varie, mais ne dépasse jamais cinq mètres. — Cette grange a quatre espaces.

Fspérer (ès-pè-re^), v. n. Attendre. — Espère un peu. — J'espère après lui. — Je Tattends.

Esprité (ès-pri-tè),adj. Qui a de l'esprit. — Une fille ben espritée.

E8q[aellette (ès-ké-lèf), s. m. Squelette. Nous citons ce mot à titre d'exemple ; dans les mots commençant par un s suivi d'une consonne on prononce ess, comme dans les dialectes du midi, estatue, escandale, pour adoucir la prononciation difficile de la sifflante.

Esquinter (ès-kin-tè), v. a. Éreinter, fatiguer, échiner. — J'en peux pus, j'suis esquinté.

Langue d'oc, esquina^ échine, eaquintar, déchirer.

Essaboui (és-sa-boui), adj. Trempé jusqu'aux os. || Fig. Qui a reçu une verte réprimande.

Ane. fr. Rssabouir, abasourdir.

Essarber (è-sar-bé), v. a. Tailler une jeune vigne pour la première fois.

Étym. inc.

Essarmenter (è-sar-man-tè), v. a. Ramasser les sarments de vigne après la taille.

Essart (è-sar), s. m. Lieu défriché, débris de défrichement. || Nom de plusieurs localités. Les Essarts.

Ane. fr. ; bas-latin, exartuui^ essartum, même sens.

Essarter (è-sor-tè), v. a. Nettoyer un taillis, couper les épines, disperser les ramilles. — Les bestiaux essartent leur fourrage.

Essas (è-sà), s. m. Débris, épluchures de bois, de graines, de fourrage.

Essiau (è-sio), s. m. Torchon à laver la vaisselle, chiffon entouré autour d'un bâton pour e.<^uyer l'intérieur d'un vase. Vêtements en guenilles.

Ane. fr. Essiauver, essever, enlever l'eau, étancher, dessécher, de es et ève; ancienne forme de eau.

Essivière (è-si-vièr'), s. f. Rigole pratiquée dans les champs pour l'écoulement des eaux pluviales.

Essor (è-sor), s. m. Haie, air sec, qui essore. Ane. fr.

Essuidre (è-suid*), v. a. Essuyer.

Esto (ès-to). Prononciation de Estoc.

Estomac (ès-to-ma), s. m. Poitrine, sein. — Une belle garce, qu*a des grout estomacs. Estomac désigne généralement tout l'intérieur du thorax, une personne enrhumée dit très bien : Ça me tient sur l'estomac.

Estrapontin (es-tra-pon-tin), s. m. Strapontin. Furetière donne les deux mots. Il y a môme des gens qui prononcent extrapontin.

Ésu (è-zu), part, passé de Avoir. (V. Èvu )

Étache (è-tach'), s. f. Attache, mettre les bestiaux à Tétache. Ane. fr. Estace, estache. Germ. Staca, poteau.

« Le xxinj jour de may (1431;, environ l'eure des midy, fut (Jeanne d'Arc) amenée du chastel, le visage embrouché, au dict lieu, où le feu estoit prôt, el fut liée à l'est ache et arsse. »

(De Caigny, publié par Quicherat.)

Étain (é-tin), s. m. Sorte d'étoffe de laine dont l'usage a été abandonné. (V. Surétain.)

Ête (êf), V. auxil.,infmitif de Être.

Étemelle (é-tèr-nèl'), s. f. Plante, immortelle.

Éternue (é-tèr-nû), s. f. Plante, graminée à rejets rampants. (V. Temue.)

Étêtés (é-tô-tée), s. f. Ghevaille, sommière, élévation produite par le labour entre deux terrains aboutissants.

Étiller (é-ti-iè), v. n. Tirer au sort les numéros d'ordre que chaque joueur doit conserver dans une partie. Ordinairement le joueur lance une pièce ou une balle vers un but, celui qui est le plus près est preu, et le plus éloigné est der. (V. ces mots.)

Étout (V. Itout.)

Être, verbe auxil.

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