‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 30 sur 242 · Sic · texte numérisé non relu

Sic

idoles. On disait que c'était un zèle imprudent, que plusieurs évêques et synodes avaient défendu ces attentats contre Tordre et les lois, qu'on refusait même la communion aux chrétiens qui, par des témérités pareilles, avaient exposé l'Eglise à des persécutions ». C'est ce que Néarque dit à Polyeucte : « Dieu ne commande pas qu'on se précipite à la mort... votre zèle est trop ardent : souffrez qu'il se modère ».

Ainsi Fontenelle dit que Voiture intervint auprès de Corneille ; Voltaire, qu'il en fut chargé et que tout l'Hôtel de Rambouillet, surtout Godeau, blâmait la tragédie. Ni l'un ni l'autre n'écrit que Godeau soit allé trouver l'auteur.

« Si l'anecdote est vraie », a dit M. Cognet, « elle ne l'est pas en ce qui concerne Godeau : il n'était point à Paris au commencement de i643, date extrême à laquelle on peut placer la représentation de la tragédie », dont le privilège d'impression est daté, on le sait, du 3o janvier i643. Nous verrons que, de novembre i64o à la fin de i643, l'évêque resta en Provence. L'on n'ignore pas que Polyeucte fut représenté à l'Hôtel de Bourgogne, non point comme Voltaire l'a cru, en i64o, non point, ainsi qu'on l'admettait il n'y a pas longtemps, à la fin de décembre 1642 ou au début de 1 643, mais durant l'hiver de 16/41-2 *. M. Rigal a récemment mon-, tré qu'on avait mal interprété la lettre envoyée par Claude Sarrau, conseiller au Parlement de Paris, à Corneille qui vivait alors à Rouen. Datée du 12 décembre 1642 *2, elle contient ces mots que nous traduisons du latin de l'original : « Je me demande si à vos trois excellentes et divines pièces vous projetez d'en ajouter une quatrième .. J'ai entendu dire que vous travaillez à certain poème sacré ». Les trois pièces « excellentes et divines », on a cru longtemps que c'étaient Le Cid, joué au Marais en novembre ou décembre i636 3, Horace, représenté au début de mars i64o devant Richelieu4, puis à l'Hôtel de Bourgogne, Cinna, donné au Marais avant

1 Eug. Rigal, Rev. univers, du i5 juin 191 1 .

2 Elle mentionne la mort de Richelieu, « magni Panis obitus ».

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