P. 86, Sqq
Gomme on voit un rocher, dont l'orgueilleuse tête Ne peut plus résister aux coups de ia tempête, Avec un bruit affreux tomber au fond de l'eau, Ainsi ces ennemis, dont la rage brutale Allait de notre vie éteindre le tombeau, Font aux creux de la mer une chute fatale.
Le précieux ne s'oublie pas, et le dernier vers qui se rap porte aux Egyptiens est :
Fais-nous de feu pour eux, fais-les pour nous de glace.
L'autre cantique de Moïse, dans le Deutéronome l, où il est question des grâces que Dieu a accordées aux Israélites et de leur ingratitude, forme 27 strophes 2, chacune de 5 vers alexandrins, d'un octosyllabe et de 4 vers alexandrins ; la belle comparaison de l'aigle et de ses aiglons s'y retrouve, et la peinture de la terre promise, mais sans le miel que l'on suce sur la pierre, sans les moutons du pays de Basan, sans les- vignes de Sodome. Par contre, ce qui rappelle le texte hébreu :
Leurs fruits sont des fruits de Gomorrhe,
et ce cantique que Moïse et Josué, fils de IN un, avaient chanté, est ainsi délayé. Cette paraphrase, dont les premiers mots ont été rendus par Racine :
Gieux, écoutez ma voix, Terre, prête l'oreille3,
est traitée avec ampleur. La comparaison de la parole divine avec la pluie et la rosée est bien rendue : de même celle de Dieu avec l'aigle qui protège ses petits, ainsi que la description de la Terre promise.
La plainte de David sur la mort de Saùl et de Jonathas, au 2e livre des Rois 4, a fourni 22 strophes, chacune de 2 vers