‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 232 sur 242 · Voir plus haut · texte numérisé non relu

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3 . Nous avons noté plus haut l'attitude du baron et des consuls « accompagnés d'une multitude de peuple ».

Théoule, et qu'elle avait offert 80.000 liv. pour l'obtenir. C'est en 16/46 que furent rasés les deux petits forts qui commandaient le golfe de Cannes, l'un à l'est, dans le diocèsç de Grasse1, l'autre à l'ouest, dans celui de Fréjus.

A peine les Cassinistes étaient-ils rentrés à Lérins2, que les protestants s'agitèrent de nouveau à Antibes ; Godeau en avertit l'Assemblée générale du clergé, on l'a vu. Le Grand Conseil rappela les édits du feu roi, et les désobéissants furent menacés d'une amende de 4.000 liv. Aussitôt les Antibois, aidés par Dom L. Maynier, adressent une supplique à la régente, disent que l'arrêt favorable à l'évêque n'a été obtenu que par surprise, demandent, si on leur enlève la vicairie apostolique, qu'on leur rende l'évêché, du moins qu'on leur donne une collégiale avec 6 chanoines à qui le chapitre de Grasse paierait une prébende. A cette requête du 16 juin i646, Godeau répliqua que le Pape avait eu de bonnes raisons pour transférer le siège, que l'évêque avait conservé la juridiction seigneuriale, que les Grimaldi le reconnaissaient en payant une pension féodale de 5o écus par an, que le chapitre n'avait pas à faire la dépense d'une collégiale. L'abbé de Lérins demandait à s'installer dans Antibes, où ses religieux possédaient un prieuré, à quitter Saint-Honorat, « île déserte, où pour toute habitation il n'y a plus qu'une tour occupée en partie par des gens de guerre qui troublent les religieux dans leur ferveur », à s'installer dans une ville « qui, par la présence d'un abbé crosse et mitre, se consolera de l'évêché qu'elle possédait autrefois ».

Ne terminons pas ce chapitre de la vie de notre évêque sans rappeler la lettre — M. Cognet ne l'a pas, je crois, citée, — que Balzac écrivit à un chanoine d'Angoulême, officiai de ce diocèse dont il était une des ouailles, le 20 novembre 1646 : « Personne ne peut disputer à M. de Grasse la couronne de Parnasse ; car, outre que cet excellent pré-

1 . Il n'en reste que quelques blocs à l'extrémité de la Groisette. a. Je suis ce qu'a dit Tisserand dans son Antibes.

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lat fait d'admirables vers * et que son évêché rime à son royaume 2, ce royaume étant un état sacré comme l'état ecclésiastique, il n'y a point de séculier qui doive trouver mauvais que ce soient des prophètes ou des théologiens qui commandent en ce pays-là » ; subtilité que l'on comprend mieux, si, lisant ce qui précède, on voit que le chanoine avait fait savoir à Balzac qu'un poète blâmait celui-ci d'avoir écrit, je ne sais où, « depuis le règne d'Orphée jusqu'à celui de M. de Grasse ».

Enfin, une Assemblée des Communautés de Provence s'est ouverte à Lambesc le n janvier. « Sauf avis ultérieur », les vicaires généraux de ceux des évêques qui étaient procureurs-joints pour le clergé, furent autorisés (malgré ce qui avait été décidé à celle de Brignoles, en juillet i6/jo) à siéger et à avoir voix délibérative. En outre, on décida de démolir la tour de Théoule au diocèse de Fréjus, celle de la Groisette et celle de Graillon au diocèse de Grasse 3.

Au dehors, i646 voit s'accomplir divers événements que Godeau ne put ignorer à Paris. D'abord les opérations du prince Thomas de Savoie à la tête des troupes françaises contre les présidios espagnols de la côte de Toscane, puis celles de Catalogne et de Flandre, le secours fourni par les Provinces-Unies, qui, dès le début de l'année suivante, malgré les termes de leur traité avec nous, firent trêve avec l'Espagne, et la négociation de Mazarin avec l'Electeur de Bavière qui dissolvait la ligue catholique, dont trois membres, lui et ses collègues de Cologne et de Mayence, s'accordaient, du moins provisoirement, avec nous. Rappelons encore le siège et la prise de Mardick, de Courtrai et de Dunkerque par le duc d'Enghien, qui devient prince de Condé par suite de la mort de son père ; la révolte de Naples contre les Espagnols, la fuite du vice-roi à Messine, l'avènement du roi des pêcheurs et des lazzaroni, Masaniello.

i . Les Poésies chrétiennes venaient de paraître, a. Grasse et grâce ; toujours ce calembour. 3. Arch. des B.-du-Rhône, C. 27.

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