‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 16 sur 242 · Il avait été nommé le 21 juin i · texte numérisé non relu

Il avait été nommé le 21 juin i

2. Son successeur à Grasse fut nommé le 2S février i653, et ses bulles lurent délivrées par innocent X le 25 novembre i653.

3. Grasse valait ainsi de 20 à 25. 000 francs de notre monnaie; Vence, de a5 à 3o.

En i645, Godeau, dégoûté assez vite de l'union des deux diocèses, écrivit à Mazarin une lettre dont nous parlerons en son lieu : il y dit que Richelieu avait jugé l'union nécessaire « à cause du peu de revenu de chacun » et de ce qu'il avait fait l'expérience, « ayant été lui-même dans la fonction de 1 episcopat », — à Luçon, de décembre 1608 à 1 62/j d, — « que les prélats nécessiteux ne peuvent faire leur charge qu'à moitié ».

M. Gognet a signalé une lettre de Chapelain à Balzac qui, datée du 7 janvier 16^0, montre combien les amis du premier académicien furent heureux d'apprendre qu'il était — sous la réserve de l'approbation du pape : mais ne l'avait-on pas obtenue pour le feu cardinal de La Valette, afin qu'il devint abbé de Lérins? — évêque, non seulement de Grasse, mais encore et par surcroît de Vence. Chapelain, il est vrai, dépasse la mesure dans l'hyperbole. « Ces deux couronnes lui en pronostiquent une troisième, et le regno 2 le pourrait regarder Il est admirable que la fortune ait fait des choses si admirables pour lui » :\ Que Godeau eût été capable de devenir archevêque, cardinal même, nous n'y contredisons pas : mais ipape ! successeur d'Urbain VIII! et que la mitre eût des chances d'être remplacée sur son front par « le trirègne », la tiare! Chapelain ne le pensait pas et ne parlait ainsi que pour rire : « Ne vous semble-t il point que ces deux couronnes... », dit-il avec ironie ; et plus loin : « il ne vous le semble pas sans doute plus qu'à moi ». Relevons d'ailleurs dans cette même lettre quelques phrases qui n'ont rien de narquois : « M. de Grasse n'a plus affaire qu'au pape pour l'accomplissement de son affaire ; tout ce qui dépendait du roi lui a été pleinement accordé ; dès à présent, il jouit

1. Richelieu résigna alors son évèché, après avoir reçu le chapeau rouge à la suite du traite d'Angoulême qui avait réconcilié Louis XIII et la reine-mère.

2. Autrement dit le trirègne. C'est l'expression italienne que Chapelain emploie ailleurs pour parler de « la marotte » du cardinal Bentivoglio qui rêvait de remplacer Urbain VIII.

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