DICTONS MÉTÉOROLOGIQUES LOCAUX
A la Saint- Vincent (22 janvier) L'hiver se reprend, Ou se romp la dent.
A la Chandeleur, si le soleil a luizarni^.
On n*est qu'à moitié hivarné.
Tonnerre en février Remplit cave et grenier.
Mars hâleux Marie la fille du laboureux.
Mars hâleux.
Avril frais et Roussineux;
Mai chaud Remplissent grange et portau.
Brouillard en mars.
Gelée en mai. '
Papillon jaune, • Bonne femme rhabille tes chausses ;
Papillon blanc, Prends ta quenouille et va aux champs.
S'il tonne en avril, Prépare ton baril.
S'il pleut à la Saint-Georges (23 avril), N'y aura ni cerises, ni cormes.
Avril N' s'en va pas sans épis
Ni mai Sans blé.
Frais mai, et chaud juin Amènent pain et vin.
S'il pleut à la Saint-Médard (8 juin), Les biens diminuent du tiers ou du quart ; S'il pleut à la Saint-Catais {i^r juillet), Il pleut quarante jours après.
A la Pentecoûte Ayx grouselles on goûte ;
A la Saint-Jean, Si t'en trouves, manges n'en.
A la Madeleine (22 juillet) Les noix sont pleines ; A la Saint-Laurent (10 août) On met le couteau dedans.
A la mi-août Les nousilles ont le cul roux.
S'il tonne en automne.
L'hiver avortonne.
A Noël les moucherons, A Pûques les glaçons.
L'hiver est, dit-on, dans un bissac, ce qui veut dire que, si la gelée n'est pas à un bout de l'hiver, elle est à l'autre.
Le vent, dit-on, reste la plus grande partie de l'été, dans la direction où il se trouve le dimanche des Rameaux. A Vendôme, on observe le vent pendant la procession, au moment où Ton attache le buis bénit à la croix du cimetière Dans d'autres localités, les observateurs sortent de l'église pendant l'évangile de la passion, au moment précis où l'on baise la terre.
On dit que le soleil ou la lune boivent, lorsqu'ils paraissent entourés ou baignés de vapeurs : c'est signe de pluie.
Le débat de la lune. — I^ météorologie populaire se réduit à croire que c'est la lune qui règle les changements do temps; chaque renouvellement de quartier a la faculté de pro-
«luire un chanfçomont de temps. Mais, comme la lune a la répulalion d*êlre assez capricieuse, elle n'obéit pas à la première itijonction, elle se débat; on lui accorde alors un délai de trois jours avant et de trois jours après chaque phase, d'où le nom de débat ou balancement de la lune. Le temps marchande.
On voit de suite que, ce débat étant de trois jours avant et de trois jours après chaque phase, chaque quartier comprenant sept jours, tous les jours de chaque période lunaire se trouvent compris dans l'action de la lune; c'est ce qui fait que la loi est infaillible. (Nouel.)
X. B. — La plupart de ces dictons doivent avoir une origine fort ancienne; on remarquera, en effet, que plusieurs riment seulement par assonance, ce qui dénote leur source purement populaire;. Les savants et les littérateurs n'ont jamais eu rien de commun avec ces adages.
Nous croyons iiiléressant de citer quelques exemples de langage local ; nous avons, suivant Tusage, donné la parabole de VEnfant prodigue traduite en dialecte percheron par M. le baron de Màricourt (1), habitant du canton de Mondoubleau. Nous donnons ensuite la môme parabole en langage vendômois, puis un conte local, tel qu'il nous était conté dans notre enfance par une ancienne serve de Tabbaye de la Trinité.
Nous avons adopté une orthographe se rapprochant autant que possible de la prononciation; au premier abord, le lecteur pourra se sentir un peu dérouté, mais qu'il veuille bien se donner la peine, sans être obligé de se reporter au glossaire, de lire quelques lignes à haute voix; la diftîculté s'évanouira et il comprendra avec la plus grande facilité.