Conrart
révérence à Mme des Loges, — une à celle-ci1 : il s'excuse de la hardiesse qu'il prend en lui écrivant, — une à Malleville : il lui assure qu'il ne changera jamais d'affection, — les trois dernières à Bellinde. Dans la première, il lui présente un livre et dit : « Un de vos baisers me rendrait plus content que si l'on bâtissait des temples en mon honneur » ; dans la seconde, il lui parle de la mort de son mari « Tersandre » ; et la troisième offre peu d'intérêt.
En mars 1627, Conrart achète la charge, alors très honorée et qui se payait fort cher, de « secrétaire-conseiller du Roy et de ses finances, maison et couronne de France » -. Riche, il eut vite son cercle, l'un des plus recherchés de Paris, qu'il tenait dans sa maison au coin de la rue St-Martin et de la rue des Yieilles-Etuves 3, et qu'il semble avoir formé vers 1629, si Ton en croit Pellisson 4.
Godeau se lance alors dans la littérature. Conrart avait delà fortune : Godeau, selon Tallemant des Réaux, possédait 3o.ooo écus. D'après Pellisson, il logeait chez Conrart, quand il venait de Dreux à Paris : « ce fut pour entendre la lecture des poésies qu'il apportait de Dreux que Conrart assembla pour la première fois ces gens de lettres ». Godeau chantait ses amours, avait de la gaieté, était pétillant d'esprit.
Celte tradition est-elle fondée ? En tout cas, nous la retrouvons dans un article que Gaston Boissier écrivit lorsqu'il était secrétaire perpétuel de l'Académie française et, à ce titre, successeur de Conrart '.
" En 1G29, Antoine Godeau. qui, plus tard, entra dans les Ordres et devint évêque de Grasse, vivait à Dreux, où il
1/ Tisserand (God., p. 16) cite quelques mois d'une lettre, datée du t" octobre 1626, de Godeau à « cette spirituelle Mm* des Loges 0 d'ap. le Fondé Conrart, ivi« vol