‹ Glossaire francais du moyen age a l'usage de l'archeologue et de l'amateur des artsChapitre 42 sur 46 · G LO SSA I RE · texte numérisé non relu

G LO SSA I RE

Ët leurs sol ers fais à blouquetes Par devant les font destrenchiér.

(Le dit du Riche et du Ladre.)

(B) 1352. Pour faire et forcer vi paires de bouclâtes à sollers. (C. royaux.)

(Cl 1404. A Evrard le Gordien, orfèvre, demonrantà Paris, pour xij paires de bloucquettes d’argent doré— délivrées à Andnet le Maire, premier varlet de chambre de la Royne, pour servir à lacier et fermer les galoches, bottines et souliers de la ditte Dame, — xi liv. vi s. p. (C. roy.)

BOIS D’ALOES. Arbre des Indes dont le bois est odoriférant. On se servait aussi de sa résine. Le socotrin ou lucide , qui est le meilleur, vient de Socotra, sur la mer Rouge.

(A) 1359. Pour line livre d'alloeu cycoterne. (Complos royaux.)

(B) 1379. Un petit bastou de lignum alloés, garny d’or, aux armes de la Royne

Jeanne de Bourbon. (Inventaire de Charles V. Voyez au mot CouUau la citation C.)

(C) 1416. Un hanap de linon alloez, couvert, garny d’or, — xxxvj liv. t, (ïnv.

du duc de Berry.)

(D) — Une sallière de linon alloez, en façon de lozange , garnie d’or et de

petites perles et par dessus a un arbre de corail a petites branches et feuilles doré en façon de chesne, où il a plusieurs glans de licorne et en la tigre du dit* arbre a un petit ours d’or montant contremont l’arbre, — Lx liv. t.

BOIS UE CÈDRE. On en faisait des coffrets qui se fennaient à coulisse. Le bois de cet arbre était souvent employé , et particulièrement nne espèce mentionnée sous le nom de Cèdre vermeil. {Voyez au mot llrétil. )

{A) 1379. Un coffre de cèdre, coulleiz, environ lequel sont dii pilliers d’or et une serrure. (Invent, de Charles V. )

(B) 1393. Cèdre vermeil est un fust que l'on vend sur les espiciers et est dit cèdre dont l’en fait manches à cousteaulx. ( Ménagier de Paris. )

BOIS DE CYPRÈS. Il était estimé déjà dans la haute antiquité , et fut également recherché pendant le moyen âge ; on l'employa en coffrets, en petits meubles, et aussi en panneaux de tableaux.

(A) 1379. Ou dit estude avoit un escrin de cyprès marqueté et ferré d’argent.

( Inveut. de Charles V. }

(B) 1390. A Guillaume A rode, orfèvre, pour iiij onces, v eslerlins d’argent

doré par lui mis et employez en avoir fait et forgié im coplettes à charnières avec les doux et une petite fermeure pour le tableau do Ciprès de la Royne — Ciij s. p. ( Comptes roy. )

(C) 1416. Uifcoffret de cyprès, marqueté, de deux piez de long et d’nn pié de

large et y a ymages eslevez à l’entour, prisé — lx s. t. (Invent, du duc de Berry. )

(D) 1524. Ung tableau double, de cyprès, démis lequel sont imurtraitz les pre-

miers fils et hile du Roy des Romains. ( Inventaire de Marguerite d’Autriche. )

BOIS DE DAN I EM ARCHE. Les bois du nord ont été de tout temps employés pour les lambris. On cite le bois d’Irlande et aussi le bois de Danemarck, mais on voit, par les textes, qu’on se servait plus particulièrement de celui-ci pour faire les panneaux de tableaux.

(A) 1394. lîn millier d’aisseles de Danemarche. (Comptes roy. )

(B) 1395. Une chambre — tout lambroissiée d’aisselles de Daniemarche de

bault en bas. ( D. de B., no 59. )

(Cj 1467. Ung tableau de bois Dennemarche, où estaient pains d’or et de fines couleurs les ymaigesdc Nostrè Daine et sainct Jehan. (D, de B. 1944.)

BOIS D’ILLANDE. Dois d’Irlande. C'était un bois de choix, particulièrement employé pour les lambris, les revêtements intérieurs et pour les gros meubles; il semble avoir été reconnu lion pour en faire des panneaux de peintures, et en même temçs propre à la sculpture. On trouve aussi l’expression de bort d'\Llandc , c'est la même chose. (Voyez bois de Dannemarck . )

(A) 1364. A Robert Gringoire, pour avoir pris en un batel, près la première

porto du Louvre, iiije uijn pièces de bois dTllande el les porter et entasser dedans ledit ehastel en une chambre , lesquels bois ont esté donnez au Roy par le seneschal de Hainaut, pour les œuvres de son dit ehastel (du Louvre) par marché fait xx solsparisis. ( Comptes des Batiments royaux. )

(B) — Charles — nous vous mandons que vous allouez — a nostre amé

paintre et vallet de Chambre, Jehan d’Orléens — pour un tableau de Dortd’Illande seize frans. ( Maudemeut du £4 janvier, D. de B. tome IV.)

(C) 1385. Pour ij gratis comptoirs et une cayère, tout de bois d’Yerlande.

( D. de B. n° 43. )

(U) 1338. Pour une cuve de bort dTllande — pour étuves — et une envette de bort dTllande à faire les fons pour baptiser. (Comptes Royaux.)

(E) 1398. Pour avoir l’ambroissié de neuf le comble de la chappelle ou il a employé iijc lxxv pièces de bort d’Yllande de vj piez cfe long chacune qui lui a esté lnrré fendn et dolé , aux frais audit seigneur ( le due d’Orléans). (D de B. n<> 5852. )

(F) 1398. A Girardin le huchier, pour avoir fait, du bols de mondit seigneur,

(le Dnc d’Orléans ) un oratoire de bois d’illande — entaillé et revestn d’orbesvoyes, par-dessus boné et nascelé, et les deux huys d’icellui et une acoutouèrè par dedans. ( D. de B. n» 5853. )

(G) 1448. A Piercequin Hugues, huchier — pour ataillier de grandes lectres,

sur le bos d’Irlande, d’escripture que Monseigneur (le duc d’Orléans ) y a fait faire, qui est le nom tel que lui a pieu donner à icelle nef. (D. de B. n«> 6681. )

BOIS DES INDES. Voyez Canne.

(A) 1524. Deux escuelles, l’une moieune ; toutes deux d’unç beau bois vernis , les hors dorez à manches, les fonds painct d’or et de verd, venues des Indes. (Inventaire de Marguerite d’Autriche.)

BOIS PÉTRIFIÉS ET AGATISÉS. Quartz agate pseudomorphique. Cette pierre, ou ces bois imprégnés de silice et devenus pierres, n’ont conservé de leur origine végétale que la forme et la structure intérieure de leur tissu ligneux. Le palmier, ainsi pétrifié et scié dans son diamètre , présente le travail régulier de ses libres et acquiert par un beau poli un aspect séduisant. Les bois agatisés se distinguent des bois pétrifiés par une transparence cristalline qui les rapproche davantage des pierres fines. Les uns et les autres viennent de la Sibérie et de l’Allemagne.

BOISTE A HOSTIES. Pyxis, qu’il importe de distinguer du ciborium, l’une étant une boite sans importance, destinée à conserver des hosties sans valeur, l’autre un vase sacré, rendu précieux par le respect dû aux hosties consacrées. Mais si telle était la règle ou l’ordonnance , dans l'habitude de la vie ces petites boites étaient de véritables ciboires portatifs. Les inventaires énumerent un certain nombre de ces boites à hosties, toutes en or et en argent. On en fabriquait à Limoges, en cuivre émaillé, en plus

grand nombre encore , et celles-là sont venues jusqu’à nous. Voyez les n°* 50 à 54 de la première partie.

(A) 1295. Item puis depicta ad oblatas. (Invrnt. de Saint-Paul de Londres. )

(B) — Pisis ligata ferro ad ohlationes.

(G) 1379. Une boeste d’argent, à mettre pain à chanter, esmailliée dedans et dehors, pesant un marc, ij onces. ( Inventaire de Charles V. )

(D) 1467. Deux boistes d’argent, à mettre pain à chanter, renées ès hors, l’une

à ung esraail des armes de Madame Marguerite de Flandres. (Ducs de Bourgogne. 2132.)

(E) 1460. Item una pixida, pro hostiis reponendis, argenti, deaurati, ad ima-

gines esmauliatas, sub et supra, ad infra et ad extra, in cujus cooppertorio deüicit parrnus poinellus. (Inv. de la Ste-Cbapelle oe Paris.)

BOITE A JOUJOUX. Ouvrage d’orfèvrerie.

(A) 1536. Une boitteletle d’argent à couvercle, on sont dedens une petite teste* de mort d'ivovre, ung petit potkin de terre et une petite inandelett# d’osière pour jeu des enfans. (Inventaire de Gharles-Quint.)

BOISTE AUX LETTRES. Petit coffret dans lequel on plaçait les lettres que le messager, dit à boiste, l’écuyer ou tout autre envoyé portait à destination. Il est impossible, en lisant les citations suivantes, de ne pas songer au superbe coffret émaillé du musée du Louvre.

(A) 1323. xxiiij rnarcü. Magister Philippusde Stempis c listes privileg. Regis, pro coffrinis et scrinis ad reponendas carias et letteras. (Comptes royaux., D. de B., tome IV.)

(Bj 1352. Pour faire et forgier la garnison d’argent pour une ceinture et un# boiste à porter lettres, laquelle ceinture et boiste, mondit seigneur le dauphin commanda faire au dit Jehan le Brailler, orfèvre, pour RaouJlet le Singeter , son messager, et y entra surtout vj n» iiij 0 un esterlin ob. d'argent, et x esterons d’or tin à dorer, laquelle garnison de la dicte ceinture fut faicte de clos d’argent moitié rons, moitié quarrez, et dedens ycenlz avoit esmaux des âmes de Monseigneur, et pesoit iij ij onces, xv est. , et la dicte boiste estoit esmaillée ausdites armes, c’est assavoir : le ij quartiers de Normandie à fleurs de liz enlevées et le champ d’esmail et la bordeure levée du haut des fleurs de liz, et ès autres deux quartiers avoit ij dauphins esmail-' liés et enlevés, et le champ dessoubz doré et dyappré de feuillages enlevés, — pour façons, — lx.\v liv. xv s. ( Comptes royaux.)

(G) 1387. Autres mises pour dons faits aux messagiers à boiste duroy, nos/re sire, en ceste année, lesquels, quand ils ont passé par Noyon , ont eu chascnne fois xij deniers. (Compte de l’hôtel de ville de Noyon.)

(D) 1455. Le Roy d’armes d’Anjou à Jehan de Sainfré : Le matin, après la messe ouye, je revins en mon logis et vesty vostre coctc d’armes, ainsi que mon droict estoit, et mis la boite, où vostre lectre d’armes estoit, en mon saing, nuis par le varlet de l’hostel me tlst conduire au palais du roy. (Ant. op la Salle.)

BOISTE A porter AU COL. Les reliques, les amulettes, les portraits se portaient au cou suspendus à mie chaîne et à lui anneau.

(A) 1313. Une boiste d’argent endorré pur porter eynz un anel entour le col de

un homme. (Inventaire de Pierre Gaveston )

(B) 1519. Pour ung rond d’or, fermant en boy te ? dans lequel est une effigie ou

vif de la figure du dint seigneur François I«r. (Comptes royaux.)

(G) 1591. Une boeste d’or, esmaillée de gris, enrichie de plusieurs diamens et rubis servant à mettre painture, prix fait par Sa Majesté xjc xxx liv.

( Comptes royaux. )

(D)*1603. An sienf Haston une bonté d’or enrichie de diamans pour mettre un portraict. (Salty, (Economies roy.)

BOITEIÆTTE Petite boîte, éfrin. Une taxecte émaillée, du prix de dix-huit livres, destinée à contenir un cachet, a dû être un écrio ou boiteleUe de ce genre et très-riche.

(A) 1349. Johanni Medici, esmaillatori parisiens», por façone cnjusdatn taxecto

per eum faete pro reponendo sigillum regis, *rviij liv. iij s. vj d. (Comptes royaux.)

(B) U63. Deux petit boitelettes d'argent , dorées, à mettre pain à chanter, pe-

sant un once. (Inventaire du duc de Normandie )

(C) 13?9. Une boistelette d’or qui a une serrure aux armes de France et de

Bourgonçne, et est brodée dedans etpoiseiij onces, v esterlins d’or. (Inventaire de Charles V.)

(D) Une très petite boistelette d’or, à mettre un annei et est esmaillé da France et a une perle dessus, pesant xvij esterlins d’or.

BOL ABMENICQUE. Bol d’Arménie, argile médicale. Dans la citation suivante 9’agit-il d’un pot fait de cette argile , comme on en faisait avec du musc , ou bien seulement d’im pot qui eu était rempli ?

(Af 199». Uag pot de bol Arménienne, prisé vj esens. (Inv. de Gab. d’Estrées.) (BJ 1692. Le pins estimé [des diverses sortes de bol) est celny à qui l’on a donné le surnom ae Levant on d’Arménie, soit qn’il en soit venu autrefois de ces quartiers-là on qn’on lu, ait donné ce surnom pour mieux le vendre, mais comme je n’en ai jamais vu et qtie tout celny que nous vendons se trouve en divers endroits de France, je diray que le plus estimé est celuy qui nous vient dn costé de Blois. (Pomet. Hist. des Drogues.)

Doits. la marge des manuscrits, les bords de la feuille.

(A) 1397. A Huguelin de Clumpdivers , enlumineur de livres , demonrant à Paris, pour deniers à lui paicz qui deubz Ini estoieut pour sa paine et sallaire d'avoir enlumine par les hors et relié une grant heures pour monseigneur le duc de Thourraine, pour ce — xxvij s. p. (G. roy.)

BOUCEL , bocal , de baucalis et bocale.

(A) 4250’ . La ot er soir un boucel mis,

Ne sai s’il est plaius ou demis,

Mes vin ia, de si le sai. (Fabliaux.)

(B) t3»9. Bocalia duo drgenti, deaurata cum ttoronis et esuiaiülset aliis plu-

ribos operagiis. (Inveut. apnd Du Cauge.)

BOUCLETES. Petites boucles, on en mettait aux souliers.

(A) 1352. Pour faire et forgier six paires de bouclâtes d’argent à sollcrs. (C. roy.)

BOUOES. Coffre, de Baga et Ilauga. Un roi, un prince, un seigneur transportait tout avec lui, qu’il allât de l’un de ses châteaux â la ville , ou de la ville à la campagne. Le mobilier se distribuait sur les chariots, quand les routes leur permettaient passage, ce qui était l’exception, et bien plus souvent sur les sommiers. Pour charger ceux-ci, ou avait donné à tous les genres de coffres des proportions oui ne dépassaient pas les forces d’un cheval , et parmi eux les bahuts et les bouges étaient les plus vastes, les plus usuels. Un sac pouvait avoir la forme d’une bouge, puisque la bouge n’avait pour ainsi dire pas de forme.

(A) 1316. Pour quatre bouges i mectrc les aîscmenz le Roy. (Parties du coŒrier, comptes royaux.)

B) 1380. Pour unes grauz bouges de cuir, neutres, à porter argent sur un sommier et pour unes autres petites bouges portatives. (Comptes royaux.)

(C) 1387. Pour une grant bouge, de cuir de vache — pour mettre et porter la

chaière de retrait à la dicte Dame (madame la Royne ) , pour ce, rj liv. p. (Comptes royaux.)

(D) 1487. Un grand sac en façon de boulges, fait de deux peaulx de cuir de va-

che gras et doublé de huit peaulx de bazanne par dedans , garny de deux serrures fermans à clef et de platines et boucles de fer blanc. (Comptes royaux.)

bougeoir. Je ne crois nas le mot plus ancien que le xvi® siècle, au moins ne m’a-tril pas été donné de le rencontrer dans des documents d’une date anterieure. Quant à la chose, elle était en usage dès le xme siècle ( voyez le mot Palette ).

(A) 1416. Un petit serpent volant d’or, qui sert pour tenir une chandeille, assis

sur un petit entablement armoié aux armes de France. ( Invent, du duc de Berry. )

(B) 1493. A Conrat de Conlongne, orfavre. demourant à Tours — pour ung

chandelier, à long queue, à tenir bougie. (Comptes de la Royne. )

(C) 1586. Un bougeoir d’argent doré. ( Invent, de Marie Stuart.)

(D) 1599. Un bougeoir d’argent, vermeil, doré, pour attacher au chevet du lit,

où y a une cassounette et trois petis chandeliers à mettre bougie, garni de flambe d’or, esmaillé de rouge, et aux pieds des chiffres tout esmaillés de doubles C. Le derrière dudit bougeoir est fait en forme de ferrière avec une petite chesne et un antonnoir, prisés ensemble C escus. ( Invent, de Gabrielle d’Estrées. )

(E) — Une bassinoire d’argent tout blanc, un petit bassin en ovalle creux ,

trois flambeaux, deux petites cassollettes, deux cuillers et une fourchette, un pot pour orge mundé, un bougeoir à queue, un chandellier à tapisserie et un pot de chambre, le tout d'argent blanc — ix » xi escus. (Ibid.)

BOULLON. Ce sont les boutons ou clous saillants qui préservaient, en l’ornant, la riche reliure des manuscrits;- ils portaient ordinairement les armes du propriétaire hachiez , c’est-à-dire gravées, ou bien ciselées, niellées, émaillées, etc. (Voyez boutons.)

(A) 1408. Les chroniques des roys de France, couvertes de vieil velux noir,

tous rez, à grans fermaulx d’arain, à cinq clox rous d’airain sur chacune des couvertures. (D. de B. no 6132.)

(B) 1416. Une très belle bible — à deux fermoners d’argent, dorez, esmaillez

de Adam et Eve et v boulions de cuivre dorés sur chacune ais. ( Invent, du Duc de Berry. )

(C) — Un livre du Mironer des Dames, à déni fermoners de laton hachiez

et v boulions de mesmes sur chacune ais, tous plains.

(D) — Un livre appellé Ci nous dit — à deux fermouers d’argent dorez, es-

maillez à fleurs, et sur chacune ais v clos de cuivre dorez.

(E) 1467. Four avoir fait relyer et fermer ledit livre et pour dix gros doux de

letton et pcfcr petits doux dont lesdits grans doux sont attachiez.

( D. de B. 1967.)

BODLLONflNÉ. Orné de boulons en saillie.

(A) 1467. Une conppe d’argent, dorée, tortinée et houllongnée. (D. deB. 2379.) Une conppe blanche, verrée et boullongnée. ( D. de B. 2390. BOURSE. Sac à toutes sortes d’usages. Les bourses de mariage furent faites en étoffes les plus riches, brodées et couvertes de pierreries. Il y en avait à la mode orientale et appelées bourses sarrazinoises (voyez Aumosnière). Gabrielle d’Estrées en avait

une dans laquelle était enchâssé le portrait en émail de la sœur de Henri IV. C’était un précurseur de ces bourses de mariage qu’on fabriqua à Limoges, en quantité innombrable, dans le siècle suivant.

(A) 1328. Une bourse à pelles broudée, en quoi Madame fut espousée. ( Invent.

de la royne Clémence. )

(B) 1351. Ponr une bourse de cerf à mectre les clefs de l’ostel de Néelle.

( Comptes roy. )

(C) 1352. Pour broder, faire et estoffer la bourse au séel du secret du roy.

( Comptes roy. )

(D) — Deux bonrsetes à reliques faites à ymages de broudeure.

(E) 1387. Pour iij bourses de cuir étoffées, c’est assavoir l’une pour mettre et

porter les petites heures du Roy, nostre seigneur, et la seconde pour mettre et porter unes grant heures données à MS. de Bourbon et la tierce pour mettre et porter les tableaux dudit seigneur xxxij s. p. (Comptes royaux. )

(F) — Pour garnir de broderie une bourse pour mettre et porter le scel de

secret du Roy, iiij liv. p. ( Idem. )

(6) 1389. Une petite houpelande doublé de sarge, le petit pourpoint, la bourse qui y pendoit, qui est garnie, de sonnetes d’argent. (Idem.)

(H) 1427. A plusieurs femmes des villes de Delft , de Lei den et de La Haye , pour lx bourses de cuir, décoppéesàla façon de Hollande, que MDS. a fait prendre et acheter d’elles , lesquelles il a pièça envoyées à Paris devers Madame la Régente sa sœur, au pris de x s.*la pièce. ( Ducs d« Bourgogne, 879.)

( I ) 1467. Une longue sainclurc de brodure , garnye de semence de perles et de petis rubis avec une vieille bourse d’espousée , garnye de semence de perles attachées à la dicte saincture. ( Ducs de Bourgogne, 3004.)

(J) 1599. Une bourse d’esmail de conloinbin, où est la peinture de Madame seur du Roy, prisée douze escus. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)

boitrt, et quelquefois Bortc. Lisez Bord. C’est le bord de toutes choses, et quelquefois le galon cousu au Lord.

(A) 1160. J bort d’uenvre sarrazinoise

Ot cele fet. (Perceval.)

BOUS. Un vase pour les liquides , d’assez grande dimension, et qui servait à table.

(A) 1250. Bon vin burent et fort et roit,

Ce m’est avis d’Ancoirre estoit.

Plaine une bout de ‘trois sistiere. (Fabliaux.)

(B) 1328. Ij bious d’argent, dorés. (Invent, de la royne Clémence.) BOUTEILLE. Dérivé de Buta , buticula. Elles étaient faites, au

moyen âge, en toutes matières, mais le verre était l’exception. Elles avaient, du reste, la môme destination (voyez Voirre). Quant aux bouteilles de cuir, si utiles daus les voyages , elles viennent de Londres et semblent être une industrie anglaise, puis ou les imita en France et elles sont dites â la mode d’Angleterre. Les uations nomades et primitives, j’entends celles qui ne connaissent pas les routes carrossables , comme l’Asie , l'Afrique et l’Espagne , ont conservé l’usage des outres et des bouteilles en cuir.

(A) 1185. Les autres de douce aigue font lesboutîaus emplir.

(Chanson d’Antioche.)

(B) 1292. Macy qui fet les bouteilles. (Rôle de la taille de Paris.)

(C) 1328. Deux bnnteilles d’argent esmaillées , prisié iiij**xiij lib. (Invent, de

la royne Clémence.)

(D) 1353. Ij petites bouteilles , de voirre grinellé , garnies d'argent , à tout les

tissuz de soye, senz ferrure. (Comptes royaux.)

(E) 1360. Invent, du duc d'Anjou, 334.

(F) — Pour ij bouteilles de cuir, achetées à Londres pour MS Philippe, ix s.

viij d. (Comptes royaux.)

(C) 1379. Deux bouteilles d’argent, esmaillées , à tissus d’argent, pesant xxxvii marcs, iiij onces. ( Invent, de Charles V.)

(H) — Deux antres bouteilles esmaillées, dont les anses sont d’argent, pesant

xxix marcs, une once.

(I) 1406. Une bontillete de cuir, tenant environ unechopine. (Lett. de rémiss.)

(J) 1469. A Jehan Petit Fay, marchant, suivant la Court, la somme de soixante

solz tournois — pour quatre bouteilles de cuir — pour porter l'eapeet le vin dudict Seigneur (le Roy) quant il va aux champs. (Comp. roy.)

(K) 1487. Deux bouteilles de cuir noirf faictes à la mode d’Angleterre , tenant

cbascone cinq pintes ou environ , garnies de courroies de cuir blanc. ( Comptes royaux. )

BOUTON MEURES Garniture de boutons. Les boutouueures forment un chapitre dans les inventaires , parce que leur richesse eu faisait des objets du plus grand prix. On ne les confondra pas avec les boutonnières, dont il est aussi question dans les documents.

(A) 1353. A Pierre Bondet , orfèvre , pour xx boutons d'or, pour une bouton-

neuve à surent, pour tua dicte dame (la reine). (Comptes royaux.)

(B) 1379. xj paires de boutonneures, c’est assavoir ix paires pour manteaux et

ij paires pour chappes, dont l’une boutonneure, pour chappe, a L boutons, chacun bouton d’un glan d’or et de iij perles. Item l’antre boutonneure pour chappe est de L boutons en manière de l'rezette et nne perle dessus. (Inventaire de Charles V.)

(C) — Quatre boutons en façon de lis, esmailliez de blanc, où en chacun

d’eux a j balay et iij perles.

(D) — vi boutons ronds, en manière de frèzes d’or, semez de petitz saphirs et

ballaysseaux, sur chacun une grosse perle.

(E) 1397. Une boutonneure esmaillée, à sèze boutons. Trois boutonneures, que

blanches que dorées, à chapperons. (Lettre de rémission.)

(F) 1532. A Jacques Poli n, marchant orfèvre, demourantsur le pont au change

à Paris, pour treize mil six cens cinquante boutons d’or, tant cachez que brunis, mis et emploiez à semer nne robbe de velloux noir pour le roy — iiîjo iv liv. iij s. (Comptes royaux.)

(G) 1599. Vingt boutons d’or, esmaitlez de plusieurs couleurs , ansquds y a à

chacun dix sept diamans à l’entour — prises xije escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

BOUTONS. Il est inutile de citer les passages de nos inventaiies, comptes, lois somptuaires et descriptions de fêtes où ligure cet omemeut des costumes et de la coiffure des hommes et des femmes. On en faisait en toutes matières, on les ornait de toutes façons (voyez Boutonneures) .

BRACELET. Je ne vois cette expression appliquée anciennement qu’aux armures, et j’ai exclu de cette partie de mon glossaiie tout ce qui les concerne. Dans les citations qui suivent, on pourrait voir un véritable bracelet porté, sur le bras même et dessous l’ai mure. A partir de la fin du xv° siicle, le mot, dans son acception actuelle, revient fréquemment.

(A) 1455. Je vueil (pie, pour l'amour de moy, vous portez un bracelet d’or esmaillé à nos devises, brodé (ou Iwrué) de six bons diamans, de six bons rubis et de six bonnes et grosses perles de quatre à cinq caras. (Ant. de la Salle.)

(B) 1455. Lors fist à soy venir Gilbert Lorin, orfèvre du Roy, qui renom de prend

homme avoit et à part lui dist : Gilbert, mon ainy, je vouldroye ung bracelet d’or esmaillé de mes couleurs et à ma devise. (Idem.)

(C) 1495. Tant de bullettes pendantes à chaînes d'or, tant de carquans, tant

d’affiquetz , tant de brasseletz , tant de bagues aux doigts que c’est une chose infinie. (J. Le Maire.)

(D) 1536. Ung bracelet d'or, faictde douze pièces attachées ensemble, assavoir

six rondes plattes, estant en l'ung costé esmailliez d'aucuns escritz en espaignol avecq fleurs de marpierites et à l'autre costé esmaillé de blancq, en forme de oblies et les six autres pièces sont doubles M, esmaillez de noir et à ung bout y a ung petit candal d'or fermant à une petite clef d’or y estant. (Inventaire de Charles-Quint.)

(E) 1560. Ung grand bracelet ou ung petit collier de fer émaillé de verd. x.

(Inventaire du Château de Fontainebleau.)

BRAN L AXS. I/éclat des métaux et des pierres précieuses, les reflets des broderies d’or ne suffisaient pas aux goûts de luxe du moyen âge,’ on imagina des ornements en feuilles de métal branlantes, c’est-à-dire que le moindre ébranlement faisait mouvoir et reluire.

(A) 1455. J’ay un aultre parement de satin bleu, losengé d’orfavrerie à nos lec-

très branlans, qui sera bordé de lestisses — et si en ay un aultre et ma cotte d’armes toute semblable sur lequel je viendray sur les lices pour faire mes armes à pié, qui est de satin cramoisv, tout semé de branlans d’or, esmaillé de rouge cler, à une grant bande de satin blanc, toute semée de branlans d’argent, à trois lambcaulx de satin janlne, tout semé de branlans de tin or luysant, qui seront mes ahnes. (Ant . de la Salle.)

(B) — Lny et son destrier, housses d’ung satin cramoysi, tons couverts de

branlans d’argent, esmaillez de blanc à trois lambeaulx de fin or qui estoient ses armes.

BRÈCHE. Réunion de pierres agglutinées dans un ciment naturel. Quand ces fragments sont ronds, comme des cailloux roulés par les eaux, on appelle leur réunion des pouddings; si, au contraire, ils sont les débris anguleux de pierres plus grandes, on les nomme brocatelle. Je ne mentionnerai que ces deux variétés et ces deux noms, on conçoit d’ailleurs (pue les accidents, les nuances ou les provenances sont autant d’occasions d’enfler la nomenclature des brèches employées dans l’ornementation.

BRELOQUIE et Belloce. Breloques et aussi des choses de peu de valeur.

(A) 1536. Ung petit benoitier, ung asperges , une lance , ung lyvrier, une brouette, une rasleau , une fourche, une faucille, une hotte petite , plaine de perles, ung sifflet de gallère esmaillé, fers à mectre am prisonniers, ung petit lict, nngratteillier, la manche d'ung fouet, nng estny à mettre esgnilles, ung autre plus petit estny où qn’est mise une évangille, une espargne, ung monde avec la croix dessus, une redomde à mettre senteurs , une petit couvercle faict à couronne, une esvantoire aiant cinq lettres ac M à l’ung costé et ung long cornet esmaillé que sont en tout vingt-deux pièces, pesant ensemble liij onces xiij ex. (Inventaire de Charles-Quint.)

BRÉSIL et brasil. Bois de teinture rouge, terme encore en usage et dont l’étymologie peut être cherchée dans le mot 'grec ppoiÇsiv, qui signifie être brûlant, incandescent, rouge. Les langues du nord ont brazen et nous braise. On employait au moyen âge, comme bois de teinture, le cèdre vermeil, te sandal vermeil et le

brésil, probablement le même bois ronge, tous venant de loin, puisqu’ils étaient cbers, et des Iudes par ta voie de l'Egypte, puisque le brésil est souvent appelé bois d’Alexandrie. De la ces mentions continuelles, au moyen âge, d’étoffes, de peaux, de. basanes et de fleurs teintes avec du brésil. Cette expression devint bientôt commune à toutes les langues de l’Europe, et lorsque le capitaine Petro Alvarez Capralis eut découvert, au mois d’avril 1500, la partie centrale de l’Amérique méridionale, qui produit en abondance, sinon l’arbre dit Brésil , au moins un bois rouge, il voulut vainement l’appeler le pays de Santa-Cruz ; le commerce fut plus fort que sa volonté et que son droit, il nomma Brésil le pays d’où lui venait à bon marché un bois rouge à peu près pareil à celui qui portait déjà ce nom. Barros l’historien croit que c’est une vengeance du diable, c'est plutôt la marche naturelle des choses. Brésil signifia aussi la couleur rouge qu'on tirait du bois de Brésil: on 1 employa dans la miniature, mais on dut y renoncer parce qu’elle résiste mal à l’action de la lumière. Appliquée aux étoffes, elle n’était pas réputée bon teint. L’évèque Huet fut le premier a combattre l’opinion générale qui voulait que la contrée appelée Brésil eût donné son nom au Dois de Brésil.

(A) 1208. Accipiunt de quint ali piperis iv deuarios, de quintaU biezelli iv denarios. ( Apud Du Gange. )

(Bl 1260. Li barillier puent faire baris de fnx de tamarie et de brésil à vendre ' et acheter. (Us des métiers, par E. Boileau. Voyez un passage du même

document cité à l’article Tables à pourtraire.)

(G) 1206. La charge de brésil et de poivre, cbascune viij d. (Tarif pour Pari».)

(D) 1298. Ils ont (dans l’isle de Ceylan) béni en grant h abondance, do meitlor

dou monde. (Marco Polo.)

(E) — Or sachiez q’il hi naist le berzi coilomin qe mont est buen. (Royaqme

de Cnillon.)

(F) — Il y (royaume de Labrin) a berzi en grant haLondance — - et de berci

voz di qe il seminent, e quant il est nés en petite verge, il le cavent et le plantent en autre leu et iluec le laiseut por trois anz et puis le cavent con toutes les rais. Et si voz di tout voiremant qe nos en aportames de cele somcse à Venese et le seminames sor la ferre : si voz di qu’il ni nasqui notant, e ce avint por leu froit.

(G) 1300 *. Dou royaume de Jherusalem, dou royaume de Egipte, de la terre

au Sondant, vient poivres et toute espicerie et bresis. (Liste de marchandises avec leurs provenances.)

(H) 1307. Vorte make cynople Tac brasy! and scoth in dieUwatur. (Mss. du

Brit. Muséum, cite par Th. 'Wright)

(i) 1379. iïj Cousteau», dont l'un a le manche et la gaine de brésil, garni d’argent doré, l’autre le manche blanc plat et la gaine toute d argent es— maillié à papegaui et le tiers a le manche et la gaine d’yvoire. (Inventaire de Charles V .)

(J) — Uns tableaux de Brésil par dehors, dedans a vj ymages d’yvoirc en-

levez.

(K) 1393. Cèdre vermeil est un fnst que Ion vend sur les espiciers et est dit

cèdre dont l’en fait manches à corateanbr. (Ménagier, voyez Cèdre.)

(L) 1383-84. Pour taindre iv aulnes de toille en fin brésil. (Comptes de l’élise

de Troyes.)

(M) 1892. Him nedeth net bis colent for to dien

With Brasil, ne witb grain of Portiogalg* (Canterbury Taies.)

(N) 1393. Ordinatum ftierat qnod non venderentur panni - tincti mal» tioc-

tara et specialiter — in bresillo , quæ Gallico nomine , en brésil, nuncnpatur. (Arrêts du Parlement.) *

(O) 1400. Bresillum, est arbor quædani, e cujus succo optimus lit color ru beu s.

Medulla hujus arboris non est bona pictoribus, sed tinctoribus pannoram. (Apud Du Gange.)

(P) 1422. ij'graundes peces du Bracile, pris vj s. viij d. 'Inventaire de Henri V. *

Rot. Pari.)

(0) 1427. vii habis de drap de soye, propices à danser la morisqne et iceulz euricliiz d'ouvrage, de peanlx de Brésil d’or et d’argent, de lettres sarralinoises (Ducs de Bourgogne, n° 868). On 1 1 dans des statnts de métiers : Que a selle neuve ne soit mis en euvre basenne bresillé.

(R) 1435. Pour la painture de douze robes et ungcbapperon tout d’or et de bré-

sil. (Ducs de Bourgogne, 1365.)

(S) 1440. Brasyle. Gando, vcl lignum alexandrinnm. (Promptoriumparvnloram.)

(T) 1455 Un manche de brésil du Cousteau de MS. d’Angoulesme. (Ducs de

Bourgogne, n® 6734.)

(U) 1468. Pour ij livres de bois de Brésil, à faire roses de Paris, pour les mettre

en œuvre aux petis blasons des dictes naves. (D. de Bourgogne, 4682.)

(Y) 1480. Sur les tables avoit trente plats, lesquels plats furent faitz à manière de jardins, dont le pré des dits iardins estoit fait de Brésil, massomié d'argent. (Olivier de la Marche.) ê

(X) 1530. Passados al gnns dias, em qnanto o tempo nào servis e flzeram sua

aguada, quando veio a très de maio, que Pedralvares se qtiiz partir, por dar nome à quella terra per elle novamente achada inandon arvorar huma Crut inui grande no mais alto lugar de huma arvore, e an pe délia se disse rnissa, a quai foi posta coin solemnidade de bençeoes dos sacerdotes, dandoesto nome a terra sauta Grnz — Per o quai nome sincta Gmz foi aqnella terra uomeada os primeiros annos, e a crnz arvorada alguns duron naquelle lugar. Porem como o demonio por a sinal da Graz perdeo o dominio que tinha sobre nos, mediante a PaixUo de Gbristo Jésus consnmmada nella ; tanto que da quella terra eomeqon de vir o pao vermello cbamado Brazil, trabalhon que este nome ficasse na boca do povo a que se perdesse o de sancta Grnz, como que importava mais o nome de U oui pao que tinge pannes, que daquelle pao, que deo tintura a todolos sacramentos per que somos salves, por o sangue de Christo Jésus, que nelle foi derramado. (Jean de Barros.

Edition de 1552.)

(Y) 1530, Bra&el tre todye witli — brésil. (Palsgrave, l’esclarcis. de la langue.)

(Z) 1694. Nous vendons (Pomet était droguiste ) pour la teinture plusieurs

sortes de bois ronge sous le nom de bois de Brésil. Le premier et le plus estimé et le plus en usage est le bois de Brésil, surnommé de Fernambouc, à eanse que c’est de la ville de Fernambonc au Brésil d’où nous vient la plus grande partie de ce bois. (Pomet.)

(AA) 1710. Le Bois de Brésil n’a pas tiré son nom de la province du Brésil, mais la province a tiré son nom de celui du bois. (Huet? évêque d’Avraœbes.)

BBESSEKON.N’É et Brossonné. Dérivé de broca, noueux , formé de nœuds.

(A) 1360. Chayonnr bresseronnée tout autour. (Inv. du duc d’Anjou, n« 178.)

(B) 1398. Une croii d’or, de la façon dp Damas, ala manière d’un baston bvns-

sonné. (Inventaire de Charles YI.)

— Une autre croix sur un arbre brossonné.

(6) 1479. Le suppliant d’un gros baston de pommier brossonneux frapa icellni Matinot. (Lettre de rémission.) Un g baston noullu à plusieurs broz.

BRIDE. L’émail courait sur les brides des chevaux , et parfois elles étaient faites de chaînes d’or (voir- Ttxu).

^A) 1358. Une bride à un tissus de rouge soye, à claus esmaillés : sa lioncbiaus » ens. (Inventaire d’ou Hamas de Mgr. de Haynnau.)

(B) 1462. Tels y en avoit (dans la suite du duc de Boureogne) leurs bouches de velours brodées et en lieu de grosses resnes de leurs brides, chaisnes d’or. (G. Chastellain.)

BRINCQUYNES. La citation suivante rend inutile un commentaire; quant à l'étymologie, il faut peut-être la chercher dans les mots espagnols Brinco et Brinquino (joyaux), cette langue pouvant avoir été familière au rédacteur de l'inventaire de Gharles-Quint.

(A) 1536. Plusieurs brmcqnynes, faictes d’or, que sont pièces venant de feu madame Marguerite, servante à cabinetz, assavoir douze pièces tant flaccons, pote, barils, botteilles, esguières que autres, tous en ouvraige esmaillez. ( Invent, de Charles Quint. )

broc. Pot à embouchure large et allongée.

(A) 1379. Deux brocs d’or, hachiez, pesant xj marcs, vj onces d’or. (Invent, de

Charles Y. )

(B) — Un pot d'argent doré, appellé broq, à carves dosse et à une mitre es-

mailliée des armes de France et d’Ëvreux, pesant v marc, une once.

(C) — Un pot, à manière de broq, à moustarde à donnes (donner? ) et à

cerceaux d’argent doré, pesant xviij marcs, xv esterlins.

BROCART. Pot à broceron on à goulot.

(A) 1420. Un bassin, avec le brocart, à main laver. ( Lett. de rémission. ) broche. L’emploi de cet ustensile pour rôtir du fromage mérite d’être cité.

(A) 1379. Une broche à rostir et un sergent d’argent et un instrument à rostir fourmage aui armes de Monsr le Dalphin, pesant xxix marcs, iij onces d’argent blanc. ( Invent, de Charles V. )

BROCHE. Pointe pour séparer les cheveux ( voyez Gravouère).

(A) 1319. Pour ii pingnes, ij miroirs, ij broquettes — achetés à Paris par Jaquet

le Barbier. ( D. de B. 5305. )

(B) 1322. 1 pigne d’or et j mirour d’argent où ej broche d’argent en un cas

( petite caisse. ) (Invent, du Comte de Hereford.)

(C) 1387. A Jehan de Coilly, pignier, demeurant à Paris, pour un estuy de cuir

boully, i»oinsonné et armoié aui armes de la royne, pendons a ij gros laz de soye, garuy de iij pignes, un mirouer et d’une broche pour pigner le chief de ladite dame. — iiij liv, ivj s. p. ( Comptes royaux. )

BROCHE. Petite agrafe dont l'ardillon mobile n’est pas retenu, comme dans la fibule en forme de corde d’arc, par sa tension et le crochet oui se trouve au côté opposé de sa charnière. La broche a souvent la forme d’un anneau et porte une devise émaillée ou gravée. Le dessin servira mieux qu’un commentaire à établir ou à maintenir la distinction qu'on a faite, au moyen âge, entre les différents genres d’agrafes.

broche. Robinet pour tirer le vin d'un tonneau. On disait aussi brocheron, et un vase à goulot s’appelait broc, brochoir et brocart.

(A) 1260. Quiconques est crieur à Paris, il puet aler en laqnele taverne que i)

voudra et crier vin, portant qu’il y ait vin à broche. (Statuts des Mestiers. )

(B) 1296. Tonte manière de vin qui sera vendu à broche paiera que xij deniers

le tonnel. ( Tarif pour Paris. )

(C) 1297. Un pot lavoir à une fuellie desns le couvercle, s’est semeis d’escu-

chons et de compas esleveisr à une beste passant entre le col et le brer ceron. ( Lettre de rémiss. )

BRODERIE. I/état sédentaire des femmes, leur aptitude aux travaux de l’aiguille et l’emploi variéqu’on fit, dans une vie agitée et peu stable, de vêtements et tentures brodés, expliquent le maintien, au moyen âge, de l’art si ancien de la brodeiie, sa supériorité sur la peinture dans les premiers siècles, et la concurrence sérieuse qu'elle lui fit jusqu'à latin du quinzième. Je ne sais pas de pins grand service à rendre aux arts que d'écrire une histoire de la broderie ; ce serait, non pas le complément, mais l'introduction et l’accompagnement obligé d’une véritable histoire de la peinture. L’une et l’autre nous manquent, et eu excluant de ce Répertoire tout ce qui a rapport aux vêtements et aux étoffes, j’ai retranché la meilleure part ae la broderie. Dire qu’elle était appliquée à tout, que les peintres les plus célèbres consacraient presque exclusivement leur talent à faire les cartons, qu’elle exécutait avec une habileté de reproduction merveilleuse , c’est montrer son impoitance et expliquer, en présence d’un grand nombre de noms de peintres que nous fournissent les documents , les rares mentions qu’ils font de leurs tableaux peints. Ces productions, nombreuses et remarquables, étaient traduites en broderies, et elles ont subi les détériorations trop rapides auxquelles ce genre de travail est fatalement exposé. J’ai dû expliquer, dans cet extrait de mon Glossaire , une lacune volontaire que chacun aurait remarquée.

BROISSURE. Dérivé peut-être de Drossa, Broisse, Broussaille, et exprimant un travail de morceaux de rapport ou l’enlacement de branchages.

(A) 1395. Item unam eathedram rotundam de quercu et operagio parisiens!, dicto de broissure, taxatam 20 s. t. (Invent. de l'évêque de LangTes , qité par M. Douel d'Arcq.)

BROUETTE. Les orfèvres faisaient des supports de gobelets et salières en forme de brouettes.

(A) 1360. Invent, dn dnc d’Anjon. 78.

BRUNI et Burni. Or, argent, fer bruni , c’est-à-dire recevant par le poli une teinte brillante et brune à la fois. De là bnmisseur et burnisseresse. Les cottes de mailles, qui ne pouvaient se brunir, se roulaient dans des étoffes.

(A) 1 160. Si avoit des elmes burneis. [Roman d’Anbery.)

(B) 1185. Démontrés me chargiés vos chevaliers dp, pris

Ce qu'avoir qnporés, à 1er cimes brunis.

Et j 'irai Dieu venger. (Graindor. Cb. d’Antioche.)

(C) 1260. Qniconques est fermaillers de latnn et il œvre qui ne soit brnnie que

d’une part , si corne de fermoirs rons , cele œvre n’est mie soufflsans. (Us des métiers, recueillis par Et. Boileau.)

[B) — D regarde l’espée depuis la pongnée jusques à la poincte et voit quelle estoit plus clere et plus loysaute qne selle venoit des mains du brunissenr. (Pereeforest.)

[B) 1 3X0, ne ia partie de Jehan Here , orfèvre, et Denisette sa femme, bnrnisseresse, — Jehan Poehart eust haiilée à la dite femme i\ tasses d’argent à burnir. (Lettre de rémission.)

(F) 1438. xix platollos non brnnitos. (Invent.)

BUFFET, Soufflet. Il fut pris, comme de nos jours le soufflet, dans la double acception d'instrument à faire du vent et de coup sur la joue, qui fait du bruit par le choc et le déplacement de

l’air. Une citation suffira pour montrer l’emploi du mot soufflet dans le premier sens.

(A) 1300*. Et encore valt uns buffès v sols u vj à métré en le maison d’un borgois. (La Riote du monde.)

BUFFET. C’était la chambre, et ce devint le meuble, comme cabinet désigna plus tard un meuble du même genre servant de dressoir et pouvant contenir beaucoup de choses. Il est inutile de suivre le mot buffet dans toutes ses acceptions, et ce meuble dans ses diverses formes. Le premier travail serait trop long , et le second trop difficile sans le secours du dessin. Il est bon toutefois de remarquer qu’on appela buffet l’ensemble des pièces de vaisselle qui formait la décoration de ce meuble, c’est ainsi qu’on doit entendre un buffet d’argent, de vermeil ou d’or offert à un ambassadeur.

(A) 1459. La chambre estoit belle à bon escient, bien mise à point et estoit le

beau buffet garni d’espices. de confitures et de bon vin de plusieurs façons/ (Cent Nouv. nouvelles.)

(B) 1495.* An milieu de la salle a voit ung buffet qui fut donné au Roy, où y avoit.

linge non pareil, de dégré en dégré et y estoyent les richesses d’or et* d’argent, qui appartiennent au buffet du roy : aiguières, bassins d'or, escuelïes, platz, pintes, potz, flacons, grans navires, conppesd’or chargées de pierreries, grilles, broches, landies, palletes, tenailles, souffles, lanternes, tranchoirs, salières, cousteaulx, chaudrons et chendeliers, tous d’or et d’argent. (Entrée et couronnement du Roy à Naples.)

(C) 1560. Aux sieurs Nicolas de Ponte et Bernard Navaguera, ambassadeurs de

la seigneurie de Yenize, envoyés de vers le Roy NS., un chacun, ung buffet de vaisselle d’argent, plaine, vermeille dorée, contenant chacun des dils deux buffets ung bassin, deux flacons , trois chandelliers à flambeaulx , quatre couppes couvertes et une esguière couverte , avec douze estuyts, à chacun buffet, pour métré les dites pièces. (C. roy.)

BUIBE. On disait aussi buhe et buée. C’est un vase dont l'ouverture s’évase et s’allonge. Un dessin pourrait seul marquer de

Suelle manière la buire se rapproche et se distingue de l’aiguière, •n disait aussi buées, mais dans une autre acception, et pour désigner les paquets de linge nouvellement lessive ; nous avons conservé buanderie et buamlières.

(A) 1425. Pour avoir fait buer et laver le linge. — Ponr chargicr les bués snr les cars. (Ducs de Bourgogne, 717.)

(B) 1448. lTng jeune homme, nommé Sorin, avoit rompu et cassé une buhe ou cruche de terre. (Lettre de rémission.)

(C) 1495. Une grande buye, à mectre eaue, portée snr huit lyons. — Le tout vermeil doré et esmaillé aux armes de France, poysaut xxxviij marcs, yi onces d’argent. (Comptes royaux.)

(D) ~ Nous lisons que le fils de Caton, en l’âge de quinze ans, fut banny {tour avoir rompu une buye de terre entre les mains d’une fille , qui alloit à l’eau. (Bouches serces.)

(E) 1498. Une buye à eaue, semée de fleurs de lys, à anilines et danphins, pesans xviij marcs , ij onces d’argent. (Inv. de la royne Anne de Bret.)

(F) — Une autre buye à eaue , faicte à pans, à une grant ance tenue par deux hommes sauvaiges; le sonaige, couvercle et garniture dorez, poisans, avecque* les esmaux qui sont dedans, xxxviij marcs, v onces d’argent.

BCKET. Chez les Allemands le mot Becher, chez les Italiens le mot Bicchiero et chez les Anglais le mot Byker, ont sans doute la même origine , c’était un vase et une coupe ; il servait aussi de bénitier.

(A) 1322. j huket d’argent pur ewe beneyt. (Inventaire du comte de Hereford.)

j buket et j escurge d’argent pur eawe beneyt.

(B) 1348. ii magne pecie argenti, vocate bikers, emellate in fundo, cura cooper-

culis cnm batellis et ex una parte deauratis. (Compte de la trésorerie d'Édouard, prince de Galles.)

(C) 1440. Byker, cuppe, cimbinm. (Promptoriom parvulomm.)

burettes. Les deux burettes, l’une contenant le vin, l’autre l’eau , dont on se sert aujourd'hui à la messe , ont un double emploi: on s’en sert pour verser le vin dans le calice ; puis pour verser l'eau sur les mains du prêtre. Le bacin qui reçoit cette eau devient le plateau des deux burettes. Au moyen âge, les burettes avaient la première de ces fonctions, et deux plats ou bacins (voyez ces mots) les remplaçaient pour la seconde. A quelle époque cette substitution eut-elle lieu ? je serais porté à la croire de la fin du xv« siècle. Les burettes étaient marquées d’mi A et d'un V pour les distinguer.

A) 1080. In ccclesiis debent esse — phiala una cnm vino et alia cum aqua. (Dict. Joh. de Gallandia.)

(B) 1323. xxx die decembris. Nicolaus de Nigella , aurifaber parisiensis, pro

uno cipho argenteo esmaillato ad tnpedem et dnobus potLs, uno ad vinum et altero ad aquam, liberatis Kegi. (Comptes royaux.)

(C) 1353. Une burette à biberon dechappelle, pesant ij marcs, v onces d’argent.

(Comptes royaux.)

(D) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 33, 260, 277, 278.

(E) 1422. ij burettes d’or, à mettre le vin et l’eaue à chanter à la chapelle du

roy nostre sire et ou couvercle de chacune d’ycelle a un ront esmaillé d’azur, semé de fleur de lys et signée l'une d*un A et l’autre d'un Y, iiij« xiiij livres. (Compte" royal cité par Leber.)

(P) 1498. Un bacin d’argent doré pour servir à l’esglise, — avec les choppines de mesmes;, à mettre vin et eane. (Inventaire d’Anne de Bretagne.)

(G) 1560. Deux burettes de cristal, d’argent doré et le col émaillé d’azur,— xxx. (Inventaire du château de Fontainebleau.)

BUSE, Pusse et Buys. Buis, et, par extension ? boite. De Buxum et plus probablement," du celtique box. Dès l'antiquité, on a désigné différents objets faits avec ce bois par le nom même du bois, il en fut ainsi au moyeu Age , il en est de même chez tous les peuples germaniques. Au xvn« siècle, on écrivait encore bouis, et Ménage s'irrite contre M. de la Quintinye qui dit buis.

(A) 1467. Une buse de bois, plainnc de patrenostres de Jherusalem. ( Ducs Je

Bourgogne , 3266. )

(B) — Ung estuy de bois, plain de cuilliers de bois de pusse. (D. de B. 3271.) bysantin (Art). Rechercher cpielle a été l'influence de l'art

byzantin depuis la chute de l'empire romain jusqu’au xn« siècle, c'est écrire l'histoire de l’art. Il ne s’agit, dans cet article, que de deux citations pour rappeler qu’on rencontre fréquemment , dans les inventaires, des descriptions qui ne peuvent se rapporter qu’à des objets venus de Byzance ou imités des ouvrages de ses artistes.

(A) 1416. Un tablean d’or, de haulte taille, où il a d’un des c os té s saint Jehan Baptiste tenant un agnus dei garny entour de sept perles moiennes où il a escript : ecce agnus dei, qui contient la moitié du rond, et en l’antre en a autant escript en grée et derrière la teste dudit saint Jehan a escript - penitenciam agite, et au dessous dndit agnus dei en a autant escript de lettres grecques — lequel tableau HS. acheta , en sa ville de Bourges, u mois de novembre, l’an mil cccc et deux, de Authoine

Mancbin, marchant de Florence, demourant a Pari», la somme de ijm fr. prise xijc liv. t. (Invent, do duc de Berry.)

(B) 1416. Deux barillet de cristal, garnis d’argent doré escrips à l'entour de lectres grecques, en chacun trois pies et deux ances — — xxxij liv. t. (Idem).

CABINET, une petite chambre et aussi un meuble. Le bahut s’était dressé sur quatre pieds, il s’était empli de petits tiroirs fermés tous ensemble derrière une porte à deux battants , et quelquefois à quatre serrures. On imagina de donner à ee meuble une disposition architectonique à l'extérieur ainsi qu’à l’intérieur, et on forma le Cabinet qui fut, la chose comme le mot, en usage seulement au xvi« siècle, et en grande vogue au xvii". J en ai parié dans des recherches sur cette époque. (Voyez le Palais Mazarin. )

(A) 1528. A Pierre Rossert, libraire, demourant à Paris — cinquante une livres

V cinq sols tonmoys, pour ung cabinet de cuir doré, à ouvrages mores-

qnes, au dedans duquel y a trois entrelatz, ung petit oratoire de deux layettes gamves d’on archet et de deux petits anneletz d'argent et fermé ledit ca'binet de quatre charnières, quatre serrures et de déni verroula. ( Comptes royaux. )

(B) 1580. Elles éloient très bien faites (tes stances de Marguerite de Valois ) 1 ' et les ay ternies longtemps en mon cabinet. ( Brantôme. )

(C) 1585. ling petit cabvnet, faict en façon d’aumMres, prisé iiij esens. (Invettt- ' ' drs objets envoyés an château de Vemeuil. )

(Di 1505. A Laurens Vonet, maistre peintre, la somme de trente six esens, alny ' ' ' ordonnés par sa Majesté, ponr avoir par lui peint plusieurs chambres

et cabinets tant à la grande que petite esenirye dudit sire (Compt. roy.)

(E) 1599- Deux cabinets d’Allemagne prisés xij escus. (Inventaire deGibrielle d’Estrées. )

(p\ Un Cabinet de velours vert, qni fnst donné an Roy estant à Monceaux — par Monsieur le Prince de Mantoue.

G) 1603. Ung cabinet de lapis et d’agatbe couvert de velours incarnadin eu broderie d’argent avecques les chiffres de la defnncte.Dame Rovne , estimé neuf cens livres. (Inventaire de la roync douairière Loyse.)

Ce faict sommes sortis du dict cabinet appellé la librayrie et d’icelluy faict extraire un cabinet façon d’Allemagne et porter an cabinet de la dicte défuncte Rovne , appellé le cabinet verd estant contre le dict cabinet de la librayrie , lequel a este estimé six livres.

(Hi 1649. Cette sale présente, premièrement à nos yeux deux rares Cabinets d’é-

' l,ène si belle et si luisante, qn’on diroit qne ce soit une glace noire,

dont la pureté reçoit nos regards facilement. ( lavent, du Palais Mazarin. — Mazarinade.)

cabochon, de Caboco et Caboche En forme de tète arrondie. La coiffure dite cabochon et capuchon a la meme étymologie , le tout ensemble de caput. Cabochon, dans la joaillerie , se dit de toutes les pierres qu'on polit en relief arrondi et sans les tailler; lorsqu’on les évide par-dessous pour leur donner de la transparence, c’est un cabochon chevé. Le moyen âge et de nos jours 1 Orient ont ainsi porté la plus grande partie de leurs pierres fines. 11 suffira d’un petit nombre de citations.

(Al tll 1 Un fcmiail d'or, garni d’nn fin saphir taillié et de trois gros balais v ' cabochons et de trois grosses perles. (Mandement du Roy. Cab. gen.) (B1 1416 Un saphir longnet cabochon d’nn costé, assis en une brochette d’or, v que Ms. acheta à Paris — xv liv. t. (Inventaire du dnc de Berry.)

(C) 1416. Un saphir citrin, cabochon, en une broche d’or. — xiij liv. t. (Idem.)

(D) 1467. Ung fermillet, appelle le bouton, garny d’un gros balay cabochon ,

gamy d’un gros dyamant pointu et d’une grosse perle ronde. (Ducs de Bourgogne, 2974.)

CACHET. Le sigillum secreti, sccl du secret, a donné lieu à l'introduction, dans la langue, des mots cachet et cacheter, qui me paraissent assez modernes.

(A) 1358. Nous avons entendu que plusieurs lettrespendens ont esté, on temps

passé, scellées de nostre secret. (Ordonn. des Rois de Fr.)

(B) 1555. Pour ung cachet d’argent, à manche d’yvoire; pour servir à Mr de

Nevers à cachetter lettres de la royne. (Comptes royaux.)

(C) 1591. Pour ung cachet d’or, auquel’y a deux figures de relief, esmaillées,

pour l’or et façon — xxliv. (Comptes royaux.)

(D) 1599. Joailliers et graveurs qui portent le titre de vallets de chambre du

Roy. Pierre Turpin, graveur pour cachetz. (Etat des off. domestiques du Roy.)

(E) — Un porte cachet d’or, dont les cbesnes sont de perles enfilées dans de

l’or, attaché de trois triangles de diamans, — prisé cl escus. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

CACHOLONG. Quartz agate. Ces pierres fines deviennent de fausses sardoines par les opérations qu’elles subissent et le travail auquel elles se prêtent. Une agate, lorsqu’elle présente une couche d’un blanc opaque , poreuse et moins dure que le reste de la pierre , est susceptible de prendre diverses nuances dans des bains successifs d’huile et d’acide sulfurique. On conçoit donc qu'on puisse obtenir artificiellement des effets qui ne sont dus , dans les vrais camées, qu’à la nature de la pierre. Ces cacholongs nous viennent de la Bulgarie, et nous leur avons couservé le nom qu’ils tiennent des Kalmouks.

CADENAS. Une chaîne, catena, passée autour d'un coffre ou dans les barreaux d’une grille, les fermaient au moyen d’une serrure de fer qui s’adaptait à ses derniers auneaux; de là catenare, enchaîner et enfermer; de là aussi le nom de cadenas donné à la nef (voyez ce mot) qui était fermée, et en dernier ressort au genre de serrure qui s’adaptait ainsi à une chaîne. Cette acception seule s’est conservée et elle est très-moderne.

(A) 1599. Un cadenas vieil, d’argent doré, marqué aux armes de Madame (avait été fondu et n’a pas été prisé.) (Iuvent. de Gab. d’Estrées.)

CADRAN. Voyez Astrolabe. Les cadrans servaient à trouver l’heure par la hauteur des étoiles, aussi bien que le Cadran de berger , qui était un peu plus simple et qu’on retrouve , en plein xviii® siècle, bien plus simplifié encore dans le calendrier du berger. Les signets sont les cordons auxquels on attachait le plomb et sur lesquels on mesurait l’angle. Voyez Tableau astronomique.

(A) 1377. Le duc de Bourgogne paye à maistre Robert , faiseur de cadrans, à

Paris, iiij fr. pour ung almanach qu’il avoit faict pour li. (Arcli. do Dijon, cité par Peignot.)

(B) 1380. Un cadran d’or, à un estuy de hrodeure, à fleurs de lys et ij boutons

de perles. (Invent, de Charles Y.)

— Un cadran d’or qnarré, en nn estuy de cuyr, pendant à nn laz de sojv, à ij boutons de perles, pesant y onces, xv osterlins.

— Un petit cadran d’argent , rond , esmaillié, en un estny de cuir bien ouvré d’y mages.

1379. Un cadran d'or esmaillié de rouge clair d’une part et à chasteaux et ymages d’autre, pesant iij onces, lij est.

(C) 1431. Déni signets d'or à cadran. A maistre Henry Zwolls, astronomien ,

pour avoir fait les deux cadrans , en iceulx deux signets. ( Ducs de bourgogne, nb 918.)

(D) 1467. Ung cadran de bcrgier, d'or, qui poise xv est. ( D. de B., n° 3112.)

CADRES. L’architecture, à chacuns de ses grandes transformations, a fourni les données les plus heureuses de tous les encadrements; l orfévre, dans les entourages de ses tableaux d’or et d’argent, le sculpteur , dans scs dyptiques d’ivoire ou dans ses grands retables il’ autel , lui ont demandé leurs plus heureuses inspirations. 11 ne s’agit pas de cela dans cet article j je veux parler, et parler seulement, des cadres de tableaux peints. Or, pendant la longue

Sériode active du moyeu âge , la peinture murale n'exigeait pas e cadre , le monument lui-mème en était l’encadrement. A la tin du xive siècle, la peinture meuble prit son essor, les frères Van Eyck la mirent en vogue par leur talent plus encore que par les perfectionnements qu’ils apportèrent à la peinture à l’huile, pratiquée longtemps avant eux. Dès lors il y eut des tableaux, et par suite des cadres. Nous avons plusieurs peintures de Jean Van Eyck entourées de leurs cadres primitifs , sur lesquels le grand peintre a peint son nom et la date de son travail; ces encadrements sont la simplicité même : la plupart sont peiuts en noir ou eu imitation de bois , et on s'en tint là pendant le xv» siècle; mais la renaissance s’élança dans ce champ ouvert à son imagination, à son activité , et nous avons les grands cadres des tableaux de la confrérie du Puy-Notre-Dame d’Amiens, et d’autres bons exemples du parti que l’art peut tirer des cadres.

cage et cagette. Je cite des bijoux en forme de cages, et de véritables cages qui sont des bijoux par la valeur des métaux précieux qu’on a employés pour les faire; je m’arrête là; les cages des volières, les cages pour prendre les sangliers et les cages de fer pour les prisonniers, sont mentionnées dans les extraits de mes lectures, je les réserve pour uu autre travail.

(A) 1360*. C’est la clef du mestier que d’avoir pinçons bien appellans en la ligne et es caagetes. (Modns et Racio.)

(B) 1387. Pour un estny (le cuir bonllv pour mettre et porter une cagette d’argent à mettre oyseles de Cbyppre. (Comptes ru y a ni.)

(C) 1*08. Une cagette. d'argent, dorée, en laquelle a ung chardonnereul d’argent, la mangouère et le cornet tant d’argent doré, (Ducs de fiour gogne, ne 6152.)

(D) 1*11. Une cage à oiseaulx, à un chardonneret dedans, d’argent doré. (Ducs de Bourgogne, no 6216.)

(E) — Une caige d’argent blanc, le dessus à la façon d’une, église à croisée. ( Duc de Bourgogne , 3180.)

(F) — Une caige d’argent, à façon d’osier, à mectre oiselet de Chippre, pessant ij onces, xv estrelins. (Ducs de Bourgogne, 3tsl.)

CAILLOU. Synonyme de pierre, dans l’acception de pièce d'une parure.

(A) 1536. Ung petit kerkant d’or rompu et esinaiUé de verd et blanck, gamy de dix cailloux de rubis et de uuze perles à potences. ( Inventaire de Charles-Quint.)

CAILLOUX D’ÉGYPTE. Quartz jaspe. Des bandes brunes

foncées et noires se contournent sur le fond jaune de ce jaspe , de façon à produire des dessins dans le genre de la racine de buis. Oii le tire du Nil.

CALCAIRE COMPACTE, ou chairs carbonatée compacte, pierre lithographique; dès l'origine des arts , cette pierre a été employée dans La sculpture par les artistes de l’Allemagne, où elle abonde.

calice. Jésus -Christ, au milieu de scs disciples, n’a donné l’exemple d’aucun luxe. La coupe, dans laquelle il buvait était simple comme son existence , et tous ccs calices d’argent, d’agatlie et autres matières précieuses , qu’on a voulu faire passer pour le calice primitif, avaient contre eux, sans compter les autres arguments, une richesse inadmissible. Le calice de Saint Jérémie, conservé dans l’église de Saint- Anastase de Rome, serait fait, selon Mabillon qui le décrit: « e terra figulina alba , » et nous savons que l’Eglise, dans les premiers siècles, s’est contentée de calices de bois, de corne et de verre; que plus tard, elle a défendu l’usage du bois absorbant, du verre cassant, du cuivre « quia provocat vomitum , » de la come qui est impure; et qu'enfin , elle a prescrit de préférence l’or et l’argent. Elle a toléré toutes les additions de pierres fines et de travail précieux , mats cette progression de luxe a suivi la marche de sa prospérité, et la forme du calice s’est modifiée aussi selon les changements introduits dans la distribution de l’Eucharistie , sans que l’Eglise ait attaché aucune siguilication, partant aucune importance, à ce luxe et à ces formes. Pour celles-ci, la plus importante, la plus caractéristique , est l’addition des anses que rendaient nécessaire , que motivaient au moius , les dimensions du calire, alors que la communion s’admiuistrait sous les deux espèces. Le moine Théophile a un chapitre entier sur ces anses. Dans l’inventaire de Charles V, il y a douze calices en or et dix-sept calices en argent. Dans les inventaires des églises, la variété des calices est intarissable. Je m’occuperai de ccs formes en décrivant les monuments.

(A) 1218. Quoddam tumbulnœ argenti , capsam argenti, calicem alabausti.

(Inventaire.)

(B) 1220*. Lib. m, cap. xxv. De fabricando minoreralice. Cap. xxvr. De minore

calire. Cap. xxix. Do fundendisauriculis calicis. Cap. lu. De ornamlo vase calicis. Cap. un. De pede calicis. (Art. sched. Theophili.)

(C) 1250 Cist veissians oil men sanc mois.

Quant de men cors le requeillis ,

Calices apelez sera. (Le Roman dn Saint-Graal.)

(D) 1295. Unnm calicem de anro — cum vj rotnlis de esmaltis aznrinis in porno,

ad imaginem babuguiamm (babouins). (Inv. sub. Bonif. VIII.)

(E) 1372. lin calice avec le couvercle d’argent dore, à un esinail dessus, pesant

ii marcs , iij onces , prisé; xviij fr. d’or. (Compte du testament de la Kojrnc Jehanue d’rivreux.)

(F) 1380. Le grand calice d’or que le Roy a faict faire, lequel est esmailiié eu

la couppe à aposires et est le pied et le pommeau à perrerie et U patenue esmailiié et garnie de balais et de saphirs à jour. (Invent, de Charles V.)

(G) — Le grand calice d'argent , esmailiié , que 1 Yvesque de Taris donna an

Roy, pesant xxv marcs, iiij onces.

(H) — Dn calice d’argent, doré, et la patenellc, et est esmailiié de plusieurs

histoires de Dieu, de Nostre Dame, des apôtres et des iiij évangeiisles, pesant iiij marcs, ij onces, xv est

<8i GLOSSAIRE

(I) 1380. Un calice d'argent , tout esmaillié, à plusieurs vinages et a, en la pa-

tène par dedans , un Jugement , pesant üij mares.

(J) 1416. Le calice, où Nostre Seigneur lmt à la eenne , garny d’or, eseript à

l’entour de lettres noues — prisé l’or xiiiiij liv, t. (Invent, dn due de Berry.)

CAI, LIER. Le collier, comme le madré, était une matière de qualité inférieure , et probablement une faïence. Il a donné son nom à une forme de vase dont la destination , ainsi que celle des hanaps, était de donner à boire, et qui en différait plus dans l’étiquette et dans l’emploi que dans la forme. Dans l’étiquette , parce qu’il était inférieur au lianap, et dans l’usage, parce qu’il servait particulièrement la nuit, et à boire du vin nouveau. On sait que cette habitude de boire la nuit, soit du vin , soit des réconfortants dans le çenrc du bouillon rouge du médecin Delorme , s’est conservée très-tard. On appelait ces collations des en-cas. Quant à la forme , elle était basse et permettait d'emboiter plusieurs calliers ensemble.

(A) 1316. Pour 12 benaps callier qui furent donnés. ( Comptes royaux. Parties

de Tiebant l’espissier.)

(B) — Item iij benaps cailliers on pris de c. s. (Inventaire de la comtesse

Mahaut d’Artois.)

(C) 1348. A Jehan de Crux, pour vi cailliers pour servir à la table dndit Sei-

gneur ( le duc de Normandie ) , pour chascnn caillier — xxvi s. p. (Comptes royaux.)

(D) 1372. Un benap d’argent doré, sens pié, lequel on portoit au suor en la

cbambre ma dicte Dame et le pot d’argent de me.sme. ( Testament de laRoyne Jehanne d’Evreux.)

E) 1374. Lesdiz prisonniers eussent mis une sainture d’argent et certains cailliers ou Danaps en gaige. (Lettres de rémission.)

(F) 1383. Ronlin Guillet vit quatre hanaps de caillier ou de petit madré, des-

quels l’on servoit en laditte taverne. (Lettres de rémission.)

(G) 1390. Un petit caillier couvert, acheté de Guillaume Mornois, pour boire

vin nouvel en la chambre de la Royne. (Comptes royaux.)

(Il) — Pour un hanap caillier, couvert, pour faire nne coitppe à boire de nuit vin nouvel eu la cbambre de la Royne. en ceste saison d’yver.

(I) 1390. A Guillaume Tireverge , bonteillier, pour un estuy de cnir boullv

— pour mettre et porter xij cailliers pour boire vin nouvel , en Poste) du Roy, en ceste saison d’yver, pour ce — xxiiij s. p.

(J) 1391. Une conppede caillier, à mectre de nuit en la chambre de la Royne.

CA31AIIIEU.Cc mot s’est conservé jusqu’assez avant dans le

xvne siècle pour désigner le Camée; il a passé ensuite et est resté appliqué aux peintures monochromes, imitant les effets du camée. Voyez Onyx, Chalcédoine , Sardoine , Sardonyx. Ce renvoi explique ma pensée, le camahieu du moyeu ige est le camée tel qu’on l’a travaille dans l'antiquité et de nos jouis. J’ai divisé mes citatious ’ sous trois titres : 1° les différentes applications des camahicux ; 2° les camahieux envisagés en eux-mémes et sons le rapport de la matière ; 3" les camabieux qui paraissent antiques , à en juger par les anciennes descriptions; 4° les camabieux qui doivent être du moyeu âge, si l’on s’en rapporte à ces mêmes descriptions. Je dis si l’on s’en rapporte, parce que les hommes les plus habiles, les meilleurs connaisseurs de ce temps, et à plus forte raisou les rédacteurs d’inventaires, se trompaient grossièrement. La richesse de nos pères en camées est surprenante : pas d’inventaire de rois ,

princes, seigneurs, pas de trésors d’église qui n’en regorge, on les met partout, et quand le rédacteur a passé en revue tous ces camées, il trouve encore une bourse qui en contient une centaine. J’ai du passer sous silence tous les camahieux cités seulement et non décrits. Ils sont innombrables. Je renvoie au mot Niccolo pour quelques camahieux gravés, au mot Porcelaine pour des coquilles gravées, qu’on distinguait des véritables camées, car on appelait ceuxci des camahieux d’agate.

(A) 730. Allati sunt quidam ampli lapides, quos sardios onycheos appella-

mus et vulganter Camaeos nuncuparaus. (Vitæ abb. S. Albani.)

(B) 1316.1 lorain (courroie) garni de soie, semé de boutons dorés et de. ca-

mahiens, tout ou pris de il s. (Invent, de la comtesse Mahen d’Artois.)

(C) 1363. Un tabîean d’or ouqnel il a un grans gamahieu assis sur bois. (Invent.

du duc de Normandie.)

(D) — Un camahieu pour un mors de chape garny d’argent.

(E) 1376. Item qnædam pulcherrima tabuleta anri , pro pace danda , ornata

lapidibus preciosis, in qua est unus lapis de camaheu in forma crucifiu. (Invent. de la Sainte-Chapelle.)

(F) 1380. Item un autre escrinet de broderie de nonnain, lequel escrinet est

petitement ferré d’argent doré, et sont dedans iiij**x camahieux que grands que petits , hors œuvre, excepté iiij. (Invent, de Charles Y.

— L’inventaire de Charles VI, de l’année 1399, en compte 101.)

(G) 1416. Une vieille ceinture de cnir, estroite, garnie d’argent , clonée on long

de plusieurs camahieux et autres pierres de petite valeur, prisé viij 1. 1. (Inventaire du duc de Berry. )

(II) 1498. Plusieurs beaux pots d'agate, et tant de beaux camayculx bien taillés que merveilles, (uommines.)

(I) 1536. Une paire de bracelets, en camayeqx , enchâssez en or. (Inventaire

de Marie Stuart.)

(J) 1599. Un vase de nacqnesd* perles, garny d’argent doré, avec des jacintes,

des petis safis, des perles, camayeux d’agates, prisé il esens. (Inventaire de Gabrielle d’Estrées.)

(K) 1640. J’en ay ven quelques uns f ouvrages de Michel Ange et de Raphaël) •

dans cette commune patrie de toutes les nations (Rome) et assez d'autres dans Paris , particulièrement dans l'agréable, cabinet de messire Claude Maugis, protonotaire du St Siège — l’un des plus cnrienx de ce siècle. 11 me faudroit employer trop de temps si ie voulois décrire icy, par le menu , les livres des arts et des sciences , les vases , les camaïeux et les figures tant d’hommes que d’autres animaux, les uns en relief et les antres en plate peinture , soit d’or, d’argent, d’y voire , de bronze, d’albatre on de marbre qui se veyent dans ce précieux cabinet. (Trésor hist. de Pierre de Saint Rorauald.)

CAMAHIEU : ses variétés. J’ai réuni quelques citations qui prouvent que le quartz agate se présentait dans les trésors de nos rois, princes et églises, dans toutes ses variétés.

(A) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 385.

(B) 1363. Un petit pot rond, à manière d’un flacon , semblant à camahieu.

(Inventaire du duc de Normandie.)

(C) 1372. Le camahieu qui aultrement est appellé oniche. (Le Propriétaire des

choses.)

(D) 1330. Un camahieu , dont le champ est vermeil et a deux figures dessus à

une beste assise en une verge toute plaine. (Invent, de Charles V.)

(E) — Un antre camahieu et est le champ vermeil et dessus à la teste d’une

more, assis en une verge toute plaine.

(F) 1380. Un très laid camaliien, à visage de femme, assis à crampons en «ne

verge d'or pleine et a, ou chaston, quatre trous.

(G) — Un camahieu où est le visage d'un homme gros , mal taillié , assis sur

une verge d’or pleine, à crampons.

(H) — Un camahieu d'un chien lions assis en un aanel tout plain.

(I) — Un camahieu blanc, où il a une teste noire d’un enfant, assis en une

verge d’or.

(J) — Un camahieu azuré, on il a la teste d’un homme blanche, assise à fillet

sur une verge d’or plaine.

(K) — Un camahieu rouge et dessus a tin aigle volant.

(L) — Un camahieu noir et a dessus une teste blanche escrite autour en

façon de signes.

(M) — Un pot, d’un grand camahieu, très noblement ouvré \ visages, à

bestes et à feuillages et est le pied et le boni d’argent veré.

(N) — Un fermai! d’or, où sont iij saphirs et un camahieu blanc ou milieu.

(O) — Un petit pot de camahieu, gasny d’or et est pour mettre triacle , pen-

dans à une chaisne d’or.

(P; — Une pierre vert, à facou d’un camahieu, où il a d’un costé un chérubin et d'antre part lettres entaillées, garnie d’un filet d’or.

(Q) — Un grand camahieu sur eassidoine et y a iiij yraages et un arbre et

n’est mie parfaict et x autres, que grands que petits, hors d’euvre.

(R) — Un camahieu qui a le visage blanc, la barbe et les cheveux noirs.

(S) 1502. Ung tableau de boys, dedans lequel y a nng arbre de Jessé, en fassou

de camayaulz. (Inventaire de la royne Anne de Bretagne.)

CAMAHIEU ANTIQUE. Nombre do reliquaires, de châsses, de croix, de calices et autres ustensiles d egli.se, encore en usage, sont ornés de camées antioues qui représentent des tètes d'empereurs, des divinités mythologiques, et quelquefois des sujets ydiis qu’étrangers au culte chrétien. Les plus grands, les plus beaux camées de nos musées ont été enlevés aux trésors des églises , on ne doit donc pas être surpris de trouver une si grande quantité de camées énumérés dans les inventaires du moyen âge. Si cette époque a été l’héritière naturelle des richesses de l’antiquité , richesses prodigieuses, elle ne semble pas avoir apprécié ces chefsd’œuvre de l’art à une grande valeur; nous avons l'estimation de tous les camées, qu’on trouva dans le trésor du duc de Berry, à sa mort, en 1416, et ces prix ne sont pas élevés.

(A) 1343. Philippe , par la grâce de Dieu , roi de France. Comme nous avons

envoie a nostre Saint Père le pape, par nostre amé et féal chapellain, maistre Syinon de Braelle aumosnier de nostre très ebière compaigne la reyne et trésorier de nostre chapelle royal à Paris aucunes des sainctes reliques de nostre chapelle snsdicte et espécialement un jtel appelle le cauiabieu, nous vous mandons que ledit camahieu vous ostez de l’inventaire. (Mandement cité déjà par M. i)ouet d’Àrcq,)

(B) 1360. Inventaire du duc d’Anjou, 25.

(C) 1363. Un camahieu d’un homme nu contre un lion , enebastré en or, garny

de pierres et de perles, poise un marc, un once et demie. (Invent, du duc de Normandie.)

(D) — Unfermail où il a un camahien d’nne dame qui se baigne.

(E) — Un cadran, à camahieu d’un homme et d’une femme, en un estuy,

sans perles.

(F) 1380. Un camahieu, où il a un lyon couchant, assise en verge d’or , néellée

à lettres tout environ. (lovent, du Roy Charles Y.)

(G) — Un camahieu , où il y a un enfant enmantelé , assis en un anne!

d’or, taillé et esmaillie de noir et de ronge.

et répertoire. 4S7

(H) 1380. Un camahieu , à une figure nue , enmentelée , assis en une verge d’or

tonte plaine sur le plat.

(I) — Un petit camahien , d'nn enfant à ailles , accrapy, assis en une verge

d’or, esmaillée à Ave Mana.

(J) — Un camahien, où il a une teste d’homme qui a un chappelet (le pé-

ta.se }, assis à une verge d'or, où il a de chacun costé une couronne.

(K) — Un ancien camahien, à la teste d’nn jeune homme , assis en une verge

d’or.

(L) — Un camahien à viii costés , ou il a une teste environnée de cheveux ,

assis en une verge d’or.

(M) — Un très grand camahien comble , où il a deux figures, dont l’une est

d’un# femme séant et un homme nu tenant un flacon en sa main , assis en nue verge d’or où, en chascun costé, a une feuille carrée.

(N) — Un camahien d’un homme nud assis sur un drap , tenant un aille

(aigle) et est escript un mot devant luy, assis en une verge d’or pleine.

(O) — Un camahien, à une teste d’homme, à nus eheveux cesercellés, assis à

flllet, eu une verge d’or toute pleine.

(U) — Un camahien beslong, où il a un homme et une femme tous nndz , assis sur une verge dont le chaston et la verge sont néellez et escript

(Q) — Un camahieu, où est un aigle volant.

(R) — Un camahien, où est une teste de femme qui s’envelope d’nn drap

(S) — Un camahieu, où il a ij chevaux qui s’entrebattent et un ange qui .

bat, assis en une verge d’or.

(T) — Un camahieu, à une teste de vieil homme pellée, assise en une verge

d’or. *

(U) — Un camahien, à un lyon passant, assis en un annel à crampons.

(Y) — Un camahieu, à une teste de femme à une tresse derrière.

(X) — Un camahieu, d’une teste d'honnne, qui a les cheveux crespcz.

(Y) — Un camahieu, où il a une teste de mor à cheveux recoguillez.

(Z) — Un camahieu, où il a un angre assis et dessou bz l'angre y a lettres eu

ébrieu.

(AA) — Un très petit camahieu , où sont genz à pied et à cheval , assis en une verge d’or à lettres.

(BB) — Un camahieu à viii carrez et à une teste de fillette qui a un chappel

de feulles sur sa teste, assis à flllet sur une verge d’or.

(CC) — Un reliquaire d'or, où d’un costé est un camahieu , où est un homme qui a les jambes velues à xiiij perles autour.

(DI)) — Un camahieu sur champ noir, à iij hommes qui dansent , garny d’un pou d’argent environ.

(EE) — Un reliauairc d’or, où est on milieu un camahieu, où sont deux hommes et deux femmes et un chien et y a environ x\xij perles.

(FF) — Un reliquat d’or, sur uu pied en façon de lozenge et le dessus est d’une fleur de lys à deux dalphins, où est, ou milieu, un camahieu à un Angelot tout nud (l'Amour) et y fallent ij ballais, pesant vil onces, xv esterlins.

(GG) — Un petit camahieu où est la teste d’nne femme eschevelée , pesant vi esterlins.

(Hli) — Un camahien sur champ vermeil, à chevaux qui menueüt un Angre sur un chariot, pesant ij esterlins (Victoire dans un bige ou quadrige). .

(Il) — Un autre camahien sur champ vermeil, où il a un petit enfant à ailes qui regarde un conuin, pesant iij esterlins.

(KK) — Un grand camahieu rond snr champ brun , où il a une teste d’un homme sans coi et a les cheveux heruppez (tête de Méduse).

(LL) — Un camahien large onquel a un enfant, tout nud , qui tient un drap pour soy enveloper, gain y d’or.

(MM) 1380. Un grand camahien sur champ vermeil , onquel il a ij personnes nues et un singe rampant contre mont im arbre , garny d'or.

(NN) — Un camahien, assis sur une cassidoine, lequel est de la teste d’une femme eschevelée qui a un chappel, où il a vj rozettes.

(00) — Un camakieu, sur champ vermeil et a un homme qui se siet sur nne chaière par manière d’un juge et plusieurs autres qui sont en estant devant lui, garny d’or.

(PP) — Un cadran d’or, où il y a un grand camahieu, ouquel il a un homme , une femme et un arbre ou milieu.

(QQ) — Un camahieu , où sont deux chevaux blancs qui s’enfuyent et a un filet autour d’or.

(RR) — Un camahien , où est un demy homme qni a un chappej en façon d’un chappel de feutre en sa teste et un bras tout nud.

(SS) — Un camahieu à champ vermeil, où est un homme nud, assis sur on drap.

(TT) — Un camahieu à champ vermeil, oit est un homme concilié sur un drap et trois en estant et est assis en or comme un annel pontifical.

(UU) — Un camahieu, enchassié en or, blanc, où est une femme qni tient une longue chose en sa main. (Bacchante Lenaut un tliyrse.)

(VV) — Un camahieu , où est nue femme et un enfant qui sont assis sur un drap (Ténus et l’Amour).

(XX) — Un cassidoine, entaillié d’un bœuf et d’un lyon à une bordure d’or esmailliée à lettres.

(YY) — Un camahien sur champ jaune, à une teste d’homme blanche qui a une torche en la teste.

(ZZ) — Un camahien sur champ de ronge clair, où il a une ymage d’une femme nue en estant, garny d’or.

(AB) — Un camahieu sur champ vermeil , où il a un homme qui a ses denx mains sur sa teste et tient une pierre.

(CB) — Un camahieu d’un cassidoine, qui a une teste blanche à un chappelet de fleurettes rousses, et une torche derrière.

(DB) — Un camahieu, où il a plusieurs y mages nues qui se sient sur une pel de lyon.

(EB) — Un camahieu sur champ blanc, à une vache noire dessus.

(FB) — Un camahien sur champ blanc, où il a unhermite qni boit à une coupe, sonbz un arbre.

(GB) — Un camahieu sur champ blanc, où il a un demy homme qui tient nue branche dans l’une de ses mains et l’autre qu’il inet en sa bouche.*

(H B) — Un camahien, garny d’or, où il a un homme assis qui tient un godet et nn griffon qui mange dedans.

(IB) — Un camahieu sur champ roux, où est un homme monté sur un cheval blanc.

JB) 1399. Un camahieu , où il a un angre assit et des^lubz l’angre lettres en ébrieu, assis en une verge d’or toute plaine (nne Victoire avec nne inscription grecque). (Invent, de Charles VI.)

(RB) 141 fi. Beux beaulx camahieux, tailliez l’un en façon d’omme, un de trois doys de long et l’autre taillé en façon d’un visage de femme de la grandeur de plain pousse, lesquels monseigneur acheta de Michiel de Bouldnc, — «ij** lfr. t. (Invent, du Duc. de Berry.)

(LB) — Un camahieu, onquel a entaillé une chièvre et nn enfant qui la chevauche, assis en nn annel d’or, — lx s. t.

(MB) — Un camahieu, où il a deux chevaulx atelez menans un chariot, garny d’or à l’entour et derrière un esmail de petite, - x liv. t.

(NB) — Un camahien, à une teste de Sarrasin, lyée d’une touaille, garnye entonr d’or et de pierrerie de petite valeur, et derrière a un petit estuy à mettre reliques, vj liv. t.

ET RÉPERTOIRE. x 489

(OB) 1416. Un camahien blanc, enchassillé en argent doré, escript de lettres grecques an dos , prisé — xl s. t.

(PB) — Une teste de camahieu , lequel a la bouche plat#, enchâssé en argent doré entour, — iiij liv. t.

(QB) — Un camahien plat, longuet, sur le rond, en façon de fons de cuve, où il a un petit ymage nu, sur un pillier, en manière d’un vdole et trois autres ymages. Lequel camahieu est d’un portepaix dyor, — prisé c sols t.

(RB) — Un annel d’or où il y a un camahieu d’une teste d’enfant à grans ehcveulx, prisé — xxx sols t.

(SB) 1480. Item unns pnlcher camahieu, magnus, sitnatus super unain tabulant. — (C’est le célèbre camée de la Sainte-Chapelle, qu’on voit aujourd’hui à la Bibliothèque nationale, le même dont il est question dans la citation (A), sous la date 1343. (Invent, de la Sainte-Chapelle.) (TB) 1560. Ung grand mirouer de cristalin, garny d’argent doré, où il y a ung camayeux anticqne et plusieurs autres [lierres , s’en défaillant troys perles, estimé — c. (Invent, du Roy fait à Fontainebleau.)

CAMAHIEU DU MOYEN AGE. Les rois de France, les ducs de Bourgogne, de Berry, etc., avaient leur croix aux camahieux, il y avait des camées partout, et j’aurais augmenté beaucoup la liste qui suit . si j’avais cite tout ce qui pouvait y entrer, à ne considérer que les sujets décrits, mais on sait à quel point la critique ou l'absence de toute critique égarait nos pères, et il suffit de rechercher le camée de la Bibliothèque nationale , le grand camée de France, qu’on appelait le camahieu par excellence, et dont le sujet, purement romain, était interprété sérieusement au moyen de la Bible, ou bien cet autre camée dont la monture porte cette inscription : « Charles, Roy de France, fils du Roy Jean, donna ce joyau l'an mil ccclxviij, le quartan de son rètrne,» pour se convaincre que le moyen âge accaparait l’antiquité. Ce Jupiter debout ne fut-il pas considéré trèscandidement comme représentant un personnage de l'Écriture Sainte ? Une question grave se pose ici : que sont devenus ces camées, matière indestructible, sans emploi dans aucune préparation, sans valeur intrinsèque? Je ne suis pas en mesure pour y répondre sans l’aide de dessins et sans le concours des monuments. (À) 1360. Inventaire du doc d’Anjou, 23.

(B) 1363. Un camahieu noir à un ymage de N.-D. (Inv. du duc de Normandie.!

(C) 1372. Un tableau cloant, d’argent doré, on milieu duquel a un camahieu une

annunciacion de N.-D., semée de .perles et de pierreries, prisié xxx fr. (Test, de la Roy ne Jehanne d’Évrenx.)

(D) 1380. Une croix neuve à camahieux, laquelle le roy a nouvellement fait

faire, en laquelle a x camahieux et est le camahieux du milieu a j crucifix, hanlt enlevé, x balays, viij esmeraudes, xxx grosses perles et est l’envers de la dicte croix néellé des armes de France et un agnus dei ou milieu. (Invent, de Charles Y.)

(E) — La vieille croix d’or aux camahieux, en laquelle a un grand camahien,

où est l’annonciation nostre Dame ou milieu, avec v autres camahieux, vj balaiz, ix esmeraudes et le remenant garny de mesme perrerie et de perles d’Escosse.

(F) — Une croix d’or garnie de x camahieux , xij balais, viij esmeraudes, x\x

perles.

(6) — Une ancienne vieille croix d’or à six camahieux.

(H) — Un petit reliquaire, où souloit avoir uncamahieu où l’annonciation do N. S. est, lequel a esté ostépour mettre en la croix aux camahieux, que le Roy a taict faire en cette présente année, dont mention estfaicte cydessus.

<90 x GLOSSAIRE

(I) 1380. Un antre petit reliquaire où souloit avoir la Véronique en un camahieu

lequel — ( comme à l’article précédent.)

(J) — Un annet d’ôr néelîé , où est la croix double, noire de chacun costé ,

où il a un crucifix d’un camahieu S. Jean et nostre Lame et deux angelos sur les deux bras de la croix et le porte le Roy communément les Vendredis.

(K) — Un reliquaire d’or, garny de xviij grosses perles, de deux camaliieux,

c’est assavoir en celny qui est au dessus un cruceflement et au dessouba un Roy de court en sa majesté.

(L) — Un reliquaire d’or beslong, ouvré à façon de Lamas, sur lequel est un

camahieu d’un ymage de nostre Lame* enlevé.

(M) — Une bourse, où dedans est la croix que l’empereur Constantin portoit

en bataille, mise en un joyau d’or, garny d’un grand camahieu, où est enlevé l’ymage de Nostre Seigneur, viij gros balays et x grosses perles.

(N) — Un grând camahieu carré, où dedans a un homme séant soubz un

arbre, tenant un esprevier tenant sur son poing et un chien devant lny, assis à filet, dont le filet est esmaillié à l’environ à fleurs de lys.

(O) — Un reliquaire d’argent doré, à un camahieu de l’annonciation, pesant

une once.

(P) — Uns tableaux ù pignon de iij pièces , où dedans est un camahieu tail-

lié de l’annonciatiôn, on milieu garnis de iij saphirs, vj esmeraudes... (0) — Une croix d’or — et an pied dessoubz un camahieu d’un enfant blanc qu'un angre tient, pesant ij onces, v esterlins.

(R) — Un camahieu , où nostre Seigneur est tenant un livre, bordé d’or.

(S) — Un camahieu noir, beslong, où dedans est taillié l’ymage de nostre

Lame, pesant xiiij esterlins.

(T) — Une croix d’or brosseronnée , où il a urn camahien ou milieu qui fait

une pitié, pendant à une chainettn d’or — pesant ij marcs, ij onces, v est.

(U) — Une Ste Agnès en un camahieu,

(V) — Un camahieu sur champ noir où il a lettres et un ymage droit qui a

une croix en la poitrine.

(X) — Un bien grand camahieu sur champ tanné, où il a une dame assise

soubz un arbre qui tient uu oisel sur son poing.

(Y) — Un petit camahien, pendant à double chainette d’or, sur champ ver-

meil et a un homme nud qui porte un haston snr sou espaule.

(Z) — Un camahien sur champ ronge, où est un ymage de Nostre Lame,

blanche, séant, garny <ror.

(AA) 1399, Un camahieu où Nostre Seigneur est , tenant un livre, bordé d’or.

(AB) — Un camahieu à une teste de mort, à cheveux recoqnillei, assis en un

annel d’or.

AC) — Un petit reliquaire, où souloit avoir la Véronique en un camahieu, lequel a esté mis en la croix aux camabieux que le Roy (Charles V) a faict faire.

(AL) 1416. Un annel d’or auquel est le visage de MS. contrefait en une. pierre de camahien — vj liv. t. (Invent, du Luc de Berry.)

(AE) — Un camahien, anquel est Nostre Lame tenant son enfant, séant scr

une chayère et derrière a un dieu fait de nesleure, prisé x liv. t.

(AF) — Un annel d’or où il a un camahieu fait à la semblance du visage de

Monseigneur, dont le coi est de balay — vj liv. t.

(AG) — Un petit reliquaire où il a, en l’un des costez, une teste de camahieu

et en l’autre une teste de saint Authoine et autour plusieurs menues perles — xv liv. t.

(AH) — Un petit camahieu, où il a une annonciacion et y a à l'entour un fil

d’or — xvj liv. t.

(AI) — Un petit tableau d’or, longuet, sur façon de fous de cuve, de la gran-

dewr du fous de la main on environ. Onqnel a un petit ymage de Nostre Dame qui a le visaige et mains de camahimu, le corps jusques à la ceinture d’unsapbir, tenant son enfant no, fait de camahieu, et est le dit tableau garny de trois balais, trois saphirs et six perles et pend à un crochet — lxx liv. t.

(AJ) 1420. Déni camayeux, de deux ymages de l’annonciaçon et de l'autre

costé ou milieu un crucilüinent d’un camahieu etiiij autres camahieux desiiij évangélistes aux iiij boulz. (D. de B. 4068.)

(AK) — Un assez grant camahieu , où est l’istoire de la gésinc Nostre Dame

(D. de B. 4075.)

(AL) 1456. Un camahieu de la Magdelaine. (D. de B. n° 6946.)

(AM) 1467. Ung bouclier de fer, ganiv d’or et au millieu ung camahieu d’un

lyon entre trois fusilz. (D. de fi. 3131.)

AN) 1493. Ung grant camaveul de Veronnicle, xxvj liv. (Comptes royaux.)

— A Jehan Barbedor, marchant geôlier, demeurant à Paris, — pour ung camaieul pesans trois onces et demye d’or, auquel y a trois grands kamayeulx dont l’un est une face de nostre Dame, le segond saint Michiel et le tiers la portreture de la face du feu Roy Loys derrenier décédé. (Comptes royaux.)

(AO) — Un camayeo, onqnel est taillé un dieu de pitié enchâssé en ung esneau

d’or, escrit de lettres tout autour. (D. de è., tome IV.)

(AP) 1524. Ung petit tableau carré, d’argent doré, le fond d’esmail rouge, à ung

personnage ayant le visaige fait d’un camehu, derrière lequel tableau est escript le duc de Berry. (Invent, de Marguerite d’Autriche.)

(AQ) 1536. Ung petit tableau d’or, aiant à l’ung costé la ponrtraictnre du duc

Philippe de Savoye, faicte en camahieu, couvert d*ung fermant à triBi et, à l’antre costé, est ainsi semblable ponrtraicture sur ung fond de rouge à deux fermans. (Iuvent. de Charles-Qiiint.)

(A R) — Ung petit camahieu d’agathe où qu’est taillé nostre Seigneur portant

sa croix, enchâssé en or, et à l’autre costé est fait en esmaillure nostre Seigneur pendant en croix.

(AS) 1550. AMathurinLassault, marchant orphèvre, suivant la cour, pour quatre,

camayeulx d’agate, garnys d’or, en façon d'enseignes. (Comptes roy.)

(AT) 1585. Le portraiet de la feue royne d’Angleterre , Marie , taillé en une

agathe enchâssée en or et esmaillé, avec pierreries. (Invent, de Marie Stuart.)

CAMAHIEU (Pointure en). Dès le itv° siècle, on employait généralement, dans les miniatures des manuscrits, la peinture qui se modèle par la seule opposition du noir sur le blanc. Ix's effets

Sroduits par les différentes couches de la sardoine et de l’onyx conuisirent, mais très-tard , à l’appeler peinture en camahieu , et cette expression s’est conservée. Les citations suivantes servent à prouver, qu’au xv® siècle et dans la première moit é du xvi®, le mot Camahieu n’était pas encore pris dans cette acception.

(A) 1416. Unes petites heures de Nostre Dame , nommées les Heures de Pucelle, enluminées de blanc et de noir à l’usage des prescheurs , garnies de petits fermoers d’or on il a une annunciation et, au bout des tiroers, a deux petis boutons de pertes, — xv liv. t (lavent, du duc de Berry.)

(B) 1454. A Johannes le Tavemier, pour avoir fait de blanc et de noir deux cent trente histoires. (Ducs de Bourgogne, n° 4021.)

(C) 1540-1550. A Berthelemy Dyminiato et Germain Musnier, paintres, ponr la façon de quatre tableanx qu’ils sont tenus faire sur les ouvrages de menuiserie des fermetures des armoires dudit cabinet du Roy , en chascnn desquels quatre tableaux, ils sont tenus faire une grande figure et par bas une petite histoire de blanc et de noir. ^Ron. des arts a la cour de France , I, 430.)

CAMAIL. Cap de mail, partie de l'armure qui défendait la tète à la naissance uu col. J'ai exclu les armures de ce glossaire, ce mot n'y prend place qu’à cause des bossètes émaillées qui ornent un carnau.

(A) 1410. Ud camail eû façon de treliz — et est ledit camail cintré par dessus

de bossetes tant d’or que esmaillées de blanc et de rouge clerc. (Ducs de Bourgogne, no 6195.)

(B) 1453. Ung camail d’argent de l’ordre de Monseigneur d’Orléans pesant sept

onces, trois gros. (Acte de vente des biens de Jacqncs Cœur.)

camosf , Camoisié et Camoié. Frappé , martellé et de là meurtri. Voici une citation pour chacune de ces acceptions, elles suffiront pour éviter de confondre, comme on l’a fait, camoisié avec émaillé.

(A) 1280. Philippe (fils de Louis VI) tomba sur le pavement en telle manière

3 ne sa teste fu toute débrisiée et camoissiee et mourust tautost. (Chr. e Nangis.)

'B) 1433. Une coupe d’argent, dorée, hachée et camosée. (Chambre des comptes de Nantes.)

(C) 1499. Deux dragoners blanc camoisez, le pié faict à soulail et à nuées et le bacin et pommeau, semblablement. Toutes les garnitures, dorées et le champ camoisé , pesans ensemble douze marcs , six onces d’argent. (Invent, de la royne Anne de Bretagne )

(D) — Ung calice d’argent doré, ou pied duquel a finit esmaux des apoustres et au dessus dudict pié finie! autres ymaiges , et on pommeau huit autres esmaux à ymaiges, dedans lesqueulx a ung gros pommeau ouvré au milieu, dont sort un soleil doré. Ledict calice camoié de blanc par dehors et le dedans doré.

CAMP. Le confortable de la vie avait passé, an xvi' siècle, dans les camps, et on donna à tous les meubles d’un parquetage et d’un transport facile, comme un lit, une chaise, une table pliante, l’épithète de lit de camp, table de camp, etc. Ou écrivait^ dans l’inventaire de Gabriclle d’Estrées, caen pour camp, mais c’est affaire d’orthographe; ne lit-on pas dans l’inventaire du duc de Berry, au lieu de l’histoire du grand Khan, vingt fois de suite, histoire du grant Cacu ?

i.A) 1599. Une table, façon de Caen, de bois de noyer, ferrée et ployanie, de trois pieds de long ou environ, prisée un èscu. (Invent, de Gabrielle d’Estrées.)

c,t M pane. Ce répertoire ne peut donner place à la discussion, il peut donner à peine l’hospitalité aux faits positifs. La cloche existe de toute antiquité, mais c’est avec le christianisme qu’elle prend une fonction, un rôle, une importance. Le retentissement d’nn coup de marteau sur une pièce de métal, de pierre on de bois sonore, fut la première manière de convoquer les fidèles aux exercices religieux. Quelques anciens couvents, particulièrement ceux de l’Orient, ont religieusement conservé ces rudiments de la cloche, et je me rappelle, qu’étantau couvent de Sainte-Catherine-du-Sinal, je vis un des mornes annoncer l’office des morts en frappant à coups monotones sur une grande pierre suspendue contre le mur. Le son profond et lugubre, n’ayant rien de l’éclat sonore de la cloche, s’associait bien à la pensée qu’il exprimait. Saint Paulin, évêque de Noie , en Campanie , inventa la cloche an commencement du v» siècle, c’est-à-dire que, le premier, il fondit ou fit fondre (le grandes cloches à limitation ae la clochette, linlinnabulum des

Romains. Partout où Part du fondeur est connu et se propage , la cloche est fondue; là où on ne sait pas la fondre, on imite sa forme et on en produit le son avec des plaques métalliques rapportées ; quel que soit le procédé de fabrication aes cloches^ on leur conserve le nom de la ville ou celui de la province d’ou nous vinrent les

Premières campanes et nolettes. Le mot cloche, qui prit plus tard le essus , doit être d’origine germanique. Je n’mtroduirai ici que des textes qui désignent des clochettes faites en métal précieux ou servant d’ornement sur les vêtements; dans ces deux cas elles appartiennent à l’orfèvrerie. Voyez Clochettes .

(A) 730. Cloccam qnalem ad manum babui, tnæ paternitati mittere cnraviinns. (Saint Boni l'ace.)

(B) 1080. Artifices sunt illi snbtiles qui fnndunt campanas de ere sonoro, per quas, in ecclesiis, bore diei denunciantur, meta batillorum et coraamm attractarum— Gampane dicuntur a rusticis qui habitant in campo, qui nescinnt iudieare horas nisi per campanas. Ecclesiæ clocorium, galfice dicitur clochier. (Job. de Gallandia.)

(C) 1280. Durement furent esbahi

Qu'ils n’orent oï soner cloches Ne cbampenelle , ne reloge. (Rutebeuf.)

(D) 1298. Et tut environ le reondement estoit (la tour) ploine de campanelle endorés qe sonoient toutes les foies qe lèvent feroit entr’aus. (Marco Polo.)

(E) — Sus celle tor (ville de Qninsai) a une table de lengn, en laquel nn home la tient en main et hi done dedens d’un maillet, si qe bien se oie moût longe et à ceste table sone toutes les foies qe le feu s’aprent en la ville.

(F) 1375. Les cloches furent premiers trouvées en la région de Campanie, en françois nommée Champaigne, en la cité de Noie et pour ce aucuns les claiment campanes, aucuns les claiment noies pour la dicte cité, par espécial les petites cloches sont noies appelées en aucun pais. (Jehan Goulain. Trad. du Rationale.)

(G) 1393. Pour vj colliers d'or avec vi campanes pour mettre ès robes de MS. (D. de B. 5554.)

(H) 1414. Une campane d’or. (Invent, du Duc de Bretagne.)

(I) 1455. Incontinent coururent aux églises, à grans sons de campanes nostre Seigneur remereyer. (Ant. de la Salle.)

(J) 1461. Estoient les housses chargées fort espaissement de cloches d’argent, en manière de campanes à brebis. (Math, de Coucy, hist. de Ch VII.) — Venoit le chevalier sur un cheval, couvert d’une couste couverte, en manière de hamacheure, de satin cramoisi, frangé de franges et fut ladite couverte toute chargée de grosses campanes d’argent à façon de campanes de vache. (Olivier de la Marche.)

— Le Conte Charolois — vint sur les rangs moult pompeusement, à campanes d’or et de soye. (Idem.)

(K) 1462. Son cheval (del’escuyerPoncetd’Erime) a grosses rondes campannes d’argent., couvert de cnevrechief de plaisanche. à quattre pages après lui a samblables campannes qui firent grand noise. (G. Cnastellain.)

CANEBUTIN. Sorte de flacon.

(A) 1416. A Thevenin Courtin, pour ungcanebntin etestouppes, pour porter certaines eaues roses de Paris à Gorbeil — xvj s. (Compte roy. Hôtel de la Royne.)

CANIVET et Knivet , les Anglais en ont formé Knife. Petit couteau qui faisait aussi l’office de canif quand il se trouvait dans l’écritoire. Il figure avec les plumes, le parchemin et l’encre dans toutes les fournitures livrées aux écrivains. Jehan de Garlande

semble désigner un canif dont la lame glisse au moyen d’une coulisse, et cependant ni les monuments conservés ni les textes contemporains ne présentent cette fo me.

(A) 1080*. Artavus dicitnr gallice kenivet, scilicet eultellus qui tendit in altnn)

vel diciturab arte , quia eo artitices utuntur. (Dict. Joli, de Gallandia.)

(B) 1250*. Encre et papier et escriptoire

Canivet et penne taillip. (Le Buisson de Jonèce.)

(C) 1260*. Agim le Ju, son knivet prent

Et perce la coste del innocent. «

(Le chant d'Hugues de Lincoln.)

(D) 1380. Un contel et nn canivet en nne gaine à manche d’or, où est esexit

Karolus et ont chacnn une perle ou bout et sont les forcettes d’or.

( Inventaire de Charles V.)

(E) — Deux couteanx et on canivet et les forcettes d’or à manches d’ybenus

rond et ont les virolles rondes, esmaillites de France à un ànnelet an bout.

(F) Une autres consteaux parenli à cem de dessus excepté qu’ilz ont les manches d'yvire.

(G) — Unes autres cousteanx parenlx , excepté qu'ilz ont les manches de

madré.

(II) — Ung tissn de soye ardant, gamy de boucle, mordant et huit ferrures d’or et y pend nog conte), nnes" forcettes et ung canivet gamy d’or.

(I) 1383. De quodam eutelloseu caniveto suo — percussit. (Lett. de rémission.)

(J) 1400. Jacobns habebat unum parvum artanum, Gallice canivet. (Lettres de

rémission.)

CANNE. Je ne puis m’imaginer ce dont il s’agit dans les citations suivantes. Peut-on supposer des écuelles et plateaux en nattes de jonc teiut en rouge, comme les habitants des côtes de l’Asie et de l’Afrique les ont fabriqués de tous temps et qui contiennent l’eau ?

(A) 1399. Trois grandes escnelles de canne ronge avee une moindre et deux pe-

tites qui s'entretiennent. (Iuveut. de Charles VI.)

(B) 1507. Une pièce de boys de canne où y a deux petites burectes vuydes ,

enveloppées en dû papier. (ïnvent. de la royne Anne de Bretagne.)

CANNE, dérivé de Canna, et en diminutif Cannette. C’était un gros vase, une cruche ; et, de même qu’ou a fait de buire, burette, on a dit, de canne, cannette, et les deux mots s’appliquent presqu’aux mômes vases. C’était aussi une bobine autour de laquelle s’enroulait du fil d’or de Chypre ou tout autre fil, et enfin des glands de la forme d’une bobine.

(A) 1322. Ij canettes et j sonet d'argent. (Invent, du Comte de Hereford. Ob-

jets composant sa chapelle.)

(B) 1389. Pour deux canettes d’or de chippre, pesant une once d’or — xvi s. p.

(Comptes royaux.)

(C) 1560. Une brodure de touret, faicte à canettes , esmaiîléc de ronge et à

tons les bizeaulz y a des F couronnées, garnie -de neuf tables de diamans. ( Inventaire de Marie Stuart dressé lors de son départ. )

CANTER. De l’espagnol canfaro, vase à embouchure étroite et à large panse.

(A) 1536. Ung petit canter à mectre eaue, avecq une hance, aussy esmaillé. (lavent, de Charles Quint.)

CAPSE. Dérivé de Capsa qui copiât :boëie, et aussi châsse et casse, appliquée même à la demeure du limaçon.

(A) i 140. Li casse ou li saintuaire ert, rendi si gr.mt odor, nue il sembla à tous

qtie paradis fut ouvers. (Le Roulan de Turpin.)

(B) 1Î60, Capsam anro et gemmis decoratam continentem pignora diversorum

Sanctorum. (Chron. Fontanell.)

(C) 1280. Qne valor soit avant boutée ,

Qui vaine et qnasse est reculée.

Comme en sa chasse limaçon. (Fabliau*.)

(D) 1530. Tira le diamant — et — le jetta dedans une capse d’argent, à ce ex-

pressément ordonnée. (Rabelais.)

UARQüan. Je ne revendique pour ce mot que son acception de collier, de riche ornement se portant sur le col.

(A) 1599. ün carcan, csmeraudé de perles et de rubis, contenant sept pièces

celle du milieu plus grande que les autres, prisé iijc escns. (lurent’ de Gabrielle d’Estrées.) '

(B) — Un grand carquant , contenant seize pièces, à sept desquelles sont re-

présentées les sept planettes, — et la seizième nièce, servant à mettre an milieu dudit carquant, où est représenté un Jupiter, — pesant le dit carquant déni mares, déni onces d'or,— prisée iijjc 1 Cscus. (Idem.)

(C) 1600. Le phœnii, son col est nn carquan de toutes pierreries. (Et. Binet

Merv. de la nature.) *

carneau. Créneaux. Une quantité de pièces d’orfèvrerie, faites à maçonnerie, c'est*à-dire suivant les formes de l’architecture étaient surmontées de créneaux.

(A) 1360. Lanterne à carneam, n° 36. (Invent, du duc d'Anjou.)

CAR raque. Espèce de batean, synonyme de nef dans la citation suivante, qui a droit de prendre place ici puisqu'elle nous décrit une grande pièce d’orfèvrerie.

(A) 1391. A Guillaume Arode, pour avoir fait et forgié ij broebes et crampons d’argent blanc potir attacher les nhillemènts de la grant carraqne d’argent, dorée et esmaillée, qui a esté portée à Amiens ou vovage que. le U' y NS. a fait au dit lien pour 1e traittié de pais. (Comptes 'royaiu.)

casier. Sorte de commode on de huche.

(A) 1459. Et pour vous donner à entendre quelle chose c'est nng casier, c’est ung garde mangier en la façon d’une huche, long et estroit par raison et assez parfont. (Cent Nouv. nouvelles.)

CEINTURE. 11 y avait les ceintures d’apparat, objets de prix, et les ceintures qui sont, comme s'exprime le rédacteur de l’inventaire de Charles V, pour le corps du roy, lesquelles sont continuellement portées avec lui. Celles-ci étaient encore très-riches. Un cordon de chapeau a pu, exceptionnellement, s’appeler une ceinture. On employait avec la même signification le mot courroie , comme dans la romance du nu* siècle : Sa corroie a deeainte. Ces courroies étant couvertes on clouées de plaques de métal, on les appelait ceintures d’or, d'argent, de cuivre doré, c'est-à-dire garnies de ces métaux, aussi n’avaient-elles de valeur qne lorsqu’elles étaient ainsi ferrées on clouées. Les demi-ceints et demi-ceintures qui servaient aux femmes avaient eu appendice la courroie ou le tissu

aui pendait jusqu'au bas de la robe, tandis que chez les hommes ne dépassait que de vingt à vingt-cinq centimètres le nœud de la boucle. Je décrirai, dans un autre travail, la variété de ces ceintures, les unes parvenues intactes jusqu'à nous, les autres figurées sur les statues, vitraux et miniatures. Voy. Mordant.

(A) 1250*. Charlemagne six espans avoit de seint, sans ce qui pendoit dehors la boucle de la ceinture. (Chreo. de Saint Denis.)

(B) 1260. Les corroies d’arpent puet on baillier à cloner hors de son hostel. (Us

des Métiers de Paris, recueillis par Et, Boileau.)

(C) — Nus ne doit faire corroies d’estain, c’est assavoir douer ne ferrer d’es-

tain, et sil le fet, èle doit être arse.

(D) 1313. Une ceynture, hernissé d’ivoir, entaillé à tin aloer pendaunt à un vi-

sage de Saracyn. (Invent, de Pierre Gavcston.)

(E) 1363. Une ceinture d’or à charnières et menues perles et à pierres. (Invent.

du Duc de Normandie.)

(F) — Une petite ceinture sur un tissu vert, ferré d’or. •

(G) — Une ceinture sur soie ferrée d'argent , à petits chienez et à lettres.

(H) 1380. Une petite ceinture, qui fut à la royne Jehanne de Bourbon, assise sur

bizete, dont la boucle et le mordant sont d’or et garnis de perles. (Inventaire de Charles Y.)

(I) — Un demy ceint d'or, qui fut à la Royne Jeanne de Bourbon, assis sur

un tissu noir, ouquel a une chainette à façon de fleurs de lis, à j cueur garny de perles, estneraudes et rubis d’Alhandre et sont les deux boucles esmaillées à bleuais et a, au bout de la chaine, j saphir.

(J) — Une demie ceinture de menues perles, laquelle fut à feu madame Ma-

rie, en laquelle sont xxv cloz d’or, en l’un des cloz a vj perles et j petit balay et an devant, par où elle se ferme, a un fermai! où sont iiij saphirs et xij perles en iij troches et pourflllée de perles, pesant J marc.

(K) — Une ceinture d’or, assise sur un tissu vermeil, en laquelle a iiijx* vj

doux de deux façons, c’est assavoir : en l’un, a une L et un J et un lys ou milieu et en l’autre a une fleur de lys et est la boucle et le mordant de cette devise, pesent, à tout le tissu, ij marcs, v onces.

(L) — Une ceinture d’un tissu de soye tannée et n’y a que la boucle et le.

mordant et vij fermillières avec annelet à mettre fe coustel.

(M) — Une large ceinture, pour bovs, de cuir d’abaye, dont la boucle, le

mordant et le passant sont dvor, non pesé.

(N) — Une ceinture longue à femme , toute d’or, à charnières , garnie de

perles, saphirs du Puy, esmerandes et rubis d’Alexandre et a, au mordant de la dite ceinture, un escuçon de France et un de Navarre, pesant un marc, üij ou ces, x es te riais d’or.

(O) — Une ancienne ceinture d’un tissu de soye, où est escrit l’évangile S.

Jean, où est une petite boucle, un passant, et un mordant à xj barres d’or petites.

(P) — Deux ceintures d’or de broderie qui sont assises sur l’espaulle senestre

de deux houppelandes. (Comptes royaux.)

(Q) 1416. Une chaintnre d’or pour mettre sur les plates d’icelui seigneur. Item

pour le cuir sur quoy la dicte chainture est assise. (Les Ducs de Bourgogne, 388.)

(R) 1433. Une longue coroye de femme à cœrt couronnés et perlés. (D. de B.,

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