‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 221 sur 242 · Charlotte de Montmorency, dont Henri IV avait été épris · texte numérisé non relu

Charlotte de Montmorency, dont Henri IV avait été épris

— 2/»9 — prince Armand de Gonti *. « Je le pleure pour l'amour, de l'Eglise, pour vous, pour moi. Il m'avait fait l'honneur de m'aimer... On peut l'appeler un évêque en dehors du corps ecclésiastique, comme Constantin le Grand s'appelait luimême ». On sait toutefois que plus d'un a considéré comme peu sincère le zèle que le prince témoignait au catholicisme, et qu'il menaça la cour plusieurs fois de se faire huguenot.

Le 3o juillet i646, deux jours après la clôture de l'Assemblée générale, Godeau donna son approbation — et elle est longue, dit M. Cognet, — à la traduction en vers et en prose qu'Arnauld d'Andilly venait de faire du poème de saint Prosper contre les Ingrats 2 et qui parut à Paris chez Durand 3. L'évêque déclara qu'il l'avait lue « soigneusement et dans un esprit libre de toute préoccupation et amoureux de la paix et de la vérité que le Prophète nous apprend à ne séparer point dans notre recherche et dans notre affection ».

C'est aussi en i646 qu'il fait paraître V Oraison Junèbre de M. (le Bazas qu'il avait prononcée en novembre [645 : nous en avons parlé. Le ior décembrei6/j6, Balzac écrit à Chapelain jine lettre 4 où il dit qu'il vient de la recevoir. Il ajoute : a Les lettres de M. de Grasse ne sont point perdues, mais il

i. Tisserand, God., p. 126.

2. Voir Msr Duchesne, H. anc. de l'Egl., t. Kl, 1910, ch. vm. « L'Augustinianisme », notamment 277. Prosper, aquitain d'origine, un des moines que Cassien avait groupés à Marseille autour de la tombe d'un martyr local, saint Victor, était « Augustinien sans réserve ni condition : c'est à lui que l'évêque d'Hippone expédia ses derniers écrits, et Prosper attaqua ceux qu'il traitait d'adversaires de la Grâce, Ingrati. Il défendait avec intrépidité, non sans quelques édulcorations, l'enseignement du maître d'Hippone et cherchait à l'identifier avec eelui du Siège apostolique. Il alla même à Rome pour invoquer son appui contre les détracteurs d'Augustin et dut se contenter d'un oracle ambigu, la lettre Apostolici verba, qui était loin de représenter une canonisation quelconque des doctrines de saint Augustin ».

3. Une seconde édition en fut donnée en i65o, avec sa lettre à Rufin et un abrégé de sa doctrine sur la grâce par Saci. Hermant, éd. Gazier, t. I, p. 498.

. Publiée par Tamizey de Larroque (Docum. inéd., 1873, p. 784).

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me faudrait plus d'un an pour les trouver dans la confusion de mes papiers et je ne vois pas qu il puisse en avoir besoin ».

C'est aussi en 1 646 que Godeau publie à Paris, en prose, des Instructions et prières chrétiennes pour toute sorte de personnes, chez la veuve Camusat et P. Le Petit, en un in-120. Il en fut fait deux rééditions : l'une, dès 16^9, chez les mômes libraires i ; l'autre, en 1660, à Louvain "2. Godeau ne porte dans le titre que le titre d'évêque de Grasse, sans mention de Yence. Le privilège est du 12 mars i6/i4 ; l'achevé d'imprimer de la ire édition, du 25 février 1646. Le livre commence par un Discours de la prière chrétienne. 0 J'ai cru qu'il serait utile de dresser des prières en notre langue, pour toutes sortes de personnes, pour les besoins principaux des chrétiens, soit du corps, soit de l'âme... Les. citations ne se trouveront pas toujours à la marge... J'ai évité la sublimité des pensées et les élévations d'esprit... Pour le style, j'ai plus travaillé à la clarté qu'à l'ornement... On retrouvera quelques prières qui ont déjà été imprimées dans les deux parties de mes Œuvres chrétiennes 3. «

Suit une table des matières. Sans citer toutes les prières qui figurent dans ce livre, notons la prière de l'homme marié, celle de la femme mariée, celle du mari en la mort de sa femme, celle d'une veuve, celle d'un avocat : « En y changeant quelques choses, ce peut être celle d'un procureur », — celles d'un artisan, d'un serviteur, celles durant la peste ou une famine, etc. Enfin des maximes générales pour apprendre à vivre chrétiennement.

Ce qui fit plus de bruit que ces Instructions et Prières, ce furent les Poésies chrétiennes que Godeau publia aussi en i646 4 chez la yeuve Camusat et son associé, Pierre Le Petit. Il

1 . Le chanoine Latil, curé de Grasse, possédait un exemplaire de l'édition de 1649 où l'on lisait à la première page : « A moy donné par l'autheur, M. Isnard » (sur le M, en surcharge, un D).

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