‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 87 sur 192 · Mort en décembre · texte numérisé non relu

Mort en décembre

2. Voir Tamizey de Larroque, Rev. d'hist. littér. de la France, tom. V (1898), p. 99, d'ap. un exemplaire unique de l'Inguimbertine de Carpentras.

Pétrarque, Dorât, Scudéry, Urbain VIII avaient chanté Madeleine et la Sainte-Baume * ; le P. Lacordaire devait à son tour en laisser, ainsi que de la Provence en général, une admirable description-2. MSI Duchesne n'a rien laissé subsister des légendes auxquelles croyait notre évêque de Grasse, quand il vint dans ce pays en 1637. Godeau n'avait rien d'un critique et n'était pas le moins crédule des croyants : n'insistons pas davantage.

A Lorgues, « la chère que le juge fit à M. de Grasse fut meilleure »,.dit Beaurecueil, « que les vers de la déesse Porte- Olive qu'il avait faits à Paris ». Au Muy, il rencontre le maréchal de Vitry, gouverneur de Provence, qui, — sans doute en souvenir des coups que le vieux duc d'Epernon, gouverneur de Guyenne, avait assénés en i633 à l'archevêque de Bordeaux, M*r Henri d'Escoubleau de Sourdis, le 10 novembre i633, sur le seuil de l'église métropolitaine de Saint- André \ — venait de frapper ce prélat de son bâton en bois des Indes lors des préparatifs de l'affaire, toute récente, des îles de Lérins. Le gouverneur voulut savoir ce qu'on pensait de ce scandale à Paris 4 et parla de l'archevêque : « M. de Grasse se sauva avec adresse », écrit l'avocat- général au

1. D'ap. Faillon, qui ne dit rien de Godeau. « Faillon, qui était de Tarascon », écrit M. l'abbé Hou tin (Contron . de Vapostolic. des èglis. de France, Paris, Fonteraoing, 1901, 2"" édit.), « avait plus de patience que de critique et voulut prouver l'apostolat de sainte Marie-Madeleine et de ses compagnons en Provence., l'identité de Marie de Magdala, de Marie de lîéthanie et de la pécheresse de Nain ».

2. On connaît la légende de Provence, rapportée par Lacordaire (qui n'est pas une autorité en matière historique) dans sa Vie de sainte Marie- Madeleine. Le crâne, dit de la sainte pénitente, olïrait une particule de chair mobile et transparente; ce que constatèrent, lors de l'ouverture du cercueil dit de Madeleine, le premier président do In Cour des domptes d'Alx, un avocat général et deux conseillers, .lésus, selon la tradition provençale, avait, en disant à Marie de Magdala: « Ne me touche point ». — (voir Ev. telon S. Jean, xx, 17) — posé l'index de sa main droite sur cette place de sa tète qui lut préservée ainsi de la corruption.

S. Voir Bertrand, Vie de il <!<• Béthune, tgoa, t. I. p. h'm h sniv. '1 Vitry avait été révoqué quelque- moll 60 1 634-5.

Parlement d'Aix qui l'accompagnait. « et sans choquer l'humeur de cet homme 4, conserva l'honneur de la prélature ». A Fréjus, l'évêque, Pierre de Gamelin, — qui n'était titulaire de ce siège que depuis la mi-juin, — le retient deux jours.

Le 29 mai 1637, le clergé du diocèse, convoqué par le vicaire-général Bernard, avait tenu une assemblée, la seconde depuis la nomination de Godeau "2. Il n'y fut pas question de la préconisation du nouvel évêque ni de son sacre, ni de ce qu'il semblait qu'il fût sur le point de venir à Grasse, non plus que de la reprise des îles de Lérins3. Cette assemblée eut lieu encore « dans la salle par dessous la sacristie de la cathédrale ».

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