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A^'ir i* ■; j: *.'■.' • A. îâ.v-.-.-'r ie> ariOLri. ies trachéennes.
Rotii ^rorjii. ;«•],. M/à*.>:r-r. r-'Uiiàv par rriurnidité. — Da blé roui. l m t*^ rria;ri.s r^mes d'avoir la\ê.
Rofiitlon «ro'j-iorM. s. m. Vieille monnaie hors d^nsage, ronillèe.
Boaincer ^rouin-?^'!. v. n. Grin«.*er, proiluire le bruit du fer
roMilU'î qui ^rrin'^e t>\\t du fer. — Iji girouette rouince. — Une
\ntrU', nttiiurt- sur ^f'> ^'onds. — Une scie qu'on afTiite rouince.
Wt'Uftir. — f/' ch';val rouin'-e après la jument. Onomatopée.
Rouler (rou-Wn, v. a. Terme de maquignon. — Tromper, n;fairi!. -- Lu maître Jean a été ben roulé par le marchand de
VfJClMîH.
Roiilavent Mourvan), h. fn. Nom de plante. Chardon roulant,
Rotili^ro (i'()ti-li^r*)y h. f. RIonse que portaient autrefois les pHiliMi'»*, qui nujoiinriiui sont v<>lus comme tout le monde,
Roupie (rou-pie), s. f. Caroncule rouge qui surmonte le bec du dindon et qui pend. || Roupie de coq d'Inde, chatons mâles de différents arbres, noyer, peuplier, etc. On désigne quelquefois sous ce nom la grappe rouge de la renouée persicaire. || Roupie de singe, mauvais cafetiau, surtout mauvaise eau-de-vie. — Goutez-ça, voire, c'est pas de la roupie de singe.
Rousée (rou'zée), s. f. Rosée.
Ane. fr.
« 1800. — On a école les vignes sans rousée. «
(Journal de Lattron.)
Tendre à la char comme rousée Simple f\i comme une espousée.
(Roman de la Rose.)
Roussard (rou-sar), s. m. Grès rouge foncé, très dur, de Cormenon, canton de Mondoubleau.
Roussette (rou-sèt*), s. m. Petits losanges de pâtisserie qui se font frire,
Roussiau (rou-sio), s. m. Ruisseau, dans le Perche.
Roussière (rou-sièr*), s. f. Terre légère, à la surface effritée, dans laquelle les plantes roussissent facilement.
Roustée (rous-tée), s. f. Action de battre ; on menace quelquequefois les enfants d'une roustée. (V. Rossée.)
Routie. (V. Rôtie.)
Ru, ruau, s. m. Ruisseau. (V. Riau.) Nom de localités. — Les Ruaux, commune de Saint-Ouen.
Ruban de queue, locution employée pour caractériser la longueur d'une route. — Y a un fier ruban de queue entre Vendôme et Mondoubiau.
Ruche (ruch'), s. f. Longues feuilles submergées d'une plante aquatique, la sagittaire, sagittaria sagittœfoUa, qui pousse en abondance dans les rivières. Ces feuilles servent aux jardiniers du pays à attacher les plantes. Depuis quelques années, la ruche est remplacée par une plante exotique, le Raphia du Japon, qui est plus résistant.
Ruelle aux ohats. Passage très étroit, tour d'échelle entre deux maisons. Les ruelles aux chats ont presque partout disparu à cause de l'augmentation de valeur des terrains, les propriétaires s'entendant pour construire des mqrs mitoyens.
Ruelle aux pets. Nom d'une ruelle qui conduit delà rue delà Grève au ravin du Marderiau. Autrefois, il n'y avait guère de lieux d'aisances que dans les maisons situées sur le Loir. La ruelle éUirt fort obscure et tortueuse, les habitants du quartier lavaient adoptée pour cet usape. Inutile de direque le balayage y était totalement inconnu.
Buet (rué), s. m. Petite baguette de bois souple, fendue par un bout, servant aux enfants à lancer des pierres.
Le ruet plus court de 10 à 15 centimètres de longueur servait à fixer l'oribus (V. ce mot) à la cheminée. On taillait un bout en pointe et on renfonçait dans un joint de maçonnerie, et l'oribus se plaçait dans la fente du bois.
Conf. Huer, lancer, du latin Buere.
Russe (rus'), s. f. Plante, fleur jaune; moutarde sauvage, Sinapi» avveiisis.
Russiau (ru-sio), s. m. Ruisseau.
Ane. fr. Uussiaux.
Sabot (sa-bo), s. m. Souche, pied d'un arbre. — Uecéper un pommier sur le sabot.
Sabottée (sa-bo-tée), s. f. (V. Anciennes mesures.)
Saboulée isa-bou-Iée), s. f. Forte averse poussée par un grand vent. - Oh ! j*ai ti reçu une saboulée d'iau.
Sabourin (sa-bou-rin), s. m. Cordonnier, savetier. Étym. inc.
Sac (sa), s. m. (V. Ancie^incs mesures.)
Saccoter (sa-ko-té), v. a. Secouer, heurter, donner des saccades. — Un chemin saccotant. Diminutif de sacquer.
Sacquer (sa-kù), v. a. Môme sens. || Rendre le dernier soupir, le dernier sacquet. (Perche.)
Sacquet (.sa-ké), s. m. Saccade, secousse. — La voiture donne des sacquets.
Au moyen âge, on appelait sacquoir une poignée de porte en fer tordu, dans laquelle était pa.ssé un anneau, aussi en fer tordu. Comme Tusage de la sonnette était à peu près inconnu, lorsqu'on se présentait dans une maison, on frottait Tanneau du haut en bas sur la poignée. Le bruit avertissait les gens de rinlérieur, qui venaient ouvrir. Tout le monde a encore vu de ces poignées de porte .sans en comprendre Tusage. Nous nous souvenons avoir vu à Blois, il y a une trentaine d'années, une porte de ce genre avec cette inscription : Sacquez pour M'"« X..., et à cùté : Sonnez pour M. A...
Sacriste (sa-krisf), s. m. Sacristain. A Vendôme, le mot sacristain est inconnu.
Saffre (safr'), adj. Gourmand, glouton, qui mange avec avidité. Ce mot, qui se trouvait dans les anciens dictionnaires de l'Académie, n'a pas été reproduit dans Fédition de 1879. Ane. fr. Safre, glouton. Germ., safjariy goûter.
Sagouiné (sà-goui-né), adj. Sali, salopé. — De l'ouvrage sagouinée, faite par un sagouin. On dit aussi : Sagouané.
Saigne-nez (sègn'nù), s. m. Plante, millefeuille, Acfnllea miUcfolium. Les écoliers, qui cherchent toujours un prétexte pour sortir, provoquent le saignement de nez en se mettant des feuilles de cette plante dans le nez.
Sainte- Croix (l'œuvre de), loc. pop. Travail qui ne s'achève pas, comme le Dictionnaire historique de la langue Françaitse, par l'Académie, le boulevard Ha ussmann, rOpéra-Comiquey etc. Se dit dans tout l'Orléanais, par allusion à la lenteur de la reconstruction de la cathédrale de Sainte-Croix d'Orléans, dont Henri IV posa, dit-on, la première pierre, et qui ne fut terminée qu'à l'époque de la Révolution. D'après un préjugé populaire, la dernière pierre ne sera jamais posée ; il y a toujours quelque chose à faire ou à refaire à ce monument et on y verra toujours un échafaudage et un ouvrier, jusqu'à la consommation des siècles!
Saint-Jean. Dans le Vendùmois, la saint-Jean, 24 juin, est l'époque d'où partent les locations de maison. Les domesti(iues de ville entrent en place à la saint-Jean, c La saint-Jean où l'on sème, la saint-Jean où Ton tond, la saint-Jean où Ton cueille et la saiiil-Jcan où l'on bat. » Dicton populaire. H y a en effet quatre fêtes de saint-Jean. Le G mai, saint- Jean -Porte- Latine, appelé à la campagne saint- Jean bouillant, parce qu'il fut plongé dans un bain d'huile bouillante ; saint- Jean-Baptiste, le 24 juin; saint-Jean-Chrysostome, le 18 septembre, et saint- Jean évangéliste, le 27 décembre.
Sais (se), indic. prés, de Être. — Je sais, je suis.
Saison (sé-zon), s. f. Assolement. — Cultiver en trois saisons. (V. Assaisonner et Dessaisonner.)
Salop (sa-lô), s. m. Sorte de salopette, ou de sirreau, grand tablier qu'on met aux enfants par-dessus les vêtements pour les empêcher de se salir.
Salop (sa-lôj, adj. Sale, obscène, débauché. L'Académie et tous les dictionnaires écrivent salope, adj. des deux genres. A Vendôme, le masculin est salop. On dit un salop, une salope.
Salopiau (sa-lo-pio), adj. Diminutif de salup.
Salouer (sa-Ioué), s. m. Saloir.
Ane. fr. Salouer.
Saxnbre (sanbr*), s. f. Plante, jotte. (V. ce mot.)
Sang (bon-) (bon-san). Juron, employé par les personnes qui éprouvent le besoin de jurer, mais sans compromettre le salut de leur âme. — Bon sang de la vie !
Sangle (sangl'), s. f. Serpent légendaire. C'était un reptile de forme aplatie, long de quatre à cinq pieds ; il se précipitait sur les hommes et en suçait le sang. Dans l'ouest de la France, sangle est le nom de la couleuvre verte et jaune.
Sangsue (san-sue), s. m. Un sangsue. Quelques personnes ont conservé Thabitude de mettre ce mot au masculin comme dans Tanc. fr.
Demande. — Qu'est-ce qu'un partisan ?
Réponse. — Un sangsue du peuple et un larron privilégié.
{Catéchisme des courtisans, Cologne 1668.)
Sangsurer (san-su-ré), v. a. Sucer le sang comme la sangsue.
Il Au fig. Ruiner, pressurer. — Les hommes d'affaire sang-
surent le pauvre monde. || Se sangsurer, se mettre dans la
gêne, faire des sacrifices d'argent. — Il s'est sangsuré pour
faire un mossieu de son gas.
Sanscélerin (san-sè-Frin), adj. Sans ordre, sans soin, sans rancune.
Sansonnet (bernique pour), loc. locale. Signifie tant pis, zut !
Sansouine (san-souin'), s. f. Gesse à fleurs roses, Lathijrus tuberosus.
Sapin (sa-pin), s. m. Déchets provenant de la taille de la pierre tendre du pays, craie tuffeau ; ce qui a été sapé.
Sapré (sa-pré), juron, forme atténuée de sacré. — Sapré matin ; — sapré animal.
Sarche (sarch'), s. f. Cerche, merrain débité en feuilles très minces pour la boissellerie, sert à faire des boisseaux, des seilles, etc. On se sert de sarches lorsqu'on coule labuôe pour rehausser les bords de la Jale. Ces bois se vendent roulés eu
meules ajinnie le cercle. (V. Cerche.) Lorsqu'un individu se sert beaucoup de soupe, on lui propose de mettre une sarche autour de son assiette.
Bas-latin Serchellum^dn latin Circulus, cercle.
Sarcueil (sar-keiiiir), s. m. Cercueil.
Ane. fr. Sarqueu, sarqueul, serqueu. Du latin sarcophaijinm.
Sarge (siirj'), s. f. Serge, étoffe. D'après Chifllet, le peuple disait serge, mais la cour prononçait serge.
Bas-latin, Sanja^ Sargia.
D'après de Pétigny, le nom de Sargé, CergUwus, cetyeium, viendrait de ce qu'on y fabriquait autrefois de la serge; cette industrie est aujourd'hui complètement perdue (i).
Dans un grand nombre de mots Ve se prononce o, sarpette, sarfouette, etc. Nous n'en citons que quelques-uns à titre d'exemple.
Sarreau (sà-ro), s. m. Sorte de manteau en toile en forme de limousine que portaient les cavaliers pour préserver leurs vêtements.
Sarriette des bois, s. f. Nom de plante, Melampyrum pratense.
Sarsifls (sar-si-fi), s. m. Prononciation de salsifls.
Sauce tte (sô-sèt'), s. f. Morceau de pain trempé dans la sauce qu'on donne aux enfants et aux animaux commensaux de la table. Il Feuille de salade qu'on mange en ks trempant dans un assaisonnement, comme de la crème.
Sauniëre (sô-nièr'), s. f. Boite à sel. Ce mot désigne spécialement, dans le Vendômois, la petite botte en bètre contenant du sel, qui se suspend à la cheminée.
Sauteriau (so-tcu-rio), s. m. Toute espèce de sauterelle. || Fig. Gamin, enfant.
Sauteux (sô-tcu), s. m. Jeune veau.
Sautier (sô-tié), s. m. Psautier. Suivant Chifflet, cette prononciation était encore usitée au xvii« siècle.
Ane. fr. Saltier, sautier. Du latin psaltcrium.
(1) L'étymologie donnée par M. de Pétigny est peut-être assez spécieuse; mais il faut remarquer que le nom de Cergiacus est le même que celui de Seroiacus, mentionné dans les Actes des éoéques du Mans^ où saint Julien aurait fondé une église; on sait, en effet, que le Det le f; se substituent fréquemment Tun à l'autre.
Savant, part. prés, de savoir, sachant.
Telles femmes, disoit Margot resueilléi\..
Ne sçavant ce qui leur est propre.
{Le réoeU-matin des e^prlti^ mélancholiqncs.)
Se (se;, s. f. Soif.
Dans Ta ne. f r , soif se prononcjait se. Dans Rabelais, Frère Jean équivoque sur le mot de Jessê, j'ai soif; après avoir prononcé le mot jessé, il ajoute : je meurs de soif. On prononce aussi seu.
Secouée (seu-kouée), s. f. (irande quantité. — Une secouée d'eau, une secouée de fruits.
Segé (sé-jé), s. m. Séchoir, claie où l'on met ressuer les fromages.
Ségrétain (sé-gré-tin), s. m. Sacristain.
Bas-latin Seyrestanus.
Ménage recommandait le mot sacristain; il n*y a plus, dit-il, que les villageois qui disent ségrétain.
Seille (séye), s. f. Petit seau en bois dont le tour est formé d'une sarche, et le fond d'un volet (V. ces mots) ayant une an.se fixe en bois courbé. — Une seillée d'iau.
Ane. fr. Seille, langue d'oc : seilla. Du latin, Silula, sUetla, seau,
(f Ledit Gillet, suppliant, avisa uti vaissel, nommé seille où il y avoit certains poissons. »
{Lettres de rémission de 1401.)
Sellier (sé-ié), v. a. Moissonner à la faucille, scier le blé. Ane. fr. Scéier, séier, soier, seille, faucille.
ff C'esloyent des moissoneurs en chemise qui scioyent du hlo aux plus grandes chaleurs du jour. *
(R. Hbllkau.)
SelUeur (sé-ieu.\), adj. Celui qui seille.
Seillon (sé-ion) ou sellleau, s. m. Espèce de seille sans anses de la contenance de 10 à 12 litres. On lenlève au moyen d'un tasseau fixé au bord intérieur; en usage dans les vendangeoirs pour transvider le raisin ou le vin. (V. Main.) Ane. fr. Seilleau.
« Il m'est entré (de l'eau) dans la bouche plus de 18 soilleaux. o
(Raublais.)
Seing (sin), s. m. Petit signe sur le visage. Grain de beauté. Latin, Signum.
Selle (sèi'), s. f. Petit siège, escabeau, sellette. Selle à buée, tréteau pour supporter le cuvierà lessive.
Sexnblance (san-blans'), s. f. Apparence. — Le temps a des semblances à l'iau.
Ane. fr. Samblance, môme sens.
Sénéfiance (sè-né-fians'), s. f. Signification. Ane. Sénéfiance, sénefianche.
Bas -latin, Signifie antia.
Sens devant dimanche, loc. Sens devant derrière. Neilz prétendait que c'est avec raison que quelques personnes prononcent sens devant des manches, parce que lorsqu'on porte sa veste à l'envers, lesdites manches sont sens devant derrière. L'abbé Gorblet prétend qu'on doit écrire : c'en devant derrière, c'est en devant derrière.
Sensément (san-sé-man), adv. A peu près. —Comme qui dirait.
Sente (sanf), s. f. Sentier.
Ane. fr. Sente. Latin, Semita, sentier.
Il couvre et bot la sente du meilleu.
(René Macé.)
Sentir le vieux battu, loc. prov. Avoir besoin d'une correction. Se dit surtout aux enfants qui ont mérité une calotte.
Sentu (san-tu), anc. part, passé du verbe sentir.
Lors la terre fait robe neufve Les oiseaulx qui tant se son tuz Pour l'hyver qu'ils ont tous sentuz.
{Roman de la Rose.)
Sépartager (sé-par-ta-jé), v. a. Séparer, partager.
Sept en gueule. Nom d'une très petite poire hâtive, la première qui mûrisse sous notre climat.
Septerée (sé-trée), s. f. Mesure de terrain. (V. Anciennes mesta^es.)
Séquence (sé-kans'), s. f. Séquelle, quantité de petits qui suivent la mère.
« LesdiU manans et habitans povoient tenir en icelle paisson... une truye et sa séquence, née depuis Noël précédent. »
{Sentence de délivrance de droits d'usage dans la forêt d' Orléans f 1554.)
Séran (sé-ran), s. m. Instrument en forme de grosse brosse ou carde en fer pour peigner le chanvre. — Doux ou poli comme un séran, loc. locale.
Ane. fr. Sérans, seranc, serant, même sens. Germ. Schranz, déchirure.
Sergent (sér-jan), s. m. Pieu ou charnier surmonté d'un bouchon de paille, indiquant qu'il est interdit de ramasser de l'herbe ou de faire pâturer les bestiaux dans un champ. Le sergent remplace le garde messier; Il a sur lui l'avantage d'être toujours à son poste. || Instrument de menuisier, destiné à maintenir les pièces assemblées avant de les cheviller ou de les coller. Les quincailliers modernes, qui sont tous plus ou moins bacheliers, disent un serre-joint, mais à tort, une foule d'outils portant des noms analogues, un valet, une servante, etc.
Serine (seu-rin'), s. f. Insecte, criquet, hotteux (V. ce mot) qui fréquente les vignes au moment de la vendange et fait entendre, surtout la nuit, un cri strident que M. Neilz trouvait harmonieux. Serine est une ancienne forme de sirène.
Ane. fr. Sereine, serène. En Bourgogne, la grande sauterelle verte se nomme Sereine. A Montargis, il y a un quartier de la Sirène, et tous les habitants prononcent serène.
Le serin, dit Nicot, tire son nom de.i sirènes, à cause de son chant.
« 11 y uvoit encore trois belles filles qui fesoienl pîrsonDajos de seraines, toutes nues. »
{Chron. scandaleuse de Louis XI.)
Serment (ser-man), s. m. Sarment de vigne.
Ane. fr.
« Et en aucuns autres lieux l'en oste les ser.nens qui rien ne
valent. »
(Rusticande Petrus Creacentiensls, 1373.)
Sérugien (sô-ru-jien), s m. Chirurgien.
Ane. fr. Seorgien, serorgien, surgien.
Seu (seu), s. f. Soif. || s. m. Seù, sureau, Sambucus. Ane. fr. Seu, su, shu.
Il Seuil, on dit aussi sué. — J't'attends sur le seu d'ia porte. ]je Hériché propose de seu, sureau, deux étymologies :
lo de sudare, plante qui fait suer ; et 2» seuc, qui se dit aussi eu Normandie; de sambucus. E. Duinéril, vu la difficulté de dériver seu de sambucus, pense que ce mot a une origine celtique. Nous laissons au lecteur le choix.
Seur (seur), adj. Sûr. — C'est ben seur.
Sextier ou setter. (V. Ane mesures.)
Sextrée ou setrée. (V. Ane. mesures.)
Siau (sio), s. m. Seau. Le siau diffère de la seille en ce qu'il est construit en douelles assemblées cerclées en fer, et qu'il a une anse mobile. — I cliet d*liau àsiaux.
Siau (sio), s. f. Sueur. — La siau lui coule sur la figure. (Perche.)
Sicot (si -ko), s. m. Chicot, bout de branche morte ou cassée sur un arbre.
Ane. fr. Sicot, souche, dans Cotgrave.
Sicot (si-ko), s. m. Nom du rossignol. Imitation de la fin de son chant. (NouEL.)
Sicoter (si-ko-téj, v.^a. Bûcher, couper avec un outil émoussé, qui fait des sicots.
Siéger (se) (siè-jé), v. réf. S'asseoir.
Siéter (siù-tè), v. r. S'asseoir. — Siétez-vous donc.
Silée (si-lée), s. f. Liquide envoyé en .soufflant fortement. 1| Averse. || Sillon qui se trouve sur le bord d'une vigne. (Orléanais.)
Siler (si-lé), v. a. Cingler; sicler dans le Blésois et dans le Jura. — La pluie me silait la figure.
Ane. fr. Sillier.
Sinaud (si-nô), s. m. (V. Chafaud.) Plancher non hourdé, formé de gaules ou de fascines, sur lequel on entasse le fourrage audessus des étables. (Sinâs, dans le Perche et la Beauce.) Ane. fr. môme sens.
« ...A un sinaud au-dessus des brebis où icelie Jeanne était montée. »
(Lettres de rémission, lliS.)
Sincexieau (sin-s'no), s. m. Grand cousin du bord des eaux. (V. Chincheneau.)
Sinelle (si-nèl'), s. f. Baie de l'aubépine. (V. Cinelle.)
Ménage, se fondant sur le nom du houx, Ilex coccifera (?)
fait venir ce mot de coccinella (!) Si les connaissances en histoire naturelle de cet érudit font sourire les botanistes modernes, certaines de ses fantaisies étymologiques sont aussi un sujet d'étonnement pour les philologues.
Siner (si-né), v. a. Signer.
Langue d'oc, sinhar, signer.
. . .Et que ta main divine Dessous le ciel français nous montre quelque sine.
(R. Bblleau.)
Sipiait (si-piô), loc. S'il vous plaît.
Si tellement, adv. pléonasme. Tellement. — J'sais chu si tellement fort que j'mai fait un gnon.
Sxnent (sman), adv. Seulement, même. — Tu sais s'ment pas ce que tu dis. — Tu m'en donnerais pas tant s'ment un petit bout.
Soier (soi-ié), v. a. Moissonner. (V. Seiller,)
Soiffard (soi-far), s. m. Buveur, qui aime à soiffer.
Soister (sou-iVté), v. n. S'entendre avec un voisin pour certains travaux, le prêt d'un cheval, d'une voiture. Un petit bordager qui n'a qu'un seul cheval s'entend avec un voisin qui lui prête le sien pour faire ses labours, et réciproquement ; on dit alors qu'ils soistent. || Fig. Être d'accord. — Pierre et Jean ne soistent pas ensemble, c'est-à-dire sont brouillées. Nous adoptons l'orthographe soister à cause que ce mot se rencontre ainsi dans les anciens textes.
Soiste, soiestée, société, association. B. lat. Soistura, soiestura^ même sens.
Soiston (souû-ton), s. m. Celui qui soiste. — Jean est le soiston de Pierre. — Un bon soiston, un bon associé.
Solaire (sou-làr'), s. f. Le sud- est, opposé à la galerne, nordouest. — Un champ tenant de solaire un chemin.
Soldats (sol-da), s. m. pi. Étincelles qui s'échappent en gerbe du foyer, probablement parce qu'elles figurent en petit une fusillade.
Sole (sol'), s. f. Assolement. — La sole des blés. — La sole des guérets.
Ane. fr. sole, môme sens.
Somme (som*), s. f. Charge d'un animal. (V. Ane. mesures,)
Sommière (so-mièr'), s. f. Limite sur laquelle abutent plusieurs champs. (V. Chevaille.) (Beauce.) — Une pièce de terre tenant d*un long la route, d'autre faisant sommière sur plusieurs.
Soret (so-ré), s. m. Claie ou grillage qui se place devant une ouverture pour laisser écouler l'eau en arrêtant les immondices. Dans les cuves, pour empêcher les grains de raisin de passer dans la cannelle, on fait un soret avec un petit faisceau de javelles. Lorsqu'on accoutre la buée pour que le linge ne s'affaisse pas devant le trou du tiau, ce qui empêcherait le lessu de couler, on met comme soret une mâchoire de porc.
Étym. inc.
Sortir (sor-tir), v. n. Venir de. — Je sors de voir la foire. — Je sors de dormir, de manger. — Clémence, où est donc la cuisinière? — M'ame, a sort de sortir ! — Je sors d'entrer.
Sortu (sor-tu). Part, passé de sortir.
Survenir (se) (sor-v'ni). V. réf. Se souvenir.
Souaillon (souà-ion), s. m. Souillon, femme très sale.
Souamer (souâ-mé), v. n. Se mêler des affaires des autres, chercher, fouiller d'une manière indiscrète.
Étym. inc.
Souâter. (V. Soister.)
Souâti (souà-ti), adj. Desséché, brûlé. — Du pain souàti dans le four. — Rôti qui a desséché devant le feu.
Soubaster t sou-bas-té), v. r. Publier à son de trompe, de tambour. Se dit, notamment dans la Beauce, delà publication officielle. — Quèqu' mossieu l'mare a donc fait soubaster anuit sus l'carroué, c'est-à-dire, qu'est-ce que Monsieur le Maire a donc fait publier sur la place? || Répandre une nouvelle, cancaner. — Si la mère Machin sait la nouvelle, c'est pas la peine de la faire soubaster. On ti'ouve aussi les formes souvaster et subaster.
Ane. fr. Subhastcr, vendre à l'encan, en souvenir de la domination romaine. La publication officielle, la vente par autorité de justice se faisaient sous la pique (Sub hasta) du licteur, comme symbole de l'autorité.
Soubaud (sou-bô), adj. Sou lard, gourmand. Dans les patois champenois et blésois, soubaud veut dire sournois. Étym. inc.
Soucer (sou-sé), v. n. Priser, prendre du tabac, dans le Perche. Il Sentir bruyamment, flairer. Se dit surtout du chien.
Souci (sou-si). s. m. Sourcil. || Nom de lieux; Tétang du Souci, le Souci, près la ville aux Clercs.
Soue (soù), s. f. Toit à porcs. — La soue aux gorets. Du latin sus, porc.
Soué (soué), s. m. Soc de charrue.
Souille (sou-ie), s. f. Taie, housse. — Une souille d'oreiller. Ce mot, qui n'est pas admis dans le beau langage, vaut cependant bien le mot taie, que les femmes de ménage prononcent invariablement tête d'oriller. Sac qui empêche Toreiller de se souiller. (Littré.)
Souine (sou-in'), s. f. Tabatière en forme de poivrière d'un usage complètement disparu.
Pour s'en servir on retournait l'appareil et on versait du tabac sur le poignet entre les deux tendons du pouce, et on souçait fortement. On passait ensuite la face dorsale de la main ^ous le nez pour en faire disparaître les parcelles de tabac qui y restaient attachées. Ça économisait les mouchoirs.
En patois norm., et à Blois, flairer, souâner, priser. Berry, siner.
Onomatopée du bruit de l'aspiration.
Soûlaud (sou-lô), adj. Soulard.
Des mariniers de la Loire passaient en police correctionnelle pour avoir bu une partie du vin qu'ils transportaient, le président leur reprochait cette vilaine action. — Dame, M'sieu, c'est qu'il fait bien chaud quand on est sur l'eau. — Ditesdonc quand on est sous Veau, fit le président, très spirituel !
Soulare. (V. Solaire.) On prononce aussi soulaire.
Soulé (sou-lé), s. m. Soleil. — I fait un ben biau soulé. Ane. fr. Souleu, souloil.
Sour (sour'), prép. Sous. Mettre la clef sour la porte. — Les poulets sont sour la mue.
Sourcer (sour-cè), v. n. Surgir, naître comme d'une source. — — D'où qu'tu sources donc ?
Sourger (sour-jé), v. a. Guetter, attendre comme le chat qui guette la souris. (Perche). — Y a lôtempsqu'i sourgeait l'hérj-
tage de s'nonque, c'cst-A-dire, il y a longtemps qu*il i^uettait impatiemment la succession de son oncle.
Du lalin Surgcre, surgir. Celui qui est en embuscade, surgit au moment propice pour sauter sur sa proie. Ane. fr. Soiirger, surjjrer, m(:^me sens.
Comme le chat sait, par nature, La science de la sourgeure.
(Roman de la Rose.)
Sourgette ^sour-jèt'i, s. f. Souricière. Dans le Gûtinais, la souris se nomme surgeon, ou surgoin.
Souriau (sou-rio), s. m. Souriceau, petit de la souris, dans le Perche.
Soumu (sour-nu), adj. Sournois. Un temps sournu, un temps lourd, orageux.
Soursouris (.sour-sou-ri), s. m. Chauve-souris. Les enfants des campagnes s'amusent, le soir, ù poursuivre les chauves-.souris en chantant ou plutôt psalmodiant celte sorte de mélopée, et en dansant en rond.
Soursouris, passe par ici, Hirondelle, passe par la ruelle.
Sousser. (V. Soucer.)
Souteux (sou-teux), adj. Difficile, peu siir, incertain, macabre, dangereux. — Un passage souteux, une entreprise souteuse.
Ce mot est certainement une altération, ou une extension du sens du vieux fr. Soutil, soutiex, soutieux, fin, subtil, dissimulé, retiré, secret.
Du latin SubtiliSy ou de l'anc. Fr. soutif^ soutaix, solitaire, retiré. Leber faisait venir ce mot du bas-latin «oH/Zc/m, lieu ba.s, sombre, diminutif de .s•o/»^s, fonM, buisî=îon. Il pen.sait que ce mot a été introduit par les écoliers de l'ancienne université d'Orléans.
Soyer (soi-ié), v. a. Couper le blé avec la faucille (V. Scyer.)
Subler (su-blé), v. n. Siffler. Ce mot se disait encore au temps de Ménage. Trévoux le donne comme vieux. Subler se rapproche plus du latin sibilare, que sifflet. — I subie comme un marie.
~ 297 — I Sublet (su-blé), s. m. Sifflet.
« Le suppliant yssit de la tarerne et oyt«ubIer, alors Chauveau subla aussi. »
(Lettres de rémission, 1459.)
Sucet (su-.sé), s. m. Nom de plante, pulmonaire, Pulmonaria officinalis.
Sué (sué), s m. Seuil. — Le sué de la porte.
Suée (su-ée), s. f. Forte averse. — Oh î j'ai ti reçu eu ne suée.
Suffrage (su-fraj'), s. m. Petite rente en nature, beurre, poulets, î?rains, etc., qui se paie au propriétaire en sus du prix du fermage; autrement dit, faisance. En latin du bas-empire f suffragium » était un cadeau fait à l'Empereur par le fonctionnaire qui venait d'être nommé. La novelle viii, de Justinien, a pour titre : Utjndices sine suffragio fiant. Les magistrats de Conslantinople ne devaient pas de menus suffrages à l'occasion de leur nomination. Dans la basse latinité, Suffragium a aussi le sens de prestation.
Suger (su-jé), v. a. Ménager la faiblesse de quelqu'un, avoir égard à son état.
Surcouer (sur-koué), v. a. Couper la queue à un chevaL (V. Coue.)
Surétain (sur-é-tin), s. m. Nom d'une ancienne étoffe de laine qui se fabriquait dans le pays. Sorte d'étamine.
Surin (su-rin), s. m. Sorte de raisin blanc, au goiU musqué, un des cépages de Sauterne, introduit dans le Vendômois, dit la tradition, par Antoine de Bourbon. Henri IV avait, dit-on, un faible pour le vin de Surin, récolté dans son domaine de Prépatour, commune de Naveil, près Vendôme. C'est probablement ce qui a donné lieu à l'opinion que ce monarque avait une prédilection pour le vin de Suresnes, près Paris.
Étym. probable, raisin surien, de Syrie, qui se disait en V. fr. Surie.
= Surin, source peu abondante, fondrière. (Perche.) (V. Malin et Fredonnière.)
Sus (su), prép. Sur.
Ane. fr. La forme sus est restée dans dessus, et en sus.
Il Pour prendre un moineau i faut i y raett' un grain de sel sus la queue. Recette donnée gravement par les bonnes femmes aux moutards, à une époque où le système d'éducation consistait à tromper l'enfance.
Du pain sus la nappe, Un calice d*or, il met.
Prend sa chappe Dit Confiteor, Le peuple se tait.
Hari, hari Tasne.
Puis chante et barbette Quelque chapelet.
Puis souffle et puis rotte Sus son goubelet Puis a sec le met. Hari, hari l'asne.
(Chanson nouvelle contenant la forme de dire la messe sur le chant, harif hari l'asne, hari bourriquet, par un réformé, 1572.)
Il Sus, adv. Allons, levez-vous.
Du latin Sursum.
Sus, sus, mon àme, avant geignons le port.
(R. Bbllbau.)
Sus, sus, bergers, réveillez-vous.
{La grande bible des Noêls.)
T', pron. pers. Abréviation de tu, — T'as, t*es, t'iras, t'aimes. || A bréviçition de ^OM^ dans l'expression tout à l'heure; on prononce t't'à l'heure comme en wallon.
Tabanner (ta-ba-né), v. n. S'occuper de tout sans suite, tripoter, tracasser, toucher à tout.
Ce mot ne viendrait-il pas de Tabanus, taon ?
Tabaquiëre (ta-ba-kièr'), s. f. Tabatière. Jaubert fait remarquer que tabaquière était la prononciation admise à la cour de Louis XIV. On ne s'explique pas pourquoi les gens qui ont la prétention de bien parler ont dit tabatière, comme si on écrivait du tabat. C'est peut-être pour ne pas parler comme les paysans qui disent moikié, pikié, au lieu de pitié, moitié.
Tabasser (ta-ba-sé), v. n. Prendre fréquemment du tabac à priser, en offrir aux autres. — Il est toujours à tabasser.
Tabelier (ta-beu-lié), s. m. Tablier. Epenthèse de Ve, comme dans obelier pour oublier.
Tabourder (ta-bour-dé), v. a. Frapper à coups de poings, corriger. — Attends, polisson, je vas te tabourder.
Ane. fr. Taborer, tabourer, tabourder, môme sens; de tabour, tambour.
« Va-t'en, ne frappe plus à la porte, de peur que tu ne sois toimême tabourdé. »
(Traduction anonyme de Merlin Coccaie.)
Tacon (ta-kon), s. m. Reprise, dans du vieux linge, qui finit par faire une pelotte, un feutrage. || Tacon, maladie de la vigne. Ane. fr. Tacon, pièce de cuir remise sur un vieux soulier. Bas- latin taconare, rapiécer.
Taconner (ta-ko-né), v. a. Faire des reprises dans de vieux linge, dans un vieux b^s.
Tabuler (ta-u-té), v. a. Tourmenter, exciter. — Un charretier tahute ses chevaux, les tourmente sans cesse. . Étym. iiic.
Taille-marc (tay'-mar), s. m. Sorte de hache en forme de couteau destiné à retailler le marc de raisin sur la maie du pressoir.
Tairir (té-ri), v. a.. Tarir. — La fousse est tairie. Se dit aussi des nourrices et des animaux qui n*ont plus de lait. — Ma vache est tairie. On trouve, dans Cl. Marot, gloire tayrie.
Taiser (té-zè), v. n. Ancienne forme de taire. — Veux-tu te taiser. — Taiseras-tu ta goule. — I s'a taise ou taisu. Ane. fr. Taiser et taisir.
Talle (tar), s. f. D'après l'Académie, ce mot veut dire : Branche enracinée qu'un arbre pousse à son pied, et que l'on sépare avec un couteau si elle est trop forte (!). Chez nous et partout ailleurs qu'à l'Institut, la talle est une touffe de branches serrées poussant hors de terre. Une talle d*osier, de noisettier, une talle de pommes de terre.
Bas-latin Tala, talia, taille, taillis. Du latin thallus, branche.
Taller (ta-lé), v. n. Pousser de nombreux rejetons. — On coupe un arbuste, une plante pour les faire taller.
Talonette (ta-lo-néf), s. f. Morceau de cuir dont les vignerons s'enveloppent le talon dans leurs sabots pour éviter le frottement et pour se préserver des engelures.
Talope (ta-lop'), s. f. Diminutif de talle.
« Le loup malade de la rage entre dans une talope de bois, comme une «grosse haie, ou dans un petit boqueteau. »
(Salnove, Vénerie.)
Tambanner(tan-ba-né), v. n. (V. Tabanner.) Perdre son temps, banner, berdancer, traîner les rues. (V. ces mots.)
Tambouriner (tan-bou-ri-né), v. a. Gronder, corriger, frapper.
(V. Tabourder.) Tandixnent (tan-di-man), adv. Tandis que, pendant.
Tant (tan), ad V. Aphén\se de autant. — Je n'ai pas tant d'argent que vous, et pourtant vous n'avez pas tant travaillé que moi. Il Tant plus, d'autant plus.
« Non point par manquement de courage et de générosité, mais pour en exalter tant plus la divine majesté. »
(S. François de Sales.)
« Tant plus vous en rencontrez (des dangers) dans l'état où vous êtes, tant plus vous devez veiller sur vous-même. »
(FÉNELON, Méditations.)
Il Tant qu'à, loc. adv. Quant à. — Tant qu'à moi, tant qu'à ga. Tout le monde connaît la lettre du troupier : « La présente est pour m'informer de l'état de la vôtre, tant qu'à la mienne, elle est fort bonne. || Tant qu'à plus, d'autant plus. || Tant seulement, seulement. — J'nai pas tant s'ment un morceau de pain à manger.
Tant seulement avec Flore sa mie Zéphyre ira parmi les prés nouveaux.
(Ronsard.)
Tantinet (tan-ti-nè), s. m. Un peu. — Donne-m'en encore un petit tantinet.
Diminutif du latin Tanium.
Tant pire (tan-pir'), loc. adv. Tant pis.
Tantoût (tan-toù), adv. Tantôt. || s. m. Le tantôt, l'après-midi. J'irai vous voir sur le tantoût.
Ane. fr.
Tapette (ta-péf), s. f. Sorte de chasse nocturne aux oiseaux. On se rendait dans le bois avec un oribus allumé et lorsqu'on apercevait un oiseau endormi on l'assommait avec une longue palette, ou tapette en bois. Cette sorte de chasse portait aussi le nom de fouée, (chasse au feu) n Tapette, petit battoir en hois pour enfoncer les bouchons. || Bavardage. — C'te femme, en a-t-elle une tapette ! c'est-à-dire un coup de langue. || Jeu qui consiste à lancer des billes du haut d'un plan incliné. Celui dont la bille choque Tune de celles qui roule les gagne toutes.
Tapon (ta-pon), s. m. Bonde d'un tonneau.
Taponner (ta-po-né), v. a. Mettre en tapon, plier malproprement un vêtement. Il v. réf. Se taponner, se pelotonner sur soi-même, se cacher.
Taquet (ta-ké), s. m. Coléoptère bleu ou vert métallique, altise de la vigne, Haltica ampelophaga, nommée aussi puce déterre, puce de vigne. Une autre espèce, Vhaltica olevacea, s'attaque aux légumes jeunes. Tiquet dans les entomologies. Étym. tac, pointe, clou, anc. fr.
Taq[uette (ta-kèf), s. f. Être à la taquette, être attentif à un ouvrage.
Tarabusquiner (la-ra-bus-ki-né), v. a. Fréquentatif de tarabuster.
Taraler (ta-ra-lé), v. a. Passer le grain au tarare, pour le nettir; on prononce aussi tarater.
Tardillon (tar-di-yon), s. m. Poulet ou animal de basse-cour d'arriôre-saison ; se dit aussi des enfants. || Raisin dont la floraison a été retardée et qui mûrit très lard.
Taribara (ta-ri-ba-ra), s. m. Embarras, piaffe. — Faire du taribara, faire ses embarras, plus de bruit que de besogne. || Cohue, tumulte, allées et venues. Neilz voit dans ce mot une onomatopée.
Tariner (ta-ri-nè), v. n. Tatiller (V. ce mot), bavarder, jacasser. — Les femmes tarinent au plancher (lavoir) || Dans le Perche, tarder, être en retard.
Ëtym. prob. de tarin, oiseau de la famille du serin, qui jacasse beaucoup.
Taron (tà-ron), s. m. Qui gronde, grogne toujours.
Taroner (tâ-ro-né), v. n. Gronder, rabâcher. — Tu m*ennuies, tu taronnes tout le temps.
Tas (ta), s. m. Humani stercoris metula, — Oh ! c'cochon d'enfant, il est pourtant tombé le c... dans son tas. Nous avons entendu cette phrase homérique : « Oh ! le beau tas, on voudrait ravoir fait. »
Tasse (tâs'), s. f. Touffe épaisse. (V. Talle.) — Une tasse d*osier, une tasse d'oseille. L'Académie, qui admet tasser, drageonner, a oublié le substantif tasse.
Tatiller (ta-ti-yé), v. n. Tariner, jacasser, bavarder.
Tatouille (ta-touy') ou tantouille, s. m. Volée de coups.
Tatouiller (ta-tou-yé), v. a. Remuer un objet dans Teau pour le rincer. — Tatouiller du linge. — Onomatopée. On dit aussi tan touiller.
Taudion (t6-dion), s. m. Diminutif de taudis. Petit taudis, réduit.
Taupin (tô-pin), adj. Noir, bronzé, qui a le teint halé. || Nom donné aux animaux noirs. || Nom sous lequel on désigne le boulanger, par antiphrase.
Tauraille (to-rây*), s. f. Taure, jeune vache.
Tauria (to-riû), s. m. Jeune taureau.
Tavelle (ta-vèl'), s. f. Tige rigide en bois ou en fer qui sert à tourner le moulinet de la voiture et serrer la lieuse.
Té (té), pron. pers. Toi, prononciation plus particulièrement usitée dans le Perche et les frontières du Maine.
Tégro (té-gro), s. m. Tesson, pot cassé, marmite. || Fig. Tête, — Il a le tégro fêlé. — Les gamins, en jouant à la balle, la lancent plusieurs fois de suite contre un mur, et à la septième fois s'écrient : une, deusse, troisse, tégro ! Ils la reçoivent alors sur la tète.
C'est le môme mot que le norm. Tcgot. — Du latin Tegula, tuile, tesson.
Teigler (té-glé), v. n. Tousser fort et souvent. Probablement onomatopée.
Teigne (tègn'), s. f. Pyrale de la vigne qui enveloppe au moment de la floraison la grappe d'un léger tissu où sont renfermées les larves qui plus tard pénètrent dans le raisin môme. On l'appelle aussi araignée. |1 On désigne aussi sous ce nom la cuscute des luzernes.
Telon (tè-lon), s. m. Étofl'e de chanvre et de laine autrefois en usage.
Ten (tin), pr. pers. Tien. — C'est pas mon bonnet, c"*est le tin. || Indic. prés, et impératif de tenir. — Tin ben, lâche pas. Dans le Perche.
Tendre (tan-dre), adj. Mou, humide, pluvieux. — Le temps est tendre.
« L'année 1560 fut tendre et pluvieuse. »
(7560. Mémoires du chanoine Garrault.)
Tendreur (tan-dreur), s. f. État d'une chose tendre. C'est un mot qui manque en français actuel, tendresse n'ayant pas le même sens.
Ane. fr.
Ténier (té-niè), v. a. Chasser le blaireau.
Téniëre (té-nièr'), s. f. Tanière, refuge du blaireau. || Nom de localités. — Le bois des Ténières. Les Ténières, hameau.
Terbasse (à) (ter-bas'), loc. adv. En abondance, à flots. — I ché d'iiau à terbasse.
Étym. inc.
Terbeler (leur-b'lé), v. ii. Mourir, on dit aussi terbelir. Étvm. inc.
Térlëre (té-rièr ), s. f. Tarière. Ménage constate que de son temps on disait indifTéreinment térière ou tarière. Térière se l'approche plus du latin Tcrcdo.
Terion (leu-rion), s. m. Trayon, pis, mamelle. Cette prononciation est presque impossible à noter.
Ternue (ter-nù), s. f. Éternue. (V. ce mot.) AyrosiiH aiba, agrostis blanche rampante; graminée qui croit dans les lieux humides Étym. de steniOy coucher?
Teroué (teu-roué), s. f. Trogne, truisse. Encore un mot dont la prononciation est très difficile à rendre.
Terper (teur-pé), v. n. Sauter, trépigner, fouler aux pieds. Ane. fr. Tréper, que Francisque Michel fait venir du latin tripudiare, danser, dans Cicéron. D'autres le font venir des idiomes celtiques. Bas-breton, trepa; kym., tripio; néerland. trippan, même sens.
Quand j'eusmes treppé un grand tas Nous en vouismes retirer Dismes adieu au petit gas.
{iWoèl angeoin.)
Terpéter (ter-pé-té), v. n. Même signification que terper.
Terquin (teur-kin), s. m. Clôture dans la bergerie pour séparer les agneaux des brebis. (Beauce blésoise.) Étym. inc.
Terreauder (té-rô-dé), v. a. Garnir une plante de terreau, terreauder un champ, y transporter des terres comme amendement. On dit aussi tcrreauter, mais alors on prononce. Veau bref.
Tersauter (tcur-sô-té), v. n. Tressauter.
Tertout (teur-tou), adj. Tout, tous.
Ane. fr. Trestout.
... Ha ? vous ne savez, Comme le drap est enchéry Trestout le bétail a pcry Cet hyver par la grand froidure.
(Aoocat Pathelin.)
Sommes-nous pas cousins cousines Sommes-nous pas cousins teurtous.
( Vieille ronde,)
Terué (teu-rué), s. m. Treuil, prononciation presque impossible à noter. (V. Breuil.) Ane. fr. Langue d'oc, traoué, trueill, trueyl, dévidoir, treuil.
Tervaucher (teur-vô-ché), v. a. Agir en brouillon, confondre, brouiller les choses. — Tervaucher un écheveau de fil.
Tarzean (ter-zo), s. m. Quantité de treize gerbes. — Mettre les gerbes en terzeau(treizeau), faire une moyette de treize gerbes.
Tessier (té-sié), s. m. Tisserand. |jNom de famille très répandu.
Tôt (té), s. m. Toit, loge. — Un têt à porcs. — Le T se lie souvent devant une voyelle, dans la Beauce notamment. — Té-taporcs.
Du latin tecium, toit.
Comme un torrent débordé qui emmène Tects et troppeaux contreval par la plaine.
(J. ou Brllay.)
Tête d'âne, s. f. Petit poisson très commun dans le Loir. C'est un petit poisson de la couleur et de la grosseur du goujon, ayant une très grosse tête, qui lui donne Faspect du têtard de grenouille. C'est le chabot de rivière ou cotte goujon.
Tête de moine. Pierre arrondie placée au milieu du passage d'une porte charretière pour arrêter les battants.
Tête d'oriller. Taie d'oreiller.
TéteroUe (lé-trol), s. f. Sorte de biberon, pour élever les jeunes animaux privés de leur mère.
Têtin (té-tin)^ s. m. Bouton saillant opposé au fer de la bigarre {V. ce mot)^ et qui sert à fixer le bout de la corde qui s'enroule autour. — Quiôs, ma bigarre qui va sus l'tétin. || Proéminence percée d'un trou, dans certaines cruches de terre, servant à verser l'eau en petite quantité, et môme à boire directement au vase.
Tétine de souris, s. f. Plante grasse, Sédum blanc des vignes, Sedum album, dont les feuilles arrondies ressemblent à des tétines.
Thjnn sauvage. Plante, Mentha pulegium,
Ti (ti). Particule euphonique, interrogative ou exclamative, qui .se place après le verbe. — Vous venez-ti de bé loin ? Avezvous ti été à la noce V oh ! j'avons ti bu ! j'avons ti mangé ! j'avons ti ri !
Tiau (tio), s. m. Tuyau, spécialement lacouloire à lessive.
Tiendre (ti-indr*), v. a. Tenir. Il est remarquable comme les gens de la campagne répugnent, fort justement, aux formes irrégulières. Puisqu'on dit je tiendrai, Finfinitif est tiendre. Si on adopte la forme tenir, on dit aloi^s : je tins, je tinrai, comme envieux français.
Tient-main (tin-min), s. m. Main courante d'un escalier, parapet d'une passerelle, montant d'une échelle.
Tilfouaner (ti-fouâ-né), v. n. S'occuper de vétilles, chiiTonner, d'après FI. Lebarbier ; fureter, farfouiller. C'est probablement un diminutif de tifler, qui se disait encore au siècle dernier, avec le sens déparer, ajuster. Ce serait donc s'occuper d'attifages, de brirnborions.
Tignoler (ti-gno-lè), v. n. Mesurer les distances au jeu des canettes.
Étym. inc.
Tillole (ti-ioF), s. f. Tilleul. — Boire sur latillole Au siècle dernier, on disait encore tillot ; tillole est féminin comme le latin Tilia.
Timber (tin-bé), v. n. Tomber.
Tine (tin'), s. f. Grand pot en grès destiné à mettre la saumure, le salé.
Tinet ou tinel (ti-né), s. m. Bùton qui sert à transporter à deux personnes les Unes, grands baquets à oreilles. Le bois courbé dont se servent les porteurs d'eau.
Ane. fr. Tinel, bâton.
Tinette (ti-nèf), s. f. Pot plus petit que la tine.
Tiot (tio>, adj. Aphérèse de petiot, petit.
Tiraille (ti-rày'), s. f. Morceau de viande dure, remplie de tendons, bas morceau de boucherie. On dit aussi de la tire.
Tire-arrache. Nom vulgaire de la Rousserole ou grive des roseaux. Il Nom donné à un individu quémandeur.
Tirepoint (tir'-poin), s. m. Lime de section triangulaire en
tiers-point.
Tirer (ti-ré), v. a. Traire. — Tirer les vaches.
« Quand maie femme entre au matin en son astable pour tyrer ses vaches, s'elie ne dict : a vous saulve Dieu et saincte Brigide, i voulontiers les vaches du pied de derrière regimhant... »
{Les éoanglles des quenouilles,)
Il V. r. Se tirer, se vendre.
« En IT77, le vin ne se tirait pas fort. «
{Journal de La itron.)
Il Tirer à Boudesse. Bouder quand il faut travailler. Bouder sur Touvrage. Dans le Perche.
Tiroir (tiroué), s. m. Vase en bois ou en fer-blanc dans lequel on tire les vaches.
« Le Président, — Reconnaissez vous avoir mis de Teau dans votre lait?— L'inculpée. — Ohl j'cré ben que j'venais d'rincer mon tiroué, j'aurai obelié d*jiter Tiau. » — Autre réponse. — « JVas vous dire, j'avais mis mon tiroué à ma porte pour que l'iaitier l'prenne en passant; pour y éviter du mal, à c't'homme ; v'ia ti pasqu'i s'met à ché d'iiau. L'tiroué s'trouvait ti pas juste sous la gouttière I »
{La police correctionnelle.)
a Chloé distribua ses meubles de bergeries aux Dieux, sa panetière, sa flûte et les tirouers où elle tirait ses brebis. »
(Amyot, Daphnis et Chloé.)
Tirolaine (ti-ro-lèn*), s. f. Suite d'objets de mênne nature, ribambelle, cohue. On dit aussi tirotaine.
Ane. fr. Triolaine; même sens.
Titi (ti-ti), s. m Nom donné par les enfants au Criocère du lis, Crioceris rubray coléopière aux élytres rouges, qui se trouve au printemps sur les lys. Cet insecte, lorsqu'il est priset tenu dans la main, fait entendre un petit bruit strident produit par le frottement du corselet contre la base des élytres, d'où ce nom de titi,
Tocquer (to-ké), v. a. Heurter, frapper. — Tocquer à la porte- Langue d'oc, tocar, heurter. Onomatopée.
Todil (tô-dif), adj. Précoce, hàlif, qui vient tôt, opposé de tardif. Toise (touèz'), s. f. (V. Ane. mesures,) Ton (ton), s. m. Trou, puisard, puits perdu,
Étym. inc.
Tonton (ton-ton), s. m. Toton, jeu.
Tontoxmer (ton-to-né), v. n. Gronder, rognonner. || Ne faire rien qui vaille, tourner sur soi-même comme un tonton.
Topette (lô-pèf), s. f. Petite bouteille de pharmacie qui n'est plus en usage. C'était un flacon étroit et de forme allongée, analogue à celui dans lequel se vend l'eau de mélisse des Carmes,
Topette parait un diniiiiutif de topl, en langue d'oc, pot, réservoir. Gerni, topf, pot.
Toque (toc'), s. f. Sorte de bonnet de dessous en bougran ou (îarlon recouvert d'étoflfe noire. Il se place directement sur les cheveux et sert à nmintenir la forme élevée du bonnet (V. Coiffe.)
Torche (torch'), s. f. Tortis de paille. || Botte d'osiers fendus pour la tonnellerie, elle contient 180 brins d*osier. Ktym. de tordre, chose tordue.
Il Torche, nom vulgaire donné aux têtes du Typha latifoUa, niassette, ({uenouille des flores.
Torchette. Dans Texpression a net comme torchette ».
Torchis (tor-chi), s. m. Genre de construction en torches de foin roulé dans la terre. On s'en sert pour hourder les planchers et les intervalles des pans de bois.
Tornière (tor-nièr*), s. f. Endroit à Textrémité d'un champ où le laboureur fait tourner ses chevaux et qu'il laboure ensuite en travei*s. ^Beauce.)
Tôt fait (tô-fé), s. m. Genre de gâteau qui se fait à la minute.
Touali vtou-à-fi), adj. Mal habillé, en désordre. (Perche.) Étym. inc.
Touar (lou-ar), s. m. Ton, puisard, pour recevoir les eaux pluviales et ménagères. (Beauce.) Étym. inc.
Touche vtoucif), s. f. Bosquet, bois d'agrément près de l'habita-
tit)ri. Il Nom de nombreuses localités, Les Touches; La Touche,
commune de Saint-Agil; Touche-Belle, commune de Saint-
Ouen. (Voir Conlume de lihisy art. IH.)
Ane. fr. Même sens. Bas-latin, /osoa, hiscay tuschia, touschia.
« Est autern ipsa delerminatio talLs... per landaa et planUium de Brueria et indeper tuscam de Nucaria. » {110 i. Charte d'Adèle, comtesse de Blocs, e tajulario Dunensi.)
Toucheux (tou-cheù), s. m. Celui qui guérit certaines maladies en les touchant. Pour remplir cette condition, il faut être marcou ou varin. (V. ces mots.)
Touèle (touèl'), s. f. Prononciation de toile, comme dans l'anc. français.
Toujours (tou-joù), adv. Certes, à vrai dire, en vérité. -- C'est
toujours ça de pris sur rcnnemi. — C'est toujours pas toi qui me fera caler. — Je n'ai toujours jamais vu chose pareille. A remarquer cetle singulière as.sociation de toujours et jamais.
Tour (tour), s. m. Le grand tour, le petit tour. Expressions réservées faisant partie deFargot des écoles primaires. L'enfant lève la main en faisant claquer les doigts pour obtenir la permission d'aller faire son grand ou son petit tour. Et dire que nous avons vu des maîtres d'école a.ssez barbares pour refuser cette légitime satisfaction au postulant! Le refus tombait généralement sur celui qui éprouvait un réel besoin d'aller faire un tour, grand ou petit, hors de la classe. Aujourd'hui qu'il n'y a plus de maîtres d'école, mais seulement des instituteurs, nous supposons que les choses se passent tout autrement.
Tournasser (tour-nâ-sé), v. n. Tourner, remuer, tournailler.
Horreur, je sens tournasser en mon sein De cent fureurs les mordantes tenailles.
(J. DU Bellay.)
Tournaille (tour-nay'), s. f. Levée des guérets. — Faire ses tournailles. (Perche.)
Toumeau (lour-nio), s. m. On dit aussi tournure. Panari, mal qui tourne autour du doigt.
Tournée (tour-née), s. f. Petite lessive faite avec le lessu d'une première. Il Pioche pour arracher les arbres, à un seul côté tranchant.
Ane. fr. Tournée, pioche.
Tournette (tour-nèf), s. f. Petit plateau circulaire, ordinairement en jonc ou en paille, sur lequel on fait sécher les fromages.
Toumevirer (tour-neu-vi-ré), v. n. Tourner sur soi-même, perdre son temps à aller de côtés et d'autres, sans faire rien qui vaille.
TourniboUe (tour-ni-bouèl'), s. f. Culbute, Ciibriole, dans le Perche. Dans le patois bourguignon, tourneboule.
Ane. fr. Tournebuuùlc, à la renverse, en retournant les boyau.K. Dans le cod. de Jehan de Meung, tournebouèle veut dire tour de gorge, collerette.
Tournure (tour-nur'), s. f. Présure pour faire lournor le lait. || Panaris. (V. Toumeau.)
Tojrte(tourt'), s. f. Tourteau, ce qui reste après l'extraction de l'huile de noix; les gamins en sont friands.
Tout (en) (an-tou), adv. Du tout. — Vout'train profite t'i ben à l'école? — M'en parlez pas, i fait ren en tout ! Il Tout plein, beaucoup. — Il a tout plein d'argent, tout plein d'esprit.
— Vaugelas {Nouvelles remarques) dit qu'il faut admettre cette expression sans la discuter.
« Il y a aussi le sang miraculeux comme à Paris, à Dijon... et en tout plein d'autres lieux. »
(Calvin, Traité des reliques.)
Il Comme tout, loc. superlative. — Il est em... bêlant comme tout.
Il Tout vent, tout y faut, noms de localités.
Toutée (tou-tée), s. f. Trempée au vin ou au cidre. (Beauce.)
Touzer (tou-zé), v. a. Tondre. — Touzer une haie, la laine des moutons. (Perche.)
Tracer (tra-sé), v. n. Marcher, circuler sans ordre. — Les lapins ont tracé dans le bois.
Traculer (tra-ku-lé), v. n. Gravir une pente.
Étym. probable du v. fr. Trac, sentier, chemin. (V. Tras.)
Trahir (tra-ir), v. n. Au jeu de volant, c'est lancer le volant; au jeu de bistoquet, c'est lancer le bistoquet.
Traihérer (trè-é-ré), v. n Frissonner, trembler, tressaillir. Étym. inc
Train (trin), s. m. Ne s'emploie le plus souvent qu'au pluriel.
— Jeunes enfants. Une gueurouée de trains. — Ousqu'est les trains? — Que méchant train, on l'coUerait conte Tmeu. Est-ce parce qu'ils font du train, ou parce que la mère les traîne après elle ?
Ane. fr. Trahin, traïn, troupe, foule. Du latin trahere, traîner.
Traineau (Irô-nio), s. m. Entrave que l'on suspend au cou des animaux et qui leur traîne dans les jambes pour les empêcher de courir. ^
Trainier (trô-nié), s. m. Vagabond, fainéant qui ti*alne les chemins.
Traintrain (trin-trin), s. m. Trantran, manière d'être, de conduire une affaire. — Le traintrain des affaires. — Faut pas l'sortir d'.son p'tit traintrain.
Tramoué (tra-moué), s. f. Grand dévidoir à quatre ailes pour mettre en écheveaux le fil des trames. On dit aussi traoué et travoué.
Tranche (tranch'), s. f. Sorte de pioche employée pour abattre les bols. (V. Pictr anche.)
Tranchoir (tran-chouè), s. m. Ëcuelle de bois, hors d'usage aujourd'hui. Ce n'est plus actuellement qu'une planchette arrondie qui sert à couvrir les pots à lait. Au moyen âge, le tranchouer était un plateau de bois ou de métal sur lequel on servait les viandes découpées. Les pauvres se servaient du tranchoir de bois, les riches seuls usaient du tranchoir d'étain ou de métal plus riche. Le tranchoir de bois devait être un objet des plus vulgaires et d'un très bas prix ; en effet, dans les pancartes de péage de la navigation de la Loire, il était tarifé ainsi : • Pour un millier de tranchouers ou escuelle de bois, ij deniers tournois. » (Mantellier.)
Transon (Iran-son), s. m. Tronçon, série, période. — Un trançon d'anguille. — Un transon de froid. — J'cré ben qu'j'allons avoir un transon de gelée.
« Or, dit Pantagruel, faisons un transon de bonne chère. »
(Rabelais.)
Transvider (trans'-vi-dé), v. a. Transvaser, soutirer.
Trapusse (tra-pus'), s. f. Taquinerie, malice, mystification. Ane. fr. Trapusse, piège, trappe, amorce.
Tras (trà), s. m. Trace, marque d'un passage dans la neige, dans la terre fraîchement remuée.
Ane. fr. Trac, trace, de l'anglais tvack, ornière, à moins que l'anglais track ne vienne de trac. Langue d'oc, tms.
Et vous suivant le trac de vos aycux.
(J. DU Bellay.)
Quand la limace, au dos qui porte sa maison.
Laisse un trac sur les fleurs.
(Ronsard )
Traute (trôf), s. m. Tréteau élevé pour soutenir une table, les brancards d'une voilure dételée.
Ane. fr. Traulte; langue d'oc, tran, traut, poutre.
Bas-latin frabetus. D'après Littré, tréteau vient du celt. kym. trestyl, traiivt ; bas-breton, treustel, treust, poutre.
« Tables «garnies de traultes et bancselles. »
{Tarif des péages de la Loire, Mantellier.)
Travarse (ti-a-vai-s'), s. f. Traverse au propre et au figuré. — Prendre par la travarse. — Il a evu ben des travarses dans sa pauv* vie
Travoir(tra-ouè>, s. m. Dévidoir, treuil. (V. Tramoué,) Ane. fr. Travouil, traoil. Bas-latin traolium.
Trében (trè-bin), adv. Très bien, beaucoup. — Y a trében de raisin cH'année. — Y a trében d'pommes.
Tréfeu (ter-feu), s. m Grosse bûche de Noël qui doit durer trois jours. Si le tréfeu dure le temps voulu, les filles nubiles de la maison sont sûres de se marier dans Tannée. Aussi, au risque de geler, entretiennent-elles le feu sacré de manière à cequ^il ne brûle pas trop vite. Dans le Maine, on ditterfouet;en Normandie, tréfouel ; dans le Oâtinais, le trafoyau de noi (Noél). Ane. fr. Tréfouel. Du latin, t^r, troi.s, et focus^ foyer, feu. Ou peut-être du patois normand, treif, pièce de bois, poutre, du latin trabes,
Tréhérer (tré-è-ré), v. n. Tressaillir. (V. Traiherer.) Trempage (tran-paj'), s. m. Convention particulière d'un ouvrier avec le patron qui ne le nourrit pas, mais lui trempe la soupe avec le pain qu'il apporte. — Trois francs par jour et le trempage, pas malheureux !
Trempager (tran-pa-jé), s. ni. Maître qui fournit le bouillon.
Trempager itran-pa-jé), v. a. Fournir le trempage. Dans certains baux on oblige le fermier k trempager les ouvriers maçons ou autres, qui viennent travailler accidentellement aux bâtiments.
Trempe (tranp'), s. f. Raclée, volée. — Recevoir une trempe.
Trempée (tran-pée), s. f. Pluie qui détrempe la terre. —Il a plu une bonne trempée. || Même sens que tœmpe.
Trempette (tran-pèf), s. f. Acte de tremper son pain dans le vin, le lait, le cidre. — Faire la trempette.
Trente et un, loc. Être sur son trente et un, se mettre dans ses atours, s'endimancher.
Trepper. (V. Terper.)
Tressauter (teur-sô-té), v. n. Tressaillir, sursauter. Ane. fr. Tressault, saut, commotion.
Un cri se fait. Olympe en tonne, Othrys en bruit, la mer tressault.
Tout le ciel en mugle là-haut.
(Ronsard.)
Treuiie (treuf), s. m. Trèfle.
Ane. fr. Dans Rabelais : a leur nez en as de treufTe. »
Treugle (treugl'), s. f. Toux creuse dans un gros rhume. — Il n*est point bon, il a une mauvaise treugle, (V. Teigler.) Ces deux mots, dont l'origine est inconnue, ont évidemment un radical commun. Peut-être onomatopée.
Trcugler (treû-glé), v. n. Tousser.
Treuler (treû-lè), v. n. Traîner les rues. — Où donc qu*tas cor été treuler assoué ?
Étym. inc.
Tribal (tri-ba), s. m. Bâton assez long, pendu horizontalement au cou d'une chèvre pour l'empêcher de traverser les haies. (Perche.) On en met aussi aux poules et aux oies pour la même raison, et on l'attache à l'une des ailes et au cou. Étym. inc.
Tribouille (Iri-bouy'), s. f. Pis de la bique. Étym. inc.
Tribouiller (tri-bou-ié), v. a. Troubler, embrouiller. || V. réf. Se tribouiller, se perdre dans un compte.
Ane. fr. Tribouil, trouble, efTroi, tourbillon, dans Trévoux.
Du latin trihularcy écraser avec la herse, tribuluSy du grec rpt^olo;, ou peut-être mieux d'un dérivé de turbare, troubler, qui a fait tribulation.
Ce sont toutes tribouilleries Que plaider à fols, ne à folles.
(Avocat Pathelin.)
« Les Estallians (italiens) n'ont fait que des trébouillemens dans la France. »
[Dialogue de deux Guépins.)
« On touchait au renouvellement de la convention, comités, clubs, sections, faisaient un tribouil effroyable. »
(Mémoires de Ciiateaubriant.)
Triche (trich'j, s. f. Tricherie, argot des écoliers. — C'est pas du jeu, y a d'ia triche I
Trichard (tri-char), adj. Tricheur.
Tricon (Iri-kon), s. m. Très ancien jeu de cartes dans lequel le joueur a en main trois cartes.
Tricot (tri-ko), s. m. Trique, bâton.
De l'anc. ail. streickcn, frapper ; aiigl. strikCj même sens.
Je l'arracherai les oreilles Et puis le tricot Marchera sur ton dos.
(La maîtresse femme ^ anc. chanson )
Quand un turco S'en va voir sa maîtresse
Il la caresse A grands coups de tricot.
{Chanson du Turco, attribuée à Bourbaki.)
Trifouiller (tri-fou-ié), v. a. Fréquentatif de fouiller, fureter, farfouiller.
Trigaud (tri-gô),adj. Roué, maufranc, dans le Perche. Étym. inc.
Trigauder (tri-gô-dé), v. n. Tronjper, manquer de droiture en afTaircs.
Trios (teu-riô), s. m. Petite moyette. Entenrioler les gerbes, les mettre en trios (Beauce), probablement parce que les gerbes se placent trois par trois.
Trogne (trogn'), s. f. Arbre, chêne, orme, saule étèté. L'extrémité où ils ont été coupés, environ 2 mètres à 2™50 de terre, grossit en forme de tête qui se couvre de nombreux rameaux. Les trognes sont éniondées à des époques périodiques, et les bourrées qui en proviennent sont attribuées au fermier pour son chauffage. Les trognes de saule, sur le bord des eaux, font les délices du paysagiste.
Anc. fr. Trogne, tête, visage, nez ; c'est, du reste, le seul sens admis par TAcadémie, bien qu'il soit moins usité que l'autre. La forme la plus ancienne de ce mot était tronche, resté dans l'argot des voleurs comme synonyme de tète : dévisser la tronche, mourir, être .décapité. Ce dernier mot vient directement du bas-latin ironchu, ironchia^ trogne, du latin truncus^ tronc.
Des hauts ])ins esbranchés les tronches micavées.
(R. Belleau.)
« Usque ad rioum de Barbello, in pede cujusdani trunci seu tronchia cujusdam arboris.n
( Trans. de 1343.)
Trois pieds (troi-pié), s. m. Trépied. Ustensile de cuisine en fer, pour supporter une chaudière, ou un vase quelconque audessus du feu ; lappareil en bois en forme de T, qui sert à supporter la jale à lessive. Ane. fr. Troipié. {Manière de langage qui enseigne à écrire le français. — Auteur anglais anonyme, i396.)
Trompe (tromp'), s. f. Erreur, tromperie. — J'crayais faire six poinsons de vin, j'en ai fait dix. — Alors, t'as été trompé de la bonne trompe. Au contraire, on est trompé de la mauvaise lorsque la récolte est au-dessous de l'évaluation.
Tropé (tro-pé), s. m. Troupeau.
Ane. fr. Trope, tropel. Bas-latin troppa, tropellus.
D'autres demi-dieux, nos seigneurs, De Jupiter enfants et sœurs, Règne aujourd'hui la troppe heureuse, Troppe vraiment méritant mieux...
(J. DU Bellay.)
Car du bestail ay vu mainte tropée
Par les bergiers chasser pour paistre aux champs.
(Eustache Deschamps.)
Troquate (tro-kaf). Prononciation de trois ou quatre. — Coben qu'tu n'en veux ? — Dô m'en troquate.
Trôte. (V. Traule.)
Trou (trou), s. m. Dans l'expression : trou de chou, trognon. 1| Au figuré, se dit d'un enfant de petite taille, pas plus haut qu'un trognon de chou.
Ane. fr. Tros, trus, tronçon, detruncus.
En sa dextre tenoit un gros trou de chou.
(Rajielais.)
Trouverrai (trou-vô-ré), fut. de trouver. — Je trouverrai, nous trouverrons.
Trucher (tru-ché), v. n. Grimper. — Oh ! c'train, il est toujours truché partout.
Trucheter (tru-ch'té), v. n. Éternuer.
Ktym. inc. Peut-être onomatopée.
Trucheuz (Iru-cheù), adj. Quémandeur, qui demande toujours. Étym. inc.
Truffe (trur),s. f. Pomme de terre. On prononce même truffle.
Truisse (truis'), s. f. Têtard, trogne ervant de limite, de pied cornier.
Ane. f. Trus, trognon.
Tuer (tué), v. a. Éteindre, étoulTer. — Tuer le feu, tuer la chandelle. Nous avons conservé le sens de Tancien français, aussi dit-on dans la chanson : « Ma chandelle est morte. » |) Un fruit tué, un fruit blette, coffi. H Du cidre tué, cidre qui a perdu son goût primitif, qui devient dur, qui tourne à l'acide ou au noir.
Tuau (tuo), s. m. Tuyau. (V. Tiau.)
Tuette (tuéf), s. f. Petit trou de forêt pour donner de Taira un poinçon plein. — On confond souvent la tuette avec le fausset, ou fosset, qui sert à fermer la tuette. (V. Puette.) Tuel en normand, dérivé de tuyau.
Tumer (tu-mé), v. n. Hésiter, méditer.
Dans l'anc. fr. Tumer veut dire tourmenter, s'agiter, se démener, tomber.
Turc(tûr), s. m. Ver blanc, larve du hanneton. Dans quelques eîidroits on prononce teur. Les provenç-anx prononcent tur comme nous. Guillaume de Nangis {Annales de saint Louis), écrit toujours les turs.
Turlu (tur-Iu), s. f. Alouette huppée, alouette turlu. [| Adj. au fig. Étourdi, imprévoyant.
Turlutant (tur-lu-tan), adj. Voyant, de mauvais goût, en parlant de la toilette. — Des couleurs turlutantes, criardes.
Dans le dictionnaire de Trévoux, turluter a le sens de chanter, crier, en parlant des oiseaux. (V. Alouette turlu.) Un objet turlutant est donc un objet criard, de couleurs aiguës, discordantes, comme le cri de certains oiseaux.
Tuterelle (tu-frèl'), s. f. Tourterelle.
U. Cette lettre, dans certains mots, remplace la diphtongue en. Comme dans Ucharistie, Ugône, Ugénie. Gela tient à ce que, dans un grand nombre de mots, eu avait la même valeur que u. Ainsi sur, securuSj s'écrivait autrefois seur, et se prononçait sur. Encore aujourdihui, le participe passé d'avoir, qui s'écrit eu, se prononce û.
Mourir convient, c'esl chose seure, Point n'en souvient à créature.
« Éplthaphe qui se trouvait sur une tombe dans Véglise de la Trinité, et que de Passac croyait être celle de Guillaume du Plesais, 25«o abbé.)
Uler (ù-lé), v. n. Hurler. — La chouette ùle, on entend les chiens ùler la nuit.
Ane. fr. UUer, usler. Du latin ululare, Germ. Heulen.
Un petit, adv. (V. petit.) Un peu.
Urbeo (ur-bé), s. m. Syn. Urbé, hurebec, hurbec, hirbec, irbé, becmart, coupe-bourgeon, cigareur dans le midi, etc., etc. Cet insecte porte plus de cinquante noms, suivant les régions. Goléoptère charmant, à reflets bleus ou vert métallique, appartient à la famille des Curculionidées ou Rynchophores, ou portebecs, autrement dit, pour le Français : charançons. Les savants n'ont pas encore complètement réussi à lui donner un nom. Curculio betuUe, Rhinnomacer violaceus, viridis, Bhynchites beluleli, Attelabus beluleti,Involvulus betuleti, Ryctiscus betulœ, etc. Au lecteur de choisir. Disons en passant que les dits savants, qui ont trouvé tant de beaux noms pour cet insecte, ontoubliéde trouver le moyen de le détruire. C'est un des ennemis les plus terribles de la vigne. Il dépose ses œufs dans une feuille qu'il roule en forme de cigare, après avoir coupé à demi la queue. En 1769, les urbecs étaient tellement nombreux dans le Vendùmois que les vignerons demandèrent des prières pu-
bliques pour les chasser. Il existe une sentence ecclésiastique rendue en i5i5, par Tofficial de Troyes, contre les Hurebets ! (Legrand, Revue vUicole, 1864.)
Urible (u-rib*), adj. Hàtif, précoce, dans le Perche. — Des légumes uribles, une récolte urible. On dit aussi : usible, et usif, usive.
Urseline (ur-seu-lin'), s. f. Ursuline.
c L'usage est partagé entre Urseline et Ursuline. Urseline est plus usité parnni le peuple et parmi les dames, et je prévois qu'il l'emportera bientôt sur Ursuline. »
(Ménage.)
Usage (u-zaj'), s. m. Nom de plusieurs localités. Ce nom vient de ce que plusieurs paroisses avaient des droits d'u.sage dans certaines forêts royales, seigneuriales ou ecclésiastiques. L'usage, les usages, désignent aussi quelquefois les biens ou pâturages communaux. L'usage des Marchais, commune de la Ville-aux-Clercs ; les usages de Lancôme.
Usanoe (u-zans*), s. f. Usage, coutume.
Ussier (u-sié), s. m. Huissier.
Ane. fr. Ussier, de us, uis, huis, porte.
Ustuberlu (us-tu-beur-lu), adj. Hurluberlu, étourdi, sans cervelle.
Usurfruit (u-zur-frui), s. m. Usufruit, on dit aussi ésurfruit.
Ut I (huf), interj. Hors d'ici, allons ut ! (V. Oust.) Cette interjection doit être un souvenir de l'occupation anglaise pendant la guerre de Cent ans. Les Anglais, envahissant le pays, s'écriaient en chassant les malheureux habitants : OUT, dehors, comme nous avons vu faire les Allemands en 1814 et en 1870, disant : Fourt, dehors, cédez la place.
Normands escrient : Dieu aie, La gent englesche : ut! s'escrie.
(Jaubert, Gloss. du Berry.)
Les anglophobes prétendent que les Anglais ont conservé ce procédé sommaire de colonisation.
D'après E. Duinéril, ce serait une expression allemande. C'est le terme dont se ser\'ait Louis-le-Débonnaire pour chasser les fantômes qu'il croyait obséder ses derniers moments : « Hutz, hutz^quod sigjiificat foras. i> {Vila Hludovici imperatoris^ Perz monumenta getnnanUe hisloi^œ.)
Vagabonner (va-ga-bo-né), v. n. Vagabonder. Le dictionnaire de Trévoux donne ce mot comme français. L'Académie l'admettait autrefois, elle l'a supprimé dans l'édition de 1879.
Vain (vin), adj. Un dit que le temps est vain lorsqu'il est orageux, accablant. Une plante pousse vain lorsqu'elle est étiolée. (V. Fieule.)
Vairé (vé-ré), adj. Tacheté, bariolé. On donne le nom de rat vairé au loir, parce qu'il est gris avec le ventre blanc. La fameuse pantouffle de Gendrillon n'était pas une chaussure de verre, ce qui eût été fort incommode pour danser, maïs bien de vair ou de petit gris. Il existe, à Blois, une auberge à l'enseigne du Singe vert, il faudrait écrire le singe rair, c'est-àdire tacheté. Nous avons vu, sans pouvoir nous rappeler en quel endroit, une autre enseigne du Singe vert, représentant Cet animal bariolé de blanc et de brun. Dans certains endroits on prononce indifféremment bariolé, variole etgariolé.
Vairé (vé-ré), s. m. Nom du véron ou vairon, petit poisson des rivières.
Vaisselier (vé-sé-lié), s. m. Dressoir pour ranger la vaisselle. Ce mot, nous ne savons pas pourquoi, n'est pas admis par l'Académie.
Vaisseaux (vé-siô), s. m. Usité seulement au pluriel. Ce mot désigne non seulement les récipients, vaisselle, poteries, mais plus spécialement l'ensemble des gros meubles composant l'ameublement de la maison. — L'ussier a saisi tous ses pauv' vaissiaux.
Ane. fr. Vaissiaus.
Valenteur (va-lan-leur), s. f. Valeur.
Ane. fr. Valenter, avoir de la valeur. Bas-latin valeniia, prix.
Valetterie (val'-trie), s. f. Assemblée, fùte du pays, parce que ces fêtes coïncident avec les louées où se réunissent les jeunes gens. (Beauce.)
Ane. fr. Valeterie, réunion de jeuneâ gens, bas-lalin valctcria^ la jeunesse, les jeunes gens non mariés. || La Valetterie, nom de localité, près Vendôme.
Valeton (var-ton), s. m. Valet de ferme, jeune garçon. Au moyen âge, valet, valeton, avalent le sens, non de serviteur, mais de jeune homme, jeune garçon. ^C'te fille aime ben les valeton s.
Toutes herbes, toutes floreltes
Que valetoDS et pucelettes
Vont au printemps au bois cueuillir.
{Roman de la Rose.)
Valissance (va-li-sans'), s. f. Valeur, prix.
Ane. fr. Valissant, valant, langue d'oc, mleyssen^ valeur. Bas-latin valentia.
Vané (va- né), adj. Fatigué, affaibîf, extéiTué. Lacurhe de Sainte-Palaye donne à ce mot le sens de trié, choisi. Dans la Chronique de Duguesclin : « Ils chevauchèrent tant qu'ils vindrent à Vernon et moult avoient grand faim, les mieux vanés. i Ne s'agit-il pas des plus fatigués?
Vanner veut dire aussi berner, passer à la couverture : on secoue le patient comme dans un van. L'homme qui a subi ce supplice est vané. Jaubert fait venir ce mot de evanescere, évanouir. Dans la basse latinité, on trouve le mot vanare, terme de palais, rendre vain, annuler. C'est là, suivant nous, la véritable étymologie, l'homme vané eH celui qui est anéanti.
Vanne (van'), s. f. Remontrance, semonce violente.
Vanqué (van-ké), adv. Peut-être. — Vipigùé ben, peut-être bien. — I va vanqué chè d'iiau anuy : il Vtf peat-étre pleuvoir aujourd'hui. Quelques étymologistes voient dans ce mot unecrase de volontiers j en elTet, dans le Maine, on prononce vontier, vonquier.
Vaque-à-tout (va-ka-toii), s. m. Valet de ferme, petit domestique à tout faire.
Varenne (va-rèn'), s. f. Nom de localité. La Varenne, Les Va- * rennes, Varennes. C'est le même mot que garenne. Originairement, tous les lieux désignés par le mot de varenne étaient ce que nous nommons aujourd'hui des garennes.
• Du mariage de Loys et de Jeanne de Chaudrier naquit Pierre de Ronsard, au chasteau de la Poissonnière, en la Vareane du Ras- Vendômois. »
( Vie de Ronsard par Claude Bimbv.)
Varin (va-rin), s. m. On dit aussi vérin (vrin), maladie de Saint-Vrain {Veranus). || Celui qui guérit ledit mal. Pour qu'un enfant devienne varin, il faut, à sa naissance, lui £aire étouffer une taupe entre les mains. Il guérit alors par le toucher le venin, les morsures de serpents, même la rage. Aujourd'hui, les gens mordus par une bête enragée se font toucher par le varin, mais se rendent ensuite à rinstitut Pasteur. La foi se perd ! Deux sûretés valent mieux qu'une. La chapelle de Saint-Vrain, près Vendôme, est un lieu de pèlerinage où Ton va se faire guérir de ces maladies.
Varmenier (var-mé-nié), on prononce aussi Venncnier. Nom générique de tous les animaux nuisiblas, vermine, insectes, belettes, rats, mulots, serpents, chats, renards, etc. Ane. fr. Varmeine, vermine.
Varouille (vanTouy*), s. f. Expression usitée dans ce dicton : laid comme une varouille, peut-être est-ce une forme de varou, laid comme un loup garou?
Va-t-aux-vignes (va-to-veign*), s. m. Sobriquet des vignerons.
Vauge(vôj'), s. m. Vouge, serpe, (V. ce mot.)
Vaugeas (vau-jà), s. m. Petit hangar, petite loge. — Va remiser ta berouette sous l'vaugeas.
Vaale, vaulln (vôr-vô-lin). Mots répétés en cadence par les bergères pour faire sortir leurs vaches et les mener boire.
yègne (vègn'), s. f. Vigne.
Veguetée (vègh'tée), s. f. Petite pluie amenée par le vent. (V. Hargnsy Galemiau,) On dit aussi vessetée.
VeiUard (vé-iar), s. m. Ou grande veillée, liseron des haies à grandes fleurs blanches. Convolvulm sepium.
VeiUèe (vé-iée), s. f. Nom vulgaire du liseron des champs, Convolvulus arvenais. (V. Vrille.)
VeilleuM (vé-ieuz*), s. f. Femme chargée de veiller près des morts. Il y a certaines femmes qui en font métier.
Veilloohe (vé-ioch'), s. f. Petit tas de foin. — Mettre le foin en veilloche. Dans quelques endroits, veille, veillot, veillotte. || Nom de loc. Le pré Veilloche aux Murs, près Vendôme. Ane. fr. Veillote. Étym. inc.
VeiUote (vé-iof), s. f. Nom vulgaire du colchique des prés, safran bâtard, Colchicum autumnale.
Veilloir (vé-ioué), s. m. Lieu où Ton se réunit pour faire la
veillée, foyer de médisances, disait Neilz. On dit aussi veillon* — Aller au veillon.
Veiniau (vè-nio), s. m. Grand porc maigre. || Fig. Se dit d'une personne sèche et maigre. Un innocent, un niais. (V. Meiniau,)
Velimeux (v'ii-meù), adj. Venimeux.
Velin (v'iin), s. m. Venin, poison.
Ane. fr. Velin, venin.
« Il n*e8t mie dotte ke le velin de covise (il D*y a aucuo doule que le veaiD de convoitise). »
{Sermons de saint Bernard.)
Vélin (vê-lin), s. rn. Veau mort-né. Dans quelques endroits, lorsqu'on a!»at une vache pleine, le vélin est le bénéfice du gargon bouclier, la peau se vendant un certain prix. Celte peau, garnie de son poil doux et soyeux, servait à faire de menus objets de maroquinerie, coffrets, etc., dont la mode a passé; les peaux de vélin dépilées servent à faire des éventails, des miniatures.
Venderdi (van-deur-di), s. m. Vendredi.
Ane. fr.
Vendôme. Ce mot est employé dans les dictons suivants. Dans le Perche, une forte pluie se nomme brouillard de M. de Vendôme. — Il est comme le perroquet de M. de Vendôme, s'il ne dit mot, il n*en pense pas moins. — Couleur de M. de Vendôme, c'est-à-dire invisible. — A la fraîcheur de M. de Vendôme, c'est-à-dire pendant la grande chaleur. — Dans l'Anjou, le vent d'est s'appelle le Vendôme. Ajoutons que, dans le patois de Metz, Vendôme veut dire vendange.
Voici comment Leroux {IHctionnaire comiqtw, satyriquc et burlesque j il 52) explique ces locutions, et l'explication est sérieusement répétée par le Dictionnaire de Trévoux : c Ces pi-overbes viennent par corruption du vent d'amont, qui souffle du côté de l'orient, lequel est un vent fort violent et incommode qui par sa nature est invisible. Du moins, on ne sait point qu'aucune pei*sonne du nom de Vendôme ait donné lieu à ces proverbes. » Si nos lecteurs ne sont pas difficiles, ils pourront se contenter de cette explication, mais Le Ilériché (Étym. difficiles) en a trouvé une qui parait très acceptable, t Ironies soldatesques, dit-il. Vendôme (Charles de Bourbon, gouverneur de Picardie) fit aux Anglo-Flamands, en Picardie, en 1522, une guerre à la
Fabius Cundator, se rendant invisible, traitant la plaie de brouillard et de fraîcheur lardeur du soleil. >
Autrefois, la ganterie de Vendôme avait une grande réputation, témoin ce passage de Brantôme (Le» Capitaines française : € Il le rendit souple et maniable comme un gant cbevrotin de
Vendôme, t
Si les gants de cette ville étaient célèbres, les produits des verreries de Vendôme, de Rougemont et du Plessis-Dorin ne Tétaient pas moins. Parmi les dictons du xiii« siècle se trouve celui-ci ivoirre (verre) de Vendôme (i).
Vendômois. Nous ne donnons place à ce mot que pour citer le dicton populaire suivant :
Normand, méchaol.
Chartraio. vilain.
Angevin, sac-à-vin.
Nogent, bonne gens.
Vendômois, narquois !
Nous laissons aux lecteurs vendômois le soin d'apprécier le plus ou moins de véracité du proverbe.
(\) t II ne sera pas inutile de rappeler ici les sept prétendues mer « veilles de Vendôme qu'on ne laisse pas de répéter souvent, quoique « ce ne soit que des espèces de calembour^ assez insipides. »
(DuciiEMiN Lachknave, Mémolres historiques sur la cille de Vendôme et l'ancien pays vendômois. Ms. n" 322, bil)l. Vendôme, 3 vol. in-4 )
Nous croyons, comme Ducbemin de La Chesnayc, devoir reproduire ces plaisanteries, aujourd'hui oubliées, qui ont fait les délices de nos pères.
1. Un chantre qui ne chante pas. Allusion au s. Chaponnct, dernier chantre titulaire de la collégiale de Saint-Georges. O chanoine, n*ayant pas de voix, ne chantait jamais.
(V. BA biographie, par M. de Rochambeau. biogr. Vendôm. t. I, p. 287.)
2. Un clocher sur l'église, et l'église plus haute que le clocher. Il s'agit de la chapelle de l'ancien grand cimetière, raulx)urg Chartrain, démolie en 1816. La partie antérieure ouest de cet édifice était surmontée (l'un clocher fort surbaissé. A une certaine époque, la partie est de la chapelle fut exhaussée, et le toit du chœur se trouvait plus élevé que le clocher.
3. Un plat d'étain qui est de bois. C'était l'enseigne suspendue de l'auberge du plat d'étain, faubourg Chartrain. L'enseigne et l'auberge ont disparu depuis longtemps.
4. Un clocher et quatre sans cloches. Il s'agit du grand clocher de la
Vengeatif (van-ja-tif), adj. Vindicatif.
Vent. Les vents, dans le Vendômois, ont les jionis suivants : Vent haut désij^ne le vent du nord ; le vent bas est le vent de sud-ouest; bise, nord-est; galerne, le nord-ouest; et soulare (solaire), le sud-est. || Vent est employé dans les noms de plusieurs localités. — Les Quatre- Vents, Les Hauts- Vents, etc.
Ventouse (van-touz'), s. f. Vent violent, tempête. — I fait une ventouse affreuse.
Venue (v'nue), s. f. Grande quantité. — Une venue de souris, une venue de fruits. — Une année de grande venue.
Vent-voie (van-vol'), s. m. Petites gouttes de pluie. Flocons de neige.
Vôpre (vèpr*), s. m. S'emploie au singulier. — Je vas à vôpre. — Vépre est dit.
Verde (veurd'), s. f. Flux de ventre, diarrhée. Étym. inc.
Verdeler (ver-d'lé), v. n. Commencer à mûrir, tourner, en par-
Trinité, flanqué de quatre clochetons en pierre. Les cloches se trouvaient naturellement dans l'intérieur du clocher.
(V. sur le clocher de la Trinilé, l'art, de VioUet-le-Duc, Dict, de l'carch. française, au mot Clocher, et l'étude de Louis Mortellière, Association Française pour l'avancement des sciences, Confrës de Blois, 1884.)
5. La rue ferme qui ne ferme pas. Cette rue, dépendant de l'ancien château, était, autrefois, fermée à ses deux extrémités par des portes fortifiées, qui avaient été détruites. La rue ferme veut dire rue forte, fortifiée.
6. Le pont neuf sur lequel on ne passe pas. Ce pont, qui faisait communiquer le marché de la ville avec la rue ferme, était défendu par une porte qui existe encore. Il fut emporté en partie par une crue du Loir, et abandonné. On ne pouvait donc plus y passer. Les traces de ce pont ont complètement disparu.
(V. Bulletin de la société archéologiqtie du Vendômois, année 1877, p. 901.)
7. Un dos d'âne qui est de pierre. Il s'agit ici d'un barrage en maçonnerie qui sert de déversoir à un bras du Loir, les eaux surabondantes tombent en cascade assez élevée dans le petit bras, dit de Saint-Denis, qui alimente les fossés du Mail.
Une vue du dos d'âne et de l'arche fortifiée pratiquée dans l'ancien mur de ville, au-dessus du Loir, a été publiée par feu M. Launay, dans l'ouvrage de M. de Pétigny.
lant des raisins. || Se dit aussi d*un animal qui commence à engraisser.
c 1759. -^ Il y avait du verdelé de Ireille de Madeleine, le S9 juin. •
(Journal de Lattron )
Verderiau (ver-deu-rio), s. m. Yerdier, oiseau.
Verdet (ver-dé), s. m. Raisin qui n'est pas arrivé à maturité à l'époque de la vendanj^e. — Y a ben des verdets cTannée.
Verdier (ver-dié), s. ni. Autrefois le sergent préposé à la garde de la forêt.
Bas-latin viridaiHus^ même sens.
Verdillon (ver-di-ion), s. m. Fruit qui n'est pas encore à maturité, verjus.
Verdin (ver-din), s. m. Bois de chauffage revêtu de son écorce.
Vérette (vé-rèf), s. f. Nom vulgaire de la petite vérole; se disait encore au temps de Ménage.
Verge (verj'), s. f. Longue branche de sarment que l'on conserve à la taille de la vigne, fouet. || Verge, dé à coudre du tailleur.
Vérir (vô-ri), v. n. Se dit du linge qui moisit et se couvre de taches par l'humidité. — Nous croyons qu'il vaudrait mieux écrire vairir, du linge vairi est du linge qui varie de couleur, qui est taché, vairô. (V. ce mot.)
Verjou (ver-jou), s. f. Jeune fille ou femme évaporée.
Verlope (ver-lop'). s. f. Varlope.
Vermignon (ver-mi-gnon), s. m. Vermillon. On dit d'une personne qui a les joues colorées : en a-l'elle,des vermignons!
VerntUe (ver-niy'), s. f. Menu bois, menues branches.
Étym. probable: de verne, aulne, brindilles de ce bois. Dans Oudin, vernilles veut dire bagatelles.
Vert-creux (ver-creiVi, s. m. Lézard vert, Laceria viridût. Le lézard vert passe à tort pour venimeux ; ce charmant saurien a seulement la mauvaise habitude de mordre les enfants qui, séduits par ses couleui'S brillantes, lui font une chasse acharnée. Quand il a consenti avec peine à lâcher le doigt qu'il a saisi, il devient le plus doux dos animaux, s'apprivoise facilement, et reconnaît son maîlre.
Étym. inc.
Vescerie (vé-s'rie), s. f. Fourrage de vesce.
Vésiner (vé-si-né), v. n. Flâner, muser.
Vésinier (vé-zi-gné), adj. Lambin, flâneur. (Perche.) Peut-être est-ce une prononciation de voisinier, flâneur, qui voisine, ou de Tanc. fr. Vézié, avisé, prudent, vicieux.
Vessard (vè-sar), adj. ou vesseux, capon, qui a la vesse, qui a peur.
Vesse (vés'}. Exclamation, mot de Targot des collèges, garde à vous. Cette interjection, faite mezzo voce, indique la proximité d'un danger, la venue d'un pion, d'un surveillant. A ce mot, les plumes s'agitent fébrilement, les dictionnaires sont feuilletés avec acharnement, et le censeur se retire émerveillé de l'assiduité des jeunes élèves. Nos lectrices pourraient peutêtre nous dire quel est le mot qui dans les pensions ou lycées de jeunes filles, remplace une aussi vilaine formule. || Vessemou. Se dit d'un individu fainéant, sans énergie.
Vessetée (vé-s'tée), s. f. Petite pluie. (V. Vegnetée,) Ëtym. inc.
Vessie (vé-sie), s. f. Ampoule à la peau, à la suite d'une brûlure ou d'un frottement. — J'ai des vessies aux pieds.
Vessier (vè-sié), v. n. Se dit des vessies qui se fermenta la peau. On prétend qu'en se rebrùlant, on empêche la peau de vessier.
Vestanchenarde (ves-tan-ch'nard*), s. f. Rallonge, sorte d'écbelette qui se place â l'extrémité d'une charrette pour charger du fourrage, de la paille. On dit aussi étanchenarde. Étym. inc.
Vêture (vê-tûr'), s. f. Tout objet de vêtement, ce qui sert à l'habillement. Mot conservé dans l'argot administratif, la vêture des prisonniers, des enfants assistés. En 1848, un honorable conseiller général de Loir-et-Cher, peu au courant des mœurs administratives, ayant à faire un rapport sur les enfants assistés, demandait gravement un crédit pour les layettes et voitures, croyant qu'il s'agissait des petites voitures destinées à promener les bébés 1 Sa proposition fût accueillie, comme on le pense, par les rires de ses bienveillants collègues. Ane. fr. Vesteure, vesture. Bas-latin vestura, vestitura,
Vezon (vé-zon), s. f. Grosse femme, mal fichue, injure équivalant à vessie, des faubourgs de Paris.
De l'anc. fr. Yèse, cornemuse.
Vezonner (vé-zo-né), v. n. Ronfler. Une toupie, une machine à battre, vézonnent.
Viau (vio), s. m. Veau. Cette forme se rapproche davantage du latin vitulus que veau. || Prendre la vache et le viau, épouser une fille enceinte.
Viaume (viôm*), s. m. Ilaunic, croûte qui se forme sur la tête des jeunes enfants. Par exagération de l'aspiration de VHy comme dans vangar pour hangar.
Vidange (vi-danj'), s. f. Terme de vignoble, poinçon frais vide. — J'sais pas si j'aurai assez de vidanges pour tirer ma cuve.
Vidée (vi-dée), s. f. Lessu ancien qui sert à laver certaines étoffes de couleur. — Metl' les mouchoués d'couleu à la vidée.
<iette (vièt*), s. f. Brin de vigne, verge, fouet.
a Vielle est un brin d'environ trois pieds. >
(Colas, Manuel du vlfjneron, Orléans, 1770.)
Bas-latin vietum, courbé, flexible.
Viéture (vié-tur*), s. f. Chose vieille, usée. — A notre ûge on n'est plus que de la viéture. On dit aussi vieuture.
Vieuse (vi-euz*), adj. Féminin de vieux, vieille. — Oh ! grand'mère, comme t'es vieuse !
Vilain (vi-lin), s. m. Le diable.
Dans le cas où la maison d'un de nos lecteurs serait hantée par un ou plusieurs revenants, nous croyons devoir citer la formule employée par les sorciers de campagne pour les chasser : a Si tu reviens de la part du Bon Gieu, reste ! Si tu viens de la part du vilain, va-t'en î Je te chasse, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. » Cette formule est reproduite ainsi par Rabelais : t Si tu es de Dieu, sy parles; si tu es de l'autre, sy t'en va. »Si le revenant résisteà une pareille incantation, c'est qu'il vient de la part de Dieu. Auquel cas, il ne saurait être animé de mauvaises intentions.
Villotier (vi-lo-tié), adj. Citadin, ou mieux celui qui aime le séjour de la ville, ladébauche.
Ane. fr. Villotier, coureur, débauché.
Trop estes, clil*ii,viIlotière Si ravez trop nice manière.
(Roman de la Rose.)
Quand les petites villotières Trouvent quelque hardy amant.
(Cl. Marot.)
Vin de Lune. Vin fait avec des raisins volés la nuit.
Vinée (vi-née), s. f. Vendangeoir, pressoir, lieu où se fait le vin. Il Grande quantité de vin. — Une année de grande vinée.
Vinette (vi-nèt*), s. f. Oseille sauvage ou cultivée. Rumex acetosella. Il On donne aussi ce nom à de petites pommes rouges acides.
Ane. fr. Vinette, oseille. Ce mot parait formé de vinaigre, vinaigrette, acidité. — Gonf. Épi ne- Vinette.
Vinosité (vi-nô-zi-té), s. f. Qualité d'un vin qui a de la force alcoolique. || Fig. Feu, ardeur. — Ce cheval a de la vinosité.
Viorme (viorm*), s. f. Viorne, clématite des haies. Clematis mlalha. Les enfants qui n'ont pas à leur disposition du tabac ou de l'argent pour en acheter, coupent des fragments de viorme sèche et les fument avec délices. Que celui qui ne Ta pas fait leur jette la première pierre. — N. B, C'est un peu moins mauvais que les cigares de la régie.
Vipère (vi-pèr'), s. m. Vipère. — Cette femme, c'est un vrai vipère.
Vircoiter (vir-koué-té), v. n. Tourner sur soi-même comme une girouette, au propre et au figuré.
Étym. de virer, tourner, et couette, queue.
Virée (vi-rée), s. f. On dit aussi ravirée. Espace de temps employé au travail d'un repas à l'autre. — J'finirai ben ça dan s une virée.
VirevouBte (vir'-vousf), s. f. Cabriole, culbute.
Ane. fr. Virevolte, virevoute, détour. Virevolte s'est conservé, mais seulement comme terme de manège.
Latin girare, tourner, vuUum^ visage.
Virevouster (vir'-vous-té), v. n. Tourner. — Le vent virevouste.
Vireuse (vi-reuz'), s. f. Éclisse à fromages. Étym. inc
Vise-au-trou. Sobriquet des apothicaires, en souvenir de ce que ces estimables praticiens se rendaient à domicile pour administrer certains remèdes chers à Molière. Aujourd'hui les photographes seuls opèrent eux-mêmes.
« Et M. Visautrou, mon apothicaire, médisait encore ce matin que je ne paraissais pas 45 ans. »
(L'homme à bonnes fortunes^ théâtre italien de Ghérard, 1G90.)
Viterier (vi-teu-rié). s. m. Vitrier.
Vlvasse (vi-vas'), s. f. Vigueur, vitalité.
Vivature (vi-va-tur'), s. f. Nourriture.
Vlà (via), prép. Voilà.
Vla-ti-pas (vla-ti-pâ), loc. adv. exclamative. Ne voilà-l-il pas, employée surtout dans les récits. — Mais vlà-ti-pas que compère le loup, qu'avait vu lep'Ut chap'ron rouge...
Voiler (m) (voi-lé), v. réf. Se dit d'un meuble qui travaille, d'une planche qui se gauchit, qui prend la forme d'une voile gonflée.
Voirai (vouô-rè), futur et cond. de Voir.
Voilà les vers tragiques et la plainte
Qu'au ciel lu envoyras, Tout aussitôt que ta face dépeinte
Par le temps tu voirras.
(Ronsard.)
Jamais ne voira-t-on que Ronsard amoureux.
(J. DU Bellay.)
Voire (vouer'), adv. Vraiment, oui-dà. Dans quelques endroits on dit vère. On dit : voyons voire, quand on veut s'assurer d'une chose. Cela ne veut pas dire regardons pour voir, mais bien, voyons vraiment si c'est vrai. — Vous me crairez si vous voudrez, mais j'avas ben dix busses de pommes dans mon âbre. — Voire ! — Ce mot est employé constamment par Rabelais.
L'emplastre de nonchaloir Que sus mon cœur piéça mis M'a guéry, pour dire voir Si nettement.
(Ch. d'ORLÉANS, bal.)
« Je voel savoir por voir comment vous le savez. »
(Rom. d'Alexandre.)
Voisine! (vouë-zi-né), s. m. Chemin qui conduit d'une maison à une autre, d'un village à l'autre. Les ingénieurs, qui sont des savants, au lieu d'accepter ce mot, ont préféré parler latin et fabriquer le mot : chemin vicinal. Dans la coutume de Tours, le chemin d'importance secondaire se nomme chemin voisinai.
Voisinier (voué-zl-nié), adj. Flâneur, qui aime à aller causer
chez les voisins, se chauffer à leur feu et même arriver aux heures des repas.
Voiter (voua-té), v. n. Prononciation de voter.
Volant (vo-lan), s. m. On dit aussi volin ; gouet, serpe, croissant.
Ane. fr. Bas-latin volana, serpe. (V. Vouge.) Bas-latin vola, poing, serpe qui se manœuvre avec le poing.
« Une sarpe emmanchée, appelée, en commun langaige, volant. »
(Lettres de rémission.)
Volant (vo-lan), s. m. Nénuphar. (V. Plateau et Volet.)
Volet (vo-lé), s. m. Âis, petit plateau de bois cii*culaire qui sert à couvrir les pots à lait. L'Académie donne bien le sens de tablette, petit ais rond sur lequel on trie les choses menues, d'où trier sur le volet, mais non le sens de couvercle.
Margot lui donne du lait Toute une pleine écuelle Couverte d'un volet.
(Grande bible des Noêls.)
Il Volet, nom vulgaire des nénuphars blancs et jaunes. Nymphsea alba, et Nuphar luleum. \\ Plante qui croît dans les lieux humides, tussilage à grandes feuilles, Tussilago petasites.
VoBse (vos'), s. f. Vesse.
Voù (vou), adv. Où, se construit également avec là. — La voù qifvous demeurez? — C'est la voù que je reste.
Voualée (voua-lée), s. f. Reproche, réprimande ; proprement, engueulade.
Vouâler (vouâ-lé), v. a. Crier, appeler de loin. (V. Otialer et Goualer.) Brunetto Latini écrivait voiler, il parle des chiens enragés voilant sans raison (donnant de la voix).
Vouéte (vouèf), s. f. Ouate, par la prosthôse du v qui remplace une forte aspiration et évite le hiatus. En effet, on dit de la ouate, comme si le mot s'écrivait houate, et non de l'ouate.
Voué (oué). Part, de vouer. Qui a été l'objet d'un vœu. — Un enfant voué; qui est voué au blanc ou au bleu.
Vouge (vouj'), s. m. Sorte de gouet à douille avec un crochet et
un long manche, en usage dans le Perche pour le plessage des haieê. (V. Vauge.)
Ane. fr. Même sens,,bas-laUn vougeius^ vouga^ serpe.
Du latin Guvia, dans Isidore de Sévîlle. Gouge on vouge. ïje Hériché pense que c*est un mot gaulois. Gouge, outil, a la même origine.
« Icelui Paillait prit un voulge dont l'on treoche les épines. . . ■ • Un voulge de quoi l'on plesse les baies. »
(LettreB de rénUêsion de 1389.)
« Le suppliant féri un coup d'un goy, aultrement appelé voulf^esse de quoi l'on arrache les buissons. »
{Lettre de rémiafionde 14^.)
Voni (voui), air. Oui, avec la prosthèse du v. Vouloir, v. a. Fait au subj. que je veule.
c £n cela même la dévotion ne veut rien que ne veule la nature qui ne fait rien au hasard, i
(Le P. Lemowb, La dévotion aiêée, 1668.)
Voutre (voùt*), pr. pers. Vôtre. — Vout' femme. -— Mon vin est meilleur que Fvoùt*.
Voyage (voi-iâj*), s. m. Pèlerinage. — J'vas faire un voj'age à Villethiou.
Au moyen âge, dans certaines circonstances, on imposait un voyage (pèlerinage) comme peine de certains délits.
Voyageur (voi-ia-jeù), s. m. Individu que Ton paie pour aller en pèlerinage à sa place, quand on ne peut ou ne veut y aller soi-même.
Voyette (voi-ièf), s. f. Rote, petite voie pour les piétons le long d'une chaintre pour pouvoir circuler lorsque les brais ou chemins creux sont impraticables. (Perche.)
Vrain (saint) (vrin), n. p. Le mal de^Saint-Vrain. (V. Varin ou Vérin,)
Vrament (vrâ-man), adv. Vraiment.
c Vrament, Pernelle, tu m'as fait un plaisant discours qui me donne envie de rire. »
(La réjouissance des harangéres des halles de Paris, 1614.)
(vriy'), s. f. Liseron, Convolvulus.
VriUée (vri-iée), s. f. Même sens. (V. Veille et Veillée.)
VriUon (vri-ion),. s. m. Copeau de menuisier enlevé par la varlope ou le rabot. — Allumer le feu avec des vrillons. Dans le Perche, les vrillons se nomment des parottes.
Vuse ou vute, part. pass. fém. de voir. Vu, vute. — J*la z*ai vute, ou vuse.
X. Cette lettre se prononce le plus souvent isk' au lieu de iks\ — Ce mot s'écrit par une isk*. — Fisquer, au lieu de fixer. — Félisque, au lieu de Félix.
Nous avons connu un employé de chemin de fer qui, ne voulant pas imiter les gens qui parlent mal et prononcent isf]ue, ne disait jamais qu'un dixe au lieu d*un disque.
Souvent, dans certains mots contenant un x, le son du k dur disparaît, et on ne prononce que Vs : esprôs, estravagant, estraordinaire, Sandrine, pour exprès, extravagant, extraordinaire, Alexandrine. Mais les mômes personnes disent très bien un ekstrapontin, pour strapontin.
Zibédée (zi-bé-dée), s. f. Nom d'un paquet. (V. ce mot.) Un jeu des cannelles. — Tu cales de la zibédée.
2iièble (zièb'), s. m. Yèble, Samhucus ebulus. — Les graines de zièble donnenl de la couleur au vin, de môme que les baies de sureau en arbre. D'anciens ouvrages du xvii* el xviiic siècles, époques auxquelles, tout le monde le sait, on ne falsifiait ja rais les produits alimentaires, recommandent les baies d'hièble pour colorer le vin et lui donner le bouquet de Bourgogne. On employait aussi ces baies et bien d'autres choses innommables pour rendre marchands des vins piqués ou tournés.
Zingue (zin-gheu), s. m. Prononciation de zinc. || Interjection, employée par celui qui donne un coup de fouet ou de bâton.
Ah I je vais t'en donner, mon drôle,
Et tu en auras
Tant que la verge durera,
Zingue, zingue, zingue.
Frappons sur son cul.
Coquin dans un verre
Tu ne boiras plus.
(La mattreêse femme , oieiUe chanson.)
Zogner (zo-gné), v. n. Terme du jeu des canettes. Allonger le poignet pour diminuer la distance. — C'est pas du jeu, tu zognes. On dit aussi : hogner et pogner.
Zozo (zo-zo), s. m. Grand zozo, grand bêla. — Cheveux en zozo. — Les fions d'autrefois ; les Alphonse, mettaient leurs cheveux en zozo, c'est-à-dire des mèches en accroche-cœur sur les tompes, au-devant des oreilles.