‹ Glossaire FribourgeoisChapitre 151 sur 160 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

OUE , DIE. — Ces deux syilabeB se prononcent sonvent

Tnne comme Taatre dans notre canton. C*e8t ainsi que

quelques-uns disent le bon gueu pour le bon Dieu, Guesba

pour Diesbach ; comme on dit aussi dière pour guère, etc.

Cette faute est analogue à celle que nous faisons en disant

tiécié pour caissier, tiuré pour curé, tiental pour quintal,

tieue pour queue, etc. — Voy. ces mots *.

GUÈRE , adv. — On dit fort bien : // s'en faut de beaucoup , mais on ne doit pas dire : // s'en faut de

guère ; D. il ne s*en faut guère.

GUERGUILLER (SE) v. pron. (p. f.) P. cette peau s'est

guerguillée (F ) ; D, cette peau s'est ratatinée. — F. une

pomme guerguillée; D. une pomme ratatinée, ridée ,

flétrie.

HABILETÉ et HABILITÉ , s. f. — Il est rare de ne pas voir confondre ces deux mots , malgré la différence de signification qui les distingue. Le premier signifie talent, savoir, science : Il a remporté des victoires par son courage et son habileté. Habilité signifie aptitude , qualité requise, et ne s'emploie guère qu'au barreau : Son habilité à succéder.

HACHÉ, s. m. (p. f .) Mets fait avec de la viande hachée ; P. du haché; D. du hachis.

HÉSITER , ▼. n. — P. je n'hésite point de le Inl dise ; D. . . à le lui dire.

HONNEUR (A 1') est une expression que nous employons (comme à r avantage , au plaisir) pour dire poliment à quelqu'un : An revoir !

2a lAi

lÂIÂ , B. m. (F.) C'est an iâiâ, sign. à Fribonrg : c'est nn Allemand.

lETZ , adv. (de Tallem. jetsl^ à présent.) Nous disons : // ne petit peu iet», pour dire : Il n'en pent plus; il ne peut pin» avancer^ tant il est fatignë.

IL , ELLE, pron. pers., sont snperflas dans ces phrases et antres semblables : Le père il vient ; la sœur elle a dit ; le maître il a commandé, etc., fautes très-communes, à la campagne surtout.

INCENDIER, V. a. ~ P. cette maison a incendié Tannée passée ; D. . . a été incendiée.

INCLINAISON , s. f. — P. vous ferez une profonde inclinaison devant le Saint-Sacreinent ; D. . . une profonde inclination ... — P. une inclinaison de tête ; D. nne inclination de tête. Mais on dira Vinclinaison , et non Vinclination du terrain.

INDIVIDU , s. m. — Il y a des gens qui prêtent un sin* gnlier sens à ce mot : Nannette , quel est cet individu qui vous a accompagné jusqu'à la porte ? — Ce n'est pas un inditidu^ madame, c'est nn tout brave homme.

Cette dernière phrase nous rappelle ce Romontoîs qui , se querellant avec un autre , termina toute une kyrielle de grossières injures par celle-ci qui devait les surpasser toutes en énergie : Tu es \\a homme ... intègre.

INFLUER , V. n. , se dit surtout des choses et signifie : faire impression sur une chose, exercer une action qui tend à la modifier. P. il s'est laissé influer par ses parents ; D. . . influencer ..., mot qui signifie : exercer nne influence, un ascendant.

JE T'EN FICHE ! JE T'EN MOQUE ! Cp. f ) — Lo-

eatioiui très-^trivialeo qui équivalent à bemiquê / a ern qae je le eantioDneraia, mais je fen fiche I

* JOUR , B. m. — LeB gens qui travaillent diëtfngilent deux sortes d'habits ; les habits des jours et les habits des dmanchcÉ. Cette distinctioii se trouve partout ... ekeeptë dans les diotionnaireB.

JITIFFËRIE , s. f. (pr. vie ) D. jtUeerie^ mot qui se dit famlUèreinent d*un mardié nsaraire.

KOUETZO, s. m. (T. s. r.) P«tois parlé dana la partie inférieure du eanton de Fribourg.

LÂICHE , s. f. — C^est le aom d*one sorte d*herbe qéi eroît dans leR marais. — On appelle impr. laiche (E) une plante aquatique qui se rapproche des joncs et que les botanifltes appellent scirpus lacustris,

LAIKIA , LEINTIA , s. f. CT. pat ) Petit-lait, ce qui est dans la cband'ère après que le fromage en est sorti.

LAITRON et LTNTRON, s. m. (pr. vie.) D. laiteron, — Nous appelons impr. laiteron (lintron) le pissenlit ou dentde-Hon.

LECTECfR , s. m. — P. c'est un grand lecteur (une grande lectrice) de romans ; D. . . liseur ... liseuse. Léoteur est celui qui lit , dont la fonction est de lire, etc. : Le lecteur du roi n'est pas un liseur de romans.

LEUR , pron. pers. — P. il y en a à qui cela leur fait plaisir (plëon. vie] ; D. il y en a à qui cela fait plaisir.— P. je leurs ai dit (je leur n'ai dit) , car leur^ pron. pers., ne prend jamais la marque du plur. ; D. je leur ai dit. — P.

ao JJBV

0*684 prâsifiie toov ^t leur faut gmgner leor vie ; D. Ub doivent presque tons gagoer leor vie.

LEVURE , LÉVmS , s. f. (T. pat.) Action d'élever la toitare d'ane maison. — Voy. * Ramure.

UEUE , B. f . — P. il y a deux heures d^Estavayer à Payerne ; mais j'y vais en une lieue (E) ; D. fl y a deux lieuea d'Estavayer à Payerne ; mais j*y vai6'6& une heure. On voit qne oes deux mots sont bien loin urètre syaonymea.

LIOTZ , 8. m. (T. pat.) Pataud : un fameux liot»^ un gros liot»,

* LOIN , adv. — P. est-ce loin d'ici à Villarîmboud ? (germ.) ; D. y a-t-il loin ...

LOLEB , V. a. (p. f.) Sucer , suçoter comme des petits enfants à la mamelle.

* LONGTEMPS , adv. — Il s'est glisse , à propos de ce mot , dans la première partie de cet ouvrage , une faute d'impression quMl est de notre devoir de réparer. Lisez : P. pas fttire longtemps; D. se dépêcher.

MAÇON 9 s. m. — Nous disons il a été maçon , il est resté maçon j de celui qui n'a pas fait de levée à on jei de cartes.

MAÇONS , s. m. pi. — Pour exprimer le malaise qu'on éprouve le lendemain d'une ribote , on dit vulgairement : avoir les maçons ou avoir mal aux cheveux , locutions qui correspondent au Katzenjammer des Allemands.

MAIENTSE , s. f. (T. pat. dér. de mat.) Voy. * Magnintse^ qui s'emploie dans le même sens.

MAIËNTZETTE, s. f. (T. pat., même dériv.) Mésange, et surtout peiite mésange.

MAILLOTZË, s. f. CT. pat.) Mailloche.

UÂL t^

MAL EN TRAIN , a^j. (p. f.) D. pea en tnin , mal disposé.

MALINE, 8. et adj. f. (p. f.) Le fëmioîn de tnalm e^t maligne : C'est aoe petite maligne ; fièvre maligne,

MANIÈRES , s. f. pi. , ne doit pas s'employer dans le sens de eomplimenis, moins encore dans celai de polissonnerieSj de choses inconvenantes. P. acceptez-le, ne faites pas des manières (E) ; D. acceptez-le sans complimenta (sans façon, sans cérémonie). ^ P. il a fait des manières à réglise, à Técole ; D. il a été dissipé , turbulent, inconvenant ; il a fait des poliseonneries, etc.

MANTEAU, s. m., peut désigner la couleur des plumes d^un oiseau de proie : Cet oii^eau a un beau manteau. — P. ce chien, ce cheval, ce chi^t a un beau manteau; D. ... une belle robe. '

MARCHE ! impératif plus énergique que va : Marche au lit ! marche coucher I

MARGALER , v. a. (p. f. — E.) P. tu as margalé ta robe ; p. tu as crotté ta robe. On dit à F. dzalotter et à R. enmargaler,

MARGOT, s. f. (p f.) Fille lourde et joufflue.

MARRONNER , v. n. -— P. qu'est-ce que vous inarronnez-\k? D. qu'est-ce que vous marmonnez-là ? — Marronner signifie : friser les cheveux en grosses boudes. Il a vieilli.

MAS, s. m. — Pièce de terre formant un seul clos : J'ai deux cents poses en un seul mas. Ce mot se disait déjà dans le vieux langage d'un territoire appartenant en totalité à un même seigneur. Nous disons aussi un mas de maisons , expression qui vaut bien un pâté de maisons, terme usité en France.

MATAFAN, s. m. (p. f ) Sorte d'omelette, et quelquefois aussi : lourdaud, pataud.

MATIN .* mdtin ! (T. s. r. et franc, pop.) Interjection

eorrost^onclaiit 1 pette !— Mâtin ! tous avèi de la thaiice t

— Mâtin ! qae je me sniB amasë 1 QaelqaeB-aos disent higre I terme un peu nioioB grostier que ceïtif auquel il paraît servir de edrrectif.

MATINE, s. t. (â long. — p. f.) est employé chez noua dans le sens d*effrontëe , de trompeuse , de coquine , dans leur aceeptioh la moins injurieuse : Ah ! la mâtine , je la retronveriJ ; attends , petite mâtine. On dit aussi peUie gueuse,

- MATSER , y. a. (du pat. mâtsi.) Mâcher, mdrfKmner. De là le substantif * maison,

MAZALLER, v. n. C^n pat. mazallâ.') O^esféeque nous appelons tout aussi improprement faire boucherie Cvoy. * Boucherie,') Masaller vient de mazi , boucherie. Nous trouvons dans le dictionnaire provençal le mot màzèou , qui a le même sens et vient du latin maceïlum. On a conservé ce mot à Marseille , oh il y a encore lou grand et lou pichouii mazèou.

' MAURÉPOn , s. m. (T. pat ) , a à peu près le sens du va~fen (voy. ce mot). Il a le maurépou signifie donc : tl ne se trouve bien oalle part, il éprouve un besoin irrésistible de changer de place.

MÉCLION , MÉCLIETTE , s. (T. pat.) Mélange. Les deux mots réunis (méclion-mécliette) sign. pêle-mêle , confusément. (Voy. Meicle.)

MÈGE ou MAIGE , s. m. (du pat. maidzo.) Espèce de charlatan. Tissot, dans ses Avis au peuple sur sa santé^ distingue deux espèces de charlatans : ce les charlatans passants, et ces faux médecins de villages , tant mâles que femelles , connus dans ce pays sous le nom de maîges , et qui le dépeuplent sourdement. »

MÉGER , V. a. (du pat. maidzi.) Exercer illégalement la médecine. Se méger, se traiter soi-même.

MEIOLE , 8. m. (ôvl pat. mécliou') , s^emplbie surtout

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comme synonyme de méteil : Da pain de meicle (froment et seigle mêles ensemble).

MEÏN-NA6E, s. m. (pr. vie.) Ecr. et pr. ménage.

* MENER, V. a. — P. cela ne nous mène rien ; D. cela ne nous mène à rien.

MERDAILLON, s. m. [p. f.) s'emploie quelquefois dans le sens de morveux : Voyez ce petit merdaillon 1 Mardailho a le même sens en provençal.

* METTRE , V. a. — P. il s^est mis marchand de vin ; D. il s'est fait marchand de vin. — P. mettre quelqu'un sur les papiers; D. écrire sur ou contre quelqu'un. .

MIAULÉE, s. î. (p. f.) D. miaulement.

MIE, s. f. (abrëv. à'amie.') Ainsi que nous disons d'une fille : Elle a un galant , nous disons d'un jeune homme : Il a une mïe, Mïe est aussi un terme de tendresse adressé à nUe petite fille : Ferme la porte, tu seras bien ma mie. On dit encore dans ce cas ma miette. Ce dernier mot n'est pas français.

MIEUX , adv. — P. je vois mieux clair ici ; D. je vois plus clair ici. — V. la mieux-ealue (la somme que vaut nne chose au-delà de ce qu'on l'a prisée ou achetée) ; D. la plus-value.

MODER , V. n. (p. f. — - du pat. modâ) S'en aller.

MOIS D'AVRIL , s. m. — P. je Vai envoyé au mois ^ avril; D. je lui ai donné un poisson d'avril.

MOMIÈRE , s. f. — Cabas , espèce de panier de paille tressée. — Voy. * Aumonière.

* MONTER, V. n. — P. je monte tout juste de Fribourg (R.) ; D. je viens justement de Fribourg.

MONTER, V. a., ne peut se dire pour faire monter^ enchérir. P. nous avons monté ces chaises jusqu'à 50 francs ; D. nous avons fait monter ces chaises ... — P. monter une scie à quelqu'un ; D. tourmenter, ennuyer, turlupiner quelqu'un.

â4 MÔR

MORDIAUX, adj. m. pi. (p. f. — F.) P. il faisait des cris mordiaux ; D. il criait comme an perdu ou à tue têta, mordiaux paraît venir de Tailemand Mord, meurtre.

MORNÉ, adj. (p. f. — F.) Malingre. C'est une variante de *moirné,

MORSE, 8. f. (p. f.) Bonchée, ce qne Ton pent enlever d^nn seul coup de dents. Un enfant voyant son frèro ronger une pomme, lui dirait : Donne-m'en une morse,

MORTIER, 8. m. (T. 8.r.} Sorte de brasier ordinairement en pierre, dont on se sert pour chauffer les chambres.

MOUCHETTE, s. f. (du pat. motsetté). Allumette.

MOUCHOIR DE NEZ, s. m. (p. f.) Mouchoir de poche. Les Allemands disent quelquefois Nasentuch; de là sans doute Texpression impropre que nous signalons.

MOUILLÉ, part. — P. il fait très-momV/é (germ.) ; D. il fait très-humide.

MOUROUE, s. f. (p. f.) dit plus que dondon. On appelle surtout mourgue une fille à la fois replète, joufflue, gauche et plus ou moins bornée. Nos paysans donnent quelquefois le nom de mourga à leurs vaches. Mourju, gros mourju (p.f.) pourrait être regardé comme le masculin de mourgue,

MOUSTAFA, s. m (p. f.) Homme qui porte moustache. Dans le pays d'Enhaut on dit moustetzu.

MOUTZ, s. m. (T. ail.} Nom vulgaire de Tours, et, en même temps, sobriquet donné aux citoyens de la Ville fédérale.

MUSSILLON, s. m. (T. pat.) Moucheron. Nous trouvons dans le vieux langage mouscaillon^ et dans la langue provençale mouissalo. — Voyez *Mouchillon,

NAPPAGE, s. m. (p. f.) P. j'ai acheté de beau nappage; p. . . de beau linge de table.

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