‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 103 sur 192 · C'est-à-dire de l'Annonciation · texte numérisé non relu

C'est-à-dire de l'Annonciation

3. Il s'agit de Jean-André de Grimaldi, prévôt du Chapitre, évêque de 1 483 à i5o5, second abbé commendataire de Lérins, nonce en France, vice-légat d'Avignon ; il faillit, croit-on, être cardinal, mais ne le fut pas

a le fermer de ais afin que soit tenu net et n'y puisse être portée aucune immondice », et constate qu'André de Grimaldi y avait fondé trois messes à dire par semaine, — l'autel de la chapelle saint Antoine : au retable, écrit-il, « il y a deux images en bosse et figures indécentes », — l'autel de saint Pierre Alexandrin, — celui de la chapelle des dix mille martyrs qu'il juge « un peu bas et court » l, — celui de saint Eloi. La plupart des autels de la cathédrale n'avaient pas de croix : Godeau ordonne qu'on en mette une sur chacun d'eux.

Le vendredi 26, la visite de l'évêque 2 a pour objet les sacristies de la Cathédrale. D'abord la petite où sont, dit-il, les reliques, « logées dans une armoire haute et relevée dans la muraille, parée d'un tapis de diverses couleurs, fermée d'une double porte de bois blanc qui ferme à deux clefs ». Godeau les énumère. D'abord « l'image de saint Pierre Alexandrin, de bois peint et doré, en bosse, représenté depuis la ceinture en haut », contenant « quantité <lc reliques dudit saint spécifiées dans les billets qui y sont contenus » : elle n'est pas assez bien fermée et dans une quinzaine de jours, quand elle le sera, il y mettra son sceau. Dans une petite caisse de noyer, dont le dessus élait couvert de velours violet à fleurs, il trouve plusieurs reliques « et une boite où il y a des ossements saint Angulphi :î. abbé des Lé ri n s » : la caisse sera mieux fermée et dans une quinzaine, il y mettra son sceau. Une petite boîte conte-

1. Un détail à relever. Le prévôt et l'économe disent à (Jodean que le Chapitre avait l'habitude d'y célébrer le vendredi « la messe de l'aube » ; que le prêtre et les enfanta de chœur y chantaient d'abord les litanies 1 pour prier Dieu de préserver finisse des maladies contagieuses - ; que

les enfanta de chœur, au moment de L'Elévation, criaient à haute voix :

« Seigneur Dieu, miséricorde! »

2. L'assistent le prévôt, le chanoine .1. Cavalier, le promoteur d'office

et un greffier.

Sainl \jgulphc (Aygulf), abbé de Lérins vers 66i, martyrisé entre 'i 681 dans l'Ile de Capraja. Voir Espitalier, /.'////. <ir in Soc. d'it. de Drag., 1. \l\. 1893, p ss h ma monographie de la cathédrale de Grasse, inn. de la Soc. des Lett. des \ H.i Wll, iqio, p 1 3o

nait (( des ossements de saint Desideri ». Une autre, faite de cuivre, quelques reliques « de saint Angulphi » et un billet de parchemin. Puis c'est une Vierge d'argent, ornée de deux chaînettes de même métal, à l'une desquelles pend une petite croix d'argent « où il y a de ligno sanctae Crucis ». Une image de sainte Ursule de bois, « depuis la ceinture en haut, le corps orné de lames d'argent, le col et le chef d'argent, la couronne de même » : au dedans il y avait a du crâne de la sainte ». Une image de sainte Catherine, également de bois, mais seulement « depuis les épaules en haut » ; ornée de quelques lames d'argent et d'une couronne de même métal, elle avait au col une chaînette d'argent avec un Agnus de même métal renfermant « de la robe de la sainte ». Dans une petite boîte, il y avait « de saintes reliques sans documents ». Le bras de saint Auban était d'argent, mais la base de cuivre doré ; il contenait « des os du saint » ; dans sa main on voyait une verge d'argent « et au bout un guidon » de même métal, Godeau remarque ensuite « une custode et image de deux anges appelée ciboire », qui était d'argent, excepté le pied qui était de cuivre doré : au-dessus se voyait « une croix double où il y a de ligno sanctae Crucis ». Puis une petite custode d'argent, dont le pied était de cuivre, un Evangile de saint Marc écrit sur parchemin et recouvert « d'argent façonné avec des images en bosse », une côte de saint André, dans un petit vase d'argent, une boîte de même métal « où il y a du bâton de saint Antoine », une petite boîte où se trouvaient des reliques des 10.000 martyrs, une ampoule où il y avait des reliques « tenues sans décence », de sorte que Godeau ordonne de la briser, de les mettre d'ici à un mois dans un vase plus convenable et, en attendant, de ne plus exposer l'ampoule. Mentionnons encore « un pied d'argent fait en ovale doré pour porter la petite croix où est lignum sanctae crucis », 10 calices d'argent avec leurs patènes, dont 6 vieux, et l'un de ceux-ci est beaucoup plus grand que les autres, « orné d'or et azur, appelé le grand calice », i burette et tasse d'argent, i encensoir et barquette de même métal, i crosse d'argent « à cinq images autour », 2 bourdons lamés

— "9 — à demi d'argent, i mitre ornée de perles et pierreries avec figures en broderie relevée, i chandeliers de jaspe et de cristal.

Godeau désignera un endroit de la Cathédrale où ces reliques soient conservées, d'ici à un an, avec plus de décence que dans cette armoire. En attendant, il veut qu'on place devant celle-ci « une lampe ardente perpétuellement »,que l'armoire ne puisse être ouverte qu'au moyen de deux clefs, que l'une d'elles soit entre les mains de l'évêque, et qu'on ne puisse ouvrir avec l'une sans employer aussi la seconde.

Dans la petite sacristie, il note encore un coffre de noyer où étaient les archives du Chapitre et une a belle mitre à plaques d'argent doré, ornée de perles et de pierreries », enfin une grande croix d'argent, ornée de feuillages d'argent doré et de pommes dorées (dont il manquait d'ailleurs 28) et de quelques pierreries.

Godeau se rend alors dans la grande sacristie. Il y voit une grande caisse où sont les papiers des anniversaires, une autre qui servait de garde-robe et dont le sous-sacristain tenait la clef, une petite croix de jaspe et cristal, différentes « chapelles » ', dont nous signalerons seulement une de toile rouge 0 avec des parements bigarrés de damas de Turquie 0. des chasubles, des chapes, des parements d'autels, des devants d'autel (l'un est de damas rouge « avec les images des saints Paul et Antoine », un autre de damas rouge et blanc 0 avec les images de N.-D. et de l'Ange Gabriel »), des aubes, etc.. le grand poêle de damas rouge cramoisi à ramages avec grandes franges de soie, cinq mitres communes, elc...

Il prescrit de réparer dans un an le plancher et Le plafond de la sacristie, de blanchir les murs, d'acheter divers ornements.

Le lundi ier mars, lendemain du dimanche de Remiiiiscère de Carême), Godeau continue sa \isile pour La qua Irième Fois. Il inspecte Le corps de la Cathédrale, sa nef, ses

1 » esl à dire des <>i nementa complets

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chapelles, constate que le pavé était en médiocre état, que les bancs des confréries avaient été mal placés, monte « aux tribunes, orgues et chœur ». Il y voit deux rangs « de chaises », au milieu deux pupitres, l'un a pour chanter et psalmodier », l'autre « pour dire les leçons de matines et prophéties », une chaire pour le théologal, des livres parmi lesquels notons un antiphonaire en deux volumes et un graduel imprimés « à Toul en Lorraine, un grand bréviaire imprimé à Paris1, un psaulier manuscrit en parchemin, un autre de papier imprimé à Saint-Nicolas-du-Port.

« Et d'autant que les prêtres en psalmodiant font l'office des /Ynges, parlent avec Dieu et louent sa majesté, nous les exhortons », écrit Godeau, « à se mettre en la présence de Dieu au commencement de l'office, à le continuer avec attention, révérence et dévotion, à prononcer tous les mots posément, à se tenir comme il sied, à éviter d'être assis quand ils doivent être debout, de se tenir de travers sur leurs chaises, de se retrousser les moustaches, de regardera droite et à gauche, de parler, de sommeiller, de courre çà et là, de cracher ou tousser à dessein avec insolence, de mêler au chant de la musique ou jeu de l'orgue aucune chose qui approche d'impuretés ». Il leur défend aussi de s'entretenir dans l'église de choses séculières, d'y prononcer des paroles « vaines, mondaines ou profanes », de se promener aux nefs et tribunes, de faire « du bruit, tumulte et crierie ».

Cette ordonnance du ier mars i638 est particulièrement intéressante. Relative aux prêtres de la Cathédrale de Grasse, elle contient des mesures que le jeune évêque étendra bientôt à tout son clergé, au fur et à mesure qu'il le connaîtra. Elle montre quelle idée il se faisait de la dignité du corps sacerdotal, lui qui n'avait que 33 ans, qui n'avait reçu le sous diaconatqu'en mai i635, la prêtrise que dès le 7 mai i636, semble-t-il, et la consécration épiscopale que le 24 décem-

1. Un Breviarium à l'usage de l'église de Grasse avait été imprimé à Lyon en décembre i5a8 (Ul. Chevalier, Topobibl.)

bre i636. Cette ordonnance indique enfin ce qui anima le Chapitre contre lui petit à petit et provoqua des hostilités dont son successeur Mpr de Bernage, nous a fait savoir, — tandis que Godeau était évêque de Vence, — ce que fut Pâpreté. Une partie des excellentes prescriptions qu'on trouve dans les Ordonnances et instructions synodales que, durant un de ses séjours à Paris, en i644, notre évêque publia l, est déjà dans ces conseils qu'il adresse spécialement aux membres du Chapitre de sa Cathédrale.

Le ier mars, Godeau monte, en outre, au clocher, énumère les cloches, la grande, Sauveterre, qui sonnait pour les morts et l'office « de domina » 2 qui se dit le samedi : elle était rompue. Martin qui servait aux sonneries solennelles, Véran qui annonçait les messes basses, Bernard qui indiquait les offices ordinaires, « la petite Nicazio », qui sonnait pour la messe de l'aube et appelait les curés de semaine, sainte Agathe et Esquilhelle qu'on employait pour carillonner. Il constate que le coin nord du clocher menaçait ruine, et prescrit de le réparer dans les deux ans ; que le cimetière qui entourait l'église à l'ouest et au nord se trouvait en mauvais état, n'était pas clos et ne pouvait l'être, et il ordonne que la Communauté donne, dans les six mois, un lieu plus convenable. Enfin il enjoint de réparer et de fermer à clef la chapelle qui était « à la place du Grand Puy, près le cimetière saint Jean ».

\u cours du procès verbal de la visite qu'il fit à sa cathédrale de Grasse, le 10 avril i638 3, Godeau a noté qu'il avait récemment fait « l'oblation de la ville » épiscopalc à la Très Sainte Vierge, selon le vœu des habitants que les consuls lui avaient déféré par une requête datée du 8 mars'1, \ussilùl il avait décidé que, le 25 mars, jour où l'Eglise célèbre l'Annonciation '. il placerait des Madones sur les portes de

i. Nous en parions plus loin

a. C'est-à-dire de la Sainlr Vierge.

3. La précédente datait du 7, et celle d'avant remontait au 1" mars

\. M. Cognel renvoie à Arch, commun, de Grane, BB. 1 1

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