‹ Glossaire franco-canadien [microforme]Chapitre 11 sur 146 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

En France, on aimera sans doute à retrouver au sein de no5 poaulations ces vieilles locutions qui datent de Montaigne et de Rabelais, tous ces mots du pays normand, breton, picard, berrichon, qui ne sont pas sanctionnés par l’Académie, mais qui n’en sont pas moins de provenance française.

J'outes ces expressions prouvent notre originc ; elles sont autant de certificats de nationalité. Aussi je me flatte qu'au point de vue ethnologique, ce travail aura un certain intérêt,

D'ailleurs, je me rappelle un mot de Charles Nodier qui autorise mes recherches : « Si les patois n’existaient plus, 1l faudrait créer une académie pour les retrouver. »

1. Ilen est des anglicismes comme de tous les néologismes ; ils peuvent enrichir la langue ou lappauvrir, selon qu'ils sont faits à propos ou sans nécessité, Puis il y a

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deux sortes d'anglicismes, soit qu'on emprunte à l’angla s des tournures de phrase, ou qu'on en adopte certains mots. Quant aux tournures, elles sont, ce semble, toujours condamnab'es et ne peuvent qu’enlever à la langue une partie de sa distinction, de son originalité ; c’est dans les mots seulement que nous pouvons trouver une augmentation de richesse ; le secret consiste à les bien choisir.

Ce choix, nous l'avons fait en plus d’un cas d'une manière fort heureuse, et souvent avec plus de discrétion que les Français euxmêmes. Ceux qui ont assisté aux courses de chevaux en France et qui connaissent le jargon du sport en général admettent sans peine l'exactitude de cette assertion. Pour ce qui est des tournures, la chose:est différente. C’est là que nous péchons mortellement tous les jours, en paroles et en: écrits.

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Et. disons-le, ce glossaire n'est pas destiné à nous corriger tout à fait sous ce rapport. J'ai plus de confiance dans la grammaire bien étudiée, dans les auteurs classiques bien lus.

IV. J'ai parlé plus haut de l’accentuation nette qui nous manque. Il y a aussi certaine manière de prononcer quelques lettres qui donne à notre langage un accent. En matière de prononciation, accent et défaut sont synonymes, et l'accent parisien, pour être plus répandu et mieux toléré que celui de Marseilies, n’en est pas moins un défaut.

Nous avons tous de l'accent. Nous disons :

« C’est une. abominätion ; Voilà un beau mirouer.» Et nous prononçons le Z et le 7 avec un son sifflant. Mais l'influence active de nos maisons d'éducation a déjà commencé à effacer cét accent et finira par nous en débarrasser complètement.

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