MÉNAGE
Rabelais écrivait naver.
N'en (nan), pron. en. (V. A'.). — Mettez n'en cor un peu. — Il n'en est capable. — Faites n'en ce, que vous voudrez. — Des bourgeois, n'en faut pus.
Nentilles (nan-ti-ie), s. f. Leiitillo. Se prononçait oncoro ainsi au milieu du siècle dernier.
« Il faut aussi dire delà poirée et des nentilles. comme les Parisiens, et non des bettes et des lentilles, comme les Angevins. »
(Mknage.)
Il faut croire cependant que les Angevins avaient raison.
Nettement (nè-tû-man), adj. Assurément, vraiment. — J'vous dis ça nettement, c'est-à-dire sans détour, franchement.
Nettir (niVtir), v. a. Nettoyer, rendre net. — Nettir du blé, le cribler. — Du blé netli.
Du latin nilidus^ brillant.
Neu <neu), adj. Neuf, nouveau. — C'est tout flambant neu. Ancienne prononciation.
Neun, neune (nun, neun*), adj. Nun, nulle, pas un, aucun. — Voix d'un, voix de neun... traduction de l'ancien proverbe juridique : Testh nnus, testis ntdlf(s. — Où est donc la femme de chambre ? — M'ame, elle est neune part. (Historique.) Ane. fr. Nun, nuns. Latin non imusy pas un.
Nez de chat. Champignon comestible. (Couamelle). Agaricus prncrrus et espt^ces voisines. On appelle au.ssi nez de chat u|]
champignon blanc qui pousse dans les luzernes ù. Tautoinne, Lepiota naucina.
Nez sale. Injure.
Niau (gnio), s. m. Culot, cloclo, oiseau éclos le dernier d'une . couvée. Il Œuf que Ton met dans un nid pour que les poules y viennent pondre. (V. Gnio et gnias.) Ane. fr. Niau, niot.
Nie, noc ou nique-noque (nlk'-nok'), adj. Bredouillcur. Ane. fr. Nique, moquerie; niquenocquer, faire le niais.
Niçon (ni-son), s. f. Jeune fille de conduite équivoque. — Une petite niçon. Nice, en français, veut dire novice, innocent, niais. C'est probablement par antiphrase qu'on dit une niçon, comme qui dirait une sainte nitouche.
Nifeter (nif-té). v. n. Flâner, perdre son temps, lanterner. Probablement du v. fr. nife, nez, narine, nifler, flairer. Ce mot voudrait donc dire : aller flairer à droite et à gauche comme un chien qui s'ennuie.
Niflas (ni-flà), s. m. Jeune garçon propre ii rien.
Ane. fr. Niflade, giffle. Ce serait donc un individu ayant une figure à claques.
Nige (nij'), s. f. Niche.
Nigeat (ni-ja), s. m. Travail minutieux, méticuleux, qui ne peut se faire que très lentement en nigeonnant.
Nigeon (ni-jon), adj. Musard, fi«^neur, qui perd son Icmpsà des futilités.
Nigeonner (ni-jo-nè), v. n. Muser, fiâner, s'arrêter à des vétilles ; on prononce aussi nigoner.
Fr.-Comlé, nigou, personne, aucun, de nichil, rien, d'après Onofrio.
Nigeotter (ni-jo-té), v. n. Même sens, faire un ouvrage minutieux.
Nigeottier (ni-jo-tié), adj. Qui nigeonne ou nigonne. Ane. fr. nigeon, nigeonner, même sens. Conf. bas-lat. wi/gf(w?, inutile, bon à rien; nugari, perdre son temps.
Nine (nin'), adj. Féminin de nain. Une femme nine.
Nippe (nip'), s. f. Guenille humide i>our nettoyer le four, môme sens que nae. (V. ce mot.)
^ippiau (ni-pio), s. m. Mouchoir. (Perche.)
Niquedouille (ni-k'dou-ie), adj. Niais, imlȎcile, nigaud, andouille, nicod(^me.
En atlendant niquedouille, Prends ton rouge ruban.
Et va-t'en pocher grenouille Pi'ès du moulin à tan.
(L*Aiuié SorcHAY, poésies J)
Niveler (n if-lé). (V. Ni fêter.)
Noble (nol)'), s. m. Cochon. (V. Mofisieur, habillé de »oie.) Cette dénomination est la même qu'habillé de soie, les nobles seuls ayant autrefois le privilège, ou, mieux, la fortune suflisante pour avoir des vêtements de soie.
Noc(noiv'), s. m. Dalle, gouttière, gargouille, auge de pierre. Ane. fr. Noc, même sens, du bas-latin noctui ; ^vm. noch^ conduit, gouttière, même radical que noue.
II est resté dans le français actuel, le diminutif noquet, feuille de plomb ou de zinc que Ton applique dans les noues à la rencontre de deux combles.
Nocet (no-sè), s. m. Individu grand, maigre et raide, typede sacristain, de .séminariste. || Fig. Innocent, sot, serin. — Grand nocet, va !
Ktyni. inc. Peut-être dimin. d'innocent
Noceux ino-seu), s. m. Celui qui ast de noce. — T'es biau comme un noceux !
Nocial (no-sial), s. m. Habillement de noce, en parlant des mariés. — 11 a mis .son nocial pour aller à Tenterrement. Autrefois, le nocial des femmes pouvait se porter pendant longtemps. Aujourd'hui une jeune mariée qui irait en soirée ou à une fcte avec son nocial .se ferait moquer d'elle.
Nocier (no-siè), s. m. Celui ciui entreprend les repas de noces.
Noe (no), s. f. Noue, terrain humide, thalweg entre deux pentes ordinairement en prairie.
Ane. fr. noe. Bas-latin noa, noue, Noe, noé, noue, un des rares mots celtiques qui soient parvenus jusqu'à nous.
Noël. (V. Fournée de Noël.)
Noison (noua-zon), s. m. Petit tas de fourrage coupé et séché, javelle. Deux noisons font une botte.
Nombre (nombr'), s. m. Quantité de douze gerbes. — J'ai fait dix nombres dans mon champ.
N'on et n'en (non). (V. A', et N'en) N euphonique à la place de L. — N*on ne sait pas où n*on va. — N'on m'a dit.
Note (nof), adj. Impossible de. — Note de faire son devoir, d'aller. — Note d'en tirer quelque chose. (Dans le Perche.) Bouchet y voyait la négation anglaise.
Noté (no-té), adj. Qui sait ses notes, la musique, surtout le plain-chant. — Un chantre ben noté.
Nou (nou), s. m. Abreuvoir formé d'une auge de pierre placée près des puits, dans les fermes. Auge à porcs. (V. Noc) C'est le même mot que noc et noue, mais au masculin.
Nouailleux (nou-â-ieù), adj. Diminutif de noueux. Ane. fr. (V. citation à Meslier.)
Noue (noù), s. f. (V. Noc et Noe.) Nom de localités. La grand'- Noue, la Noue de Villepéan, commune de Villetrun, Malnoue, commune de Ruan, la Nouette, commune de Saint-Ouen, etc.
Nouger (nou-jè), s. m. Noyer, Juglans, arbre. Langue d'oc, nogier.
Noiiince (nouins'), s. f. Articulation des doigts qui présente l'apparence d'un nœud. — L'endroit où les os se nouent.
Nourri (nou-ri), s. m. Produit d'un champ, récolte sur pied. — Il y a un beau nourri dans ce champ, il est bien garni de nourri. — Un bestial qui est d'un bon nourri, qui profite bien. Ane. fr. Nourri, produit, élèves de bestiaux.
Nouser (nou-zé), v. n. Ne pas oser. La négation s'est soudée au verhe, et on dit, au lieu de : je n'ai pas osé, — j'ai pas nousé.
Nouseux (nou-zeù), adj. Timide, craintif, qui n'ouse pas.
Nousille (nou-ziy'), s. f. Noisette, Conjlus avellana; on dit aussi noisille.
c A Pierre Dupont (et autres) denieurans à Vendôme, la somme de (rente livres tournoys pour achapt faict par les dicts eschevins, du nombre de 150 poires de bon crestien, et des noisilies dont auroit été faict présent au Roy et à la Royne mère du roy, ainsi qu'il appert de ladicte ordonnance. «
(Reg. de Philippe Fleurln, recepoeur des deniers communs de la cille de Vendôme pour V}S9-tîîf}0,)
Nousillière (nou-zi-ièr'), s. f. Noisettier. || Lieu planté de noisettiers.
Noute (nouf), pron. et adj. possessif. Notre, nôtre. — Nout' mait'. — G'te vache là, c'est la noùte.
Nouviau (nou-vio), adj. Nouveau.
Pour visiter renfant nouviau, (jaserait malhounéte] Si j'allioDS ea saiigau Visiter noute matte.
{La grande bible des Noêls,)
Nubie (nubF), adj. Gris, sombre, obscur, couvert, en parlant du temps.
Ane. fr. Nubie, nuée, obscurité, nuble, nébuleux, dans le moyen de parvenir.
Latin: Tempora si fuerint nubila. (Hohaci::.)
Nuisanoe (nui-zans'), s. f. Préjudice, ce qui nuit. — La barbelée a fait ben d'ia nuisance dans les veignes. Ane. fr.
« Si donc vous confessez d'avoir menty, quoique sans nuisance. »
(Saint-Fr.\nvois-de-Sales.)
Nun, nune, adj. Nul, pas un. (V. Seun^ neune.)
Nonu (nu-nu), s. m. Mirliton. C'est un simple jeton qu'on met entre les lèvres et les dents. Onomatopée du son de cet instrument. Il Nunus, pièces de; monnaie. — Il a des nu-nus c'ti-là, c'cst-à-dirc : 11 a de la monnaie, dcraris'ent.
O, prép. Forme archaïque de Avec, encore employée dans certaines localités du Perche.
J'avas loujoui^s dans ma pouchetle
Du bon beurre fras, O quoique j'me graissais la teigne
Quand je l'avas.
J'avas toujours un'p'tite jambetle
En guise d'coutiau, Que je pendas à ma brayette
O un cordiau.
J'avas toujours une belle perruque
Poil de pourciau, Que je peignas tous les dimanches
O un râteau.
(Très ancienne chanson.)
Le chahuan o sa grand hure.
(/?. de la Rose.)
Hon chien se détend o les dents.
(Alain Chahtiek.)
Obier (o-bié), v. a. Oublier. || Le marguillier d*Espéreuse qui s'est obié, dicton local. Les vieux Vendômois ne sont pas d'accord sur l'origine de ce dicton. Les uns, des libres-penseurs, prétendent que le marguillier, se laissant aller à une douce somnolence pendant un sei*mon, s'était oublié jusqu'à émettre un bruit des plus insolites; d'autres, qu'il avait oublié de se réserver un chantiau du pain bénit qu'il avait distribué; d'autres enfin, qu'étant répartiteur, il avait oublié de s'imposer. Nous inclinons fort pour la première interprétation; il ne faut pas obier, en effet, que nos ancêtres aimaient assez les anecdotes légèrement gauloises.
Oblier (o-bé-lié), v. a. Oublier. — Les gens d'un certain âge se rappellent, certes, le vieux bedeau qui quêtait dans l'église de la Madeleine, en disant : N'obeliez pas les prisonniers.
Aiic. fr. Il est à remai'quer que la forme oblier se rapproche plus du latin obli vis-ci que le moderne otiblier.
Œu (euj, s. m. (Kuf. F final ne se prononçait pas autrefois dans œuf, bœuf, neuf, etc., pas plus que dans clef. — Un œu frais, un œuà mollet. —Au xvii'- siècle, d'après Chimet, T/* final ne se prononçait pas devant une consonne, et il était indifTérent de le prononcer ou non devant une voyelle.
Ogre (ogr'), s. m. Orgue. — Un ogre de barbarie. Ane. fr.
a Comme dévotement il fit chanter la messe et solepnement glorieuse vespres et matines, et tout le service à chant et déchant, à o^res et à Irèhles. »
{Annales de ^aint I.ows.)
Ohie (o-i), s f. Défaut, tic. — On n'est pas parfait, chacun a son ohie || Se dit aussi en parlant des animaux. On prononce souvent on-hie. — Si y a pas de onhie, i aura ben des abricots. Ane. fr. Ohie, débilité d*un membre, défaut physique, maladie.
Oh I la (o-la), interj. Cri de douleur, de plainte, et non d'appel, cx)mme dans le français classique. — Oh I la la, que je souffre!
Oignon (o-gnon), s. m. Vieille montre, à cause de sa forme. || Trompette à l'oignon, trompette que font les enfants avec les tiges creuses des oignons montés à graine. || C'est là l'oignon, lue. C'est là le hic, l'obstacle; à Paris, on dit: c'est là le chiendent. Il Va y avoir de l'oignon, cela va se gAter, il va y avoir du tapage, du tumulte.
Oignonner (o-gno-né), v. n. Terme de jardinage ; lorsque dans un semis d'oignon les bulbes commencent à se former, on dit que ça oignonne.
Oisiau (oua-zio). Oiseau.
Ane. fr. Oisiaux.
Oison d'août (oua-zon-doû), s. m. Dans la Beauce, repas donné aux moissonneurs à la fm de la moisson, à la fête de la grosse gerbe. Se dit aussi, dans l'Orléanais, du repas qui clôt la vendange ou tout autre travail agricole. Il parait qu'il était d'usage de manger une oie dans ces repas.
Ombre (être à F), loc. ftlre à l'abri, à l'ombre de la pluie. || Mettre à l'ombre, mettre en prison.
a II est à l'ombre de peur du hùie. »