‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 231 sur 242 · Un des juges de l'Inquisition (Hermant, I, p · texte numérisé non relu

Un des juges de l'Inquisition (Hermant, I, p

3. La riche bibliothèque de cet orientaliste a été acquise en 1902. par Léon XIII. Il était depuis i645 cardinal-évêque de la Sabine.

4. Avant d'être pape, Innocent X avait raillé ce qu'il appelait la « pédanterie des Barberins » (Hermant, I, p. 3o4).

5. Trois ans plus tard, François regagna Rome, devint cardinal-évêque de Porto en 1662, puis d'Ostie en 1666, et mourut en 1679. Thadée mourut à Paris dès 1647. Le cardinal Antoine fut grand-aumônier de France en i653, obtint en 1667 des bulles pour l'archevêché de Reims et mourut en 1671. Leur oncle, le cardinal Antonio Barberini « le Vieux », frère d'Urbain VIII, mourut en 1646.

6 Tisserand, God., p. 161.

Passons au diocèse de Vence. Godeau avait chargé le vicaire de la Gaude, Fulconis, le ik décembre i645, de prendre en son nom possession de l'évêché de Vence, en raison d'un arrêt du Grand Conseil qui l'autorisa le 4, malgré l'opposition des Vençois, à mettre à exécution le brevet de Louis XIII, de 1639, e^ ^a DUUe d'Innocent X, de i644.

Le 21 janvier 1 646 *, à Grasse, Honoré Bertrand, procureur au siège de cette ville, agissant d'ailleurs au nom de Godeau, requiert Jacques Vitalis, conseiller du roi, lieutenant particulier de Grasse, d'aider Fulconis à accomplir la mission dont l'évêque l'a chargé. Vitalis quitte Grasse et « attendu l'heure tarde » couche à Tourettes. Le lendemain 22, il est à Vence, à 9 heures du matin, loge chez Jean Merle, « où pend pour image l'image de la sainte Magdelaine », reçoit Fulconis qui le requiert de le mettre en possession de l'évêché pour Godeau. Les consuls et l'économe du chapitre2 sont prévenus qu'il y sera procédé à 1 heure de l'après-midi. Vitalis voit Gaspard de Villeneuve, baron de Vence, dans le château seigneurial et l'invite à venir : le baron s'y refuse, surtout « à se mêler des affaires d'église ». Vitalis rencontre le sacristain Gaspard de Villeneuve, chanoine et économe, et l'invite à venir. Le second consul, Sauvadour Moutet, se présente à son logis : il le prie de venir et de représenter la communauté. A 1 heure, la proclamation faite « par tous lieux et carrefours », le sacristain, accompagné de quelques particuliers, se rend au logis de Vitalis, réclame une copie de sa commission, ajoute qu'il ne consent pas à la mise en possession et que, si Vitalis est « bon et intègre justicier », il le considère néanmoins comme suspect pour trois raisons. D'abord, il est lieutenant à Grasse, ensuite un de ses fils est chanoine à Grasse, enfin l'union ne serait avantageuse qu'au chapitre et à la ville de Grasse. Vitalis commence à lire sa commission : aussitôt le sacris-

1. Et non en i645, comme le disent Tisserand et M. l'abbé Cognet. 2 C'est alors le chanoine sacristain Gaspard de Villeneuve.

tain sort1. Le lieutenant se met en marche, accompagné de Fulconis, de Claude Barcillon, maître de porta Antibes, de Jean Ailhaud, avocat en la cour et juge de Vence, de l'avocat Philibert Maiffred et de trois sergents royaux qu'il a requis. La m porte maîtresse » de la cathédrale est fermée. On entre dans la maison épiscopale : la porte qui la fait communiquer avec l'église est fermée « à clef, y ayant une chaînette de fer attachée au gril d'icelle par le dedans ». Un bénéficier dit que l'économe a la clef2. Un des deux curés, sommé d'ouvrir sous peine de 5oo liv. d'amende 3, qu'il n'est qu'hebdomadaire. L'autre, sommé de même, que c'est le campanier qui l'a. Enfin celui-ci, sommé, s'enfuit4. Alors Fulconis demande à être mis en possession « aux portes de l'église et maison épiscopale ». Vitalis le prend par la main devant la porte maîtresse de l'église et devant celle qui conduit de la maison épiscopale dans la cathédrale 5. Acte est donné au vicaire de la Gaude de cette mise en possession, puis Vitalis revient à son logis et se prépare à regagner Grasse. Alors surviennent les consuls, Louis Blacas, notaire, et S. Moutet, « accompagnés d'un grand nombre de peuple » : ils déclarent que la communauté agissait à Aix pour combattre l'union projetée, qu'elle n'a pas de réponse, qu'elle se pourvoit contre l'union et que, si Vitalis est « bon justicier », il est suspect. Puis vient le sacristain et économe, G. de Villeneuve, qui proteste au nom du chapitre 6 contre la mise en

ï. « Le sacristain, prié de venir présider à l'installation, renvoya sèchement le député de Falconi », dit Tisserand, qui est esclave de son imagination (God., p. 210).

2. Le sous-sacristain A.ndré, dit Tisserand, répond qu'il n'a pas les clefs.

3. « Falconi objecte qu'il y va d'une amende de 5oo liv., le soussacristain se retranche sous l'autorité du chapitre » (Tisserand, 1. c).

4. Tisserand dit à tort que le campanier ouvre la cathédrale : elle ne fut pas même ouverte.

5. Tisserand dit avec autant d'inexactitude que, « conduit par Claude Barcillon, le vicaire de la Gaude va à l'autel, au trône épiscopal, à la chaire » : je répète que la cathédrale resta close.

0. Tisserand dit avec fantaisie que « les représentants de M. de Grasse ne sont pas plus tôt sortis de Vence, que le chapitre se réunit et rédige une protestation ».

possession. Nous empruntons tous ces détails au registre des insinuations de l'évêché de Grasse1.

Ouvrons le registre des délibérations capitulaires de Vence à la date de ce même 22 janvier i646. L'économe, le chanoine G. de Villeneuve, avise le chapitre que Vitalis, lieutenant particulier au siège de Grasse, lui avait fait le matin commandement de se trouver à 1 heure de l'après-midi dans la cathédrale pour mettre l'évêque de Grasse en possession de l'évêché de Vence. Mais Vitalis a un fils qui est chanoine à Grasse â, et il est suspect au chapitre de Vence. En outre, il semble que l'union ne soit avantageuse que pour la ville et le chapitre de Grasse. Celui de Vence décide de s'abstenir et de consulter trois avocats ; ceci après que l'économe est allé demander, on l'a vu plus haut, une copie de la commission de Vitalis. De Fulconis, il n'est point parlé.

On a dit, mais les registres capitulaires sont muets là-dessus, que le baron de Vence, les consuls 3 et le peuple ne firent pas. un accueil meilleur aux représentants deGodeau. Tisserand a parlé d'une protestation signée par le prévôt du chapitre, Georges du Port, le sacristain, Gaspard de Villeneuve, l'archidiacre, Gaspard Barcillon, les chanoines Scipion Blacas et Louis du Port.

Le i3 décembre i646, Jacques Barcillon se présente au chapitre de Vence, comme « procureur de Jacques de Ribier, chevalier, conseiller d'Etat en ses conseils d'Etat et de Finances, héritier de Mër Pierre du Vair » et offre une chape de damas blanc que devait la succession de cet évêque. Une messe de Requiem fut dite le 5 mai.

Nous avons dit plus haut que l'Assemblée des Communautés, tenue à La Valette en i644, avait demandé la démolition de quelques forteresses du bord de la mer que l'on jugeait inutiles, notamment celles de la Croisette et de

1. Ev. de Gr., G. ko . document cité par M. l'abbé Cognet, sinon vu par lui.

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