P. i i3, sqq
sa chaussure dont l'éclat éblouit ce soudard. Le dernier vers :
Et nous verrons vos corps la pâture des vers
rappelle bien la fin de ce cantique de Judith. J'y note encore et cette antithèse :
Mais s'il la destine à sa couche,
Sa généreuse main le destine au tombeau.
et cette comparaison :
La couronne est un verre et le sceptre un roseau.
qui rappelle l'image dont on fit un grief à Corneille d'avoir pris l'idée chez Godeau.
Le cantique d'Ezéchias dans haïe 4, celui où le roi de Juda, assuré par le prophète que sa maladie ne serait pas mortelle et convaincu par la miraculeuse rétrogradation du soleil, remercie Dieu, est devenu chez Godeau 18 strophes chacune de 6 vers alexandrins 2. La phrase
Au milieu de mes jours je verrai le cercueil,
rappelle assez bien l'original, et aussi :
A peine de mes jours la trame est-elle ourdie
Que je la vois couper par une maladie...
... Et devant mon midi je vois mon occident.
Mais où est la comparaison du roi et de la tente d'un berger que Ton plie pour l'emporter? De Dieu et du tisserand qui coule le fil d'une pièce de toile? Godeau y substitue une phraséologie quelconque. 11 a bien retenu la comparaison de Dieu brisant les os de l'homme comme un lion ; mais tandis que l'Ezéchias biblique dit à Dieu qu'il criait comme le petit de l'hirondelle et gémissait comme la colombe, celui de notre poète omet le premier oiseau et se contente de dire :
i. lsaïe, 38. n versets, a. P. 122 sqq.
- Si —
Il faut pour te fléchir que j'élève la voix,
Imitant les accents des chastes tourterelles
Qui, pendant leur veuvage, en leurs flammes fidèles.
Troublent par leurs soupirs le silence des bois.
Le cantique des trois enfants Hébreux que Nabuchodonosor a jetés dans la fournaise1, Ananias, Misaël, Azarias. à qui le chef des eunuques a donné les noms de Sidrach, Misach, Abdenago, est représenté par 19 strophes chacune de 10 vers octosyllabiques -, où l'on voit que l'imagination de Godeau a développé ce que l'hymne du livre de Daniel a de simple et de précis.
Le cantique de Zacharie, père de saint Jean-Baptiste, à l'occasion de la venue du Messie dont il savait que son fils était le précurseur, tel que le rapporte YEvangile selon saint Luc 3, a fourni i3 strophes chacune de l\ vers, dont les 2 premiers sont des octosyllabes et les 2 autres des alexandrins4. On chercherait vainement dans l'original
La maison de ce grand prophète Dont en un sceptre d'or Dieu changea la houlette....
Ce grand roi, l'espoir de la terre, Au lieu de vents, d'éclairs, de flamme et de tonnerre, Fait marcher la clémence et la paix devant lui.
Le cantique de Siméon, tiré du même Evangile5, a donné 2 strophes chacune de 2 alexandrins, d'un octosyllabe, de 1 alexandrins et d'un octosyllabe 6.
Celui de la Sainte Vierge, tiré du même Evangile ", a inspiré 10 strophes8: je citerai volontiers celle-ci: