Ane. cl. de Fr., t. II
Le registre des visites de Godeau a été, par un heureui hasard. trouvé pu M.Moriset réinlée;ié aux \nhi\es départementales, alors que ^inventaire de la série (, étail presque entièrement imprimé. Il occupe
>ie /•>. de Gr.t <• io35. M. l'abbé Cognel ne l'a pas connu l«>is de la pi éparation de sa i d
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core, il ne s'est jamais plaint du temps qu'il rencontrait dans ses chevauchées pastorales. Il est presque toujours accompagné de son vicaire général ' et de son aumônier -, ainsi que des fonctionnaires de l'évêché dont la présence est indispensable. Il se fait souvent précéder par deux Oratoriens qui préparent, la veille de son arrivée, les âmes du village où il doit venir, notamment des gens qui doivent se présenter au sacrement de Confirmation.
Arrivé à Grasse, le 28 septembre 1637, il ne laisse pas l'hiver s'achever sans songer à ce que l'une des obligations que l'Eglise catholique impose à ses évèques est d'inspecter leur diocèse. Le 5 février 1 638, vendredi avant la Sexagésime, il rend une ordonnance où il annonce que, le i4, il commencera à visiter la cathédrale 3, qu'il laissera s'écouler la période des Quarante-Heures, et que le premier lundi de Carême, — donc le 22, -- il continuera par la visite du reste de la ville épiscopale. « Antoine Godeau... conseiller du roi en ses conseils d'état et privé... Etant la dignité des âmes, que le Fils de Dieu a voulu racheter de Son précieux sang; si grande, Il est jaloux de leur salut. Le compte qu'il en demande aux évoques est si exact, les canons qui les obligent à veiller sur leur troupeau sont si saints, si justes, si redoutables... Nous ne croyons pas qu'il nous soit permis de différer notre visite ». Le 1/4, dimanche de la Quinquagésime, il visitera la cathédrale, célébrera la messe pontificalement « tant pour cet effet que pour demander à Dieu la paix si nécessaire en cet état » 4.
1. Notamment Jacques Cavalier et Jean Dozol, prieur de Saint -Ambroise.
2. Notons le P. Claude Arnaud de l'Oratoire (septembre i638), Georges Jafeux (octobre i638), Alexandre Chevalier (avril i64i), Jean Cavalier, diacre (oct. 1648).
3. M. Cognet a parlé de la visite de la cathédrale, par Godeau, en i638, d'après Chap. de Gr., 67.
4. On est à cette date au plus fort de la guerre de Trente Ans, et les « marranes », comme disait Chapelain, inquiétaient l'évêque d'un diocèse dont les côtes pouvaient, de la Siagne au Loup, recevoir la visite de quelque escadre espagnole.
Il accordera l'indulgence plénière, en vertu d'un induit du Saint-Père, à tous ceux qui, le jour de sa visite, confessés « et repus de la sainte communion », assisteront à l'office dont il s'agit et visiteront la cathédrale. Les magistrats, gens du roi et consuls seront invités à y assister, a si bon leur semble ».
Le i4i le sacristain Barthélémy Matty, les chanoines Thomas Raibaud et Louis Matty, le théologal Siagre Figuière, docteur en théologie, viennent « habillés » prendre Godeau dans la chapelle de son « palais épiscopal ». Il prend la chape et la mitre, descend « au devant la petite porte de la cathédrale à la place du Grand Puy », y trouve le prévôt du chapitre â, Alexis Ailhaud, docteur en droit, les chanoines Jacques Cavaleri, docteur en théologie, et Antoine Emeric, les bénéficiers, serviteurs, enfants de chœur, avec la croix, et d'autre part les lieutenants principal et particulier, l'avocat du procureur du roi, le viguier, plusieurs notables de Grasse. Il se place « sous la poêle » que portent le viguier et les consuls et se dirige a vers la grande porte au Petit Puy » en chantant les versets et hymnes prescrits par le pontifical. Là, il s'agenouille. Le chanoine sacristain lui présente la croix à baiser, le chanoine Raibaud l'aspersoir et le sacristain de l'encens. Il va au maître-autel, chante les versets et oraisons d'usage, et visite le Saint Sacrement conservé, à l'intérieur d'un tabernacle fait d'un bois doré et « doublé d'un salin cramoisi », dans deux ciboires ronds, d'argent. l'un doré et en fort bon état : devant les Saintes Espèces brûlent trois lampes de cuivre « à couleur d'or », suspendues à une poutre qui traverse le presbytère. Godeau donne la bénédiction avec le Saint Sacrement, célèbre la grand'messe poiitificalcment et se retire à l'évéché.
Le lundi 22, — lendemain du premier dimanche de I arême, — il continue sa visite de la cathédrale*. Il lait
1. C'était la seule dignité du chapitre de Grai •>.. assisté par le prévôt et le chanoine qui esl 1101111111'' Cavaleri dam le procès verbal et qui signe Cavallier,
l'absoute pour les morts. Il note que le maître-autel est sous le titre de l'Assomption et possède un retable. Il recommande de veiller à ce que les bosties soient renouvelées tous Les huit jours et à ce qu'il en reste trois en réserve, quand on aura porté le viatique à un malade. Il permet d'exposer le Saint Sacrement « chacun tiers dimanche au grand autel avec nombre compétent de lumières et encensements » ; le prêtre qui aura dit la messe de l'aube ce jour-là, en sera chargé. 11 veut que les curés de la Cathédrale donnent la communion et aussi que les prêtres ne quittent pas l'autel, où ils auront dit la messe, sans donner la communion à quiconque la leur demandera; que l'on mette un crochet d'argent au ciboire du Saint Viatique, et un pavillon violet « d'étoffe honnête » sur le tabernacle durant le Carême.
Les fonts baptismaux lui paraissent bien tenus : toutefois, la burette qui servait à verser de l'eau sur la tête des baptisés, et le vase où l'on conservait le sel, ne sont pas « de la décense requise », et il prescrit de faire une cuiller d'argent à coquille pour verser l'eau et une écuelle d'étain fin pour garder le sel.
Il veut que le registre des mariages soit bien tenu.
Puis il parcourt la Cathédrale, chapelle par chapelle. Près du maître-autel, au sud, l'autel saint Jean, qui, malgré la sentence du prédécesseur immédiat de Godeau, Mgr de Villeneuve, n'est pas réconcilié i ; au nord, l'autel sainte Anne. Il indique ensuite, dans l'ordre suivant, et sans préciser ce qui concerne leur disposition et leur place dans la Cathédrale, l'autel de la chapelle « N.-D. de la Nunsiade » "2, où nous notons avec lui qu'André de Grimaldi, ancien évêque de Grasse 3, avait fondé une messe qui était célébrée tous les jours ouvriers, — l'autel de la chapelle saint Honorât, que Godeau trouve « ouvert » du côté de l'Epître : il prescrit de
i. A. la suite de quelle profanation, je l'ignore.