‹ Glossaire du VendômoisChapitre 8 sur 23 · NOUEL · texte numérisé non relu

NOUEL

Carcan (kar-kan), s. m. Mauvais cheval, rosse. Il Injure, terme de mépris. Bon fi mettre au carcan, qui le mérite.

Carcot (kar-ko>, s. m. Rosse, carcan. (Perche.)

Garcotter ^kar-ko-tèi, v. a. Haricander, faire toutes sortes de petits métiers. (Perche.)

Garcottier (kar-ko-tiè), s. m. Maquignon. Il Adj. Celui qui a rtiabitude de marchandailler. || Celui qui fait de petits charrois dans la localité. Dans le Perche, arcotier.

Étvm. inc.

Garibesse (ka-ri-bès), s. f. Cal)riole, comberselle. (Beauce.)

Garibot (ka-ri-bo), s. m. Petit local, réduit, loge. Ktvrn. inc.

Garnailler (kar-nà-ié), v. n. Travailler sans soin. — l'n jardinier carnaille lorsqu'il coupe des branches sans se donner la peine de les ramasser.

Gamage (kar-naj'), s. m. Dégât, désordre. — La foudre a fait ben du carrjage dans les i\bres. — Les lu mas ont fait du carnage dans mes salades.

Came ikarn'), s. f. Mauvaise viande, mauvais cheval, mauvaise vache.

Carreau (ka-ro), s. m. Terme de vignoble. Ais, planche épaisse munie de deux poignées, qui sert à régulariser la surface du marc sur le pressoir. Les carreaux forment une surface plane sur laquelle on entasse les billots. iV. ce mot ) lî Planche sur laquelle les femmes lavent le linge.

Carroir (ka-roué), s. m. Place carrée, carrefour. — Viens-lu jouer sur le carrouè d'ia Madeleine?

Ane. fr. Carrefour, du latin Quadrivium.

Et l'empereur «e ï>ov()it enc:)rc eslre Hors le carroy.

(R. Mack.)

Qui a jamais dedans l'obscurité

D'une forest, veuve do la clarté,

Porté ses pas, souvent il se desvoye

Par le carroy d'une trompeuse voyo.

Car maint chemin qui se traverse en croi.x

Le fait errer dans l'espesseur des bois.

(RONSAUD.J

Nom de localité, le Carroir, commune de Villiers.

Carte ou quarte. (V. Ane mcsKres.)

Casse (kas'), s. f. Lèchefrite; le diminutif casserole est seul resté. Il Chaudron en fonte pour donner à boire aux moutons dans la bergerie.

Casse, adj. Sec, aride, durci, battu. — Se dit de la surface do la terre battue par la pluie et durcie par le hàle. Dans le Perche, cassé; Morvan, cassi. lIFig. Une figure casse.

« Les vignes étaient bien aisées à bêcher parce que la terre n'était point casse. »

(Ms. du vigneron L.mtron, 1786 1810.)

Casser du bois : dans le Perche, fendre du bois de chaulfage.

Cassette (ka-séf), s. f. Trébuchet, piège à oiseaux.

Cassis (ka-sî), s. m. Rui.sseau, caniveau qui traverse une route, probablement parce qu'en les passant on casse les ressorts des

voitures. Aujourdlmi, presque partout, les cassis sont remplacés par des buses ou des aqueducs.

Gassine (ka-sin*), s. f. Vieille brebis.

Gastille (kas-ti-ie), s. f. Fruit du ;zroseiHier à grappes. || Castillier, groseillier.

Gastonade (kas-to-nad'), s. f. Ca.-sonade. Ce mot se prononrait ainsi au XVI'' siècle.

Gasuel (ka-zu-el), adj. Fragile, craignant la casi^e.

Catacoua (ka-ta-koua), s. f. Catogan, pernmue à queue. \\ On dit au jeu de volant que les phimes font la catacoua lorsqu'elles sont ébourilTées.

Adieu lo couo.

La catacoua.

Adieu la perruque d'cbênc.

Le pér' Thomas n'a plus de coua.

(Ancienne chanson.)

Catacoua doit être un composé de catogan et de coua, qui vient du v. fr. coe, coie, coue, queue, du lat. caudam.

Cataplame (ka-ta-plam*), s. m. Cataplasme.

Gatéchixne (catécliim'), s. m. Catéchisme. — Nous citons ces deux mots à titre d'exemple pour montrer que, dans notre région, les consonnes sifflantes suivies d'une autre, étant trop difficiles à prononcer, se suppriment purement et simplement.

Gatéreux (ka-té-reù), adj. Incertain, aléatoire, chanceux, dan gereux. — Le temps est ben catéreux. — Un marché, une entreprise catéreuse.

Du lat. catus ? Hasard, d'après l'abbé Corblet. Nous ne connaissons que l'adj. catus, fin, a.stucieux.

Catholique (ka-to-lik'), adj. Terme injurieux ou dérisoire. Du lait, du vin catholique, c'est-à-dire qui ont été baptises. — C'eht pas ben catholique. Ça n'est pas régulier, loyal. — Le m'ciU' Pierre a vendu son goret beh cher; i n'tait pourtant guère catholique.

Gatin (katin), s. f. Poupée, spécialement poupée en carton composée d'une tète et d'un tronc informe sans bras ni jambes. Poupée faite d'un rouleau de chiffons sur lequel on dessine grossiéretnent une bouche et des yeux.

« Aujourd'liui et depuis longtemps les enfants de Paris ne savent plus ce que c'est qu'une catin... les enfants seulement. »

(Leber.)

Il ChilTon avec lerjuel on entoure une plaie au (loifxt. — Tas coupé ton (lidi, crie pas, j allons y mettre une catin.

Gavée (ka-vée), s. f. Contenu d'une cave. — Il a fait une fameuse cavée de vin cette année.

Cause (à). (V. .4 cause )

Cenelle (seu-nel), s. m. Fruit de l'aubépine. (V. Cincllc.)

Cerche (ser-che), s. f. Cercle, feuille de bois mince enroulée en cercle servante la confection des ouvrages de boiiselleiie.

n De la chartée tle bjis et serches servant à faire lK)is83aux, seaux, soilios el labours. » (Mantei.i.ieii )

Du b.-lat. ccnhimn^ du lat. circus, cercle.

Gernette (sér-nèt*», s. f. Piaule des prairies à feuilles en rosette. Ainsi nommée, dit NVilz, parce que pour la coii[)er il faut la cerner avec un couteau.

Gercifls (s('*r-si-Ue^ s. m. Nom déformé de salsifis.

Geu (seu), s. m. Cep de vij<ne.

Geutes (seuf), p. dém. Ceux, plur. de celui. — Ceut'hï.

Ghabaud (à) (cha-bo), adv. A- vau-l'eau.

Ktvm. inc.

Chabler (chcVblé), v. a. Renverser, abattre. — Le vent a chablé des branches. — Chabler des noix. Il reste dans le français .actuel chablis, terme forestier, branches chablées par le vent. B.-lat. Cadahida, engin de guerre, bali.st^, catapulte.

GhaUault (cha-fo), s. n). Échafaudage. — Les maçons travaillent sur le chaiïault H Plancher volant établi au-dessus des écuries ou étables, avec des pièces de bois brut et des perches sur lequel on entasse le fourrage. (V. Sinaut.) Ane. fr, Chaffaut. Bas-lat. Chaffahim, clisefallus^ même sens.

Chaînée (ché-née), s. f. (V. anciennes mesures.)

Chaintre (ohin-tr'), s. f. Bande ou lisière de terrain lai.ssé inculte autou^r d'un champ clos de haie. Ce mode est adopté dans les régions où les champs sont entourés de haies vives, parce que les chevaux ou les bœufs ne peuvent conduire la charrue jusqu'au bout ; d'ailleurs les racines et l'ombre des arbres empêchent les récoltes de prospérer. Relever les chaintres, reprendre au bout d'un certain nombre d'années les terres amenées par la culture sur la chaintre et lesépandre

sur le clïamp. Dans la Beauce il y a des chaintres à la rencontre de deux pièces de terre. (V. Chevaillc et Sommièrc.) Ane. fr. Cheinture, ceinture. Bas-lat. CAnctorium.

Chaisier (chô-zié), s. m. Loueur de voitures, parce qu'autrefois il louait des chai.ses à porteur. Il Employé de l'Église qui perçoit le prix des chaises.

Chaînas (cha-mA), .<^. m. Tas, amas, entassement de brafras, de menus objets.

Étym. inc.

Chambre (chambr'), s. f. Mairie. — Se marier à la chambre.

Chambre, s. m. Prononciation de Chanvre.

Chambrière (chan-bri-èr), s f. Ustensile de cuisine en fer qui se suspend à la crémaillùre et sert à soutenir la poêle audessus du feu. — Le mot chambrière est un synonyme de servante. On sait qu'il est d'usage de donner à certains objets des noms de serviteur, comme servante, valet, sergent, etc.

Chamboti (chan-bo-ti), adj. Qui se suffit à lui-même. On dit de quelqu'un bien ou mal installé ou équipé : il est bien ou mal chamboti.

Chame (cham'), s. f. Mycoderma vini, fleurs du vin. Pellicule blanche qui se forme à la surface des boi.ssons, vin ou cidre on vidange.

Étvm. inc.

Chamée (cha-mée), s. f. Bordure saillante de la maie du pressoir.

Chameron ou ohamaron (cha-m'ron), adj. Boudeur, rêveur, mal disposé.

Chandelle (chan-dèl'), s. f. On dit qu'un enfant a des chandelles au nez lorsqu'il a besoin d'être mouche. \\ Chandelle de glace, stilactitc déglace suspendue aux toits.

Chandelle romaine, s. f. Nom d'une plante aquatique, la massette, Typha; on dit aussi une torche. Les enfants trempent l'épi en forme de fuseau du Typha dans l'huile ou le suif et s'amusent à la faire brfiler, de là son nom de chandelle ou torche.

Chandelier (chan-dé-lié), s. m. Souche ou bougot sur laquelle se trouve un reste de lige; coupée à environ 30 centimètres du sol. C'est l'usage dans le Vendrtmois de couper les taillis qui doivent être détVichés h cotte hauteur au lien delesarraser au

sol. D'un coup sec donné sur la lige avec le dos jIc la cognce on détache le chandelier, qui se sépare do la souche.

Chandir (chan-dir), v. n. Moisir, chancir. — Un jambon chandi, des racines chandies. — Je ne l'ai pas laissé chandir, c'est-àdire je l'ai pressé, je ne lui ai pas laissé le temps de moisir. Dans le Perche on dit chanir.

Du bas-lat. Candicare, blanchir; la forme chanir vient du lalin canire ou cancre, devenir blanc.

Chanvreux (chan-vreù), adj. Filandreux. — De la légume chanvreuse. Un naviau chanvreux.

Ghaper (cha-pé), v. n. Aller et venir comme un chantre qui porte la chape. On se souvient qu'avant l'introduction de l'office romain, les chantres marchaient en chantant certaines parties des offices; arrivés au bout du chœur, ils retournaient sur leurs pas. Dans le rite romain les chantres laïcs ne portent plus la chape et chantent toujours au lutrin. — Est-i drôle, c'gas-là ! quéqu'il a donc a chaper comme ça devant ma fnélre ?

Chapiteau (cha-pi-tio), s. m. Porche d'une église, auvent audessus de la porte d'une grange.

Charcois (char-kouà), s. m. Charogne, carcasse, cadavre. — Il est habillé en renard, la piau vaut mieux que locharcouas. Ane. fr. charcois, corps, carcasse.

Si croi, si Dieu me bénie,

Que famé qui ainsi se lie

Et se déguise,

Et son charcois tant aime et prise,

N'est pas de grant honte esprise.

(Fah. ms8. citée par L. dk Sainfe-Palaye.)

Chardron (char-dron), s. m. Chardon. Chardron boqueux. Cirsinm arvenae (composées), trop commun dans les champs cultivés.

Charnier (char- nié), s. m. Kchalas. C'est un vieux mot français admis par Trévoux et les anciens glossaires. Nous sommes étonnés qu'il n'ait pas été cité par Littré.

On .s'explique difficilement comment le mot charnier peut avoir le sens de piquet, échalas. D'après M. Nouel, charnier vient du latin casnus, chêne, qui a formé chasnier. Peut-être le mot s'est-il transformé de chânier en charnier par la res-

soïîililanco avec \o môme mot a\ aiit une sij<cnifieation toute ilifférenle {rcn^mrium). L*r a été ajouté conime dans hurler» uUdarc.

« Le suppliant donna a ioelui Faucon (l\in escbalaz de vigne, nommé au pays (Blésois) charmer, un cop sur la chenolle du col. »

{Lettre de rémUsion.)

Charretée. (V. Anciennes mesures.)

Charrière (cha-riér'), s. f. Chemin d'exploitation dans les champs, passage temporaire dans une terre sans qu'il y ait un chemin reconnu. — M' le juge de paix, j'me plains de ce que l'voisin a fait une charrière dans mon champ.

Charrue de terre. (V. ancicnn**s mesures.)

Chas (châ), s. m. Bois de lit, couchette, châlit. || Partie de la grange dans laquelle on entasse les gerbes, par opposition à Taire.

Ane fr. Chas, travée, espace entre deux fermes. • Bas-lat. capsus, étable, caisse de voiture. Le mot-Chai, cellier, a la même origine. Le mot ChAlit veut dire exactement le chas du lit, la caisse du lit.

Chasse de nuit. D'après la croyance populaire^ les bruits qui s'entendent la nuit dans l'air seraient dus à des troupes d'âmes en peine qui poussent des gémissements en se rendant en purgatoire. « Les esprits forts n'y voient, avec raison, que des troupes d'oiseaux de passage, mais ils ne peuvent se défendre d'une terreur secrète que leur inspirent les oiseaux de nuit. Aussi ont-ils grand soin, lorsqu'ils peuvent saisir un chathuant ou une chouette, de les clouer sur la porte des granges, sans doute pour avertir les souris et les raLs qu'ils n'ont plus rien à craindre, et que le propriétaire du grain leur assure sa protection contre les oiseaux nocturnes, leurs dangereux ennemis. » (Neilz.)

Dans la Heauce et le Perche, la chasse de nuit se nomme chasse du roi Arthur. Nous n'avons pas la prétention de raconter à nos lecteurs les légendes universellement connues des chasses fantastiques de nuit.

Chasses courantes, loc. percherorine. Avoir ses chasses courantes, avoir la facilité d'aller où l'on veut.

Châteaudun. Employé dans cette locution proverbiale très flatteuse pour nos voisins : « 11 est de Châteaudun, il entend à demi-mot. v

Chatoner ((*ha-to-nè), v. n. Mettre bas, en parlant de Ja chatte.

Ghaulerdi (chô-feur-di), s. m. Chaufroidi, pleurésie, fluxion de poitrine, point de côlé, causés par un refroidissement subit.— J'ai amassé un chauferdi.

Chaudiau (chô-dio), s. m. Chaudeau. Outre le sens de bouillon admis par TAcadémie, ce mot a Tacception de chauffeur, brigand de la bande d'Orgères ; c'est un terme injurieux.

Il est d'usage à la campagne, le jour d'un mariage, que les garçons et les filles offrent aux nouveaux mariés, à la porte de l'église ou à la rentrée au logis, un bouillon dit chaudiau. Dans quelques endroits, le chaudiau n'est on*erlqu'à la mariée. Quant au marié, on le porte en triomphe au cabaret le plus voisin, où on lui présente le vin à la française.

Chaudière (chô-dièr'), s. f. Terre brûlante oO les récoltes sont échaudées avant d'arriver à maturité.

Chaudronnière (cho-dro-nièr'), s. f. Tablier de femme, tablier de cuisine dans le Perche.

Chaumer (cho-mè), v. n. Envoyer chaumer. Se débarrasser de ({uelqu'un, l'envoyer promener.

Chaumet (cho-mè), s. m. Petite faux à manche très court servant à tirer le chaume, tandis que de l'autre on le ramasse avec un fourchon.

Chaumier (chô-mié), s. m. Tas de chaume, meule de paille. — Prov. : C'est comme si on cherchait une épingle dans un chaumier.

Chauvir (chô-vi), v. n. Se dit d'un cheval qui baisse les oreilles, qui est effrayé. Il Fig. Se dit de quelqu'un qui médite une malice. — Méfiez-vous, il chauvit.

Je chauvis de l'oreille et dcmeuraDt pensif L*esohine j'allongcois comme un asnc rétif.

(Math. Régnier, Satires.)

Florentin Lebarbier, qui cite cet exemple, n'a pas paru comprendre la signification de ce mot, il lui donne lo sens (\o sourire.

Chavauder (cha-vô-dè), v. a. Poursuivre quelqu'un, un animal, à grand bruit.

De chavant, anc. fr. chat-huant.

Chemer (chè-me), v. n. Chômer. — Il ne chème de rien. Chemin de Saint- Jacques. Nom populaire de la voie lactée.

Cheminée (cheu-nii-née), s. f. ChanipiîJ:non, vosse de lonp: Lycoperdon. Ainsi nommée parce que, lorsqu'on presse ce champignon, il eii sort une jurande quantité de sporules noirs ou roux, qui s'envolent en fumée.

Chenard (cirnar). Silex pyromaque qui se trouve en assez grande quantité dans la craie tulTeau des bords du Loir, tantôt isolé dans la pâte calcaire, tantôt en véritables bancs. Chenard blanc ou jaune, silex qui, exposé à Tair par les fortes gelées, se fend en une quantité d'éclats. On peut facilement confondre au premier aspect ces fragments avec des silex taillés. — Dur comme du chenard.

Étym. inc.

Chenarde (cheu-nard'), s. f. Colchique d'automne, tue-chion, safran bâtard, ("olchicum autumnale (colchicacées).

Chénevière. t C'est la chenevière du diable, la fuuïelle vaut pas mieux que l'màle. » (Dicton vendômois.)

Chéoir (Ché). Choir, tomber. Se conjugue ainsi :

lod. pr. Je ché. — Imp. Je chéais. — Passé ind. J'ai chu. — Futur. Je cherrai. — Part, passé. Chu, chute. — Inf. Cher.

I ché de l'iau. -- I va ché de l'iau. — Dans le Perche, on prononce chaer. — I chae de l'iau. — Cette prononciation est très difficile à noter, c'est l'intermédiaire entre a et long.

Qui ne les eust à ce vespre cueuillics (les fleurs), Cheutes a terre elles fussent demain.

(Ronsard.)

Chère (cher'), s. f. Faire la chère, faire des amitiés^ témoigner de l'alTection. (Perche.) Faire la chère à un enfant. Dans l'anc. fr., cherté voulait dire amitié, alTeclion, cher visage.

Gheux (cheù), prép. Chez. Cheux moue, cheux nous.

Ghevaille (che-vîVie), s. f. Ligne de séparation entre deux champs aboutissant l'un sur l'autre. Lorsque les rions (sillons) aboutissent l'un contre l'autre, la terre laissée à l'extrémité par la charrue forme à la longue une légère éminenceou dos d'Ane qu'on appelle chevaille dans la Beauce vendOmoise et blésoise, et sommière ou têtière dans la grande Beauce. Lorsque l'une des pièces est en.semencée, celui qui laboure l'autre ne peut pousser ses rions jusqu'à l'extrémité du champ, il laisse alors une toniicre (lieu où il détourne) et fait ensuite sur cette tornière quelques sillons en travers. Ktym. Chevet, chef, sommet, du lat. Caput.

Cheval à buée. Tréteau et trépied composé de trois forts madriers réunis en forme de T, et qui sert à supporter la jale ou cuvier à lessive.

Chevau (che-vô ou chuo), s. m. Cheval ; on prononce indifféremment ch'vau, j'vau, chuo, juo.

C'est le curé deMoDdouhiau, Qui D*a ni âne, ni cheviau.

Quand il va«t-en visite.

Eh bien !

Il monte sur sa bique, Vous m'entendez bien !

(A/ic. chanson locale.)

Chéveniëre (ché-veu-nièr'), s. f. Chénevière, chanvre, chéh nevis.

Au XIV« siècle, on prononçait comme aujourd'hui chez nous. Un titre de 1431 concédait aux habitants de Chévenières (aujourd'hui Chénevières) un droit d'usage et de pâturage dans la forêt d'Orléans. Cité par de Maulde {De la condition forestière (le V Orléanais).

Ghevretter (cheu-vré-té), v. n. Sauter comme un chevreau, danser, sautiller en se balançant. H Fig. : Être ému. — (Za te fait chevretter, pas vrai? quand tu vois la fille à Colas? Ane. fr.

Quand je danse à la musette Du beau Robin qui chevrette.

(Eustache Deschamps.)

Chevrye (che-vri-ie). Le pont de la Chevrye à Vend(>ine. V. fr. chevrie, musette, cornemu.se, peau de chèvre.

Chiau(chio), s. m. Jeune chien.

Chiauler (chio-lé), v. n. Faire des petits chiens, en parlant de la chienne.

Chiche (chich'), interj. Terme de défi. —Chiche de me toucher ! — Toi, m'attraper? Non, chiche! A rapprocher du mince de l'argot de Paris.

Ghiemou (chi-mou), s. m. Mercuriale annuelle foirole, ti cause de ses propriétés laxatives, Mercurialis annua (euphorbiacées).

Chifarme (chifarm'), s. f. Enchiffrement.

Ghiiner (chi-Hé), v. n. Sifner.

Ane. fr. Chiffler.

Ghignard (chi-gnar), adj. Renfrogné, qui rechigne. Le nom de chignard avait été donné au collège de Vendôme à l'un des plus aimés et aimables professeurs qui, de temps en temps, croyant se donner plus d'autorité, prenait Tair féroce. Mais ça ne prenait pas et ça n'empêchait nullement les futurs artisles qu'il formait de le considérer plus comme un ami que comme un maître {\).

Chignon (chi-gnon), s. m. Morceau de pain, quignon.

Ghiguerdi (chi-gueur-di), adj. Maigre, mal venu, chétif, malingre, rabougri.

Ktym. inc.

Ghinchée (chin-chée), s. f. Miette, rien qui vaille, contractioiî dechincheneau. (V. le mol suivant.)

Ghincheneau (chin-ch'no), s. m. Cousin, insecte, moucheron, papillon de la teigne des étoffes.

Ane. fr. cineinelle, Cinceneau. Esp. Chinche punaise, du latin Çimex, chincem, cousin.

Ghlpe (chip'), s. f. Chiffon, guenille. Il Chipes tirées, loc. percheronne. — I aura des chipes tirées quand i vont s'renrontrer, c'est-à-dire : il y aura des vêtements déguenillés. Ane. fr. Chipe, guenille, lambeau.

Ghipoivre (chi-poivr'), adj. Ladre, avare.

Étym. inc.

Chiquette à chiquette (chi-kè-ta-chi-kôt'), loc. adv. Petit à petit, morceau par morceau. L'Académie écrit : chiquet à chiquet et dit que le T ne se lie pas (chiké à chiké). Mais Voltaire écrivait chiquette à chiquette. Entre les deux autorités, les paysans vendômois ont choisi celle de Voltaire.

Ghiroir (chi-roué), s. m. Cabinet d'aisances. On dit aussi chiau, planche percée, simplement posée sur deux piquets. N'insistons pas sur l'étymologie!

Ghopet (cho-pé), s. m. Petit somme. — Dormir un chopet. Ce mot est probablement dérivé decfiopper, butter, heurter; la tête de l'homme qui s'endort sur son siège choppe contre sa poitrine.

Chouette (chou-èf), s. f. Maraudeur de nuit, braconnier, par

(1) M. G. Lounay, ancien professeur de dessin au collège et au lycée de Vendôme, mort le 27 février 1891.

analogie avec la chouetle, qui chasse la nuit. H Adj. Joli, de qualité supérieure, ironiquement.

Chouse (chouz*), s. ni. Chose. Au XV 1« siècle on pronan(;ait chou.se.

Ce Dieu qui dit : nul n*est égal à moi, I/homme n'est rien, le prince ni le roy, Je suis qui suis ; j'ai parfait toute chouse.

(Ronsard.)

Chouse s'ennploie presque toujours au masculin. Ce mot sert à désigner une personne ou un objet dont on ne se rappelle pas le nom. — J'ai oublié mon chose. — As-tu vu le malt' chouse.

fc Devant que la pluyc no vienne, partez et m'apporlez à votre retour quelque beau chose de la chasse. »

(Discours joyeux et récréatif de Veiiuoquet, 1G40.)

Chouse de bin, loc. remplaçant un nom propre qu'on cherche.

— J'ai rencontré chouse de bin. — Qu'é'qu'tas donc, té, chouse de bin? — Probablement : homme de bien.

Chousiau (chou-zio), adj. Injure, sot, niais, pas grand'chose.

— Espèce de chousiau.

Chuanne (chuan'), s. m. Nom d'un pois.son blanc très commun dans le Loir, chevanne ou chevenne, meunier. On prononce aussi ch'vanne, j'vanne, juanne, chuarne, juarne, ch'verne.

Chutrin (chu-trin), s. n). Grabat, njauvais lit i) Petite maison de modeste apparence.

Étvm. inc.

Cinelle (si-nèl'), s. f. Baie de l'aubépine. || Ne pus valoir une cinelle, ne pas valoir cher, prov.

Quanques il aie ne prise une cincic.

{Rom. d'Alexandre^ dz Lamiikut i.i coût.)

Citre (sitr*), s. m. Cidre.

Ane. fr. citre, sitre.

Glabaud (kla-bô), s. m. Œuf couvé qui ne donne pas de poulets. Ktym. inc.

Glairiette (klé-rièf), s. f. Un des noms de la mâche ou boursette.

Glairin, clairine (klé-rin), s. m. Clochette que l'on suspeinl au cou des bestiaux. On ilit aussi clairon. — L'Académie écrit: clarine.

Aiic fr. Clarin, clairin, cléron, du lat. Clarus, qui a un son clair.

Il (un cerf apprivoisé)

S^Qutc à l'entour de moi, et de sa corne essavc De casser brusquemenl mon Martio quil'abaye, Fait bruire son cléron.

(Ronsard )

Clan (klan), s. m. Double |K)rte en paille, paillasson pour garantir du froid.

Glas (klù), adj. Indolent, flegmatique, sans soin. — {]ne grande clae, une femme mal hûtie, dégingandée; se prend ordinairement en mauvaise part.

Gloclo (klo-klo), s. m. Dernier né de la couvée. En Berry, clocu.

Cloquer (klo-ké), v. n. Glousser : la poule clo(|ue quand elle vent couver.

Onomatopée du cri de la poule, à rapprocher du lat. Clocitare, bramer, en parlant du cerf.

Clos(klô), s. m. Séparation établie dans une écurie pour mettre la jument en liberté avec son poulain.

Aujourd'hui on a adopté le mot anglais Bojl\ qui fait bien parce qu'il fait voir l'immense supériorité du bourgeois sur le paysan, qui ne comprend pas le mot barbare box. — X.-B. Le sportsman ne comprend pas davantage.

Clous (kloù), s. m. Clos, enclos.

Glouserie (klou-ze-rie), s. f. Closerie, petite habilation close de murs ou de haies, comprenant une maison de plaisance et un clos de vigne. Autrefois les bourgeois de la ville avaient presque tous une closerie aux environs, dans laquelle ils recollaient le vin nécessaire à leur consommation. Aujourd'hui nous allons passer une saison aux eaux ou aux bains de nier. Ça coûte plus cher, mais nous ne nous en portons pas mieux.

Glousier (klou-zièi, s. ni. Celui qui est chargé de la garde etde Tentretien de la closerie.

Ane. fr. Bas-lat. Closurius, même sens, du lat. Claudvvc, enclore.

Dangier ot nom, si fut closier Et garde de tous les rosiers,

{Roman delà Rose.)

Co (ku), s. m. Coq, ancienne prononciation.

Bonjour, Pierrot, bonjour, Jacquot.

Tuons le co, tuons le co.

I nMira pus : cocodi, cocotlo ; I n*dira pus cocoderico, coco.

(Ane. chanson.)

Cocas (ko-kà), s. m. Noix. — Don' nioué des cocas. Probablement fruit qui a une coque. ^V. Kécas.)

Coche. Faire des visites à la coche, locution vendômoise ironique ; c'esl-à-dire : marquer sur une coche les visites qui vous sont faites et ne les rendre qu'en nombre strictement égal.

Cochelin (ko-cheu-lin), s. m. Cadeau donné à l'occasion d'un mariage par le parrain ou la marraine n Gûteau de forme triangulaire qui s'offre et se mange dans les fêtes.

Le cochelin était ordinairement un couvert d'argent ou d'étain suivant la fortune du donateur, ou une écuelleà anses et à couvercle plus ou moins ornementé, (ies pièces d'argenté" rie ou d'élain, qui sont recherchées par les amateurs, étaient des cochelins. On les nomme aussi : bouillons d'accouchée.

Ane. fr. Cochet, cadeau. Dans les inventaires cités par DelalK)rde. il est question de cochets, joyaux imitant un petit coq ou une girouette.

Cochonaille (ko-cho-naye), s. f. Charcuterie.

Cochonnier (ko-cho-niè), s. m. Charcutier ambulant qui va tuer et débiter les cochons à domicile.

Cocou (ko-kou), s. m. Coucou, plante à fleurs jaunes, Primula officinalis (primulacées).

Cocou, s. m. Coucou, oiseau. Onomatopée de son chant.

Je lir'rai sur la bécasse, Et vous dessus le cocou.

Les cocous sont dans les abres, Y en a ben d'autres dessous.

{Vieille chanson.)

Cocotte (ko-kof), s. f. Maladie des yeux propre aux ruminants. Étym. inc.

Il Sorte de casserole en fonte de fer, avec un couvercle. Lat. Coquere, cuire.

Codignac (ko-di-gna), s. m. Confiture de coing. Cotignac. Lat. Cotoneum malum, cydonium, coing.

Goeffe. (V. Coi/fc.)

Gœudre (keiidr'), s. m. Coudrier, coudre, iioisetlii r, dans le Perche.

Du Int. Corylum.

Cœur (à), loc. Ou dit qu'un pain, qu'un j^^àtcau a l'acœur, lorsque l'inlériour est glas, pas assez cuit. Une galette non feuilletée a l'acœur.

Gofiir (ko-fii), v. a. Meurtrir, en parlant des fruits. — La grêle a coffi mes raisins. — Ne louchez pas une poche avant de la cueillir, de peur de la coffir. Ailleurs qu'à Vendôme on dit cotir.

Ce mot doit venir du v. fr. Coffin, panier, corbeille. Un fruit est coffi lorsqu'il porte la marque du cofTin dani lequel il a été transporté. Les enfants disent de même qu'un fruit est poché lorsqu'il a été endommagé dans leur poche;

a Elles portent do grands coHins d*êclisse, pleins de roics. de lys et de invrles. »

(R. Bklleau, Bergeries.)

Goger iko-jé), v. a. Contraindre, forcer. — G'te fille voulait pas se marier, heu sûr qu'on l'a cogée. — C't'enfanta be.^^oin d'être cogé, mAté. - Il a élé cogé par le malheur, rendu sage. (I^ROSPKn Vali.erangks, CMriositca jyerchrwnnes.) Ane. fr. Coger. Latin, Cogère, contraindre.

Goiffe (koèf), s. f. Manleau long et auiple avec capuchon en grosse étoffe de laine noire à l'usage des femmes de la campagne. La coiffe se ferme sur la poitrine avec une agrafe de métal, le plus souvent en argent. Il y a quelques années, ces agrafes anciennes étaient très recherchées par les élégantes, mais la mode en est aujourd'hui passée. La coiffe tend de plus en plus à disparaître ; c'est ù peine si, dans les marchés, par le mauvais temps, on voit encore ce vêtement porté par des femmes ûgées. Les jeunes paysannes coquettes aiment mieux avoir froid que déporter le co.stume de leur grand'mére. || Coiffe d'araignée. lk)urse de soie dans laquelle sont enveloppés les œufs des araignées. — Coiffe de chenilles. Poches soyeuses que filent les chenilles autour des branches et dans lesquelles elles se retirent pendant la nuit. Juscjuà la fin du siècle dernier coiffe s'écrivait coeffe. Bas-lat. 6'()//a, co/l'«, coi fa, coiffe.

Coincer (kouin-sé), v. n. Pousser le dernier cri, en parlant des animaux qu'on abat. || 11 se dit quelquefois en parlant des pei*sonnes qui poussent de petits cris de souffrance. Onomatopée.

Goiter (koua-té), v. n. Remuer la queue, la coue. (V. Coiia.) — Un chien coite lorsqu'il est content.

Colas (ko-lî\), s. m. Dindon mâle. C'est encore un exemple de l'usage de donner des noms d'hommes aux animaux.

Collant (ko-lan), s. m. Sorte de friandise très appréciée des gamins; carte ou papier plié en caisse, dans lequel on a coulé de la mélasse cuite avec des noix hachées.

Comberselle (kon-beur-sèl'), s. f. Culbute la tête en avant, cabriole. — Paire la comberselle. Dans l'Orléanais on ditcobisselle.

Ane. fr. Peut-être du lat. Convertere.

Comme par laquelle, loc. signifiant : dans lequel, par lequel, constatant que. — J'veux ben vous louer, mais vous me ferez un papier comme par laquelle. — J'ai reçu une assignation comme par laquelle. Cette locution veut tout dire, le sens est complet, et on n'ajoute même pas la nature de l'acte. — J'ai acheté une maison et le notaire m'a fait signer un papier comme par laquelle.

Commodités, s. m. plur. — Lieux d'aisances. On raconte qu'un curé de Naveil, confessant une pénitente, lui dit : Vous pourrez faire votre pénitence à votre commodité. — Mais, M. le curé, j'en avons point cheux nous, j'allons tous ch.... derrière la grange.

Compérage (kon-pé-raj'), s. m. Réunion de tous les gens, hommes ou femmes, qui assistent au baptême d'un enfant.

Comprenoire (kon-preu-nouèr'), s. f. Intelligence. — T'as donc la comprenouère bouchée.

Conan (Aller à), se faire débètir. — Loc. prov. dont nous ignorons absolument l'origine. Conan, commune de l'arrondissement de Blois, canton de Marchenoir.

Condoucer (kon-dou-cé), v. n. Terme de labourage, travail qui consiste à faire un sillon de chaque côté d'une planche. Étym. inc.

Conforme <kon-form'), adj. De bonne qualité. Loyal et marchand .

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