L'introductcui des iiinbassadeui
Godeau. 10
de Mllp Paulet, abbé de Saint-Pierre de la Couture au Mans. Il fut accusé de s'être, quoique prêtre, marié avec la fille d'un avocat au Parlement de Paris, et en prenant le nom de son valet II fut condamné à un emprisonnement perpétuel dans un monastère et finalement absous en 1649. Mlle Paulet « remua ciel et terre et se tua » pour lui 4, dépensa 10.000 liv. pour l'assister2, invita plusieurs de ses amis, le comte de Guiche, qui devint le maréchal de Gramont, Montausier, le marquis de Pisany, le futur abbé Arnauld, alors cornette de carabiniers, à l'enlever de sa prison 3. La duchesse d'Aiguillon4 s intéressaaussi à celui queChapelain appelle, parune allusion que Ion comprend aisément, « le prétendu prêtre grec » 5. Aussi Chapelain dit-il à Godeau, le 11 juin : « Priez pour M"e Paulet qui se ruinera pour son cousin »>.
Godeau était à Aix le i5. La preuve en est une lettre qu'il envoya de cette ville et en ce jour à l'abbé de Cerisy, le poète et académicien Germain Habert. M. l'abbé Cognet l'a publiée le premier 6. « Vous trouverez bon qu'un ermite laisse sa solitude pour aller à la cour, puisque c'est pour vous y chercher et qu'en votre compagnie il ne doit pas craindre de se corrompre... Le souvenir de votre amitié peut consoler ses tristesses : c'est un charme innocent qui lui redonne des forces quand il les a perdues, qui rapproche Paris de Grasse et aplanit cinquante montagnes... Toutes les affections que je gagne en ce pays, ne me sauraient consoler de la perte de la vôtre... Grasse esta une extrémité proche de Barbarie ; de peur que je n'en apprenne la langue, écrivezmoi de grandes lettres... »