OUDIN
Ondain (on-din), s. m Etendue de fourrage qu'un Fauclieur abat avec sa faux en marchant en ligne droite. — Ce pré a dix ondains de large.
D'après Favre {Glossaire poitevin) ^ c'est le foin coupé que laisse derrière lui le faucheur, et dont les lignes ressemblent à des vagues (ondes) déferlant sur le rivage. Inulile de dire que cette étym. fantaisiste ne peut être prise au sérieux. C'est le même mot que Andain.
Onchet (on-chù), s. m. Jeu de jonchets. Au lieu de bâtonnets d'ivoire, on se sert de brins de paille de seigle, et on les relève avec une paille plus longue armée d'une épingle recourbée en crochet.
Onque (onk*), s. m. Oncle.
Orbois (or-bouà), s. m. Cépage qui donne un vin blanc estimé. (V. At'bois.)
Oreille (o-réy'), s. f. Pièce de la charrue destinée à renverser les mottes de terre, jl Oreilles de chat, quartiers de pommes desséchés au four. || Oreille de bique, Scabiosa succisa, scabieuse sauvnge à feuilles entières et rappelant (de loin) une oreille de chèvre.
Orfrae (or-frâ), s. m. Orfraie, oiseau de nuit qui pa.sse pour porter malheur.
Orgerie (or-jeu-rie), s. f. Paille d'orge.
Orgie (or-jie), s. f. Même sens. || Nom de localité, commi^ne de Yillerable.
Oribanier (o-ri-ba-nié), s. m. Petite pince de fer ou de bois qui supporte l'oribus. || Fabricant d'oribus.
Oribus (o-ri-bûe), s. m. Petite chandfllede résine, dont l'usage tend à disparaître. L'oribus se collait à l'intérieur de la che. minée, ou se plaçait dans la fente d'un morceau de bois nommé oribanier dont un bout appointi se piquait entre deux briques; il brûlait en développant une fumée intense qui se fixait en flocons sur les parois de la cheminée.
Rabelais, énumérant les jeux de son héros, dit : * Et là jouait à la barbe d'oribus. » Lacurne de Sainte-Palaye explique ainsi ce jeu : « Les enfants bandent les yeux à l'un d'eux et lui font la barbe avec de l'ordure. » Il est probable que cette fumisterie se faisait au moyen du noir de fumée déposée par l'oribus. Étym. inc.
Orignal (o-ri-gnal), adj. Original, vaniteux. On dit aussi oricat. Ane. fr. Orine, origine, dans Rabelais.
Orillier (o-ri-ié), s. m. Oreiller.
Ane. fr. Oreiller et oriller se disaient du temps de Furetière.
« Un orillier de veluyau vermeil semé de perles d'Orient, losengé d'à rmoy ries de France et de Bour^oigne. »
(Comptes de Io53 )
Oriol (o-rior), s. m. Loriot. — Chanter eomme un oriol. I^ peuple dit avec rnison un oriol Le nom scientifique latin de cet oiseau est orio/i«, de aureolus, couleur d'or. Oriol était la forme ancienne, restée dans presque tous les patois ; plustai^d, l'art, s'est agglutiné avec le mot, comme dans l'ierre, et on en a fait loriot en un seul mot.
Oriol cante doux el bus,
Tel Tescoute el ne Tenlend pas.
{Partonop. de Blois.)
Oripeaux (o-ri-pù), s. m. pi. Engorgement des glandes parotides, oreillons.
Ce mot était encore employé au siècle dernier. (Trévoux.)
Ormoire (or-mouer'), s. f. Armoire.
Ane. fr. Ormaire, ormoire.
Orne (orn'), s. f. Terme de forestier. Partie de bois que chaque
ouvrier doit abattre en marchant droit devant lui. Dans FOr-
léai)ais, où les vignes sont plantées en ligne, l'orne est le
sillon creux entre deux rangées de ceps.
Ane. fr. Ordene; langue d'oc, ordenh,rang. Du latin oiv/mt-w.
Ortault (or-to), s. m. Orleil, dans le Perche et la Beauce. Ane. fr. Ortcaus, orteil. Latin avticxdus.
Orvale (or-vaD, s. f. Mcrcurialis annua. — Orvale noire, ansérine fétide, Chenopodiuw vulvaria. — Orvale de rivière, iScrophularxa aquatica.
Osière (o-zièr'), s. f. Brin d'osier.
Ane. fr. Attache d'osiçr.
Ostiné (os-ti-né), adj. Obstiné.
a On dit objel, obvier, obscur, obsèques, etc.; on dit, au contraire, ostiné, oslinatton. »
(MÉNAGK.)
« B disparaît absolument devants/, dans obstiné, obstination, qu'on
prononce ostiné, oslinution. »
(Tu. DE Bèzb.j
Ou (OU), pr. pers. Syncope de vous. — Ou êtes donc malade ? - Où qu'où allez ? — Av'ou vu lu voisine ?
Ouâler vou-à-lé), v. a. Héler à haute voix. (V. Goualer et Voim- 1er.)
Ouche (ouch'), s. f. Jardin, verger, champ attenant à F habitation, ou dans son voisinage. || Fig. C'est dans mes ouches, c'est à ma portée. || Nom de plusieurs localités; ce mot se retrouve dans Oucques (Loir-et-Cher). Dans une charte de Pierre de Vendôme, de 1226, citée par M. de Trémault, Hervé d'Oucques est appelé llerveus de Oquis.
Ane. fr. Olche. Bas-latin olca, olchia^ olqua.
c Ded't de terra sua quantum duo boces consuetis statlonibus arare possunt, et duas alias portiones terrœ quas ruatire olchaa aripeltare consueoerunt ; unum oioarium et xii comhros in flumine Ledl atque xx fissinas in eodem flumine quas ponuntur ad anguUlas caplendas »
(Mahillon, in vita 8. Bernonis. — Tabular um oindocinonsî ah. 240.)
Oudrir (ou-drir), v. n. Chancir, moisir, en parlant du linge rentré mouillé. Probablement de ordy sale.
Ane. fr. Heudrir.
Ouer (ouè), v. a. Vouer, par Tapocope du K comme dans • ou • pour vous. — Un enfant oué au bleu.
Ouète (ouùf), s. f. Ouate. Au temps de Ménajçe, on prononçait encore ouète en province. On prononce de la ouète et non de Touute.
Ouin (ouin). Interj. ilubit^ili c et ironique. — Oui da! Bah! (V. Moitui.)
Oulle oulle (oul'-oul), l«)c. locale. De travors, sans y voir. — 11 a fait ça oulle oulle.
Dans les noces berrichonnes, les noceux, armés de bâtons et les yeux bandés, cheichent à casser la oulle, fiot placé sur un piquet. L'expression vendômoise veut donc dire : agir comme si on allait casser la oulle.
Ane. fr. Oulle, pot, marmitte. Bas-latin alla, pot; esp. ofla podrida, pot pourri.
Ourse (ours'), s. f. Ours. L'oest aspiré et on dit La ourse. Les gens méprisés dans un pays sont encore quelquefois poursuivis au cri de : A la ourse, à la ourse. || Envoyer à la ourse, au diable. || Les enfants imitant les montreurs d'ours ambu-
lants (encore une industrie qui se perd) chantent en s'accompagnant d*un tambour :
Tu tu, ban ban, La ourse des bois d'MesIay.
Ous (où), s. m. Os, ossement. — Tu mérilerais que j'te casse les ous. — Il s'est cassé le groul ous de la jambe. Ane. fr. Ous, os.
Ousier (ou-zié), s. m. Osier.
Ousière (ou-zièr'), s. f. Oseraie, lieu planté d'osiers.
Ousille (ou-ziir), s. f. Oseille.
Onspian (ous-pio), s. m. (jarnenient, polisson, gamin, dans le Perche. — Que je vous attrappe, tas d'ouspiaux î (Y. Moussepion.)
Ktvm. înc.
Ousque (ouk'), loc. adv. Où est-ce que? — Ousque vous allez ? — Ousqu'est ma bêche? — On dit aussi où que. — Où que tu vîis? Où qu'il est?
Oasteron (oùs-tron), s. m. Qui fait Taoût, moissonneur. On dit aussi, notamment à Vendôme, ousseron.
Ane. fr. Ousteron, même sens.
Ouste I (oust'), interj. Au large, levez-vous, parlez. D'après Roquefort, ce mot viendrait de uUfa, outre. (V. cependant ut!)
Ouste (oust'), s. f. Pochette, poche de vêtement. Élym. inc.
Oustrille (S») (ous-triy'), n. pr. Nom d'un quartier de Montoire. (S^Austrégesille.)
Oûter (ou-lê), v. a. Oter. — (Jute-toi de d'ià.
Car on ne coml)at plus pour Thonneur d'une jouste, D'un prix ou d'un tournoy, mais afln que l'on s'ouste L'un à l'autre la vie.
(Ronsard )
Outre (outr'), adv. Excepté.
a II a gelé presque tous les jours, outre à la fin qu'il vint un peu de pluie. i>
{Mém. de Lattro.n, 179?.)
Ouvrage (ouvraj'), s. f. De la belle, de la bonne ouvrage. —
Une bonne pour Tiiire la grosse ouvrage. Il Les ouvrages, le temps des ouvrages, époque à laquelle on est pressé par les travaux des champs. — Nous verrons ça après les ouvi-ages. || Terme choisi, qui désigne la matière que travaille le vidangeur. On dit aussi de la marchandise.
Ouvi (ou-vi), adj. Flétri, fané. (V. Houvi.)
Otusille (ou-ziy'), s. m. Peuplier noir dont le bois sert à faire des sabots, sur les bords de la Braye.
Ozille (o-ziir», s. f. Oseille sauvage, Rumex acetosa et R. acelosella.
Padelle (pa-dèl'), s. f. Nom «les dents incisives. Il Gros haricot i)lnnc. Il Mauvaise pièce (ie monnaie. Il Adj. Molasse, feignant» hon à rien, déhauclié.
Kl y m. inc.
Page (paj'), s. ni. Jeune j^arron, petit valet de ft rme, dans la Beau ce.
Fauchet dit que jusqu'au règne de Charles VI, le nom de page n'était donné qu'aux habitants de villages et était synonyme de paisan, habitants des pagus, pagani.
Paillon (pa-ion), s. m. Corbeille de paille tressée ou d'osier, qui sert à mouler le pain pour lui donnersa forme avant de le mettre au four.
Paillotte (pa-iof), s. f. Petite claie en paille de seigle pour sécher les fromages. (Heauce.)
Pair (pèr'), adj. Dans le Peiche, ou au moins dans certaines localités, pair est synonyme de impair. Au jeu, celui qui demande pair gagne si les pièces sont en nombre impair. Il y a là une curieuse anomalie qui ne s'explique pas.
Paisan ipè-zan), s m. Paysan. Ce mot se prononçait souvent ainsi dans l'ancien français.
« li faut acheter du blé de paisan et du vin de bourgeois. »
(Locution locale.)
• Remontrance aux états de six paisans. »
(Titre d'une pièce de 16 iÔ,)
Les puisons, les manans,
Apportez tout votre argent
Aux moines {bls) du couvent.
{Le carillon de Vendôme^ anc. chaos, locale.)
a Si on écpit/)o//.«» ou faïi*^ on prononce po'*8, à la normande, n
(Ménagk.)
Palayer (pa-Ié-ié), v. a Se servir du Palis. (V. ce mot.)Palayer de la terre, l'enlever avec un palis,
Paler (pa-lé), v. n. Parler. — CTavoucat, il pale tout plein hen. — J'suis de Bloiiée, du pays où qu'on pal' ben, c'est-à-dire : je suis de Blois, du pays où Ton parle bien.
Ane. fr. pîder, palier.
Palette (pa-lèf), s. f. Aube des roues de moulin. || Petite pale destinée à barrer un ruissenu, pour l'irrigation des prés. || Iron. Lnrges dents incisives. || Partie inférieure de la chemise qui flotte par devant et par derrière. — I s'est sauvé en pâlotte. On dit aussi en bannière.
Palis (pa-li), s. m. Pelle en fer de; terrassier Ane. fr. Palicli, pelle.
« Le suppliaol, qui tenoit un palicli ferré, dont il chargeoit icelle terre dans un benel (tombereau). »
(Lettrt'S de rém. de 1169.)
Palisson (pa-li-son), s. in. Petit morceau de bois fendu entouré de torchis, qui se place d'une solive à l'autre pour former les planchers. (V. Quenouilleau.)
Bas-latin paliciiinij de palus, pieu.
Palferncr (pal-fer-né), v. a. Soigner, en parlant des animaux. — J'vas palferner mon ch'vau (c'est ainsi que parlent les palferniers, ou palfermiei*s).
Paltret (pal-trè), s. m. Sorte de hachette pour dépecer la viande. Couteau de boucher blésois, dans Gotgrave.
Pampeluxne (pan-plum'), s. f. Plante. Variété de trèfle assez commune dans les blés, Trifolium arvense, ainsi nommé à cause de l'aspect plumeux des têtes de fleurs. Ane. fr. Pampe, fleuron.
« 1756. Il y avait de la pamplume dans les blés »
(Journal de Lattron )
Panneau (pa-nio), s. m. Sorte de selle de des.sous, autrefois en usage dans le Perche, coussinet qui garnit le dessous de la selle.
Ane. fr., langue d'oc, panel, selle sans arçons.
Bas-latin, panellus, même sens.
Pannée (pa-née), s. f. Panade. — Faut faire la panée au petit. jPaour (pa-our), adj. (V. Baour.) Paysan, lourdaud.
Ch. N isard y voit une forme du v. fr. poure, pauvre, misérable, mais ce mut vient plus vraisemblablenieiit de Tall. baouer, paysan ; holl. boer.
Papelocher (pa-p'lo-ché), v. n. Manger du bout des lèvres, salement, avec les doigts. — Pignoclier, manger sans appétit. Dim. du V. fr. paper, manger.
Pâques. Dans ce dicton des vignerons de Montoire : « Pour que le vin soye bon, faut qu'il ait fait ses Pâques. » — Si le carême dure six mois, il sera prêt à Pâques. (Loc. locale.)
Paradis. Nom de plusieurs localités.
Parai (pa-ré), loc. inler. Pas vrai? — N'est-il pas vrai?
Parcie (par-sie), s. f. Festin qui se célèbre à Toccasion de la clôture de la moisson. Cette fête se nomme aussi la grosse gerbe. Dans quelques campagnes, il y a peu d'années, il était encore d'usage d'offrir la dernière gerbe à l'église. Du latin partwr, partiri, prendre part à, participer.
Pardi, pardié (par-di). Juron, pardicu. D'api es Ménage, le mot picard pardi serait formé de per IJiem, par le jour qui nous éclaire.
Pardereau (par-drio), s. m. Perdreau.
Parfait (par-fè). Adv. exprimant une idée de perfection^ tout à fait, à point, parfaitement. — Un cochon parfait gras. — Du vin parfait bon, parfait clair.
Parène (pa-rôn'), s. f. Nom de plante, parelle, oseille sauvage, Rumex acetosa, polygonécs.
Pargué (par-ghé). Forme de pardieu.
Parlement (par-leu-mari), s. m. Fntretien, conversation, conférence, pourparler. — 1 z'oiit pas bentout fini tous leux parlements ?
Ane. fr. Parlement, action de parler.
« Tous leurs parlemeDs fu de Bertain aux graas pies. »
(Roman de Berthe auz grands pieds.)
Parloyer (se) (par-loi-ié), v. r. Faire le beau parleur, parler comme les gens de la ville, dans le Perche. Dans l'Orléanais, parloter.
Une jeune domestique du Perche s'était, à la ville, facile-
ment formée au beau langage. Étant retournée chez ses parents, elle disait qu'elle avait de l'argent dans sa poche, qu'il allait pleuvoir, etc. Ses jeunes frères se moquaient d'elle, en disant : a Maman, Marie a s'parloie. On dit i va ché d'I'iau, on met de l'argent dans sa pouchette ! »
Parpaillère (par-pa-ièi**), s. f. Partie de la chemise qui couvre la poitrine, et qui sert souvent de poche aux hommes. Les tabliers de domestiques, de jardiniers, sont des tabliersà parpaillère.
Étym. inc.
Parrinage (pa-ri-naj'), s. m. Baptême, fête à l'occasion du baptême.
Ane. fr.
Parure (pa-rur'), s. f. Morceau de bois formant le parement d'un fagot, d'une bourrée. C'est une vieille habitude commerciale de parer la marchandise, exemple : la botte d'asperge, la caisse de pruneaux. — Il l'a assommé avec une parure.
(pâ), adv. nég. L's ne se lie pas, et le mot s'emploie toujours sans la négation complémentaire ne.
J'irai pas à la messe. — J'ai pas dit ça. — Touche y pas.
Pas moins (pâ-mouin), loc. adv. Enfin, tout de même. -^ Je suis arrivé, pas moins. — Te v'ià, pas moins.
Passager (pa-sa-jé), adj. Fréquenté. Un endroit, un chemin passager, une rue passagère.
Passant (p&-san), adj. Coulant en affaires. — L'nialt' Jean, j'aime ben y acheter ses viaux, il est ben passant.
(pas'-tras), adj. (V. Patras.)
Pas vrai (pà-vrè), interj. interrog. N'est-ce pas?.— N'est-il pas vrai? On prononce souvent />fw rai. — C'est du riche vin, pas vmi ?
Patachon (pa-ta-chon), s. m. Conducteur de voitures publiques, propriétaire d'une patache. On dit aussi patachier.
Pâtiras (pâ-ti-râ), s. m. Malingre, souffreteux, souffre-douleur.
Latin pati, souffrir.
Pâtis (pâ-ti), s. m Place publique, gazonnée, en friche. — Dan-
ser sus Tpâtis. Une promenade pnblique, à Montargis, se nomme le Pâtis.
Patoche (pa-toch*), s. f. Grand pied mal tourné. Il Férule, coup de férule. Longue bande de cuir épais et raide avec laquelle les maîtres d'école frappaient la main des enfants indociles. Cette cruelle punition n'empêchait pas les enfants d'être în< lisci pli nés, car c'étaient toujours les mêmes qui recevaient les paloches.
Patoi (pa-louè), s. m. Boue liquide, flaque d'eau. — Ratatine le amou l'meu, i va t'coli du patoué : ranprc-toi le long du mur, il va te jaillir de la boue.
Patouillas (pn-tou-i«V), s. m. Surnom des jardiniers, à Vendôme, parce qu'ils patouillent dans la boue en arrosant leurs jardins. Ane. fr. Patoiée, patoueil, bourbier.
Patouiller (pa-tou-ié), v. n. Patrouiller, barbotter dans la boue, dans l'eau sale.
Patouillis (pa-tou-ii), s. m. Patrouillis, bourbier.
Patras (pû-trà), adj. Lourdaud, niais, paysan. Ce mot peut sans doute se rapprocher de pîUre, homme grossier. On dit aussi pachlrâ.
Patrocher (pa-tro-chéî, v. a. Manier salement, salir ce qu'on touche.
Patrochier (pa-tro-chié),adj. Touche-h-tout.
Patron-Minette, loc. L'aube, le matin. — Se lever dès patronminette. (V. LiTTRÉ, Patron -Jacquet.)
Patte d'araignée. Plante, nigelle des champs, iViV/cZ/aan'cm**, renonculacées.
Patte d'oie. Plante, Ranunculus acris.
Pattée (pa-tée), s. f. Terre qui s'attache aux pieds, aux chaussures, qui patte. Il Onglée, engourdissement douloureux des pieds ou des mains produit par le froid.
Patter (pa-té), v. unip. Se dit de la terre humide qui s'attache aux chaussures. — I fait pas bon refendre, ça patte.
Pau (pô), s m. Pieu, pal. (V. Po.)
Paucanne (po-kan'), s. f. (V. Pocanne.)]\éc\ls frivoles, plaisanteries rebattues qui courent les almanachs depuis un siècle.
Paupetit (po-p'li) . Prononciation de pauvre petit. Terme de rommisération poqr )es êtres faibles.
Pauvreteux (po-vreu-leù), adj. Soiiffreteux, d'une santé dtMicate, dans le Perche,
Pays bas. Nom qu'on donne à Vendôme et dans le haut de la vallée du Loir à la région connue sous le nom de Bas-Vendômois, le val du LQÎr, au-dessous de Vendôme, comprenant le canton de Montoire et une partie de celui de Savigny et du département de la Sarthe. Cette région est appelée ironiquement la Basse-Judée. '
Péchard (pé-char), adj. Tacheté de hlanc et de gris, en parlant des chevaux. Dans le Borry, le cheval péchard est de la couleur que les maquignons appellent //ewr depêchei\
(pègn'), s. m. Plante. Bipsacus sylvestris; dipsacées. Une espèce voisine de celle-ci, le Bipsacus fullonum, chardon ù foulon était autrefois cultivée, et les tôles servaient de cardes pour les étoffes de laine.
Peignée (pé-gnée), s. f. Volée de coups. Lutte dans laquelle on se peigne, au plutôt on se dépeigne.
Peine (pén'), s. f. Dommage, dégât.
c Le premier jour de Tod 1802, il y avait des grandes eaux qui firent bien de la peine le long de de la rivière. »
(JVotes de Laitron.)
Il Malheur, désagrément.
« Le prévenu : Tout (;a, c'est des mentis, Tlémoin m'en en veut, c'est pour me faire arriver de la peine. »
{Police correctionnelle.)
Pelauder (pé-lo-dé), v. a. Battre. Ils se sont pelaudés (battus) Ane. fr. Pelauder, berner, étriller.
Pèle (pêl'), adj. Léger, friable, fraîchement remué, qui se divise facilement. — I^a terre est pôle lorsqu'elle vient d'être bêchée, lorsqu'elle a été pelle-mêlée.
Étym. inc.
Pel rie (pé-l'rie), s. f. Temps pendant lequel on pèle les écorees de chêne pour la tannerie.
Pelisse (plis'), s. f. Morceau de peau de mouton garni de sa fourrure que les femmes portaient sur l'ouverture du sabot, ^it par coquetterie, soit pour préserver le cou de pied.
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Fèl|tt# ^|P^'. ». r \^mrib0t. — Owtiï: fca pêqae. i Loc Faire sa
^y^i. tt9C, ^tnXrHn:, ooe fr/rme de bee.
F^qnias ^ipé-kA,^ %. m. fjrdore, eicrémeot, personne mal-
Hn fff/fMm U» y^ux creux, tes saïUaotes pommeltes. Oa âtfMti cli«z Pc|iii«s que «ans pûa tu végéies. « f/Amfé t^rtitMAY, oefê adreêséê à un de tes amU qui logeait t'h0i un prftprlétalre décoré de ce gracieux mrnom.)
Ftqttioi (\t''kÏ0f, oiij. Petiot, petit. — Dis donc, p'quio : dis donc,
F^rohauda (iwr-i'AiM)^ h. f. Petite perche, poisson commun i\uuH In Loir.
F^roha. (V. AfirûmurM mcHureë.)
Pèra (iK*'!'*), II. pr. (iontraction de Pierre, très usitée au moyen n((tt. l/nlihiiyn lU^ Suint-Pùre, de Chartres, était sous Tinvocatliiii ilf< wUnt PInriMî. Lcî quartier Saint-Pierre-ia-Motte, à Ven-
dôme, se nomme communément le quartier des Saints-Pères. — I reste dans les Saints-Pères.
(pé-rèf), s. f. Oie femelle, diminutif de Pierrette. Cest encore un exemple de l'habitude qu'on avait de donner aux animaux des noms d'hommes. Peut être y a-t-il aussi là une onomatopée du cri de l'oie. (V. Jars.)
Périr (pé-ri), v. a. Tuer, feiire mourir. || V. r. Se périr, se tuer, se suicider.
Ane. fr. Le verbe périr avait autrefois la forme active.
t De sorte que plusieurs bateaux ont été submergés et péris. »
(MANTELX.1BR.)
Perlicher (per-li-ché), v. a. Pourlécher. — Se perlicher les babines. On avait donné, autrefois à Vendôme, le nom de Perliche à un mendiant à peu près idiot qui se pourléchait continuellement les lèvres.
Peronin (peu-rouin), s. m. Provin, terme de viticulture.
Perré (pé-ré), s. m. Revêtement d'un talus en pierres sèches. L'administration des ponts-et-chaussées désigne sous le nom de cantonniers perréyeurs ceux qui sont chargés de l'entretien des levées empierrées de la Loire. || Nom de localités. Le Perré, commune de Faye ;le Perré, commune de Thoré. Lieu pierreux. || Adj. Perré, empierré, un chemin perré. Ane. fr. Péréis, empierrement.
Perrer (pé-ré), y. a. Faire un perré. - Cohen qu'vous m'prendrez pour perrer mon puits ?
Perron (pé-ron), s. m. Gros blocs de poudingue siliceux qui se trouvent en grande quantité dans rarrondfssement de Vendôme. Il On désigne aussi fréquemment sous ce nom les dolmens ou autres monuments de l'époque mégalithique. Ane. fr. Perron, grosse pierre.
Persiller (per-si-ié), v. a. Pressurer.
Persoir (per-souè), s. m. Pressoir.
Pétasse ipé-tas'), s. f. Pétereau, rejet partant des racines ou du pied d'un arbre. Il Dans le sens péjoratif, femme ou fille mal tournée. On dit aussi Pétrasse.
Pète en gueule. Jeu d'enfant, aujourd'hui tombé heureusement en désuétude. Rabelais raconte que Gargantua, dans sa jeunesse, jouait à pet en gueule.
Pet en. l'air (pé-tan-lAr'), s. m. Jupon court des fillettes. Sorte de veston court, tenue négligée du matin pour les hommes.
Péter (pô-té), V. n. Piétiner, remuer, s'agiter. — Les chevaux pètent dans Técnirie, c'est-à-dire donnent dos coups de pied. On appelle, à la campagne, une contredansç, une pétée. Dans l'Orléanais, on dit piéter.
.\nc. fr Piéléer, piétiner, du latin pes^ pied.
Pétereau (pé-teu-rio), s. m. Rejet qui part des racines d*un arbre. (V. Pétasse.) («e mot est employé dans ce sens dans La Quintinie.
Peti (p'ti). Prononciation de : plait-il ?
Petit (un) (p'ti), adv. Un peu.
Pourtant si ta mnltresse est un petit p
(Ronsard.)
Petite Église. On désignait ainsi la secte des dissidents qui refusaient de reconnaître le Concordat. Les derniers membres de ce schisme ont disparu il y a une vingtaine d'années.
Petit peu (un), loc. adv. Un peu. L'Académie a oublié cette locution, qui, cependant, est d'un usage général.
Petiter (p'ti-té), v. n. Mettre bas, faire ses petits, en pariant des animaux.
Petite saint-Jean. Nom de plante, lierre terrestre, (SlecJwm hcderacea^ labiées.
Petoque (pè-tok'), s. f. Marchandise de qualité inférieure. Ii Groseilles à maquereau.
Étym. inc.
Pétras (pé-trâ), adj. Niais, lourd, borné. (V. Patras.)
Cil. Nisard faisait venir ce mot de pétra, moineau (î). Jusqu'alors nous avions cru que le moineau avait la réputation d'un animal éveillé, vif et spirituel et non d'un lourdaud. De la Villemarqué prétend que c'est le mot |)efra, bas-bi*eton, qui signifie : quoi ? Ce nom aurait été donné à un homme borné, qui, ne comprenant pas ce qu'on lui dit, répond toujours : Quoi ?
Nous ne donnons ces étymologies fantaisistes qu'à titre de curiosité.
Pétrasser (pé-tra-sé), v. n. Pousser des pétereaux. — Les acacias pétrassent beaucoup.
Pétroquet (pé-lro-ké), s. m. Haricanaier. (V. ce mot.)
Peurne (peurn'\ s. f. Pron. de prune.
Peuvoir (peu-vouè), v. a. ou n. Pouvoir. Ancienne forme. 11 est à remarquer que, dans le peuple, on répugne avec raison aux formes irrégulit'Tes. Aussi, puisqu'on dit je peux, ils peuvent, on dit nous peuvons, vous peuvez. Le subjonctif que je puisse, que je pusse, est remplacé avantageusement par la forme moins barbare que je peuve.
tt Cependant luy (Chastelardj s'embrasa cou vertement d'un feu par trop haut sans que l'objet (Marie Sluart) on p3uve mais; car qui peut se defFendre d'aimer? »
(Brantôme, Marie Stuart.)
Peupl ' (pèup\), s. m. Foule, affluence. — Si fait biau temps, y aura ben du peup' à la fouère.
Pézas (pé-zâ), s. m. Tige de pois, de vesce, qu'on donne à manger aux animaux. Les pézas à défaut de paille servent de litière.
Latin pisum, pois.
Philosoxnie (li-lo-zo-mie), s. f. Phy.sionomie. On dit aussi phisolomie.
Ane. fr.
« Elle considéra efe advisa la manière de Bertrand, et au lever de table. print l'enfant qui estoit en i'aage do six ans, et après qu'elle lui eut regardé les mains et sa pliilozomie, elle demanda au chevalier et a la dame {)ourquoi on le tenoit si viUamement. o
{Chron. de Du'juescUn.)
Piaisir (più-zi),s. m. Plaisir. — A vont' piaisi. — Si cela vous plait.
Conf. ital. Piaceve.
Piaffe (piaf), s. f. Coquetterie, toilette .
Piau (pio), s. f. Peau.
Ane. fr. Pials, piaux, peau.
Piaule (piol'), s. f. Dans le Perche, mauvaise brebis. Étym. inc.
Picarelle (pi-ka-rèl'), s. f Bâtonnet, bistoquet. On dit aussi pigarelle.
Picaron (pi-ka-ron), s. m. Jeu qui consiste à lancer un bâton pointu de façon qu'il se pique en teri*e à une place déterminée.
Gargantua jouait au picquarome.
Picasse (pi-kas'), s. f. Piquette de fruits verts ou secs, dans le IVrclîe. Boisson d'une saveur pi({uante.
Picassé (pi-ka-sé),adj. Marqué, piqué de ptlile vérole.
Pichelln (pi-ch1in), adj. Douillet.
Ktym. inc.
Pichet (pi-ché», s. m. Sorte de pot en grés, à grosse panse, rétréci au collet, avec un bec et une anse, et contenant environ deux litres.
Ane. fr. Pichier Bas-latin, hicarium, bichetus, picheruis, pichctus. Bas-breton pichci\ pot. Grec jSueo;, pot.
Picmontols (pi-mon-toi), s. m. Pioche, pic piémontais.
Picot (pi-ko), s. m. Petit point noir ou de couleur. — Une étoffe à picots, à pois, poiniillée.
Picoter ipi-ko-té), v. a. Dimin. de piquer, faire des points. Il Manger gi*ain <ï grain, picoler du raisin. Plusieurs de nos lecteurs se souviennent, dans leur enfance, lorsqu'il s'agissait de tirer les places au jeu, d'avoir récité cette sorte de mélopée:
Une ix)ule sur un mur.
Qui picote du poin dur,
P.coti, picota.
Lève sa queue et puis s'en va.
Picrasser (pi-cra-sé), v. n. Patouiller. — Les pirottes (oies) picrassent dans h\ fredonnière. (V. Pigrasset*.)
Pied. (Y. Anciennes mesures )
Piedcoq (pié-ko), s. m. Nom de la renoncule rampante, Ranunculus repens.
Pied de mouton, s. m. Nom d'un champignon, Ilydne Sinué, Hydnum répand um.
Piétasser (pié-ta-sé), v. a. Rapiécer, rapetasser.
Pigeonneau (pi-jo-no), s. m. Solin en mortier, autour des enfaîteaux. Lorsque le mortier est encore blanc, de loin, ces solins ressemblent à des pigeons posés sur le toit.
Pigeonner (pi-jo-né), v. n. Attendre avec inquiétude, éprouver
du dépit, de Tinquiétude, bisquer. On pigeonne lorsque, plein d'un doux espoir, on va au rendez-vous et que Tattente est décjue. Il Terme de construction, faire du pigeonnage.
Piger (pi-jé), v. n. Mesurer une distance douteuse au jeu des canettes, du bouchon, etc. — J'ai gagné. — Non, c'est moi. — Eh ben ! pigeons.
Étym. inc.
Pigner (pignè), v. n. Trépigner. || Pleurer, pleurnicher, se plaindre. — Le chien pigne, se plaint. — Une roue mal graissée pigne sur son essieu.
Ane. fr. Pigner, grincer.
« Pour ce que la charette dudit enposant pignoit, ce qui est à dire suivant le langage du pays huignoit. »
( Lettres de rém. 1 182.)
Pigras (pi-grà), s. m. Flaque d'eau, de boue, sol bourbeux. -— J'suis tombé dans le pigras.
Pigra8ser(pi-gra-sé), v. unip. Ça pigrasse, le terrain est humide, boueux.
Étym. inc.
Pile (piD, s. f. Raclée, coups. — Si tu m'eni... bêtes, je vas te f...iche une pile.
De piler, broyer. Du latin pila, mortier. On dit : je suis pilé, pour dire moulu de fatigue.
Pillon (pi-ion), s. m. Grains de blés battus et non nettoyés, décliets du nettoyage des grains.
Ane. fr. Mémo sens. Bas-latin, pilio, pillo, id.
« Des pailles, pilion, feurres et estraings ; néant, pour ladicle année pour ce que ledict capitaine les a pris pour ses chevaux. »
{Comptes de la Grange Champarteresse^ de Janollle^ iI29.)
Étym. Épillon, petit épi, d'après Thibault.
Pinandelle (pi-nan-dèl'), s. f. Vieux rouillon, large et mince, jeton, monnaie hors de service.
Ce mot est probablement une corruption de pinatellç, monnaie qui valait 2 sous G deniers, ainsi nommée i\ cause du monétaire Pinatelle, qui fut pendu en 1577, pour en avoir fabriqué de fausses.
Pince-Mésille (pins'-mé-ziy'), adj. Minutieux au dernier degré. Étvm. inc.
Pinge (piiij'), adj. Qui a le poil ou la plume lisse, lustré, doux à caresser.
Étyin. inc.
Pinte. (V. Aiicienucs mesures.)
Piole (pior), s. f. Brebis galeuse, vieille brebis. |l Fig. Ferauje insupportable, vieille coquette.
Élvm. inc.
Pipe (pip'), s. f. Grande tonne. (\. Anciennes mesures.)
Je veux qu'im me défonce une pipe angevine.
(Ronsard.)
Piquer le crapaud, loc. loc. A la moisson, lorsque le broqueur n'est pas assez robuste pour enlever d'un seid effort la gerbe (ju'il a prise avec le broc, il appuie ou pique à terre le manche du broc pour le redresser et passer la gerbe au calvenier monté sur la voiture. Gela s'appelle piquer le crapaud.
Piqueron (pi-kron), s. m. Épine, piquant. 1| Fig. Personne ayant un caractère désagréable, pointu, caustique. Ane fr. épine.
La rose aux piquerons menus A bon droit se donne à Vénus.
(Am.^dis Jamin.)
Rose ne naît pas sans piquerons.
(Baïf.)
Piqueru (pi-kru), adj. Qui pique, qui est garni de piquants.
Piripipi, s. m. Marionnette. Onomatopée du langage des acteurs du théâtre Guignol.
Piroter (pi-ro-tè), v. n. Couler doucement, en parlant des liquides, à petits filets. — Tas pas donné de vent à la pipe, le citire pirote au lieu de pisser, c'est-à-dire : tu n'as pas donné d'air au fût, hi cidre ne donne qu'un mince filet au lieu découler fortement.
Étvm. inc.
Pirotte (pi-rof), s. f. Oie, dans le Perche. ^V. Percttc.)
Pissat (pi-sa), s. m. Urine. Il Du pissat d'ànc, du mauvais cidre, de la mauvaise bière.
Allons en vendange.
Pour gagner six sous.
Coucher sur la paille, Amasser des poux, Boir' du Pissat d*àne Pour du cidre doux.
Que de poux, que d'gueux. Que de vendangeux !
{Ancienne chanson des vendamjes.)
Pissenlit (pi-san-Ii),s. m. Faucheux, araignée à longues pattes. Phalanyium, de l'ordre des arachnides trachéennes.
Pisser (pi-sé), v. n. Couler avec force par un orifice, dégoutter. — Le vin pisse par la cannelle. — Mes habits pissent Teau. — I chet pas d'iiau, ça pisse !
Pisseux (pi-seû), adj. De couleur passée. — Une étoffe pis- .seuse. il Qui retient l'eau, éveux. — Une terre pisseuse. || Arbre pisseux, présentant une blessure ou gélivure au tronc, par où s'écoule la sève. — Un oi*miau pisseux perd sa valeur.
Pissot (pi-so), s. ni. Orifice d'écoulemeut d'un liquide. — Le Pissot de Badran, nom de la fontaine de Badran, faubourg Saint-Bienheuré, à Vendôme, parce que l'eau pisse par un tuyau. Une autre fontaine, à mi-côte du chemin de laChappe, se nomme la fontaine du Pissot, parce que les eaux, captées, s'écoulent dans le bassin par un tuyau. Cette source alimente la fontaine publique Godineau. Le pré du Pissot, commune de Thoré.
Ane. fr. Pissote, canelle, champlure.
Pistole (pis-tol'), s. f. Monnaie de compte, valant dix francs. Usitée dans le commerce des bestiaux. (V. Anciennes mesures.)
Pitance (pi-tan-sé),s. m. Ouvrier nourri chez le patron, auquel on fournit la pitance.
Pitancer (pi-tan-sé), v. n. Fournir la nourriture, la pitance à ses ouvriers.
Pitranche (pi-tranch'), s. m. ou mieux pic tranche. Pioche pour abattre les arbres ; un des côtés, au lieu d'être terminé en pointe, comme dans le Piémontois (V. ce mot), est façonné en forme de cognée peu large, et sert à couper les racines.
Pitrouillant (pi-trou-ian), adj. Se dit d'un terrain détrempé par les eaux, chemin rempli de boue et de flaques d'eau. Onomatopée.
Place (plas'), s. f. Aire de la grange, place où 1 on bat le grain. Il Place, sol de la chambre, balayer la place.
Plaider (plè-dé;, v. n. Se défendre, se débattre, plaider contre la maladie. Une poi*sonne gravement atteinte plaide contre la mort, entre la vie et la mort. Loc. percheronne.
Plain (plin), s. m. Fosse de tannerie. — Vider les plains, ou mieux les pelins. Litlré fait remarquer, avec raison, que c'est là l'orthographe qui doit être adoptée, le pelin étant une fosse à épiler les peaux.
Plaine (plèn'i, s. f. Plane, outil à planer le bois. Ane. fr. Plaine, môme sens.
Plaisant (plè-zan), adj. Agréable, qui plait.
Adieu, plaisant pays de France, Oli ! ma patrie, etc.
{Plaintes de Marie Stuart.)
Planche (i)lanch'), s. f. Passerelle sur un cours d'eau. En patois normand, la passerelle s'appelle une planche, même lors- (ju'elle est faite avec îles dalles de pierre. Ane. fr. même sens.
Passer nous convient cesle planche.
(R. de la Rose.)
Les Planches, nom du pont de bois des Prés-aux-Chats, à Vendôme. Autrefois, (|uelques-uns de nos lecteurs peuvent s'en souvenir, on passait ù cet endroit le Loir sur une légère passerelle formée de deux planches en mauvais état, souvent !ine seule; il y avait à peine place pour une j)ersonne. Parfois on y ajoutait une main courante. Les crues du Loir faisaient le plus souvent justice de cet abus, mais on avait soin de rétîiblir soigneusement ce système plus que rudimentaire ; enfin, après une crue qui n'avait pas laissé de traces des planches, on se décida à construire la passerelle actuelle.
Plancher (plan-chè), s. m. Lavoir sur la rivière ; un plancher en pierres de taille, en ciment. Originairement, le planclier se faisait avec des planches seulement. (V. Avrivotid.)
Plante (planf), s. f. Nom do localités. — La Plante, les Plantes, lieu planté déjeunes vignes, ou ayant été autrefois planté en vigne.
Plapé (à) (pla-pè), adv. A plat. — Tomber à plapé.
Plaquereau (pla-keu-rio), s. m. Plaque, morceau d'enduit cpii se détache d'un mur, plaque de boue. || ricère, croûte, rougeur qui se forme sur une blessure.
Plateau (pla-to), s. m. Nom du nénuphar blanc ou jaune, fi cause de la forme des feuilles. (V. Volet.)
Platerée (pla-trée), s. f. Platée. — l'ne platerée de pois ronges.
Plateron (pla-tron), s. m. Pierres plates dans certaines carrières où l'assise a peu d'épaisseur, notamment dans les carrières à ciel ouvert, du calcaire lacustre de la Beauce.
Platerue (pla-true), s. f. Fossé largo et [)eu profond, creusé lo long d'une haie, ou d'un bois.
Plessas (plè-sà), s. m. Branche à demi entamée par le gouet, pour être couchée eîi haie. (V. /Vf^sscr.)
Plesse (plès'), s. f. Branche ples.sée.
Plesser (plé-sé), v. a Faire un plessis, courber les ])ran('hes i\r:i haies et les entrelacer pour former une clùtcn*e.
Plessis (plé-si), s. m. (Clôture de haies en branchag(\s enhclacés. li Nom de nombreuses localités. Le Plessis Fortins, L(» Ples.sis Lacour, Le Plessis f)orin.
.\nc. fr. Plesser, plier, plesseis, plaissié, t'iôture. Bas-latin, Plcssd^ plaisaeia, plaisslaciwi, ph'.ritiumy même sens. Du laliii ph'ctvre, plej'um^ plier.
« Apud rurceUos una masura hnbctui\ cum plo.vitin... »
{Tnhul. Viru/orincnse, rh. .Kll.)
Pleyer (plè-ié), v. a. Ployer, plier.
• Au coUot du pourpoint il y en avoil encore un oulro al loche d'un
autre couleur que n'esloit ce pourpoint fort piqué et cotlonô qui se
pléyoit, etc. *
{L'i^lc des hermaphodUes, a. d. r. tCAC}.)
Pleyon (plé-ion), s. m. Osier, branche llexible, scion. Ane. fr. Pléon, même .sens.
Pion (pion), s. m. Nom de Tosier pelé. Peut-être faudrait-il écrire pelon, de peler.
Ploton (plo-ton), s. m. Billot de bois sur lequel on hache la viande dans les cuisines.
Ane. fr. Plot, plote, tronc, billot.
Plumeaux (traîner les), loc. pop. Se dit d'un vieillard qui baisse, qui traîne les pieds, qui s'alTaisse. Allusion aux vieux oiseaux dont les plumes traînent.
Plumée (plu-mée), s. f. Sac dans lequel on recueille la plume des volailles, destinée à faire des oreillers ou des lits déplume.
Plumée (plu-mée), s. f. Peson, grande romaine destinée à peser les objets très lourds.
Ane. fr. Plume, balance, dérivé de plomée, ploumée, plombée, boule de plomb, poids.
Bas-latin plomhata, poids de plomb.
Plumer (plu-mé), v. a. Peler, pelurer, enlever l'écorce d'un fruit, d'un légume. — Plumer une orange.
« Pour riz, prenez du riz, et le lavez et prenez du laict de vache, ou d'amandes plumées et faictes bouillir avec safran ;. . pour faire soupe à l'oignon, plumez vos oignons... »
(Livre de Taillevent, grand cuisinier du roi de France.)
De nos jours, les cuisinières se conforment encore aux principes de Taillevent et plument toujours leurs oignons.
Plumevoi (pleum'-voué), s. m. Nom, à Vendôme, du coucou ou primevère. Dans la forêt d'Orléans, on appelle ainsi le narcisse des bois.
Plumicher (se) (plu-mi-ché), v. r. S'éplucher, en parlant des poulets qui s'épluchent les plumes avec le bec. Lorsque les poules se plumichent, c'est signe de changement de temps.
Pocanne (po-kan'), s. f. (V. Paucannc.) Coq-à-l'àne, plaisanterie usée. Dans le Maine, poganne, injure.
Étym. inc.
Pochette (po-chèf), s. f. Poche de vêtement, dans le Perche; la poche veut dire un sac à grain. || Pochette rousse, ancien usage du pays, surtout du Perche. Lors de la dernière danse à la noce du dernier enfant de la maison, la maîtresse tire de ses pochettes des noisettes ou des dragées qu'elle jette tout en dansant. C'est probablement pour indiquer qu'elle a vidé ses poches, qu'il n'y a pins rien à marier chez elle.
Pocrasser (po-kra-sé), v. a. Manier malproprement. (V. Palro' cher.)
Poêle (pouaF), s. m. Espace laissé libre au milieu du cercle h la veillée. On y plaçait un piquet fiché en terre, au sommet duquel se trouvait un trou pour l'ecevoir une chandelle qui éclairait tout le cercle. Les veillées ont presque partout disparu, la chandelle a été remplacée par la lampe ti pétrole, et le veilloir par le cabaret. |1 Queue de poêle, têtard de la grenouille.
Poèlier (poua-lié), s. m. Châssis en bois qui se placent i\ l'avant et à Tarrière d'une charrette pour Tallonî^er, lors(iu'on charge des gerbes, de la paille ou du fourrage.
Élvm. inc.
Poil (avoir un), loc. prov. Avoir un poil dans la main, être pris de paresse, chercher un prétexte pour ne pas travailler.
Poil de cochon. Nom d'une plante, VeMuat ovina, graminées, plantes à feuilles très fines.
Poinçon, s. m. Fût de î228 litres. (V. Anciouies mcfiurr.s.)
Point. (V. Anciennes mesures.)
Pointe (point'), s. f. Nom du peuplier d'Italie, à cau.se de sa forme.
Pointier (pouin-tié), s. m. Terme de construction, nuits ou perches- verticales qui se placent dans l'échafaudage pour supporter les boulins
Pois (pouas), s. m. Haricots, des pois blancs, des pois rouges, des pois cocos, à graine presque arrondie, des pois de Soissons. Les petits pois se nomment pois ronds, s'ils sont secs, et pois verts, en gousse. Les jardinières de Vendôme vendent sous le noinôepois chiche(\) les haricots verts. Aujourd'hui ces noms tendent à disparaître, on commence à vendre des z'aricots.
Les petits pois sont ainsi nommés pour les distinguer des pois ordinaires ou haricots qui ont porté le nom de pois jusqu'au xvn« siècle. (V. Aricot.) Le bas-breton pops veut dire haricot. Dans un texte de 1318 on lit : « Huitboissiaux de pois blancs et huit boissiaux de pois communs. » Dans un autre de 1393 : « Deux boisseaulx de fèvres, deux boisseaulx de pois blancs, le tout à la mesure de Lodun. )>
Le Vendômois qui se régale de pois rouges n'est donc pas si ridicule qu'on voudrait bien le faire croire; il a simplement et pieusement conservé le langage de ses ancêtres du xive siècle.
Pois pigeon. Nom d'une plante, la gesse des moissons, Lathynts Mrsutus, papilionacées.
Poiser (poi-zè), v. unip. (V. Puiser.)
Poison (poué-zon), s. f. De la poison. Jusqu'au xvii*» siècle, poison était féminin avec raison, puisqu'il vient du latin pofionem, boisson. || Terme injurieux, femme méchante ou de mœurs légères. — Une belle poison. || Fillette malicieuse, avancée pour.son âge. — Oh ! la petite poison !
Je veux charmer si je puis la poison.
Dont UD bel œil enchante ma raison.
(Ronsard.)
Je n'ai membre sur moy, nerf, ni tendon, ni veine Qui ne sente d'amour l'amoureuse poison.
(R. Beli^au.)
a Singulier antidot contre la poison o
(Titre d'un livre imprimé en 156!.)
a Le calice dans lequel saint Jean but de la poison ne lui fît point de mal. »
(Calvin, Des reliques,)
Poisson (pol-son), s. m. Petits poissons, sorte d'insecte .de la famille des lépisméos; petit insecte allongé, à écaiÙes gris argenté, se plaisant dans les endroits humides ; l'espèce la plus répandue est la forbicine plate (Geoffroy) ou lépisme da sncre. (Linné.)
Poliot (po-lio),s. m. Menthe Pouleau, Mentha pulegium ; pouliot des flores, serpolet, thym pouleau, en général les plantes aromatiques.
Ane. fr. Poliot, pouliau.
« Ceux qui viandent sur les pelouses d'une herbç qui se nomme serpolet ou poliot sont communément forts lièvres et courent longuement. »
(Du FouiLLOux, Vénerie.)
Je veux faire un beau lit d'une verte jonchée, De pervenche feuillue en contrebas couchée.
D'odorant poliot contre terre tapy.
Lors moy couché dessus l'herbette,
D'une part j'oy la chansonnette,
D'un autre sur du poliot
J'écoute le jeune bergère.
(Ronsard.)
J*ai senti par les champs la fleur de Taubespine, La framboize, la fraise et la rose aiglantine. Le thym, le pouliot, j'ai savouré le miel De toutes les douceurs qui distillent du ciel.
(R. Brlleau.)
Pommé (po-mé), s. m. Boisson faite avec des pommes cassées et de Teau.
Pompon (pon-pon), s. m. Galle de Téglantier, excroissance en forme de houppe de laine produite par un insecte, cy^iips rosse; on rappelle pompon par analogie avec Tornement que les soldats portent à leur coiffure.
Pond (pon). Participe de poner, pondre.
Poner (po-né), v. a. Pondre. — Va voir si les poules ont pon.
— I veut savoir qui qui Ta pon, qui qui l'a coué.
Ménage constatait que quelques provinciaux prononçaient ponnu, mais qu'il fallait dire pondu.
Latin ponere ovum; esp. poner un huevo.
« Les autres (oiseaux) emportent soigneusement de leur petit bec crochu les cheveux perdus et tombez du chef de ces bergères, pour bastiret façonner leur nid, où ilsponnentetcoavent leurs œufs. »
(R. Brlleau.)
Ponoire (po-noir'), s. f. Ovaire ou oviducte des poules, — par ousqu'é ponnent.
Pontife (pon-tif), s. m. Cordonnier, par dérision.
Populo (po-pu-lo), s. m. Nom familier d'un enfant nouveau-né.
— Un p'tit populo.
Poque (pok'), s. f. Femme ou fille, servante ; on dit aussi poquette. Il Pocque, pas grand'chose, drogue. — Ce vin-là, c'est d'ia poque.
a Ce mot, donné dans un mouvement d'humeur ou de gaité à une petite fille du peuple, peut venir de pauca, peu, ou de Titalien Pochetta, petite. »
(Notes manuscrltes^ de Leder.)
Ane. fr. Pauche, servante.
Poque (pok'), s. m. Baiser, on dit mieux : pioc. Onomatopée.
Poquée (po-kée), s. f. Poignée.
Poquet (po-ké), s. m. Pot, petite fossette creusée dans le sol
an jeu des canettes ou de la balle au pot. || Terme de jardi-
naire, petite cavité dans laquelle on sème certaines Ki*si<n^«
telles que haricots, pois, etc. || Les yeux. — Ouvre tes poquets.
Ane. fr. Poque, poche, petit pot.
Porrée (po-rée), s. f. Poireau. — Vert comme porrée.
Portefeu (por-teu-feu), s. m. Feu follet; ce phénomène (problématique) est très rare dans nos pays. C'est un objet de terreur dans les classes ignorantes, qui y voient l'âme des morts revenant tourmenter les vivants. Il Un des noms du ver luisant.
Portefaix (por-teu-fè), s. m. Nom vulgaire du ver d*eau douce tuhicole, qui se construit un tube en agglutinant des grains de .sable et des fragments de bois ou de feuilles. On s'en sert d'appAt pour pécher à la ligne.
Portement (por-teu-man), s. m. Santé, manière de se porter. Demander le portement de quelqu'un, c'est s'informer de l'état de sa santé. Ce mot est employé dans ce sens par Montaigne.
Portoire (por-touèr*), s. f. Vaisseau ovale en bois pour porter la vendange à dos de bête de somme. (V. Anciennes mcsurea.)
Porteuse (por-teuz'), s. f. Matrice de la vache.
Porte à boire, s. f. Nom vulgaire du carabe doré, connu aussi sous le nom de jardinière. On prétend que cet insecte porte à boire aux couleuvres ; aussi le détruit-on sans pitié, et sans égards pour les senicns qu'il rend ; en effet, ce coléoptère (»arnassier détruit un grand nombre d'insectes et n'hésite pas il s'attaquer à des coléoptères plus gros que lui, tels que le hanneton, dont il vient à bout grâce à son agilité.
Pôt ipo), s. m. Pieu, poteau.
Ane. fr. Post, pieu. Nous adoptons cette orthographe à cause de l'anc. fr. et du dim. poteau.
Pot (po), s. m. Mesure pour les liquides et le vin. (V. Ancienne^'^
mesures.) Potage (po-taj'), s. m. Légumes pour la nourriture. — J'vas faire des potages dans ce champ.
Ane. fr. Légumen, potage, m. s. Bibl. nille, glossaire latin fr. du x\^ siècle.
« Il ne fut point de potages ni poreaux... ni rien ès-jardins que
tout ne fût brûlé.' 1556. »
{Mém. du chan, Garraui.t, de Troô.)
Potation (po-U\-sion), s. f. Provision de boisson. — C'est tout ce qui me reste pour ma potation.
Potée de lait. Nom vulgaire du Polygala mdgark.
Potin (po-tin), s. m. Fonte de fer pour la poterie.
Le potin de Fréteval était autrefois réputé pour son excellente qualité'; les quincailliers de Paris en faisaient le plus ^Tand cas. La fonte était plus résistante et d'un grain plus fin que celle des autres fabriques. La poterie de fer de Fréteval paraît abandonnée depuis qu'on fond à la houille, et en deuxième fusion.
Potine (po-tin'), s. f. Chaufferette de terre.
Potiron (po-ti-ron), s. m. Champignon, plus spécialement le bolet comestible, Boletus edulis; on désigne aussi par ce nom Vagaricus campestris et arvensis. || La bruyère aux potirons, con^mune de Mazangé. On dit aussi paturon, probablement champignon des pâtures.
Ou celui qui 8*eDgeDdre ainsi qu'un potiron.
Honte de notre siècle.
(Ronsard.)
Potte (pot'), s. f. Grand vase de grès h deux anses et à couvercle, servant à mettre le salé. C'est le féminin de pot. On dit aussi potine.
Pottier (po-tié), s. m. Poteau garni de chevilles de bois qui sert dans les laiteries à mettre égoutter les pots à lait.
Pojacré (poua-cré;, adj. (V. Empouacré, emhetmé.) Employé dans ce dicton : c'est son portrait tout pouacré, tout craché. Il est difficile d'expliquer comment pouacre, qui veut dire goutteux (Podagrosus), a pu prendre le sens que nous citons.
Pouas (pou-â), s. m. Pois. (V. ce mot.)
Boudin, boudet, veux-tu du lait ?
Nenni, ma mère, il est trop fred.
Boudin, boudet, veux-tu des pouas ?
Nenni, ma mère, i sont trop gras.
Boudin, boudet, veux-tu le fouet?
(Ane. chanson locale.)
Pouas (pou-à), s. m. Moineau, passereau ; on dit aussi pouasse et passe. -- Un pot à pouas, c'est un pot percé d'un trou, que l'on suspend le long d'un mur et dans lequel les moineaux vienqent faire leur nid.
Pouce (pons*), s. m. (V. Anciennes mesKrcs.)
Poucéier (pou-sé-ié)^ v. a. Presser un fruit avec le pouce pour s'assurer de sa maturité.
Poucier (pou-sié), s. m. Petit levier terminé par une partie large et aplatie sur laquelle on appuie le pouce pour faire basculer le loqueteau, qui alors quitte le mentonnet et permet à la porte de s'ouvrir.
Pouche (pouch'), s. f. Sac de toile pour mettre les grains, la farine. — Vne pouche d'avoine.
Nous defTendoDs à tous ramoDCurs de s'ingérer à ramoner aucune cheminée soit naturelle ou autre, s'ils n'ont une galle à l'épreuve, une ratuche d'acier de Lybie, et une pouche de couleur de harang sort. »
(Statuts et ord^o de Herplnot le réformé, facétie du xviio siècle)
Pouchette (pou-chèf), s. f. Petite poche de vêlement. Le mot poche ne s'appliquait qu'aux grands sacs, et le mot pochette, diminutif, aux poches d'habits.
L'anglais a conservé ce terme : Pockeft.
Pouchoa(pou-chon), s. m. Petite poche, petit sac de toile dont se .servent les gens de la campagne et les bergers pour em[>orler leur repas dans les champs.
Ces termes sont encore d'un usage courant dans le Perche.
Pouiller (pou-ié), V. a. Vêtir, mettre un vêtement. — Pouiller ses chausses. Le dictionnaii*e de Trévoux constate que ce mot était hors d'usage à Paris, mais qu'on l'employait encore dans la province. Il est resté dans le français actuel le mot dépouiller, dévêtir.
Poule grasse. Noni de plante. A VendOme, les jardiniers appellent poule gras.se le /.am;).sr( «a communis, de la famille des composées.
Poulette (pou-lèf), s. f. Ampoule, cloche sur la peau provenant d'une briilure, d'un frottement, de la gêne des chaussures. — J'ai des poulettes aux pieds.
Pouletter (pou-rtêi, v. a. Dorlotter, chanter en endormant un enfant.
Do, do, dors, mon poulot.
Do, do, dors, ma poulette.
Si le chat l'éveille, J'y coup'rons l'oreille.
Do, do, etc.
Ane, chanson.)
Poumonique (pou-ino-nik'), adj. Pulmoniquo.
Les savants, qui connaissent une foule de choses, ignorent les premiers principes du génie de la langue française, et croient devoir parler latin ; mais le peuple, qui a raison plus souvent qu'on ne le croit, a formé régulièrement l'adj. poumonique, parce qu'on ne dit pas un pulmon, mais bien un poumon.
Poupée (pou-pée), s. f. Poignée de mousse qui entoure une greffe, chiffon qui enveloppe l'onguent de S*-Fiacre. || Linge qui enveloppe un doigt malade. || Quantité de chanvre peigné qu'on met autour delà quenouille.
Ane. fr. Poupée, faisceau de chanvre.
Poupet (pou-pé), s. m. Poupon.
Latin, puppus.
Pour. (V. En pour.)
Pourchas (pour-chà), s. m. Activité. — Être en pourchas. Etre pourchassé par l'ouvrage, faire un travail qui exige de l'énergie. Il On dit d'un animal en rut qu'il est en pourchas.
Ane. fr. Pourchas, occupation, poursuite, recherche ; le substantif a disparu, mais il reste le verbe pourchasser.
Poure (pour'), adj. Pauvre. — Un pour' homme. Ane fr.
Ainsi tenant toujours le poure homme sous bride.
(J. DU Bellay.)
Pourginée (pour-ji-gnéei, s. f. Nombreuse progéniture. Couéc. — Une pourgignée d'enfants.
Pourginer (pour-ji-gnè), v. n. Mettre bas, en parlant de la truie, de la femelle du lapin.
De progenieSj ou peut-être est-ce le mot porciner, comme on dit vêler en parlant de la vache, chatonner en parlant de la chatte, etc.
Pous (poù), s. m. Déchets des enveloppes des grains. Blé non encore nettoyé.
Latin, pulsum, grain battu.
Poussée (pou-.sée), s. f. Peur, émotion, venette. — Oh ! j'ai eu une rude poussée.
Poussinière(pou-si-nièr'), s. f. Nom vulgaire de la constellation des pléiades. Il Prendre la poussinière avec les dents, loc. locale.
Poutil (pou-ti), s. m. Petite porte pour les piétons, près de la porte charretière, poterne.
Ane. fr. Postil, postis, poustiz, jambage de porte, poterne. Bas-lalin y posticum y poterne.
« Et n'i avoit ouvert tout seulement que le postis. »
(Froissart.)
Poux (poù), s. m. Fruits accrochants de la bardane, Lappa minot% du prend main, Galium aparine, et de VAgrimonia eupatoHa.
Ppa(p-hpa), s. m. Syncope de papa.
Pras (pràe), s. f. Personne molle, sans énergie, malade imaginaire. Il Femme sale, sans soin, dépravée : injure. — Grand'prac !
En patois normand, pras veut dire charogne. Langue d'oc, prau, mauvais. Peut-être du latin pravus, mauvais, dépravé.
Prêchas (prô-chà), s. m. Sermon, prédication, manière de prêcher.
Un jeune abbé, alors à peu près inconnu, et qui, depuis, a occupé d'une manière si éclatante la chaire de Notre-Dame, le célèbre dominicain Monsabré, prêchait à Mer (Loir-et-Cher) ; une vieille dame très spirituelle appréciait ainsi le talent de l'orateur : « Je n'aime pas ses préchas; quand on dort, il vous réveille. »
Prêclii, prêcha, Ma chemise entre mes bras, Mon chapeau sur mes cheveux, Serviteur, Messieurs.
Première leçon de déclamation apprise aux enfants.
Précimis (pré-si-mi), s. m. Chose pressée, urgente. || Adj. Trop pressé, qui agit sans réflexion. Peut-être devrait-on écrire pressimis.
Étym. inc.
Prée (prée), s. f. Prairie. || Nom de plusieurs localités.
Ainsi que parmi la prée
Diaprée, Et près du crystal des eaux, Une troupe vagabonde
A la ronde Faisoit paître ses agneaux.
{La grande bible des Noù'ls.)
Première (de), loc. locale. Sous-entendu, qualité. — C'est eun' vache d'première. — C'est un gas d'première. — L'malt' Rousseau, c'est un laboureur d'première.
Prend-Main (pran-min), s. m. Nom vulgaire du gaillet, gratteron des flores, Galium aparine. On dit aussi du grippon.
Prenre (pranr'), v. a. Infinitif de prendre; futur, je prenrai.
Preu (preû), adj. num. Premier. Dans les jeux d'enfants, lorsqu'on choisit ou qu'on tire au sort les places, celui qui doit jouer le premier est preu, le dernier est dér.
Preut (preû), adj. Prêt. — Êtes-vous preute? — Avant l'invention des pilules suisses, une dame de Vendôme, se trouvant à Mondoubleau, avait prié la bonne de la maison de lui préparer un lavement. An bout de quelques instants, la jeune Percheronne entre au salon de l'air le phis innocent du monde, tenant à la main l'instrument cher à Molière. — M'ame, c'est preût ! Tableau !
Preute (preuf), s. f. Osier fendu pour la vannerie et pour lier les cercles des poinçons.
Probitère (pro-bi-lùr'), s. m. Presbytère. On dit aussi probitouère. La forme pro, au lieu de prc, se retrouve dans des noms anciens de localités Le moulin de Villeprovert, villa prcsbitcria. — Cartul. blésois de Marmoutier, Villeprouvaire, commune de Lunay, Villa presbiter la. — Cartul. vendômois de Marmoutier; de même pvovost pour prévôt, de prepositiis.
Dans l'anc. fr. on trouve aussi la forme provoire, prouvère, pour prêtre.
Progner (pro-gné), v. n. Faire la première taille de la vigne.
Proveache, provenchère (pour-vanch'), s. f. Provende.
Provendier (pro-van-dié), s. m. Cofl're à avoine. — Mesure contenant la provende ou ration journalière du cheval. Ane. fr. Mesure de trois boissaïux d'avoine.
Latm prehend a.
Provot (pro-vo), s. m. Prévôt.
Selon Moisy {Noms de famille }wrmcnuh), prévôt ne serait l)as le même mot que provôt. Prévôt vient de jyrepositus, et l>rovôt viendrait de proposilus, placé devant les autres. Ce serait un officier chargé de notifier des décisions, une sorte d'huissier. Nous donnons cette distinction assez subtile pour ce qu'elle vaut.
Puce de terre, s. f. Puceron, altisc.
Puette (pu-èt), s. f. Fosset, douzil, diminutif du v. fr. pue, pointe, piquet.
PuUne (pu-fin'), s. f. C'est la plus fine matière que ti*a vaillent les vidangeurs.
Puio (pu-fù:, adv. Plus fort, davantage. Expression percheronne. — Gobé qu'tas fait d'citre, deux pipes? — Non, pufo; non, davantage. '
Puiser (pui-zé), v. n. Prendre l'eau. (V. Poiser.) — Mes souliers puisent, c'est-à-dire ils prennent l'eau. — Ça puise se dit d'un terrain mouilleux. — Prends garde, tu vas puiser, c'està-dire : tu vas marcher dans le margouillis.
Ane. fr. Puiser, faire eau.
Puput ou pupue (pu-puf), s. f. Huppe, oiseau. Certaines personnes, qui n'ont probablement jamais vu ni .senti le nid de cet oiseau, soutiennent que ce nom lui a été donné à cause de rôdeur fétide de ce nid. Cet oiseau, qui négligerait les principes les plus élémentaires de l'hygiène, passe pour faire son nid avec des excréments humains. D'autres prétendent, avec plus de raison, que pupu est une onomatopée du chant de cet oiseau. Adhuc subjudiceUs eit.
Pus (pu), adv. Plus. — J'en veux pus. — T'en as pus que moi. — l'ic ferai pus.
« Autrefois à plus on ne prooon<;ait pas i'L, aujourd'hui on la prononce. »
(Vaugelas.)
Putain (pu-tin), s. f. Nom du cornouiller sanguin, Cot^ntis sanguineay bois punais des flores, à cause de l'odeur désagréable de son écorce, de putcve, puer. Les gamins vendômois, très avancés, faisant allusion à l'amertume du bois de cornouiller, disent à un autre plus novice, en lui montrant cet arbuste: Tu vois la putain, elle est amcre. Naturellement il est nécessaire de se tutoyer pour que le jeu de mots réussisse.
Putôt (putùu), adv. Plutôt, plus tôt. — A cause que vous êtes pas venu pu tout ?
Quai, qualle (kaF), adj. dém. Quel, quelle. — Quai entêté qu' vous faites ! — Quai' s... fùmelle! Qualles raisons qu'vous donnez là ?
Quand et (kanté), prép. Avec, en même temps. — Viens-tu quant et moi ? Cette expression était fréquemment employée autrefois. Chateaubriand écrivait : • Mon père me menait à la chasse quant et lui. »
< Quant et moy, pour dire en même temps, se dit, mais les bons autheurs ne l'écrivent point. »
(Vaugelas.)
Quante même (kant'-mèm'), adv. QuAnd même.
Quanques (kank*), adv. Quand, lorsque.
Ane. fr. Quantque, quanques.
Quarantaine (ka-i*an-tèn'), adj. fém. Plantation ou semis hâtif qui, faits à un moment propice, doivent fleurir ou fructiflerau bout de quarante jours. — Des giroflées quarantaines. — Des pommes de terre quarantaines.
Quarquelin (kar-keu-lin), s. m. Quart d'une chose déjà divisée, le quart d'une fraction. — Un quarquelin de galette, c'e^t le quart d'une part. || Gâteau de forme triangulaire. — Viens, je le vas payer un quarquelin. (V. Corneau.) Bas-latin, quartalia, portion.
Quarquier (kar-kié), s. m. Quartier.
Quarre (kar'), s. f. Angle ou coin d'un objet carré. — La quarre d'une pierre de taille. — Il s*est cogné à la quarre de la cheminée. (V. Carre.) Ane. fr. Quarre, coin.
Quarroy (ka-roué). V. Carroi.
Quart (kar'), s. m. Fût de 110 à 115 litres. (V. Anciennes mesures.)
Quartaud ^kar-tô), s. m. Petit fût, moitié du quart. (V. Ancicfines
mesures.)
Quarteron (kar-t'ron), s. m. Quart du cent. (V. Anciennes mesures.)
Quarteyer (ka-lé-ié), v. n. Se mettre à quartier. (V. Quartier,)
Quartier (kar-kié), s. m. Le quart de Tarpent. (V. Anciennes mesures.) || Terme de maçonnerie et de charpente: donner quartier, meltrc à quartier, tourner un objet, une pierre, une pièce de bois d'une face sur Fautre. Il Tenir quartier, iàîre marcher un cheval attelé à une voiture à deux roues de manière à ce que les roues soient en dehors des ornières macabres, ce qui permet au cheval de trotter. Autrefois que les chemins étaient presque tous mauvais, les chevaux étaient habitués à tenir quartier. || Terme de vendange, faire un quartier, donner un quart de tour à la vis du pressoir. — Allons, encore un ([uartier, les gàs.
Quat (kaf). Nom de nombre, quatre. — Aller à quat' pattes. Lorsque ce mot est devant un autre commençant par une voyelle, on ajoute le z euphonique, comme dans la chanson de Marlborough, quatre-z-oftîciers^ quat*-z-œufs, quat'z-épices. Les ménétriei*s de campagne ne manquaient jamais de dire : en avant les quat'z-auires Dans les ventes do marchandises qui se comptent au nombre, il est d'usage de donner les quat* au cent. Il Les quat' vents, nom de localités. Les quat' chemins.
Quècas (ké-kù), s. m. Noix. (V. Cocas.) Ménage dit que dans le patois do Metz, on prononçait quaquas, ou quécas, pour des noix. Quécas le plus souvent se prononce qu'cas, ou c*cas, en faisant sentir les deux gutturales au moyen d'une forte aspiration.
Quement (k*man), adv. Comment. (V. C'ment, c'mencer^c^mander.) — Qu'ment que vous dites ?
Queniau (k'nio), s. m. Gosier des animaux, jj Injure. || Au plur. Qucniaux, enfants mal tenus, sales. || Dans le Perche, tous les animaux de basse-cour. — La maltresse a ben soin de ses queniaux. Jaubert fait dériver ce mot de canard, cane (?).
Quenillée (keu-ni-iée), s. f. Lentille d'eau. (V. Canillée.)
Quenneçon (ken'-son), s. m. Pron. de caleçon.
Quenelle (keu-nol'), s. f. Gosier, larynx.
Bas-latin canolla^ môme sens.
Quenouille (keu-nou-ie), s. f. Plante des étangs, sorte de roseau, massette, Typha.
Quenouille, s. f. Dans certaines églises de campagne, la quêteuse de la confrérie de la Vierge porte à la main une quenouille ornée de rubans et de dentelles. Après avoir reçu l'olTrande d'un personnage important, la quêteuse appuie le manche de la quenouille sur le genou de la personne qui vient de donner. Cela s'appelle faire l'honneur, et comme les honneurs se paient, le donateur est obligé de s'exécuter une seconde fois. C'est encore un usage qui se perd. Dans d'autres endroits, aux mariages, la demoiselle d'honneur porte une quenouille à la chapelle de la Sainte-Vierge et l'y laisse.
Quenouilleau (keu-nou-io), s. m. Petit morceau de bois, ordinairement de charnier ou échalas, coupé à 33 cent., entortillé de torchis (mortier de terre et de foin), qui se place d'une solive sur l'autre pour former le plancher. Ce nom vient de la forme de cet objet, qui ressemble à une quenouille garnie de filasse. L'ouvrier qui fabrique les quenouilleaux dit : filer du quenouilleau. On dit d'un individu couvert de boue : Il est fait comme un quenouilleau.
Quercir (ker-si), v. a. et n. Mourir, crever, tuer. — Mon âne est querci. — J'avons querci nout' monsieur.
D'après E. Dumeril, ce mot serait une métathèse de cressir, du latin cruciari. Suivant d'autres, ce mot viendrait du roman keir, choir, tomber, du lai. cadere,
Queroué (keu-roué), s. m. Outil de vigneron. (V. Croué.)
Quertonne (kueur-ton'), adj. fém. Avenante, gracieuse. — La mariée est ben queurtonne.
Étym. inc.
Quéru (ké-ru), adj. Rustique, qui résiste à la fatigue. Étym. inc.
Queul (keul'), adj. dém. Quel. — Le queul qu'est le pus fort ? Ane. fr. queu, queul.
Queuque (keuk'), adj. indéf. Quelque. — Queuque chose, queuqu' part. — Queuqu'un, quelqu'un. || Un queuqu'un, une personne. — Un queuqu'un qui vous offrirait cinq pistoles de vout' chevau, vous i donneriez ben, pas vrai?
Queuriature (keu-ria-tur'), s. f. Créature.
Queurier (keu-rié), v. n. Crier.
Queurvaison (keur-vè-zon), s. f. Crevaison, mort. Faire sa crevaison, mourir, crever, en parlant des animaux.
Quia (kià), s. m. Pieu, quille. On dit : une personne se tient
comme un quia. — Quand tu seras là,' di'et comme un quia, à nie regarder ?
Quiaquia (kia-kia), s. f. Nom vulgaire de la grive des roseaux. Onomatopée du cri de Toiseau.
Qaiau (kio), s. m. Prononciation de tuyau. (V. Tiau.) Qaiauler(kio*lé)^ v. n. Se plaindre, gémir, faire des jéi'émiades, fatiguer par de.s supplications.
Ktvm. inc. «V. Piaula*.)
Quiée (kié). Exclamation dubitative d'étonnement : tiens ? voyez-vous ! ah l»ah ! Un gamin crie : Quiée, comme (;a fait!
Quiens (ki-in). Prononciation de tiens, détenir, ou detien,adj., le tien. — Le quien, la quienne. H Exclamation. Tiens ! — Quien, voi.s-tu ? On dit à une pie : Quiens l>en, margot.
1 sont pieux, ah, ah, ab, j*cré qui n'en est pas presse. Quand on voit ces gens-là le dimanche à la messe. Quiens! tout ça, c'est des frimes.
(L'Abbé SoucHAY, La messe du Saint-Esprit.)
Quignoler (ki-gno-lé), v. a. Mesurer méticuleusement. Ktym. inc.
Quiller (ki-ié), v. a. Cueillir. — J'vas quiller des pommes.
Quiller <ki-ièr'), s. f. Cuiller. Les gens qui parlent bien disent une cneuillère.
Quintal (kin-tal), s. m. (V. Anciennes mesures.)
Quinte (kin-té), adj. Penché, qui n'est pas d'aplomb : Tàbre quinte toujours du coûté qu'il veut ché. . Ce qui, dans le Herry, veut dire qu'un gouvernement tondie toujours du côté nù il penche. A Rlois, on dit quincher.
Étyiii. inc.
Quiô (kiô), interj. Tiens, ah ! oh ! — Quiù, les luaux potirons!
Quiqui (ki-ki), loc. Qui est-ce qui? — Qui qui s'en va quant et moue ? — Qui qui veut vouer la leune?
Quinze feuille, corruption de Quintefeuille, Potentilla reptans.
Quoique (kok' ou kouèk'). Qu'est-ce que ?— Quoique tu veux? Quoiqu'y a, quoique n'y a? || Quoi, particule interrogative, plalt-il, (juc dites-vous? Souvent on ajoute de devant quoi, et on dit : De quoi. Il y a môme des gens qui prononcent de de quoi (deud'koua).
Quoque (kok'), même mot. — Quoqu'y gna ?
Quonftnie (kou-àm'), s. f. Bouse de vache. — Probablement à cause de sa forme en champignon ou en chapeau aplati. On (lit aussi Quouâne,
Quoaaxnelle (koua-mèF), s. f. Chapeau. (V. CouameUe.)
Qu'rir (kri), v. a. Quérir, chercher. (V. Cri.) — Faut i qu*j 'aille te cri ? Jaubert fait remarquer que quérir n'a pas exactement le même sens que chercher. On va cri une chose dont on a besoin, et on cherche un objet perdu. — Va m'cri la clef de Tormoire. — J'sais pas quoqu' j'îii fait de ma clef, aide-moi flonc h la charcher.
tUtfè
Rabàtée (ra-bâ-lée), s. f. Grande quantité, une rabatée d'enfants. Il Volée de coups.
Rabàtement (ra-bâ-t'man), s. m. Tapage, bruit anormal attribué aux revenants.
Rab&ter (ra-bâ-té), v. n. Faire du bruit, du tapage. || Va donc rabater à sa porte pour le réveiller. || Ça rabâte, ça fait du bruit, du tapage. Ça revient, les revenants font du bruit pendant la nuit. Il Habâter, frapper. — Attends, c'est moi qui va terabàter. Il Se dit d'une personne qui a le délire; il n'ira pas loin, il rabâte.
Il Ane. fr. Rabat, lutin, esprit. Langue d'oc, rabasta^ dispute. Bas-latin, rahea, même sens. Le dict. de Champré cite le mot latin (?) rahatto, marcher en faisant du bruit. Ménage faisait venir rabâter du grec, pu^arrtivy battre, faire du bruit.
« Lesquels suppliaDS oyreDt rabâter parmi la maison en telle manière qu'il sambloit que la foudr3 et la tempeste y feussent. »
(Lettres de rémission, 1482.)
On voit qu'au moyen ûge il y avait déjà des esprits frappeurs, il paraîtmême qu'ils n'avaient pas besoin d'être évoqués par un médium.
Rabattoir (ra-ba-toué), s. m. Sorte de herse de deux mètres de large.
Rabibocher (ra-bi-bo-ché), v. a. Réparer, rapetasser. || V. réf. Se rabibocher, se refaire, revenir à une meilleure santé, à de meilleures affaires. Un joueur malheureux parvient à se rabibocher. Il Se réconcilier.
Rabistoquer (ra-bis-to-ké), v. a. Raccommoder ce qui est débisloqué. (V. ce mot.)
Râble (ràbl'), s. m. Rouabie. Instrument en fer ou en bois, sorte de racloir à long manche pour retirer la braise et les cendres du four. L'Académie donne rouabie comme terme de chin)iç
ou (IMndustrie, instrument pour remuer les matières en calcination.
Rabobiner (ra-bo-bi-né), v. a. Rapetasser, rhabiller. — Rabobiner ses chausses.
Ane. fr. Rabobiner, rabobeliner.
« Ils en rapporteront plus d'honneur et de réputation à l'advenir que s'ils avoient, à rimitalion de Longueil,SadoIet et Bembe, recousu ou rebobiné je ne scay quelles vieilles rapetasseries de Virgile ou de Cicéron. »
(Ronsard.)
Raboucouftner (ra-bou-kouâ-né), v. a. Raccommoder, rabouticher.
Rabondiner (se^ (ra-bou-di-né), v. réf. Se recoquiller, se ratatiner. — Le froid vous raboudine. (Perche.)
Rabonler (ra-bou-lé), v. a. Repousser, rabrouer.
Rabonticher (ra-bou-U-ché), v. a. Raccommoder plus ou moins bien. Remettre les choses bout à bout.
Racasser (ra-ka-sé), v. n. Jacasser, cancaner, médire. — I racasse comme une pie borgne. — Quéqu'tu racasses donc là ? (Perche.) Ane. fr. Racasse, dispute, querelle.
Raccourci (ra-kour-si), s. m. Chemin de travei'se, sentier plus court que la route. — Prenez par le raccourci, y a un bon quart de lieue de moins.
Ràcheux (râ-cheu), adj. Rugueux, rèche, raboteux. — J'ai les mains râcheuses. — Le chat a la langue râcheuse. Ane. fr. Râcheux, teigneux. Langue d'oc, Racar, dessécher.
Raclette (ra-klèf), s. f. Petite râcloire, outil de jardinage. Raclette des ramoneurs.
Ràcleux (râ-kleù), adj. Intéressé, avare, peu généreux, rapia. Qui raclerait un liard. Dans le Perche.
Raco (ra-kô), s. m. Geai, oiseau.
Ëtym. inc.
Racoin (ra-kouin), s. m. Recoin, angle d'une chambre d'un bâtiment. l\ cherche dans tous les racoins.
Racmoder (rak-mo-dé), v. a. Réparer, rhabiller. Certains lecteurs vendômois se souviennent peut-être d'avoir gamine près du pont Rondin et d'avoir, pour taquiner un savetier habiti^nt
ce quartier, chanté le refrain suivant, sur Tair du t Pè»*e cupiicin » :
Père CavilloD, rac'modez mes bottes.
Père Cavilion, rac modez les donc.
Racoquiller (se) (ra-ko-ki-ié), v. réf. Se recroqueviller, se resserrer comme un luma qui rentre dans sa coquille.
Racouillet (ra-kou-ié), s. m. Sorte de raisin blanc peu estimé, parait être un pinot dégénéré.
Radouille (ra-douy*), s. f. Agitation, impatience, envie démesurée. — Être en radouille, être agité, tourmenté de Tissue d'une affaire incertaine.
Étym. inc.
Radouiller (ra-dou-ié), v. n. Être impatient. — I radouille de partir, c'est-à-Klire : il s'agite, il ne tient pas en place.
Ralfalé (ra-fa-lé), adj. Ruiné, mal vêtu. Francisque Michel y voit une dérivation de ravaler, abaisser. Pourquoi chercher si loin ? RafTalé est l'état d'un navire qui vient de subir une rafTale qui Tamis en triste situation.
Rafistoler (ra-fis-to-lé), v. a. Raccommoder. (V. Afistoler.)
Ragogué (ra-go-ghé), adj. Repu, rassasié, dégoûté. Étym. inc.
Ragot (ra-go), s. m. Crochet fixé au limon d'une charrette pour maintenir le recul du cheval.
Ragot, s. m. Caquet, bavardage, cancan.
Ane. fr. Ragot, ragotte, injure, murmure.
Ragotter (ra-go-té), v. n. Faire des ragots.
Ragotteur (ra-go-teux), adj. Qui fait des ragots. Reporter des journaux.
Raguenne (ra-ghèn'), s. f. Trous sous les racines des arbres, le long des bords d'un ruisseau. Les écrevisses se cachent dans les raguennes.
Étym. inc.
Raguetter (ra-ghé-té), v. a. On dit aussi reguetter, rigotter, riguetter. Recevoir un objet lancé, rattraper une balle, un objet quelconque.
De re itératif et du v. fr. aguetter, guetter.
Le faux m'aguettoit pour m'estreindre Bn ses liens.
(R. Bbllrau.)
LU (ra-u), s. m. Bruit, tapage impatientant, canon, tonnerre. Étym. inc.
Idillon (rè-di-ion), s. m. Sentier ou chemin en pente rapide.
Ce mot se trouve dans TAcadémie, mais avec cette définilion à peu près inintelligible : c Petite élévation qu'on ne peut rtîgarder comme une montagne, et qui se trouve dans un chemin ! • Il faut dire qu'ils se sont mis quarante lettrés pour trouver cela.
ISaidise (rè-diz'), s. f. Ardeur, force, élan pour sauter. — Aller avec raidise.
JUde (rée), s. f. On dit aussi ràe. Sillon, rayon. — I m'a pris deux raies de terre. || A raie, uniformément, régulièrement. — Ce champ est bon tout à raie. — Ce pré donne vingt quintaux de foin à la raie. || A la raie, en raie, en moyenne, Fun dans l'autre. — J'ai vendu mes chevaux 25 pistoles à la raie. Dans l'Orléanais on prononce en raye.
Étym. inc.
Raincée (rin-sée), s. f. Volée de coups de bâton. Quelques personnes écrivent à tort rincée.
Raincer (rin-sé), v. a. Battre à coups de bâton.
Ces mots viennent du v. fr. raim, rains, raincel (qui a donné rinceau). Rainser, frapper.
Latin, ramiis, par l'intermédiaire de ramiccllua,
Raise (rèz'), s. f. Terme de vignoble. Sentier public toléré entre deux champs de vigne, ou entre deux parcelles du môme champ ; rigole entre chaque planche. || Nom de sentiers dans le Vendômois. La grande Raise, la Raise aux pères de l'Oratoire, aux Coutils, près Vendôme ; la Raise chalumeau.
.\nc. fr. Raize, raze, fossé, rigole d'écoulement.
Bas-latin rasa, même sens.
Raisin de demoiselles. Grappes ayant soufTertde la gelée, de la coulure ou de la sécheresse, et qui ne donnent que de menus grains.
Raisin de Beauce. Fruit noir violacé d'une ronce naine et rampante qui se rencontre dans les champs cultivés, Bubus csesius.
Raisiner (rè-zi-nè), v. n. Se dit d'une vigne dont le raisin se montre abondamment. — Ça raisiné ben c't'année. — C'est i pas mal'reux, c'te grêle ! ça raisinait si ben.
Ràlée (râ-lée), s. f. Petite raie, trace, éraflure. — Une épine m'a fait une ralée tout le long de la jambe.
Ralu (rà-Iu), adj. Se dit d*une chose courte, grosse, sans proportion, d'un individu mal venu, disgracieux, d'un arl)re noueux.
Étym. inc.
Ramasser (ra-ma-sé), v. a. Corriger, fouetter avec des rames, des verges, un balai.
Ane. fr. Ramasse, correction. Ital. ramaza, balai.
Ramberge (ran-berj'), s. f. Nom de plante, orvale, mercuriale annuelle dans I3 Bas-Vendômois.
Ramendeau (ra-man-do), s. m. Ce qu'on donne en sus du prix ou de la mesure convenue ; supplément, morceau de surcroît. Autrefois les bouchers donnaient la réjouissance en ramendeau ; aujourd'hui c'est le contraire. — Les laitières ne donneraient pas une goutte en ramendeau.
Raxnender (ra-man-dé), v. a. Diminuer une marchandise de prix, ou plus exactement donner une quantité plus grande pour un prix convenu. — Trois francs la livre, c'est trop cher, faut me ramender ça. —Le marchand tenant absolument à recevoir ses trois francs : Non, j'vas vous en donner une demionce de plus en ramendeau. Il Ramender, v. n. Baisser de prix. — Le vin a ramendé depuis l'beau temps. Re itératif et amender, modifier.
Ramequin (ra-m'l<in), s. m. Vin chaud offert par les nouveaux mariés en sortant de l'église, et après la noce lorsque les invités se séparent; c'est alors le ramequin des adieux. Il Rôtie au vin chaud sucré qu'on offre aux jeunes mariés le lendemain de la noce. Le ramequin, étant un aliment réconfortant, signifie que les Jeunes époux ont besoin de se refaire des fatigues de la nuit.
Dans quelques endroits, les jeunes mariés, pour se soustraire à cette plaisanterie de haut goût, font leur possible pour qu'on ignore le lieu où ils passent la nuit, mais en vain I Un invité loustic finit toujours par découvrir la mystérieuse retraite, et pour que la fête soit complète, on s'arrange de manière à surprendre les époux au lit. On leur fait alors subir la cérémonie du ramequin en l'accompagnant do chansons de circonstance, c'est-à-dire fortement épicées. Nous croyons que cet usage est complètement disparu. || Rèties au fromage fondu. D'après l'Académie, c'est une pâtisserie au fromage. Voici comment le dictionnaire de Trévoux définit le ramequin :
« C'est une espèce de ragoût que font les goinfres pour sa proTp-
quer à boire, et qui est fait de fromage étendu sur une rôtie assaisonnée de sucre, de poivre, ou autre épicerie. On ne s'avise guère de faire des ramequins qu'au dessert pour exciter à boire. »
Aujourd'hui, au moins dans le Vendômois, c'est un fromage affiné fondu avec du beurre et du lait, qui se mange avec des rôties.
Autrefois, à Vendôme, les bourgeois avaient Tétrange prétention de boire du vin nature. Alors, le vendeur invitait le naïf consommateur à déjeuner à sa closerie et lui servait invariablement un ramequin après lequel on goûtait le vin. Il était toujours exquis (1) !
Il existe une singulière brochure imprimée à Marolles en 1755. C'est une satire dirigée contre quelques peintres qui avaient voulu introduire Tusage de la peinture à la cire. Elle est intitulée : Art nouveau de la peinture en fromage ou ramequin, inventée pour suivre le louable projet de trouver graduellement des façons de peindre inférieures à celles qui existent.
Étym. inc. Peut-être deTall. rahm, crème, d'après Littré.
Ramette (ra-mèf), s. f. Petit pain fait avec les raclures du pétrin et des paillons.
Ramona (ra-mo-gnia), s. m. Ramoneur.
Raxnonciner (se) (ra-mon-si-né), v. réf. Se tapir, s'aponicher, se ramasser.
Rancé (ran-sé), adj. Courbé sous le poids des fruits.
Patois normand, rancer, plier sous le faix; Pro v., ranca, souffrir.
Rancher (ran-ché), s. m. Panneau de devant et de derrière de la charrette. Berceau de la voiture destiné à garantir le chargement du contact des roues. L'Académie le définit : sorte d'échelle !
Ane. fr. Ranchier, même sens.
Rander (ran-dé), v. n. Ronronner, en parlant du chat. Étvm. inc.
(I) Ce procédé est loin d'être moderne. Pierre Crescenzi, mort en 1320, dans son Opua ruralium commodorum, le plus ancien, mais non le plus mauvais traité de viticulture, traduit en français par ordre de Charles V, en 1373, s'exprime ainsi : « Mais les autres font plus malicieusement, car ils donnent noiz et fromaige à ceux qui doivent essaier le vin, afan que quant ilz auront mangé, leur goust. qui estoit bon et certain, soit deceu et changié. Et j'ay dit de cecy afïin que nul nç déçoive et non pas pour autruy décevoir. 9
Ransper (rans-pé), v. a. Radouber, raccommoder des bas. Ktym. inc.
Râpé (rA-p(''), s. m. Boisson ou piquette de raisin ou de fruits. Plus ordinairement boisson faiteavecla n\pe ou marc de raisin. Il y a le marc gras ou pissant, on le garde pour soi, et le marc sec ou pressuré, on en fait des libéralités. || Boire sur le rûpé, proverbe local, l'ser d'une chose dont un autre a eu les prémices ; n'élre pas difticile, se contenter de peu, épouser une femme qui ne pourrait pas précisément prétendre au surnom de Jeanne dWrr.
Ane. fr. Uaspê. Bas-latin. raspetu}n, boisson.
Rapia ira-pia), adj. Avare, grigou, rapace.
Ane. fr. rapiaus, rapace. Du latin rapere.
Rapiam (ra-pianï'). Dans cette locution : le diable me rapiam.
Rapiamus (ra-pia-mus'), s. m. Sacristain. Ce mot latin ferait croire qu'autrefois les sacristains étaient légèrement rapaces.
Raquette (ra-kèf), s. f. Vieille futaille bonne à réformer.
Raquin (ra-kin), adj. Bêche, réchin, âpre au goût. Se dit spécialement, dans le Perche, du cidre qui devient dur, prêt à tourner. (V. nêchin.) (»erm. liesch, rude.
Rase (raz'), s. f. Ancienne mesure de capacité et de sujierficie. — Tne rase de grain, une rase de terre. (V. Raise.)
Raserie ira-z'rie), s. f. Boutique du barbier. — Viens-tu faire un tour à la raserie ? Ce lieu, pour bien des gens, remplace le cercle ; c'est là qu'on va savoir les ragots du quartier. Ça n'empêche pas d'aller ensuite au café.
Rassouatir (ra-soua-ti), v. a. Dessécher ; du pain rassouati.
Ratage (ra-taj'i, s. m. Dommage occasionné dans les granges et greniers par le vermenier et la rataille.
Rataille (ra-taiy'), s. f. Abondance de rats, de souris, devarmenier. — Y a de la rataille dans c'te grange.
Ratapiole (ra-ta-piol'j, s. f. Personne ou chose méprisable, ridicule.
Étvm. inc.
Rataponner (ra-ta-po-né), v. a. Mettre en tapon, empaqueter maladroitement. || Se rataponner, se replier sur soi-même, s'aponicher.
Rateleur (ra-t'leur'), s. m. Grand râteau qui sert aux pauvres à glaner les restes de foin dans les prés. On dit aussi une Râtelle.
Rati irà-ti), s. m. Goût de brûlé, de mauvaise cuisine, de rata. Il Sa bouillie sent le râti (le brûlé), loc. locale, c'est-à-dire : ses affaires vont mal.
Ratiau (rû-tio), s. m. Râteau. — Le ratiau de l'échiné, l'ensemble des apophyses des vertèbres. Il Le Ratiau, la constellation d'Orion, qui rappelle avec un peu de bonne volonté la forme d'un râteau.
Ratonner (ra-to-né), v. n. Rabâcher, répéter toujours les mêmes choses.
Étvm. inc.
Rau (ro), s. m. État de la chatte en amour. || Conti-action de rehaut, augmentation dégages. — J'ai pas gardé nout' charretier, pac' qu'i d'mandait du rau.
Raval (ra-val), s. m. Terme de construction, ravalement, partie qui se trouve entre le sommet des murs et les chevrons.
Ravaud (ra-vo), s. m. Bruit, tapage agaçant. — T'as pas fini de faire du ravaud? || Bruit insolite dont on ignore la cause. — Y a du ravaud dans le guernier. (V. Hahater.) Ane. fr. Ravot, ravoi, vacarme.
Ravauder (ra-vô-dé), v. a. Raccommoder ; d'après l'Académie, ce mot ne s'applique qu'aux réparations de vêtements ; ici on dit aussi bien ravauder des bas que ravauder un vieux meuble, un vieux fût. || On est dans la ravauderie, époque qui précède les vendanges, et où l'on entend battre les poinçons. |j Syn. de Râbater.
Ravenelle (rav'nèl'), s. f. FMante, llaphanus vaphanistmm, crucifères.
Raveuglet (ra-veu-glé), s. m. Entonnoir rond en bois, contenant environ cinq litres ; on dit aussi ravouglette et ravoujrlet.
Ktvm. inc.
On emploie le ravouglé pour les boissons (de marc, etc.) ; on y vide un pichet plein d'eau, avant d'en tirer une quantité égale à la champelure.
C'est le tonneau des Dana ides.
Rayée (ré-iée), s. f. Rayon de soleil entre deux ondées.
Raya (ra-iu), adj. Touffu, feuillu, une haerayue. (Perche.) Étym. inc.
Razin (ra-zin), s. m. Gratin qui reste au fond du poêlon où l'on fait la bouillie.
Ane. fr. Razis, gâteau.
Réage (ré-aj'), s. m. Rayon de labour. (V. Raie.) Nom de localités. Les longs Réages, commune de Villetrun, les longs Réages, commune de Ruan. On prononce aussi riage.
Rebanqueté (r'bank'-té), s. m. Deuxième repas des moissonneurs, vers dix heures du matin.
Rebiller (r'-bi-ié), v. n. Revenir sur ce qu'on a déjà dit, se répéter. Il Recommencer une partie de cartes, de canettes, un jeu quelconque.
Ane. fr. Rebiller, revenir précipitamment.
Rebouler (r'bou-lé), v. a. Rouler les yeux, avoir les yeux hagards, lancer des regards de colère. (V. Ribouler.^ [\ Une pointe qu'on enfonce dans un mur se reboule (se replie en rond au bout), en rencontrant une pierre dure.
Du latin revolvere, retourner, rouler.
Gh. Nisard fait venir ribouler de ribaud, regards ribauds, regards provoquants. Mais, ordinairement, ribouler des yeux n'a pas le sens de reluquer, faire de l'œil. Une personne qui a une attaque d'épilepsie riboule des yeux. Mais cela ne se dit pas d'une femme coquette, agaçante. || R'bouler des yeux comme un chat qui foire dans du son, loc. locale.
Rebouteux (r'bou-teù), s. m. Celui qui reboute les membres déboutés. Dans la campagne, le rebouteur jouit d'une bien plus grande considération que le médecin, par la raison qu'il sait sans avoir jamais appris !
Recéneuse (r'cé-neuz'), s.' f. Reprise de couture. — Faire une recéneuse à un vêtement. — On dit aussi recénure.
Récent u'é-san), adj. A jeun, frais, dispos. Se dit surtout d'un homme qui a l'habitude de s'enivrer. Lorsqu'il est dans une période de bon sens, qu'il n'a pas encore bu, il est récent.
« Le Président : L'inculpé était ivre? —Le témoin : Non, M*sieu, il était récent. »
(La police correctionnelle.)
Recéper (r'sé-pé), v. a. Outre le sens de rabattre un arbre sur le pied, admis par l'Académie, ce mot veut dire encore recevoir, rattraper. (V. Baguette}*, réchapper, réciper.)
Le pauvre maire est plein d'ennui, Ne parle que de se démettre.
Mes amis, fermez la fenêtre, Ou sortez pour le recéper.
(L'abbé Souchay» La halle.)
Réchapper (ré-cha-pé), v. a. Recevoir, raguetter.
Réchever (ré-chê-vù), v. n. Faire une rechute dans une maladie. Probablement Rechoir.
Réchin (ré-chin), adj. Chagrin, triste, de mauvaise humeur, grincheux, rébarbatif. Foulques, comte d'Anjou, était surnonnné le Réchin à cause delà rudesse de ses mœurs.
Fulco, réchin dictas, quod germani (Gaufridi) simpUcitati crebro infrendens ad uUimum honore spoUatum perpétua custodia coercuerit. »
( Wiihelmus malmeaburiensis, alias de Vorceater.)
Réciner (ré-si-né), v. n. Faire collation.
Latin, re, «dupl., et Cena, repas.
Réciper (ré-si-pé), v. a. Recevoir. — Il a été ben récipé. Latin, Recipere.
Recœurté (r*keur-té), adj. Bien mis, dans ses atours. — Vous v'ia toute recœurtée ! Qui a repris du cœur.
Récopiaa (ré-ko-pio), s. m. Don fait par le vendeur en sus du marché. (V. Ramendeau.)
Recopper (ré-ko-pé;, v. n. Recommencer une nouvelle partie, rebiller.
Rectablement (rek-tab'man), adv. Exactement, recta.
Reçu (ré-ku), s. m. Odeur de gâté, de pourri, de relent, d'évent. Élym. inc.
Refendre (re-fandr'), v. a. Terme de labour, entamer un sillon pour le premier labour.
Refoulure (r'fou-lur'), s. f. Mal qui s'est envenimé faute de soins, rhumeur s'est trouvée refoulée au lieu de sortir.
Règne (régn'), s. m. Période, laps de temps, le plus souvent en mauvaise part. — Un mauvais règne, un mauvais gouvernement, quel qu'en soit le nom. — Une mauvaise période de sécheresse, de pluie, de misère. — Un mauvais règne est bentôt passé. || Direction, administration. — Sous le règne de tel maire. — Sous le règne de maître Renard, la ferme marchait mieux qu'aujourd'hui.
c Pareillement les vignes par le règne des vieilles gens ne furent de leur connaissance si belles. »
(Mémoires -du chanoine Garrault.)
Régner (ré-gné), v. n. Vivre, durer. — Le malade a régné plus longtemps qu^on aurait cru. — Il a régné presque cent ans. — La sécheresse a régné trois mois de suite.
Regonciau (ré-gon-sioi, s. m. Arc-en-ciel. (Perche.) Ktvm. inc.
Regorg (reu-gor), s. m. Action de regorger, en parlant des eaux retenues. — L'meugnié a pas Tvé ses pales, ça donne du regorg dans mon pré.
Regouamage (r*goua-maj'), s. m. Pousse tardive, dernière pousse de la vigne après une gelée. — Le vin de regouamage n*est jamais bon.
Regouamer (r*goua-mé), v. n. Repartir du pied, en parlant d'un arbre ou d'une plante. — La vigne gelée a regouamé. Ktym. De regain. Repousser comme le regain.
Regricher (se) (r'gri-ché), v. réf. Se rebiffer, se redresser, tenir tète. Il Regriché, adj. Rabattu par le vent, les plumes des poules sont regrichih'H. \\ v. a. Le vent regriché les poils des animaux.
Réhau (ré-au), s. m. (V. Ran.) État de la chatte en chaleur.
Reintier (rin-tié), s. m. Les reins. — J'ai une douleur dans le reintier.
Relicher (r'ii-ché), v. a. Faire bombance. — C'ti-là, c'est un r'iicheux. (V. Licher.)
Rexnbletter (ran-blé-té), v. a. Réparer, rattacher. Se dit spécialement d'une poterie réparée avec des arçons de fil de fer. — Tne soupière reniblettée.
Remède ir'mèd'), s. m. Gliose ou personne ennuyeuse, canulantc. — Est i embêtant ! c'est un vrai r'mède. — Qu'équ'tas donc ? tu m'tourmentes comme un remède, n est inutile d'expliquer de quelle sorte de remède il s'agit.
Remoulette (ré-mou-lèf), s. f. Petite meule de rémouleur.
Rexnpirer (ran-pi-ré), v. n. Empirer, aller plus mal. — R a ben rempiré depuis ce matin.
Bienlieureux soit mon tourment qui rempire.
(Ronsard.)
Rexnuage (reu-muaj'), s. m. Aaïuit à caution, congé, tout papier érnané de la régie. Billet de remuage se disait encore à Paris, au siècle dernier. L'Académie donne à remuage le sens de enlèvement, ou transport de vin, tandis que c'est le droit d'enlever, de remuer le vin.
Renaré (r'nà-ré), adj. Roué, fin, subtil comme un renard.
Rencherdir (ran-cher-di), v. n. Renchérir. — Le pain est ren cherdi depuis huit jours.
René (à) (r'né), loc. adv. En arrière. (V. Arené,)
Renguerger (ran-gueur-jé), v. a. Rengréger, aggraver.
Renier (ran-té), v. a. Dere et enter. Réparer un vieux bas en remplaçant le pied et gardant la jambe. On fait une renture à une porte ou une fenêtre en remplaçant une partie de la pièce de bois usée par une neuve.
Rentourer (ran-tou-rè), v. a. Entourer. — Il a rentouré son jardin de charniers, rapport aux poules. — Un parc rentouré de mure.
Rentoumer (se) (ran -tour-né), v. réf. S'en retourner. — J'vas mVentourner.
Repentu (r'pan-tu), part, passé de repentir.
Répequeté (ré-pek-té), adj. Rerais à neuf. Se dit des vêtements et même des gens. — Un malade est répequeté lorsqu'il reprend du ton, de la mine, qu'il relève la pecque. (V. ce mot.) A rapp. du bas-latin Repeciatus, rapiécé.
Repigeonner (r'pi-jo-né), v. n. Regouamer, repousser sur le pied, en parlant des végétaux.
Repiquer (r'pi-ké), v. n. Reprendre faveur, augmenter de prix, en parlant des végétaux.
Repiquer (r'pi-ké), v. n. Reprendre faveur, augmenter de prix, en parlant des marchandises. — Les orges ont repiqué. Il Recommencer. Si nous repiquions un tour de boisson ?
Répon (ré-pon), part, passé de réponre ou réponer, anciennes formes de répondre. Je répons, nous réponnons, j'ai répon.
En tous les leux où vous venez Vous répcaez : hari, hari, C'est por l'amor de mon mari.
{Romande la Ro^e.)
Répusser iré-pu-sé), v. n. Reculer, rebondir, repousser, eu parlant d'un fusil.
Ane. fr. Repucer, ruer, regimber. Conf. lat. Repulsio.
Requertonné (r'ker-to-né), adj. Tiré à quatre épingles, requinqué.
Étym. inc.
Requête (re-këf), s. f. Abbatis de volaille. — Une requête d'oie, de dinde. Les bourgeois qui ont la prétention de bien parier disent un requét.
Du latin reliquiœ^ reliefs. Ce sont les bourgeois qui ont raison, une fois n'est pas coutume.
En 1848, des jeunes gens ayant à se plaindre de je ne sais quel grief, ou éprouvant simplement le besoin de manifester, se présentent chez le Procureur que le gouvernement provisoire avait oublié de remplacer. « M. le Procureur de la République, nous venons vous présenter une requête. — Une requête d'oie?» fit le fonctionnaire peu tendre pour le nouveau régime. Les manifestants furent tellement démontés par cette sortie qu'ils disparurent en emportant leur papier.
Recpiiller (r'ki-ié), v. n. Recommencer à jouer. (V. Étiller, rebiller.) Étym. inc.
Résillon (ré-zi-ion), s. m. Traverses de bois qui portent les vitres d'une fenêtre, plombs des vitraux.
Résous (ré-zou), adj. Résolu, brave, bien portant. — Un gas bon résous. - J'sais pas ben résoute. Je suis mal en train.
Résous est le participe de l'ancien verbe français ressourdre, part, ressourt, qui signifiait, guérir, ranimer, relever, ressusciter, du latin resttrgere.
Lois résourdroDt les morts.
{Sermons de saint Bernard.)
Resse (res'), s. f. Petite corbeille ou manne en osier, en forme de van. On s'en sert pour ramasser les pommes à cidre. Les cantonniers emploient la resse pour transporter et épandre de petites quantités de cailloux sur les routes. Étym. inc.
Ressort (ré-so-ri), adj. Desséché, rissolé. De re, dupl., et essore y séché. On dit aussi ressoré.
Ressuer (rcu-sué), v. n. Dans le Vendômois, ce mot s'applique aux fromages que l'on fait sécher au dehors avant de les rentrer pour éviter une fermentation trop rapide.
Rester (res- té), v. n. S'arrêter, en parlant de la végétation. — Par cette sécheresse, les avoines sont restées. Il Demeurer, habiter. — Et vous, où qu'vous restez?— Moue, j'reste au bouaz-aux-mouènes (au Bois-aux-Moines).
Restant de chez vous, loc. La famille, la compagnie. — Ça va ben, et le restant de chez vous?
Restant de Fécu, loc. iron. Même sens à peu près, mais avec rintenlion de mauvaise humeur. — Une personne qui voit arriver un ami suivi de ses enfants s'écrie : Ben, v'Ial'restant d*récu, à présent.
Retas (r'tâ), s. m. Petit cidre. Lorsque les pommes ont été pressurées une première fois, on reprend le marc, que l'on met macérer dans Teau pendant un certain temps, puis on presse à nouveau. Le jus de cette serre se nomme retas (marc retaillé). Aujourd'hui, le retas est toujours mélangé avec la mère goutte.
Retinton (r'tin-ton), s. m. Retour affaibli d'une chose, d'une maladie, revenez-y. — J'ai un petit retinton de fièvre Latin Rétinerey relentum.
Retirance (r'ti-rans'), s. f. Demeure, lieu où l'on se retire.
Retiron (r'ti-ron), s. m. Petit cidre fait avec la macération du marc dans l'eau.
Retournure (r'tour-nur'), s. f. Mensonge, défaite. — C'gouin-là a ti des retournures !
Reugler (reù-glé), v. n. Être rassasié, dégoûté, avoir des hautle-corps. (Perche.) — On peut ben vous donner des pommes, nos avéras reuglant dessus.
Étym. inc.
Revauger (re-vô-jé), v. n. Fouiller, remuer sans précaution, mettre en désordre. — Revauger dans l'ormoire, y mettre tout sens dessus dessous. Revauger parait une forme de ravauder.
Revégés (r'vé jée), loc. adv. A la revégée, au revoir.
Revenir (r'veu-ni), v. unip. Gi revient, ça rabâte, il y a des revenants. — Ça revient dans c'te maison.
Revenger (re-van-jé), v. réf. Se venger, prendre sa revanche. — Tu m'as fait une crasse, mais j'me r' vengerai. Ce mot, autrefois, avait le sens de redresser la tète, se rebiffer.
Comme le ver quand on le foule ou blesse S'est revengé...
(Jean Marot, 1463-1523.)
Rêveuse (ré-veuz'), s. f. Somnambule qui donne des consultations. ~ J'vas à la rêveuse. Ce mot est plus simple et plus naturel que le terme scientifique de somnambule.
Rez ài «»u à ras <a-ré . 1«".-. adv. Tenue de mesura^e. A rez la iiK-siire. On vi-ndait aiitref«jis 1*^ son à rez, c'est-à-dire à nis les I»tfn1> de la mesure. A deux rez. eiifoité. Ces expressions ont pre*^|ue disparu aujourd'hui que presque toutes les denré^.'S se vendent au ixjîiis.
Rheameireum* . s. m. Rhume. Dans le Perclie, on prononce rhime ou mieux rhieume.
.Xnr. fr. Uheunie. du iire*- soux.
Riage <rîaj*). s. m. Sillon. (V. /f^'ci'/tv. »
Riain (rlii-ini. .s. m. |{c*gaîn. Deuxième cou|ie des fourrages. OHte forme riain. qui parait «Hrange au premier al>ord, n*a (repcfmiant rien qui doive nous surprendre ; comme le dit ava* raisfjn Litlré, ce n'est |)as un barbarisme, mais bien une «jiicienne furriM', dont la prononciation variis avec les régions. Kn wallon on prononce à peu près comme à Vendôme, r*wain; en franr-comtois, r'vo\ in : normand, rouin ; picard, rouain.
Dans l'anc. fr. (;ai;;ner (V. Cagnage) voulait dire cultiver, (Tsiain, pâturage. Gain n'est qu'une transformation de l'ancien h. ail. n'eida, pâture. Tout le monde sait avecquelle facilité le r ou ir se Iransfonne en gw ou g.
Riau (rio), s. m. Ruisseau, ravin.
.\nc. fr. Hiau, ruau, ru. Dans les langues méridionales, rio.
Du latin, liivus, ruisseau.
Hiau de Petras, ruisseau à Saint-Calais et à Mondoubleau.
Biauder (rio-dé), v. ii. Sourire, rire ironiquement. Ane. fr. Riauder, njême sens.
Riban (ri-han). s. m. Itiihaii.
Ane. fr. Riban.
Je voudrois •"•Ire le riban Oui serre sa belle p^itriDc.
(Jaenouille des deux bouts et greslette et menue Un |>eii grosse au milieu où la filasse tient Bstrcinfe d'un riban qui de Montoire vient.
(Ronsard.)
Jo prends des ribans sans chagrin
Que noute demoiselle Me baillit en temps un matin.
(La grande bible des \oêls.)
Ribaudaille (ri-bô-dày'), s. f. Terme de mépris, canaille, ramassis de ribauds. Dans quelques endroits on prononce rivaudaille.
Ane. fr. Ribaldaille.
Hibergére (ri-ber-jèr'), s. f. Fête et repas traditionnel dn quatrième dimanche du carême. On se réunissait dans un endroit désigné, on allumait un j^rand feu devant lequel on faisait cuire ce que chacun avait apporté. Le repas se terminait par des danses jusqu'à la nuit. Cet usage est à peu près perdu. Dans le Maine, les enfants faisaient rouler sur une pente des œufs durs, et se précipitaient pour les attraper. On pourrait faire venir ce mol du v. fr. Riber, bas-latin ribaldmtve, s'amuser, folùtrer. Mais ces mots ont un sens obscène qui .s'accorde peu avec la fête quasi-religieuse de la Ribergère. Quelquefois, au retour de la fêle, des jeunes gens et des jeunes filles ont pu ribouder ensemble, mais ça ne faisait pas partie du programme.
Ribon-ribaine (ri-bon-ri-bèn'), lor. adv. Bon gré, mal gré. Ane. fr. Même sens.
(T A quoi il fut répondu que, ribon-rihaine, ils paieroient. »
(Mantellier.)
Ribouilla (ri-bou-ia), loc. iron. Faire ribouilla, faire honte. Les enfants, lorsqu'ils veulent faire sentir à l'un d'eux qu'il s'est mal conduit, qu'il a caponné ou cafTardé, ou simplement pour se moquer de lui, tournent l'index de la main droite dans le creux de la main gauche, après avoir fait semblant d'y cracher, en disant : ribouilli, ribouillé! Cela veut dire sans doute qu'il a agi en ribaud. Dans tous les cas c'est uneinsulte, c'estcomme si on voulait rouler l'individu conspué dans le crachat.
Ribouler (ri-bou-lé), v. a. Rouler les yeux. (V. Rebouler.)
Riboussé (ri-bou-sé), adj. Hérissé, rebroussé. —11 a les cheveux riboussés. (Vest peut-être une prononciation de rebroussé.
Ridelle (ri-dèl'), s. f. Outre le sens général, ce mot veut encore dire garde-fou, parapet, même en pierre, d'un pont ; d'un quai. — Ces mâtins d'trains, i sont pourtant cor à courir sur les ridelles du pont.
Rier (rrié), adv. Arrière, employé par les charretiers pour faire reculer les chevaux.
Encore un mot qu'on prendrait pour une corruption de
arrière. Mais c'est l'anc. fr. Rier, rière, venu régulièrement du latin Rétro. Plus tard, en soudant la préposition à au substantif on en a fait arrière. On disait originairement aller h rière.
Rillage (ri-faj"), adj. Rude, épineux, raboteux, bérissé. Une bourrée d'épines est riffage. — On a les mains riffages. || Figuré, revèche, maussade, de mauvaise humeur. — Un caractère riflfage. (Perche.)
Probablement de Tanc. fr. Riffer, rifler. Germ. Riffen, arracher, rafler.
RiUler (rif-flé), v. a. Effleurer, raser, passer très près d'un objet sans le toucher, frôler. — La balle m'a riflé la figure. Le vent rifle la surface de l'eau, un malfaiteur rifle le code pénal.
Ane. fr. Riffler, écorcher (1).
Rigaille (ri-gây'), s. f. Petit feu de réjouissance, jouannée. Probablement de rigoler, se réjouir. (Perche.)
Rigoler (ri-go-lè), v. n. Outre le sens de s'amuser, rigoler veut encore dire rouler de haut en bas, couler. -- On dit aussi rigouler. — J'ai rigoulé du haut du grippé. — L'iau me rigoule dans le cou.
De rigole, celt. rhigol^ fossé, sillon.
Rigotter (ri-go-té), v. a. Recevoir. (V. Baguetter,)
Rille (riy'), s. f. Hillons. Le diminutif rillettes est seul admis par l'Académie.
A Vendônio, rillcs est synonyme de rillons ; on va acheter des rilles chez le charcutier. (V. RiUon.)
Rillon (ri-ioni, s. m. Petits morceaux de porc qui ont subi une cuisson particulière. Los rillons ne sont pas connus, au moins sous co nom, autre part qu'à Blois, Vendôme et Tours. A Orléans, ou vend des grattons, mais les morceaux sont plus petits et la cuisson n'est pas la môme.
Étym. inc.
Ane. fr. Rihelelte, rille. — Probablement dérivé de griller.
(I) Riffler signifie aussi chipper, réfler, môme avaler. lia paru, à Vendôme, pendant quelques mois de 1882, une petite publication illustrée, ia-lG, intitulée : Les lUflarniouillea. L'auteur, Percheron, après avoir rappol»> qu'il emprunte ce mot à Rabelais, explique que riffler signifie avaler gloutonnement. « Nous autres, gens de la campagne, c'est nous ue jTournissons les andoiiijlcs, ci c'est les Parisiens qui le? rifflent. »
Ménage y voit une contraction de relief, et Toubin le fait franchement venir du sanskrit tn/, rôtir, fricasser !
Rin (rin), s. m. Rien. Rin que, seulement. — P'pa, do' moue rin qu'deux sous. — Non, t'auras rin de rin. Il Un rien tout neuf, plaisanterie qu'on fait aux enfants qui demandent quelque chose. — Qu'oqu'tu m'apporteras d'ia fouère ? — Un p'ti rin tout neu l»ordé de jaune !
Rincette (rin-sèf), s. f. Petit verre d'eau-de-vie que l'on prend après le pousse-café, pour rincer sa tasse... ou son gosier. Il y a môme des gens qui prennent la surrincette.
Ringeau (rin-jo), s. m. Vase dans lequel on donne la nourriture aux animaux.
Ranger (rin-jé), v. n. Ruminer.
Ane. fr. Ringer, ronger.
Riole (riol'), s. f. IvTesse très légère, gaîté. — Être en riole, être un peu lancé. Le dictionnaire de Trévoux défmit riole honnête débauche.
Ane. fr. Riole, bavardage, plaisanterie. Burguy fait venir ce mot, comme celui de rigoler, de l'anc. ail. Riga, ail. mod. Reigen, chanson, danse.
Rion (rion), s. m. Rayon, sillon, ados pour cultiver certaines plantes. — Un rion de haricots, de pommes de terre. — Un rion de vigne, dans les régions où elle est cultivée en ligne.
Ce mot est-il une contraction de rayon, raditi."?, ou, comme le pense Moisy, de Riga^ bas-latin, substantif du v. RigarCj arroser, qui a formé rigole ?
Ripopèt (ri-po-pè), s. m. Mélasse. (Perche.)
Rique (rik'), s. f. On dit aussi un ricouas. Rosse, cheval maigre, chétif. On dit aussi ripiau.
Langue d'oc, Raca, rosse.
Riquiqni (ri-ki-ki), s. m. Goutte de liqueur que l'on offre, soit comme apéritif, soit comme digestif. S'applique plus spécialement aux liqueurs faites à la maison. Nous avons connu un brave curé qui ne manquait jamais d'offrir un verre de riquiquiàses visiteurs. Il allait chercher li bouteille... dans sa table de nuit. || Se dit aussi pour désigner le petit doigt aux enfants. On termine l'énumération par :
Le petit rlquiqui, ^u'a mangé le rôtij
Robignoler (ro-bi-gno-lé), v. n. Protester, murmurer, se rebifTer.
Étym. inc.
Robin (ro-bin), s. m. Taureau.
Roguignas (ro-ghi-gnà), s. m. Favoris, barbe. — M. Jules Ferry avait de bien beaux roguignas!
Roir (à) (a-roué), loc. adv. Au revoir.
Roirjée (rouér-jée), loc. adv. Ma roirjée, au revoir. (V./î<'rr;Vc.)
RoUon (ro-lon), s. m. Barreau rond de chaise ou d'échelle. Rouleau.
Ane. fr. Rollon, bùton. (V. citation à Rôtie.)
Rommer (rô-mé), v. n. Respirer avec effort, n\ler. — Ça y romme dans le gosier.
Ane. fr. Rommeler, ruminer. Onomatopée.
Roncier (ron-sié), s. m. Lieu couvert de ronces. — Y a un lapin musse dans c*roncier, et mon chien n'peut pas rdécanicher.
Rond (ron), adj. Légèrement ivre. — Rond comme un boudin. On commence par être en riole, puis on est rond, puis gris, etc. Dans l'argot de Paris, on dit éméché et allumé.
Rondir (ron-di), v. a. Rondir les yeux, faire les yeux ronds, ribouler. (V. ce mot.) On dit aussi rondiller.
Rosir (ro-zi), v. n. Devenir rose. — Les cerises commencent à rosir. — I va mieux, vont* gas, vUa ses joues qui rosissent.
Comme le fait remarquer Jaubert, c'est un mot qui manque en français.
Rote (rot'), s. f. Petit sentier, traite, raise. — Rote au chat, passage étroit. On dit d'une bonne paresseuse : elle n'balie qu'la rote aux chats, c'est-à-dire que le passage d'une personne. Il Rote au pain bénit, loc. Quand on s'engoue en avalant, les voisins disent : ca a passé par la rote au pain bénit, probablement parce que ce pain, très sec, s'avale difficilement à l'église, où l'on n'a pas la ressource de le faire passer avec une gorgée de liquide.
Ane. fr. Rote, route. Bas-latin, rupta, route. Le mot celtique rot' veut dire aussi chemin, rot ma<j^ en bas-latin Hotomagus^ Rouen, Ruan, ville du chemin.
Rôtie (roû-tie), s. f. Soupe au vin offerte aux personnes fatiguées, aux nouveaux mariés. (V. Ramequin,) \\ Boire sur la roûtie, se dorlotter, se soigner. La rôtie au vin est d'un grand
usage dans la médecine populaire ; pour toute indisposition on commence par faire prendre une rôtie. Cela s'explique parce que la plus grande partie des maladies des pauvres gens viennent de l'inanition, de Tépuisement, et qu'ils ont grand besoin de réconfortants.
La rôtie au cidre ou au vin se compose d'un de ces liquides tiédi dans un gégneux, et dans lequel on brise une rôtie de pain. Le vrai Percheron, pour bien savourer la rôtie, se place (levant le feu, le pot entre les jambes, et mange à la pointe du couteau. Aujourd'hui il y a des gens qui ont adopté la cuiller, mais ce sont des sybarites, qui n'ont aucun respect pour les coutumes de leurs ancêtres. || Mettre son pain devant la rôtie de quelqu'un, prov. loc. : le supplanter, le devancer dans une affaire; bâtir en face d'un autre, et lui enlever l'air et la vue.
Rotiner (ro-ti-né), v. n. Passer et repasser fréquemment dans le même endroit, y tracer une rote.
Rotte (rot), s. f. Hart, branche flexible pour lier des fagots. Ane. fr. Roerte, reorte, roele. Bas-latin, retorta, branche tordue.
a Donaoit 8. Martino in siloa Perticl pastlonem ...Mmillter quoque retortas et sollones. »
(Tabularium vindoclnense), publié par la Société archéologique du Vendômois.
Il Proverbe. Il n'y a plus de bourrées à lier faute de rottes, c'est-à-dire : plus d'hardelles à marier faute de gas. Cependant, un autre proverbe local dit : Il n'y a si ch'ti fagot qui ne trouve son ian, c'est-à-dire : il n'y a fille si mal fichue qui ne trouve sinon un mari, du moins un amoureux. — Il est franc comme une rotte de seu (sureau), prov. loc.
Rottée (ro-tée), s. f. Ce qui est lié avec une rotte. — Une rottée de bois, une rottée d'écorces.
Rouable (rou-ab'), s. m. Ràble.
Ane. fr. Roable, rouable. Bas-latin, Bolabulum, même sens
Rouache (rou-ach'), s. f. Mouche qui suce le sang des animaux.
Rouane (rouan'), s. f. Tique ou Ixode Ricin de la classe des arachnides, qui s'attache à la peau des animaux et se gonfle de sang.
Roucher (rou-ché)^ v. a. Sucer. (Perche.) Étym. inc.
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