T. la qualifie de « spirituelle », G. de « grave
3. Louis XIII, voyageant en Provenco on tôaa, était venu à Saint-Maximin, y avait vénéré, le ;"> novembre, ce que Bouche appelle « le chef de sainte Madeleine et les reliques des autres saints » (Ilist. <!<■ Provence, tom. Il), puis s'était rendu le Lendemain a la Sainte- Baume et Y a\ait
visité « la grotte de la pénitence de la sainte ■
\. [nnal. >iu If idi de janvier 1893, puis tom. I de ses Fatt, ri>isc<>f). de l'anc, Gaule, Baris, i8û4, chap x.
corps saint qui fut réputé être celui de sainte Marthe; qu'en 1279, pour établir la présence du corps de sainte Madeleine à Saint-Maximin, on eut recours, — quoi qu'en ait dit Faillon, — « à une supercherie qui réussit... Après tout, les honneurs rendus à la mémoire de sainte Marie-Madeleine sont tout à fait légitimes », ajoute Mgr Duchesne. « Que le lieu où on les lui rend ait été déterminé d'après une tradition plus pu moins suspecte, que les reliques du sanctuaire de Saint- Maximin soient authentiques ou apocryphes, cela n'empêche pas la piété d'être sincère; et c'est ce qui importe à Dieu et aux hommes ».
Si le bon Godeau vivait de nos jours, il saurait que la légende de sainte Marie-Madeleine à Saint-Maximin, comme celle de saint Lazare à Marseille et de sainte Marthe à Tarascon, n'ont pas résisté à la critique; que le pèlerinage de la Sainte Baume, ainsi que Mgr Duchesne l'a démontré, ne s'est établi que dans la première moitié du xme s. ; que la caverne était jusque-là dédiée à la Sainte Vierge ; qu'on y localisa alors « l'épisode adventice de la pénitence de Madeleine ajouté après coup à une légende de Vézelay d'après la vie de sainte Marie l'Egyptienne » ; que les sarcophages qu'on voit dans la crypte de Saint-Maximin et qui sont du va siècle et du vr, appartinrent simplement à une famille gallo-romaine. Sous Louis XIII, la critique n'avait pas donné de tels résultats. Guy Hurault de l'Hôpital, archevêque d'Aix *, avait fait quelques années avant Godeau, et à pied, le pèlerinage d'Aix à Saint-Maximin et à la Sainte-Baume ; il l'avait même chanté dans une improvisation poétique 2, où le prélat qui, paraît-il, n'était pas insensible aux faiblesses et avait eu ses Madeleines, s'avoue
« Tout infâme de vice et chargé de forfaits ».